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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Claudine Thévenet

1774-1837

 

Seconde de sept enfants, Claudine naît près de Lyon le 30 mars 1774, de Philibert Thévenet, qui tient un négoce.

Sa bonté et sa douceur exercent très tôt une heureuse influence sur ses frères et sœurs. A neuf ans elle sera formée chez les Bénédictines de l’abbaye Saint-Pierre, place des Terreaux.

Quand éclate la Révolution, Claudine a quinze ans. Les malheurs qui suivirent la frappèrent profondément. Lors des heures tragiques qui agitèrent la ville de Lyon en 1793, Claudine se retrouva un jour seule avec sa mère et ses quatre petits frères. On ne savait où était le papa ; les deux frères aînés étaient engagés au combat ; et l’oncle maternel se trouvait du côté où étaient les révolutionnaires. Claudine priait, confiante.

Le père revint à la maison ; les deux frères aussi, dans un premier temps, mais ils furent dénoncés, arrêtés et mis en prison, en attendant leur exécution. Les autorités arrêtèrent et exécutèrent des centaines d’habitants, par mesure de représailles. Chaque jour, Claudine cherchait à apercevoir ses frères dans le convoi des condamnés. Elle les vit le 5 janvier. Courageusement, elle réussit à s’approcher. L’un des deux lui souffla : Prends dans ma chaussure une lettre pour notre mère. On imagine son émotion. Mais en plus, l’un des deux frères eut encore le temps de lui lancer cette phrase sublime : Glady (1), pardonne, comme nous pardonnons. 

Il y eut un coup de feu, puis le coup de grâce avec une épée. C’en était trop pour elle, qui en conserva toute sa vie une prédisposition aux migraines. Louis-Antoine et François-Marie avaient respectivement vingt et dix-huit ans, tandis que Claudine en avait presque vingt.

Elle revint à la maison avec la précieuse lettre : en fait, deux petits mots, écrits par chacun des deux frères, qui les signèrent tous les deux. Ils avaient écrit : Nous allons être plus heureux que toi ; dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu. Nous allons vers le Cœur de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous nous remettons entièrement à sa miséricorde. Ils eurent la possibilité tous les deux de se confesser à un prêtre malade et assez âgé, arrêté et condamné avec eux.

Quand le calme revint à Lyon, la famille se refusa chrétiennement à toute accusation du délateur devant la justice. 

Puis Claudine se décida à soulager toutes les misères qu’elle côtoierait dans cette paroisse Saint-Bruno, avec cette foi et cette charité profondes, qu’elle cherchait à transmettre à chaque instant. Convaincue qu’une grande partie des malheurs qui sévissaient, étaient le résultat de l’ignorance de Dieu,  Claudine brûlait du désir de Le faire connaître, surtout aux enfants et aux jeunes.

Elle commença par intensifier sa prière, s’inscrivant dans les rangs de la Confraternité du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique était à l’honneur. Puis elle gagna à ses idées quelques autres dames.

Durant l’hiver 1815, un jeune prêtre trouva sous le porche d’une église deux fillettes abandonnées, qu’il amena au curé de la paroisse ; ce dernier lui dit : Allez frapper chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et organise toutes les bonnes œuvres de la paroisse. Claudine s’en occupa maternellement, et ce fut là pour elle le stimulant de son profond amour pour les enfants abandonnés. La maison de son amie, Marie Chirat, où furent élevées les petites filles, devint ainsi la Providence du Sacré-Cœur.

Peu de temps après, un saint prêtre, l’abbé Coindre, qui avait fondé de son côté la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, suggéra à Claudine l’idée d’une société vraiment organisée et adaptée aux œuvres qu’elle voulait assumer. Il lui proposait la règle de saint Augustin et les constitutions de saint Ignace de Loyola. Ainsi prit naissance le 31 juillet 1816 la Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus, dans la Providence de la paroisse Saint-Bruno, qui deviendra le 6 octobre 1818 (2) la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, au lieu-dit Les Pierres-Plantées, dans le quartier de la Croix-Rousse. Très vite, une deuxième «Providence» fut ouverte, pour la fabrication de la soie. Claudine était à la fois «effrayée» de son entreprise et confiante en la providence divine. 

Deux années plus tard, meurt sa mère, qu’elle aimait beaucoup. Une grosse épreuve pour Claudine, mais aussi l’occasion pour elle d’agir désormais en toute liberté. 

L’œuvre se développait ; on s’installa à Fourvière en 1820, sur un terrain acheté à la famille Jaricot (3) ; mais les critiques aussi allaient bon train : on traitait de ridicule cette Supérieure, on se moquait de ces gamines et de leurs maîtresses… Claudine enseignait le pardon et la patience.

 Quand l’abbé Coindre fut transféré au diocèse du Puy, il y appela la nouvelle famille religieuse, qui sera approuvée dans le diocèse du Puy dès 1823, et dans celui de Lyon en 1825.

Le but principal de la congrégation est de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu’à leur vingtième année, leur enseignant à lire, écrire, compter, et un métier avec une bonne formation chrétienne. Mais Claudine voit plus loin : elles ouvrent aussi un pensionnat pour les jeunes filles bourgeoises, qui ont, elles aussi, besoin de recevoir une base solide avant de fonder une famille. Ainsi, la congrégation de Jésus-Marie va s’ouvrir aux besoins des toutes les classes sociales, mais avec une préférence pour les enfants et les jeunes les plus pauvres.

Pour obtenir les titres exigés par l’Etat, elle s’inscrit aux examens pour le diplôme officiel, en 1822, à quarante-huit ans !

Les épreuves pleuvent : les milieux ecclésiastiques proposeront à Claudine de fusionner sa Famille avec l’autre déjà existante des Dames du Sacré-Cœur, de sainte Madeleine-Sophie Barat (v. 25 mai) ; l’abbé Coindre va décéder en 1826, ainsi que quelques-unes des premières sœurs ; en 1831 et 1834, des mouvements sociaux vont diviser Lyon et Claudine se trouvera entre les deux clans, cherchant à faire la paix ; en plus de tout cela, l’aumônier des Religieuses n’aimait pas l’idéal de saint Ignace et prétendait modifier profondément l’esprit de la congrégation : Claudine dut résister, avec douceur mais très fermement, et ce avec parfois des scènes épiques… Tout cela secouera fortement le courage de la Fondatrice, qui saura résister à toutes les pressions, mais aussi y perdra la santé.

Avec courage et hardiesse même, elle entreprend des constructions, une chapelle ; elle rédige les Constitutions. Elle est organisatrice-née.

Elle cherche à faire tout pour plaire à Dieu, à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. A ses Sœurs, elle inculque son amour maternel : Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères, tant de l’âme que du corps. Les seules (partialité et préférence) que je vous permets, sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts ; celles-là, oui, aimez-les beaucoup ! 

Ses dernières paroles seront : Que le bon Dieu est bon !

Claudine Thévenet, qui avait pris le nom religieux de Mère Marie Saint-Ignace, s’éteignit à cette vie terrestre le 3 février 1837, un vendredi à 15 heures.

Cinq ans après, dès 1842 des Religieuses essaiment en Inde, en Espagne en 1850, au Canada en 1855. Actuellement elles sont près de deux-mille, dans près de deux-cents maisons sur les cinq continents.

Claudine Thévenet - Marie Saint-Ignace a été béatifiée en 1981 et canonisée en 1993.

 

 

(1) Glady était le surnom que toute la famille donnait gentiment à Claudine. On l’appelait aussi la petite violette, à cause de tous les petits travaux qu’elle faisait à la maison.

(2) On remarquera peut-être la coïncidence entre cette Providence de Saint-Bruno, point de départ de l’œuvre de Claudine, et la date du 6 octobre, fête de saint Bruno, comme date de la fondation de la congrégation. Les religieux de saint Bruno (Chartreux) avaient là une maison au 16e siècle.

 (3 Pauline Jaricot (1799-1862) est à l’origine de l’œuvre de la Propagation de la Foi.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

 

Syméon et Anne

1er siècle

 

L'Eglise a célébré le 2 février, quarante jour après Noël, la présentation au Temple de Jésus, jour où, humblement, la Sainte Vierge s'est soumise au rite de la purification, dont sa virginité perpétuelle pouvait l'exempter.

L'évangile de cette fête nous a fait entendre l'émotion intense du vieillard Syméon ainsi que les propos de cette pieuse femme très âgée, Anna (cf. Lc 2:22-38).

L'Eglise nous propose de commémorer le 3 février, ces deux personnages, finalement, assez mystérieux.

Anne, tout d'abord, est une femme très âgée, qui pourrait avoir au moins quatre-vingts ans. Elle est dans le Temple, et on imaginera facilement que ceux qui l'entendent parler, peuvent éprouver un peu de condescendance envers cette brave grand-mère qui leur dit des choses assez mystérieuses.

Anna était inspirée de Dieu ; elle vivait uniquement avec Dieu, dans la prière et la louange, dans l'attente de la venue du Messie. Son inspiration, elle désirait la communiquer simplement, sans artifice, sans publicité, sans bruit, uniquement parce qu'elle savait qu'elle lui venait de Dieu. 

Syméon (1), lui, était aussi très âgé, et avait eu une révélation, il y a longtemps : il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il attendait donc en silence, priant, jeûnant, participant simplement aux assemblées dans le Temple, comme le ferait un bon fidèle assidu aux offices de sa paroisse.

Une tradition peu vérifiable scientifiquement nous dit qu’il était un prêtre du Temple, non pas un grand-prêtre, mais un prêtre d’une classe inférieure. Un pieux religieux, humble, discret, fidèle à la Loi sans ostentation, sans orgueil.

Mais voilà qu'on lui dit intérieurement que le Messie est là ! Sans attendre, sans hésiter, sans douter, il vient au Temple, il va droit vers la sainte Famille, et de ses mains décharnées et pures il soulève ce petit Bébé de quarante jours.

On pourra imaginer l'émotion et la joie immenses de cet homme devant la réalisation de la promesse de Dieu, mais on ne pourra peut-être pas exprimer l'intensité de cette émotion qui aura envahi tout son être. Il devait en avoir des larmes de joie, et ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient bien se demander ce qui lui arrivait. 

Toujours est-il que c'est à lui que revient la paternité du Nunc dimittis, ce chant que Syméon improvisa juste après avoir vu l'Enfant-Jésus, et dont voici une traduction : 

 

Maintenant, tu vas laisser partir en paix ton serviteur, Seigneur,

Car mes yeux ont vu ton Salut, 

Ce que tu as préparé à la face de tous les peuples : 

Lumière à révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

 

Ce chant tout bref termine l'office des Complies chaque soir, pour ceux qui prient le bréviaire ou chantent l'office divin dans les maisons religieuses.

Avec Syméon, nous pouvons chanter en fin de journée notre action de grâce pour ce que Dieu nous a donné de voir durant la journée écoulée.

Avec les Grecs, fêtons dans la joie ces deux saints personnages qui eurent la joie d’accueillir l’Enfant-Jésus.

 

 

 

1 On trouve l’orthographe Syméon et celle, commune, Siméon. Cela permet de distinguer notre Syméon des autres Siméon du Martyrologe.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

 

Azarias prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

 

Ce saint prophète n'est pas un des quatre “grands” prophètes, ni un des douze “petits” prophètes de l'Ecriture.

C'est un saint homme qui eut son activité prophétique au nom du Seigneur vers l'an 95O avant l'avènement du Sauveur.

Il ne faut pas le confondre avec Azarias, un des trois jeunes gens jetés dans la fournaise, avec Daniel, par le roi Nabuchodonosor (cf. Dn 3).

On peut lire au livre des Chroniques (Chr 15:1-7) les quelques paroles qu'on lui attribue et qui sont fondamentales dans la vie de tout Croyant : 

Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec Lui. Quand vous le recherchez, il se laisse trouver. Quand vous l'abandonnez, il vous abandonne.

Ces trois petites phrases renferment toute une doctrine de la Providence divine envers nous, en même temps que la réponse à cette question si fréquente dans notre société : Est-ce que le Bon Dieu s'occupe parfois un peu de nous ?

Dieu n'est jamais absent, c'est vraiment L'offenser de le croire. La réalité est que l'homme a oublié Dieu ; c'est l'homme qui a prié Dieu de bien vouloir se retirer de notre vie sociale quotidienne ; délicatement, sans s'imposer, Dieu a accepté de rester à la porte, sur le trottoir, dehors, pendant que les hommes, à l'intérieur, cherchent désormais désespérément des solutions à leurs problèmes.

Malheur à nous ! Que saint Azarias veuille bien revenir et nous rappeler que c'est à nous à nous tourner vers Dieu et à Le rechercher de toutes nos forces.

Saint Azarias, prophète, qui n’est pas au Martyrologe, est commémoré le 3 février chez les Grecs.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:00

Alojs Andricki

1914-1943

 

La famille Andricki habitait à Radibor (Bautzen, Saxe). Le père, Jan, était professeur et directeur d'école, organiste et cantor ; la mère s'appelait Madlena, née Cyžec. Ils eurent six enfants, quatre garçons (Alojs, Jan, Gerat, Alfons) et deux filles (Marja, Marta).

Dans cette région limitrophe d’Allemagne, une grande majorité des habitants parle le sorabe, cette langue slave proche du tchèque avec des influences polonaises.

Les quatre garçons étudièrent la théologie, et le plus jeune (Alfons, jésuite) tomba lors de la Deuxième guerre mondiale.

Alojs fréquenta l'école élémentaire de son pays, le collège de Bautzen et passa son baccalauréat avec mention Très bien. Il fut membre de l'association Włada et même son président pendant deux ans. Un peu plus tard il collabora au périodique Serbski Student.

De 1934 à 1938 il étudia la philosophie et la théologie à Paderborn, tout en résidant au séminaire de Schmochtitz (diocèse de Meißen). 

Prêtre en 1939, il fut chapelain à la cathédrale de Dresde, préfet des Petits Chanteurs de Dresde et Président de la grande famille Kolping, une association catholique fondée au 19e  siècle par Adolf Kolping pour promouvoir l'idéal de la famille catholique (v. 4 décembre).

Ses prises de position contre le régime nazi et son origine ne le faisaient pas voir d'un œil favorable par les autorités. Après l'avoir recherché et menacé, on l'arrêta le 21 janvier 1941 et il fut enfermé dans la prison de Dresde.

Accusé formellement d'atteintes secrètes contre l'Etat et le Parti, il fut condamné à une peine de six mois de prison. Refusant toute collaboration avec le nazisme, il fut, dès octobre 1941, transféré au camp de concentration de Dachau, où il fut enfermé dans le Block des Religieux (ou Block des Curés), sous le numéro 27829.

Là, il réussit, avec d'autres détenus, à étudier la Sainte Ecriture et à célébrer. Il rencontra des prêtres du Cercle de Schönstatt, et connut Josef Kentenich, qui y arriva en mars 1942.

En décembre éclata une épidémie de typhus, que contracta Alojs. Le 19 janvier 1943 il fut admis dans le Block des malades, en compagnie d'un autre prêtre, Hermann Scheipers. Ce dernier raconta que, mourant, Alojs demandait à un infirmier de lui appeler un prêtre pour lui apporter la sainte Communion, et qu'il s'entendit répondre : Il veut le Christ ? Il va recevoir une piqûre ! On lui fit alors une injection mortelle.

Alojs mourut le 3 février 1943.

Deux ans après, la direction du camp de Dachau fit parvenir à la famille l'urne des cendres de Alojs.

 

Reconnu martyr, l'abbé Alojs Andricki fut béatifié en 2011.

 
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Louis Brisson

1817-1908

 

Louis Brisson naît à Plancy-l’Abbaye (Aube), dans le diocèse de Troyes, le 23 juin 1817. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Nourrissant un grand amour pour Dieu, il entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes. Il est ordonné prêtre en 1840.

En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant quarante-quatre ans, jusqu’en 1884, il approfondit la pensée et la spiritualité de s.François de Sales.

La supérieure, Mère Marie de Sales Chappuis, le presse de fonder des prêtres destinés à répandre la doctrine de s.François de Sales. C’était d’ailleurs le souhait de François de Sales de fonder une congrégation de prêtres continuant, selon son esprit, l'œuvre commencée, à côté de la Visitation. Le P. Brisson se montre d’abord réticent.

Mais en 1857, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de Saint-François de Sales pour la lutte contre la déchristianisation par la revitalisation de la foi et le retour à la pratique religieuse. Il nomme l’abbé Brisson directeur de l’Association pour le diocèse.

Le P. Brisson se propose aussi de soutenir la vie morale et chrétienne des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles divers ateliers et foyers. 

En 1858 il ouvre pour elles un premier foyer, le Hangar des Hirondelles ou Œuvre Saint-Jean.  Suivent d’autres foyers dans d’autres paroisses : Saint-Nicolas (1860), Tauxelles (1861), Saint-Nizier (1862). Cette première Œuvre de Saint-François-de-Sales groupera jusqu’à six cents jeunes filles.

En 1867, l’abbé Brisson achète des terrains aux Tauxelles et y construit une école pour les petites filles pauvres du quartier, et y accueillir le dimanche les jeunes ouvrières de la région.

Tauxelles est aussi le lieu de l’entreprise des frères Hoppenot, qui appuient l’abbé Brisson. En 1869, ils construisent un foyer avec dortoirs, réfectoire et buanderie, pour accueillir les jeunes ouvrières. Elles peuvent y apprendre le métier textile avant d’intégrer l’usine proche.

En 1869, Mgr Ravinet demande au P. Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, Saint-Etienne, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… mais sur l’ordre de son évêque, et aidé de quelques collaborateurs prêtres, il commence la congrégation des Oblats de saint François de Sales. Le collège devient le collège secondaire Saint-Bernard. L’abbé Brisson y enseigne la cosmographie. En dix ans, les élèves passent de douze à soixante-douze, le collège est dédoublé en Petit-collège (externat) et en Grand Saint-Bernard (internat). Puis le collège essaime à Mâcon, Saint-Ouen, Sainte-Savine, Auxerre, Morangis.

Les Oblats seront approuvés en 1887, et définitivement en 1897.

Collaboratrices de cette immense tâche seront deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat – canonisée en 2001, v. 10 janvier – et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs Oblates de saint François de Sales, qui seront approuvées dès 1890, et définitivement en 1911.

Les œuvres de ces deux congrégations se développent rapidement et elles se diffusent dans d’autres pays, notamment par des écoles, des pensionnats, des patronages. Le P. Brisson gouverne ses deux familles religieuses avec une connaissance approfondie des choses pratiques et une vie intérieure intense.

Le P. Brisson est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, il passe de longues heures en adoration devant l’Eucharistie et va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Sa vie est aussi marquée par l’épreuve, d’abord à cause de relations un peu difficiles avec l’autorité diocésaine, car l’évêque aurait préféré une congrégation diocésaine, tandis qu’elle dépend directement de Rome. Puis lors de la persécution religieuse, dont souffre la France dès la fin du 19e siècle, les Oblats et les Oblates du pays sont expulsés, leurs maisons, confisquées. 

Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904, à chercher refuge à Plancy-l’Abbaye, dans la maison de son enfance. Il est nommé Chanoine honoraire de la cathédrale de Troyes.

Mais ferme dans la foi, le P. Brisson est sûr de l’avenir de ses deux Instituts et n’est pas ébranlé dans son invincible confiance en Dieu. Il meurt le 2 février 1908, à quatre-vingt dix ans.

 

C’est la reconnaissance de la guérison miraculeuse d'un jeune Equatorien de la province du Chimborazo, due à l'intercession du P. Brisson, qui a permis sa béatification.

Un petit garçon de huit ans avait été victime en 1953 d'un accident survenu dans l'atelier de son père, mécanicien : la roue de fer d'un tracteur en réparation lui avait écrasé le gros orteil du pied droit et fracturé 2 autres doigts. Il fut soigné d'urgence mais sommairement car l'hôpital de son village n'était pas équipé ni les médecins spécialisés pour ce genre d'intervention. Son cas demeurait critique.

Les Sœurs Oblates, les enseignantes du petit garçon, firent, avec la famille, une neuvaine au P. Brisson et elles appliquèrent une relique sur le pied malade. L'enfant guérit, récupérant très vite toute sa mobilité et sa joie de vivre, sans séquelles, en un laps de temps que les médecins de la Commission d'enquête ont jugé inexplicable scientifiquement.

 

Aujourd'hui, la Congrégation des Oblats compte quelques centaines de religieux, prêtres et frères, et elle est présente en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

En France, les Oblats animent plusieurs paroisses, deux établissements scolaires – Saint-Bernard à Troyes et Saint-Michel à Annecy – diverses aumôneries, une revue, des rencontres salésiennes.

Ils ont pour mission de réaliser l'imitation du Christ et le service de l'Église dans le monde moderne, en vivant et en répandant la doctrine salésienne.

Les sœurs Oblates de saint François de Sales sont quelques centaines et poursuivent l'œuvre du P. Brisson au service de la jeunesse en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud.

 

Le Père Louis Brisson a été béatifié en 2012. Son dies natalis est le 2 février. Sa fête est toutefois célébrée localement le 12 octobre.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Andrea Carlo Ferrari

1850-1921

 

Andrea naquit le 13 août 1850 à Lalatta (Palanzano, Parma, Italie), de Giuseppe Ferrari et de Maddalena Longarini, de modestes personnes.

Ordonné prêtre en 1873, il fut successivement vicaire à Mariano, Fornovo di Taro, Saint Léonard de Parme ; puis co-directeur du séminaire de Parme en même temps que professeur de physique et de mathématiques. Une fois nommé directeur du séminaire en 1877, il enseigna la théologie dogmatique, l'histoire de l'Eglise et la théologie morale.

En 1879, il est nommé chanoine de la cathédrale de Parme.

En 1885 il publie sa Petite Somme de dogmatique générale, qui restera un des titres les plus courants à l'époque.

En 1890, il est évêque de Guastalla (Reggio Emilia), l'année suivante il est transféré à Come, et en 1894 le voilà cardinal et archevêque de Milan.

Il décide alors d'ajouter à son nom celui de Carlo, voulant prendre pour exemple saint Carlo Borromeo (1), archevêque de Milan après le concile de Trente. 

Sous sa direction, on publia dès 1896 un catéchisme unique pour toute la Lombardie et le Piémont, un ouvrage qui servira de base à la publication du catéchisme de Pie X.

Il voulut faire établir dans chaque paroisse un patronage pour les garçons et pour les filles et affronta le problème de l'enseignement de la religion dans les écoles primaires.

Il organisa la visite pastorale systématique des huit-cents paroisses de son grand diocèse et organisa jusqu'à trois synodes diocésains et un concile provincial, ce qui ne se faisait plus depuis un demi-siècle.

A cela s'ajoutèrent un congrès eucharistique en 1895, un de Musique Sacrée, un autre pour le quinzième centenaire de saint Ambroise (1897), le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception (1904), et des apparitions de Lourdes (1908), le troisième centenaire de la mort de saint Charles Borromée (1910), avec un nouveau synode et un nouveau congrès eucharistique.

En 1912 il soutint la publication d'un nouveau quotidien, L'Italia, et fêta en 1913 le seizième centenaire de l'édit de Constantin, publié en 313 à Milan, pour donner la liberté de culte aux Chrétiens après les persécutions romaines.

Au milieu d'une telle activité, on pourrait croire que le cardinal Ferrari était une colonne en vue dans l'Eglise. Il eut cependant ses adversaires, et non des moindres, jusques et surtout au Vatican. En effet, dès cette fin de 19e siècle, il préconisait l'attribution d'une place importante aux laïcs dans l'Eglise ; ce qui pour nous est maintenant évident, était une idée tellement “chocante” pour l'époque, qu'on n'hésita pas à dénigrer le cardinal auprès du pape saint Pie X : on l'accusa de modernisme et le pape ne le reçut plus pendant cinq années. Ce n'est que le pape suivant, Benoît XV, qui détendit le climat et sortit le cardinal Ferrari de l'isolement.

Le cardinal Ferrari reçut la distinction de Chevalier Grand-Croix de l'Ordre du Saint-Sépulcre.

Les dernières années de sa vie, il souffrit beaucoup d'une tumeur à la gorge et s'éteignit en 1921, le 2 février.

Lentement le climat hostile à ce saint évêque s'ouvrit à la reconnaissance de ce qu'il avait préconisé pour la réforme interne de l'Eglise et qui déboucha sur le concile de Vatican II.

Finalement, le cardinal Andrea Carlo Ferrari fut proclamé bienheureux en 1987.

 

 

1 Saint Carlo Borromeo est fêté le 4 novembre.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Jean-Théophane Vénard

1829-1861

 

Jean-Théophane naît le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (actuelle commune de Saint-Loup-Lamairé, Deux-Sèvres). Il a une sœur aînée (Mélanie) et deux frères, Eusèbe et Henri.

Jeune, il est enthousiasmé par les récits que l’on fait des missionnaires en Extrême-Orient, particulièrement par le récit du martyre de Jean-Charles Cornay (v. 20 septembre). 

Durant ses études au collège de Doué-la-Fontaine il est encore instable, irascible. Il est pieux cependant : il prie le chapelet, il fait sa Première communion en 1843, l’année où meurt sa maman. Son jeune frère Henri le rejoint au collège.

Bien qu’il se sente appelé au sacerdoce, Jean-Théophane hésite encore sur sa vocation,  car il ne se sent pas encore à la hauteur ; mais il entre au petit séminaire de Montmorillon, et enfin au grand séminaire de Poitiers (1848), où enfin il se sent vraiment heureux.

Là, il porte la soutane, il a désormais appris à dominer ses mouvements d’impatience ;  il est devenu un élève excellent, passionné par l’étude, le grec et l’hébreu. En 1850 sa décision est prise : il rejoindra les Missions Etrangères de Paris.

Il prend le train pour la première fois et arrive à Paris, où va avoir lieu le coup d’état du 2 décembre 1851. Il vote pour la première et peut-être pour la dernière fois.

Au séminaire il se lie d’amitié avec Joseph Theurel, avec lequel il partira bientôt en Asie et qui mourra là-bas évêque, en 1868.

Outre ses études, il est organiste, sacristain, et balayeur en chef ; il étudie avec avidité la physique, l’histoire naturelle et la géographie. Diacre en 1851, il est ordonné prêtre en 1852.

Arrivé à Hong-Kong, il cherche à apprendre le chinois : Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l’étude plus difficile pour les missionnaires ! 

Enfin arrive son ordre de mission pour le Tonkin ; au moment de s’embarquer, il apprend que le père Jean-Louis Bonnard vient d’étre martyrisé, un an après Augustin Schoeffler (v. 1er mai). Il pénètre au Tonkin clandestinement, apprend suffisamment de vietnamien et commence à évangéliser. A cette époque, il y a de très fortes persécutions et il doit se réfugier dans des grottes ou des cachettes. L’édit de l’empereur ordonne de jeter à la mer les prêtres européens ; de couper par le milieu du corps les prêtres annamites ; de décapiter ou étrangler tout fidèle chrétien. Jean-Théophane rejoint le Tonkin occidental en juillet 1854.

Dans cette région, l’édit de persécution n’est pas appliqué, car le vice-roi a été guéri d’une maladie des yeux par le prêtre Paul Bao-Tinh, qui lui a demandé en retour de ne pas persécuter les chrétiens. 

Jean-Théophane arrive donc dans une région relativement tranquille, du moins protégée, pour le moment. Il apporte avec lui un harmonium et l’évêque le nomme maître de chapelle. Puis, contrairement à l’étude du chinois, Jean-Théophane se perfectionne très vite en vietnamien. Dans ses moments «libres», il traduit en vietnamien la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Il est nommé directeur du séminaire local. 

En 1860, un villageois le dénonce sous la pression des menaces. Il est arrêté à Ke-Beo le 30 novembre, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï.

Jean-Théophane est condamné à mort et exécuté le 2 février 1861.

Né en la fête de la Présentation de Marie au Temple, il fut exécuté en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, dans sa trente-deuxième année.

Dans les nombreuses lettres que son frère Eusèbe recueillit après sa mort, on y découvre une grande parenté de spiritualité entre lui et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; elle l’appréciait beaucoup et le fit largement connaître à son époque.

Jean-Théophane fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

Il est au Martyrologe du 2 février, mais fêté localement au 3 février, et avec tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:00

Maria Domenica Mantovani

1862-1934

 

Elle naquit le 12 novembre 1862 à Castelletto di Brenzone (Verona, Italie), aînée des quatre enfants de Giovanni Battista et Prudenza Zamperini. Elle ne fréquenta que les trois premières années de l'école primaire et ses qualités d'intelligence, de forte volonté et de bon sens complétèrent ce qui manquait à sa formation. De ses parents elle reçut l'exemple d'une piété saine et équilibrée, et fut habituée très tôt à prier et à aider les autres.

Elle reçut la Confirmation en 1870 et la Première communion en 1874. Tout son travail était d'aider les parents dans les travaux des champs.

En 1877 arriva un jeune prêtre à Castelletto : Giuseppe Nascimbeni, qui devait aider, puis remplacer l'ancien curé. Il encouragea vivement Maria Domenica à visiter les malades et à enseigner le catéchisme. Maria Domenica collabora vraiment avec son curé, un saint prêtre qui mourra en odeur de sainteté et sera béatifié en 1988 (v. 22 janvier).

En 1886, Maria Domenica fit privément le vœu de virginité, le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception. Elle se sentait de plus en plus attirée par Dieu et par Marie.

L'abbé Nascimbeni voudrait subvenir aux besoins spirituels de sa paroisse, et s'occuper plus profondément des enfants des rues, des jeunes filles désœuvrées, mais, ne trouvant pas de religieuses pour le seconder, avec l'approbation de l'évêque de Vérone, il se décide à fonder une congrégation nouvelle.

Quand en 1892 le père Nascimbeni fonde les Petites Sœurs de la Sainte Famille, Maria Domenica est évidemment une des quatre premières sœurs, en même temps co-fondatrice de la congrégation et supérieure ; elle prend le nom de Mère Marie de l'Immaculée.

Maria Domenica fit tout son possible pour aider ses sœurs à suivre le chemin qu'elle avait déjà parcouru avec les conseils du père Nascimbeni. Plus elle avançait, plus elle se sentait petite devant ce que Dieu lui demandait : les gens venaient nombreux lui demander conseil et réconfort. Elle laissait faire la Providence.

L'œuvre était destinée à un intense travail de collaboration paroissiale avec le curé, en visitant les malades, enseignant le catéchisme, secourant les pauvres et les vieillards chez eux, et aidant les jeunes filles à se préparer à leur mission de mères de familles chrétiennes. La congrégation fut une première fois approuvée par l'évêque en 1903.

A la mort du père Nascimbeni (1922), Maria Domenica continua de guider la congrégation naissante et mourut elle-même à Castelletto le 2 février 1934.

A cette date, les constitutions avaient été approuvées définitivement ; les sœurs étaient déjà plus de mille.

Actuellement, les Petites Sœurs de la Sainte Famille sont en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Elles se dévouent aux enfants et aux jeunes, aux familles, aux prêtres, aux vieillards et aux malades dans les paroisses.

Maria Domenica a été béatifiée en 2003.

En 2020, la reconnaissance pontificale d’un miracle ouvrit la voie à la canonisation.

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 00:00

Présentation de Jésus-Christ au Temple

2 février

 

 

Commençons notre petite méditation par une brève note de liturgie.

Lorsqu’une fête du Seigneur ou une sollennité quelconque tombe un dimanche de l’année, c’est cette fête ou solennité qui est célébrée en priorité.

C’est le cas de la fête du 2 février, jour où l’on célèbre la Présentation de Jésus-Christ au Temple.

Cette fête tomba un dimanche en 2004 ; c’est de nouveau le cas en 2014, et cela se représentera en 2020 et 2025.

 

*       *       *

L’origine de cette fête remonte à la très ancienne prescription donnée par Dieu à Moïse, dans le livre de l’Exode, et que rappelle saint Luc dans l’évangile :

Consacre-moi tout premier-né… Homme ou animal domestique, il m’appartient (Ex 13:2) ;

Tu céderas à Yahwé tout être sorti le premier du sein maternel (Ex 13:12).

Dieu, l’origine de la Vie, se réserve ainsi le premier fruit du couple humain. Ce fut très longtemps une sainte coutume, dans les familles, de destiner au sacerdoce le premier garçon. Ce dernier restait toujours libre d’accepter ou non, et parfois la vocation touchait plutôt un des autres garçons de la famille, mais l’esprit de cette offrande demeurait : la famille était heureuse de «réserver» un des siens (et parfois plusieurs) au service de Dieu.

Cette prescription se double d’une autre, concernant le rite de la purification de la mère (cf. Lv 12:2-4).

Marie, la vierge sans tache, qui fut «toujours vierge» avant, pendant et après sa maternité, avait-elle besoin d’être purifiée ? Certainement pas. Mais humble et obéissante, elle ne se prévaut pas de cette grâce extraordinaire, et se met au rang des femmes ordinaires : elle accomplit la Loi.

 

*       *       *

Le prophète Malachie, cinq siècles avant le Christ, annonçait l’arrivée d’un Messager pour préparer le chemin du Seigneur.

Nous avons en effet entendu Jean-Baptiste, avant Noël. Puis nous avons revécu la naissance du Christ.

Ce Christ vient maintenant dans le Temple, comme le dit Malachie. Au début, ce furent les bergers et les mages qui se rendirent auprès du Nouveau-né ; aujourd’hui, c’est ce Nouveau-né qui vient rencontrer les hommes dans le Temple.

 

*       *       *

Le «temple» devrait bien être aussi le temple de notre foyer, de notre cœur : accueillons avec disponibilité le Seigneur en lui laissant toute la place qui Lui revient.

Ouvrons nos portes ! Donnons une place au Christ dans notre maison ! Mettons-y son image, une icône, un crucifix, un évangile, une bible…

Que le psaume 23 soit vraiment notre joyeuse prière d’accueil au Seigneur, le roi de gloire.

 

*       *       *

Le Seigneur Jésus, qui vient de Dieu, est totalement homme parmi nous, avec une nature de chair et de sang. 

Jésus n’est pas un ange qui aurait pris une apparence humaine ; et c’est en tant qu’homme qui vient aider les fils d’Abraham, qu’il se présente au milieu de nous.

Ces mots de l’épître aux Hébreux nous expliquent que l’enseignement du Christ n’aurait pas eu d’efficacité pour nous si le Christ n’avait pas pris notre condition. Sinon, ç’aurait été comme un guide de montagne qui serait resté au bas de la montagne en laissant les grimpeurs monter tout seuls.

Au contraire, le Christ s’est mis devant nous, il a combattu le premier les tentations diaboliques, donné l’exemple de l’amour et du pardon, marché le premier au-devant de la mort, porté le premier la lourde croix avant de mourir comme le plus indigne des hommes.

Ce qu’Il a fait comme Homme, nous pouvons le faire à sa suite. Certains Saints firent aussi des miracles, en signe de la présence de Dieu, mais ce ne sont pas les miracles qui font la sainteté. 

Etre saint, c’est suivre Jésus dans la voie qu’Il nous a montrée.

Même si nous tombons quelquefois, même si, dans notre montée sur la montagne, nous devons momentanément nous écarter, contourner un rocher, parfois aussi «décrocher», ce qui compte est de toujours «monter».

 

*       *       *

Nous voici donc dans le Temple de Jérusalem, avec Syméon et Anne, et nous voyons arriver ce jeune couple, avec leur Premier-né dans les bras de sa Mère.

Syméon «savait». On imagine sa profonde émotion, sa joie immense en osant prendre dans ses bras ce Bébé.

Voici donc l’origine du Nunc dimittis, dont il est question quand on parle de l’ultime événement de la vie humaine.

Syméon prophétise aussi, et sa prophétie est douloureuse, tant pour Jésus que pour Marie. Sauver les hommes, en effet, ne peut se faire qu’en mettant fin à l’héritage mortel d’Adam ; de la mort, on passe à la vie. Jésus devra mourir avant de ressusciter et de nous emmener sur la voie de la résurrection à sa suite.

Certains refuseront cet appel - c’est ce que veut dire Syméon quand il dit qu’ Il provoquera la chute de beaucoup. D’autres recevront Jésus : leur cœur sera le temple qui accueillera le Maître - ceux-là se relèveront en reconnaissant humblement leurs péchés et en se convertissant totalement.

A nous aussi de nous relever, en écoutant aussi cette chère Anne, cette bonne «grand-mère» très âgée, qui passait son temps jour et nuit à prier et à jeûner, dans le Temple, près de Dieu. 

Ce n’est pas facile de jeûner, mais notre corps le supporte aisément de temps à autre, et même s’y habitue, comme on le lit dans les vies des Saints. Il est même peut-être plus facile de jeûner que de prier, si l’on veut faire bien ces choses. On aura l’occasion d’en reparler lors du prochain Carême.

 

*       *       *

Le Christ qui vient dans le Temple rencontrer ceux qui l’attendent, c’est le Soleil qui vient illuminer les hommes. 

Voilà l’origine de nos vieilles habitudes : les crêpes, rondes et dorées comme des soleils. Et les hommes, illuminés par ce soleil, c’est nous avec nos cierges allumés, au cours de cette liturgie de la Chandeleur.

L’explication se trouve dans le chant de la Préface : 

L’Esprit Saint, par la bouche de Syméon, désigne (ton Fils) comme… la lumière des nations. Joyeux nous aussi d’aller à la rencontre du Seigneur, nous te chantons…

 

*       *       *

 

Nous ne savons pas l’heure de notre mort. N’attendons pas cette dernière heure : avec Syméon, allons à la rencontre du Christ, pour entrer avec Lui dans l’Eternité.

 

 

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 00:00

Ch'oe Yŏng-i Barbara

(Choe Yeong-i Bareubara)

1818-1840

 

Barbara était née en 1818 et sa mère était Son So-byŏk Magdalena (v. 31 janvier).

Très pieuse dès son enfance, elle n'accepta de se marier qu'avec un homme très croyant, qu'il fût noble ou pas, riche ou pauvre. C'est ainsi qu'elle épousa Cho Carolus et eut un fils.

Arrêtée, Barbara prit avec elle son petit garçon en prison, mais l'endroit n'était pas du tout approprié pour un enfant, à cause de l'humidité et du manque de nourriture. Et surtout, Barbara craignait de perdre sa force intérieure, à cause de son fils. Aussi confia-t-elle le petit garçon à des parents.

On lui demanda d'indiquer où se trouvaient les autres Chrétiens, et à qui appartenaient les objets religieux qu'on avait trouvés chez elle. Elle répondit adroitement qu'elle ne voulait pas renier Dieu et qu'elle était trop jeune pour connaître ses Compagnons de la foi, de sorte qu'on la tortura très durement ; elle dut recevoir quelque deux cent-cinquante coups de « club » ; son corps était tout meurtri.

Dans une lettre qu'elle écrivit de la prison, elle dit : Comme ça me fait de la peine de perdre mes parents dans le martyre ! Mais quand je pense au Ciel, je me console et je remercie Dieu pour ce privilège spécial du martyre.

Finalement, on la conduisit au lieu-dit Tangkogae, près de Seoul, où elle fut décapitée, le 1er février 1840.

Elle fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

 
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