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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 07:23

6e dimanche de Carême - A

Les Rameaux

Nous entendons aujourd’hui la péricope de l’entrée de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule, puis l’émouvant récit de la Passion de Notre Seigneur, selon saint Matthieu. Comme on l’a relevé plusieurs fois depuis le début de cette année liturgique, Matthieu s’applique à montrer la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament en la personne du Christ.
* * *
Voici les différents passages concernés aujourd’hui :
Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme (Za 9:9) ;
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Ps 117 : 25-26) ; l’acclamation est reprise dans le chant du Sanctus à la Messe ; la traduction “Béni soit, au nom du Seigneur, Celui qui vient”, ne semble pas la meilleure : elle ne respecte pas la structure du texte original, et il est clair que la foule cite textuellement le psaume qu’elle connaît bien.
Ils pesèrent mon salaire : trente sicles d’argent (Za 11:12), la somme dérisoire qu’on donnait pour acheter un esclave, et qui fut remise à Judas.
Je pris les trente sicles d’argent et les jetai dans le Temple (Za 11:13).
Celui-là même avec qui j’étais en paix et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi (Ps 40:10).
Je vais frapper le pasteur pour que soient dispersées les brebis (Za 13:7).
Voici, venant sur les nuées du ciel, comme un Fils d’homme (Dn 7:13), que Jésus s’applique à lui-même en répondant au Grand Prêtre.
Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre (Ps 68:22).
Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique (Ps 21:19) : c’est le psaume d’aujourd’hui.
Recommande-toi à Yahwé ! Yahwé le sauvera, il le délivrera, puisqu’il l’aime ! (ibid, 9).
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (ibid, 1).

* * *

A ces versets s’ajoute la première lecture, extraite d’Isaïe, troisième “chant du Serviteur de Yahwé”, où l’auteur décrit littéralement le Christ souffrant, flagellé, insulté, blessé.
* * *
De la deuxième lecture, extraite de la Lettre aux Philippiens (2:6-11), on retiendra aujourd’hui le verset 7, traduit actuellement ainsi : Il se dépouilla lui-même ; la version grecque originale utilise plus précisément un verbe qui peut littéralement être rendu par “il se vida de lui-même” (un peu comme on le dirait d’un bateau que l’on “vide” de sa cargaison).
En d’autres termes : il renonça lui-même à Sa condition divine et à la gloire qui lui est due, pour paraître en tout semblable aux hommes, avec leurs faiblesses physiques. Paul insiste : Non seulement il se comporta comme un homme, mais il s’humilia encore plus, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et même la mort en croix.
Jésus s’est bien fait homme, esclave même (obéissant) ; non seulement, mais encore : bandit, scélérat, pour mourir en croix comme le dernier des derniers, d’une mort la plus honteuse qui fût, la crucifixion étant effectivement réservée aux grands bandits.
* * *
Le psaume 21 nous présente aussi cet anéantissement complet de Jésus, dans le premier verset (celui que Jésus cita à voix haute sur la Croix) : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu avandonné ?
Est-ce à dire que Dieu le Père ait abandonné, oublié Jésus ? Est-ce à dire que Jésus ait été séparé de la communion avec son Père, avec qui il est Un dans la communion de l’Esprit Saint ? La Sainte Trinité aurait-elle été disloquée à cet instant suprême ? Cela est impossible en soi.
Mais dans son humanité, Jésus devait connaître cet instant suprême, où tout s’éteint pour un homme dont la vie s’arrête : famille, amis, maison, biens, rang, récompenses et distinctions, absolument rien ne reste de tout cela.
Il faut bien nous imprégner de ce sentiment : l’être qui arrive à la mort est totalement seul, nu comme un ver qui n’a rien pour se défendre. Jésus devait éprouver cette solitude totale humaine, sinon il n’aurait pas épousé vraiment notre condition.
Mais en même temps, Jésus-Fils de Dieu reste Un avec le Père et l’Esprit, et c’est le même Jésus qui chante avec nous ce psaume 21, dont les derniers versets sont un chant de victoire et de joie devant la Résurrection :
Auprès de toi ma louange dans la grande assemblée (…) ;
Toutes les limites de la terre se souviendront et se convertiront au Seigneur,
toutes les familles des nations se prosterneront devant lui.
Car au Seigneur appartient le royaume, et c’est lui qui dominera les nations.
C’est lui seul qu’adoreront tous ceux qui dorment dans la terre ;
devant sa face se prosterneront tous ceux qui descendent dans la poussière.
Or mon âme vivra pour lui, et ma lignée le servira.
On parlera du Seigneur à la prochaine génération,
et l’on annoncera sa justice au peuple qui naîtra : “Voici ce qu’a fait le Seigneur !
Uni à notre humanité, Jésus-Christ partage avec nous cette mort pour nous entraîner dans la nouvelle vie de la résurrection.
Nous ne trouverons jamais les mots ni les attitudes d’action de grâce qui puissent correspondre au don que fit Jésus de Sa vie pour nous. Que notre effort continu pour répondre toujours mieux à l’appel de Jésus soit l’expression de notre reconnaissance envers Lui.
* * *
L’appel de Jésus retentit plus fort en nos cœurs en cette période de la Passion. En général, on nous propose, le Vendredi Saint - parfois aussi chaque vendredi de Carême - un pieux exercice, d’origine très ancienne, le Chemin de Croix. C’est là une belle méditation, qui peut revêtir des formes et des modes très divers, plus ou moins brefs selon l’horaire de chacun, et qui fait beaucoup de bien à l’âme.
Notre méditation sur la Passion peut aussi prendre d’autres aspects, car l’Eglise ne veut pas nous contraindre. L’important est la méditation, le recueillement, l’union au Sacrifice du Christ. Le carême n’est là que pour nous le rappeler plus intensément, mais toute l’année - toute la vie ! - les fidèles que nous voulons être gagneront beaucoup à méditer souvent sur la Passion de Jésus : l’agonie, la sueur de sang, les insultes, les crachats, les liens, les coups, les épines, les fouets des Romains - rappelons que ces instruments de torture étaient faits avec des lanières de cuir tranchant, garnies de billes de plomb -, puis les chutes à terre, la croix si pesante, les clous, la lance.
Prions notre chapelet, avec les cinq Mystères douloureux : Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la Croix, Crucifixion. Une prière si simple, si facile, tellement recommandée à tous les siècles par l’Eglise.
Source de méditations intenses, et tout-à-fait d’actualité, nous nous souviendrons aussi du si fameux Suaire de Turin, dont on n’a pas toujours bien parlé dans les innombrables écrits qui ont été publiés. A l’écart de toute polémique, mentionnons ici la déclaration faite par le Responsable lui-même du laboratoire où se firent des analyses au Carbone 14 : des erreurs auraient été faites lors de ces analyses,. beaucoup d’éléments n’auraient pas été pris en considération… Il reste que la contemplation de cette Sainte Face ne laisse personne indifférent.
* * *
Concluant cette méditation un peu particulière, revenons à la Prière du jour, qui nous fait méditer sur l’Humanité, la mort et la résurrection du Christ :
Tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix ; accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.

* **

6e dimanche de Carême - A

Les Rameaux

Nous entendons aujourd’hui la péricope de l’entrée de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule, puis l’émouvant récit de la Passion de Notre Seigneur, selon saint Matthieu. Comme on l’a relevé plusieurs fois depuis le début de cette année liturgique, Matthieu s’applique à montrer la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament en la personne du Christ.
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Voici les différents passages concernés aujourd’hui :
Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme (Za 9:9) ;
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Ps 117 : 25-26) ; l’acclamation est reprise dans le chant du Sanctus à la Messe ; la traduction “Béni soit, au nom du Seigneur, Celui qui vient”, ne semble pas la meilleure : elle ne respecte pas la structure du texte original, et il est clair que la foule cite textuellement le psaume qu’elle connaît bien.
Ils pesèrent mon salaire : trente sicles d’argent (Za 11:12), la somme dérisoire qu’on donnait pour acheter un esclave, et qui fut remise à Judas.
Je pris les trente sicles d’argent et les jetai dans le Temple (Za 11:13).
Celui-là même avec qui j’étais en paix et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi (Ps 40:10).
Je vais frapper le pasteur pour que soient dispersées les brebis (Za 13:7).
Voici, venant sur les nuées du ciel, comme un Fils d’homme (Dn 7:13), que Jésus s’applique à lui-même en répondant au Grand Prêtre.
Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre (Ps 68:22).
Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique (Ps 21:19) : c’est le psaume d’aujourd’hui.
Recommande-toi à Yahwé ! Yahwé le sauvera, il le délivrera, puisqu’il l’aime ! (ibid, 9).
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (ibid, 1).

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A ces versets s’ajoute la première lecture, extraite d’Isaïe, troisième “chant du Serviteur de Yahwé”, où l’auteur décrit littéralement le Christ souffrant, flagellé, insulté, blessé.
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De la deuxième lecture, extraite de la Lettre aux Philippiens (2:6-11), on retiendra aujourd’hui le verset 7, traduit actuellement ainsi : Il se dépouilla lui-même ; la version grecque originale utilise plus précisément un verbe qui peut littéralement être rendu par “il se vida de lui-même” (un peu comme on le dirait d’un bateau que l’on “vide” de sa cargaison).
En d’autres termes : il renonça lui-même à Sa condition divine et à la gloire qui lui est due, pour paraître en tout semblable aux hommes, avec leurs faiblesses physiques. Paul insiste : Non seulement il se comporta comme un homme, mais il s’humilia encore plus, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et même la mort en croix.
Jésus s’est bien fait homme, esclave même (obéissant) ; non seulement, mais encore : bandit, scélérat, pour mourir en croix comme le dernier des derniers, d’une mort la plus honteuse qui fût, la crucifixion étant effectivement réservée aux grands bandits.
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Le psaume 21 nous présente aussi cet anéantissement complet de Jésus, dans le premier verset (celui que Jésus cita à voix haute sur la Croix) : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu avandonné ?
Est-ce à dire que Dieu le Père ait abandonné, oublié Jésus ? Est-ce à dire que Jésus ait été séparé de la communion avec son Père, avec qui il est Un dans la communion de l’Esprit Saint ? La Sainte Trinité aurait-elle été disloquée à cet instant suprême ? Cela est impossible en soi.
Mais dans son humanité, Jésus devait connaître cet instant suprême, où tout s’éteint pour un homme dont la vie s’arrête : famille, amis, maison, biens, rang, récompenses et distinctions, absolument rien ne reste de tout cela.
Il faut bien nous imprégner de ce sentiment : l’être qui arrive à la mort est totalement seul, nu comme un ver qui n’a rien pour se défendre. Jésus devait éprouver cette solitude totale humaine, sinon il n’aurait pas épousé vraiment notre condition.
Mais en même temps, Jésus-Fils de Dieu reste Un avec le Père et l’Esprit, et c’est le même Jésus qui chante avec nous ce psaume 21, dont les derniers versets sont un chant de victoire et de joie devant la Résurrection :
Auprès de toi ma louange dans la grande assemblée (…) ;
Toutes les limites de la terre se souviendront et se convertiront au Seigneur,
toutes les familles des nations se prosterneront devant lui.
Car au Seigneur appartient le royaume, et c’est lui qui dominera les nations.
C’est lui seul qu’adoreront tous ceux qui dorment dans la terre ;
devant sa face se prosterneront tous ceux qui descendent dans la poussière.
Or mon âme vivra pour lui, et ma lignée le servira.
On parlera du Seigneur à la prochaine génération,
et l’on annoncera sa justice au peuple qui naîtra : “Voici ce qu’a fait le Seigneur !
Uni à notre humanité, Jésus-Christ partage avec nous cette mort pour nous entraîner dans la nouvelle vie de la résurrection.
Nous ne trouverons jamais les mots ni les attitudes d’action de grâce qui puissent correspondre au don que fit Jésus de Sa vie pour nous. Que notre effort continu pour répondre toujours mieux à l’appel de Jésus soit l’expression de notre reconnaissance envers Lui.
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L’appel de Jésus retentit plus fort en nos cœurs en cette période de la Passion. En général, on nous propose, le Vendredi Saint - parfois aussi chaque vendredi de Carême - un pieux exercice, d’origine très ancienne, le Chemin de Croix. C’est là une belle méditation, qui peut revêtir des formes et des modes très divers, plus ou moins brefs selon l’horaire de chacun, et qui fait beaucoup de bien à l’âme.
Notre méditation sur la Passion peut aussi prendre d’autres aspects, car l’Eglise ne veut pas nous contraindre. L’important est la méditation, le recueillement, l’union au Sacrifice du Christ. Le carême n’est là que pour nous le rappeler plus intensément, mais toute l’année - toute la vie ! - les fidèles que nous voulons être gagneront beaucoup à méditer souvent sur la Passion de Jésus : l’agonie, la sueur de sang, les insultes, les crachats, les liens, les coups, les épines, les fouets des Romains - rappelons que ces instruments de torture étaient faits avec des lanières de cuir tranchant, garnies de billes de plomb -, puis les chutes à terre, la croix si pesante, les clous, la lance.
Prions notre chapelet, avec les cinq Mystères douloureux : Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la Croix, Crucifixion. Une prière si simple, si facile, tellement recommandée à tous les siècles par l’Eglise.
Source de méditations intenses, et tout-à-fait d’actualité, nous nous souviendrons aussi du si fameux Suaire de Turin, dont on n’a pas toujours bien parlé dans les innombrables écrits qui ont été publiés. A l’écart de toute polémique, mentionnons ici la déclaration faite par le Responsable lui-même du laboratoire où se firent des analyses au Carbone 14 : des erreurs auraient été faites lors de ces analyses,. beaucoup d’éléments n’auraient pas été pris en considération… Il reste que la contemplation de cette Sainte Face ne laisse personne indifférent.
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Concluant cette méditation un peu particulière, revenons à la Prière du jour, qui nous fait méditer sur l’Humanité, la mort et la résurrection du Christ :
Tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix ; accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

Pedro Ruiz Ortega

1912-1937

 

Pedro naquit le 14 janvier 1912 à Vilviestre de Muñó (Burgos, Espagne).

Entré dans la congrégation des Fils de la Sainte Famille, il était en troisième année de théologie et avait reçu les premières ordinations (ce qu’on appelle aujourd’hui les ministères, mais il y en avait quatre à l’époque, au lieu de deux maintenant).

Durant la persécution de 1936, il se réfugia d’abord à Manresa, où il participa avec entrain aux Ecoles du Peuple. 

Puis il songea à gagner Rome, pour y achever ses études de théologie. Il se trouvait avec son Confrère Pere Roca Toscas et trois autres jeunes.

Mais ils furent arrêtés à La Pobla de Lillet, juste avant de passer en Principauté d’Andorre, le 4 avril 1937, et incarcérés à Manresa.

Ils furent martyrisés à Sant Fruitós de Bages (Barcelone) le 12 avril 1937 et béatifiés en 2013.

 
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

Pere Roca Toscas

1916-1937

 

Pere naquit le 7 octobre 1916 à Mura (Barcelone, Espagne). Il avait deux autres frères, Pablo (ou Pau) et Casimiro.

Entré chez les Fils de la Sainte Famille, il était en première année de théologie lorsque se déclencha la guerre civile.

C’était un séminariste joyeux, cultivé, particulièrement attiré par la littérature catalane. On a dit qu’il aurait pu devenir un poète de grand talent.

A cause de la guerre civile, il dut quitter le séminaire de Barcelone, se cacha à Mura, puis à Manresa.

Son frère Pablo chercha à sauver de la destruction des icônes de l’église et fut pour cela arrêté, torturé et fusillé ; malheureusement, son nom n’a pas été inclus dans la cause de béatification, peut-être par simple oubli. L’autre frère Casimiro, plus jeune, est encore actuellement curé de paroisse au Mexique.

Avec son Confrère Pedro Ruiz Ortega, Pere songea à gagner Rome pour poursuivre ses études de théologie.

Mais ils furent arrêtés à La Pobla de Lillet, juste avant de passer en Principauté d’Andorre, le 4 avril 1937, et incarcérés à Manresa.

Ils furent martyrisés à Sant Fruitós de Bages (Barcelone) le 12 avril 1937 et béatifiés en 2013.

 

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

David Uribe-Velasco

1888-1927

 

Né le 29 décembre 1888 à Buenavista de Cuellar (Guerrero, Mexique), David fut le septième des onze enfants de Juan Uribe Ayal et Victoriana Velasco Gutierrez, une famille qui ne vogua pas particulièrement sur la richesse.

David reçut le baptême le 6 janvier suivant, fête de l’Epiphanie, il entra au séminaire de Chilapa en 1903, fit d’excellentes études et fut ordonné prêtre en 1913.

Il fut successivement curé de sa propre paroisse native, puis secrétaire de l’évêque.

Quand ils reçurent l’ordre de se replier à Chilapa à cause de la persécution, leur bateau chavira, mais ils furent des rescapés. 

David fut ensuite curé à Zirandaro, qu’il dut abandonner à cause de la persécution ; de nouveau à Chilapa, à Buenavista, puis à Telotsapan et Iguala.

Le père David avait une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe.

En 1926, les évêques du Mexique décidèrent par prudence de suspendre l’exercice du culte public dans les églises. David obéit, quoiqu’à contre-cœur, mais chercha à revenir incognito dans la paroisse, pour soutenir les paroissiens avec les Sacrements.

Le 7 avril 1927, il fut arrêté et enfermé à Cuernavaca. On lui offrit la liberté, s’il acceptait l’épiscopat dans une église schismatique, séparée de Rome et inféodée au gouvernement, ce qu’il ne pouvait accepter. 

Le 11 avril, il écrivit ses dernières volontés et fut conduit le jour suivant à San Jose Vidal (Morales). Il priait pour lui-même et ses persécuteurs, il leur donna ses affaires, leur promit de prier pour eux dans l’autre vie, et reçut le martyre.

Il fut abattu d’un coup de feu derrière la tête, le 12 avril 1927.

Il a été béatifié en 1992, et canonisé en 2000.

Saint David Uribe-Velasco est fêté avec ses Compagnons, martyrs de cette époque, le 21 mai.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

Juanita Fernández Solar

1901-1920

 

Juanita est née à Santiago du Chili le 13 juillet 1900 dans une famille aisée. Le grand-père paternel de Juanita était originaire d'Espagne. Son grand-père maternel, don Eulogio, possédait à Chacabuco, à une soixantaine de kilomètres au nord de Santiago, une très grande propriété dans laquelle il réunissait souvent sa famille.

Juanita passera de nombreuses vacances dans ce lieu qu'elle aimait beaucoup. Elle y apprit très tôt à monter à cheval. Véritable amazone, elle aimait galoper à travers la propriété jusqu'aux abords de la cordillère des Andes.

Don Miguel Fernández Jaraquemada et doña Lucía Solar Armstrong eurent sept enfants : Lucita, Miguel, Luis (Lucho), Juana, morte quelques heures après sa naissance et dont Juanita reprit le nom, Rebeca et Ignacio. Juanita était particulièrement proche de son frère Lucho et de Rebeca, son inséparable sœur cadette. Elle fut baptisée deux jours après sa naissance.

En 1906, un tremblement de terre secoua la ville de Santiago. Juanita écrivit dans son Journal que ce fut à cette époque que Jésus commença à prendre possession de son cœur. Elle accompagnait sa mère tous les jours à la Messe.

En 1907, le grand-père de Juanita mourut saintement. La mère de Juanita, doña Lucía, hérita une partie de la propriété de Chacabuco. Don Miguel, le père de Juanita, s'occupa de la gestion de la propriété. Cette même année, Juanita entra comme externe au collège du Sacré-Cœur à Santiago tenu par les Sœurs de sainte Madeleine-Sophie Barat (v. 25 mai).

Ce fut son frère Lucho qui apprit à Juanita la prière du rosaire. Tous deux firent la promesse de le réciter chaque jour, promesse que Juanita tint jusqu'à la fin de sa vie (une seule fois, confesse-t-elle, elle l'a oublié quand elle était très petite). Dès lors, on peut dire que Notre Seigneur me prit par la main, avec la très Sainte Vierge.

Très tôt, Juanita montra un grand attrait envers les choses de Dieu, aimant accompagner Ofelia (la servante qui prenait soin d'elle) à l'église. Un jour, à Chacabuco, prenant par la main un prêtre ami de la famille, elle lui dit : Petit Père, allons au ciel ! Étant sortis tous deux de la maison, le prêtre lui demanda : Eh bien, Juanita, par où va-t-on au ciel ? - Par là, répondit-elle en indiquant du doigt la Cordillère des Andes. Le prêtre répliqua : Quand nous aurons escaladé ces hautes montagnes, le ciel sera encore très, très loin. Non, Juanita, ce n'est pas là le chemin du ciel : Jésus au tabernacle, voilà la voie royale pour y parvenir.

Cependant, Juanita n'a pas un caractère facile. Elle est vaniteuse, n'aime pas obéir, se met facilement en colère (ses frères prennent parfois un malin plaisir à essayer de la faire enrager) et pleure pour un rien. Avec le secours de la grâce de Dieu, spécialement de l'Eucharistie, elle parviendra progressivement à vaincre ses défauts et à se dominer.

Juanita eut rapidement un grand désir de faire sa Première communion. Elle demandait fréquemment quand elle pourrait la faire, mais on lui répondait qu'elle était trop petite. Elle demandait alors qu'on lui apprît à faire des communions de désir. A force d'insister, Juanita obtint enfin qu'on lui permît de faire sa Première communion. Elle voulut s'y préparer par la confession, par la prière et en offrant à Jésus de nombreux petits sacrifices. Je me suis préparée une année. Pendant ce temps, la Vierge m'aida à purifier mon cœur de toute imperfection. Ce fut le 11 septembre 1910 à Santiago. Par la suite, elle tâchera de communier quotidiennement, autant que cela dépendra d'elle.

En 1914, Juanita lit pour la première fois l'Histoire d'une âme de Thérèse de Lisieux (pas encore béatifiée à l'époque). Plusieurs années de suite, Juanita tombe gravement malade à l'approche du 8 décembre. En 1914, elle a une appendicite qui exige une opération, chose délicate et périlleuse à l'époque, d'autant plus que Juanita a une santé fragile. C'est à cette époque que Juanita ser sent appelée à la vie au Carmel. 

En 1915, Juanita est interne au collège du Sacré-Cœur avec sa sœur Rebeca. Le fait de quitter ainsi le foyer familial est pour elle une grande souffrance car elle aime énormément sa famille. Elle comprend cependant que le Seigneur la prépare ainsi à la grande séparation quand elle entrera au carmel. Elle finira par apprécier le climat du collège qui lui permet de mener une vie chrétienne fervente. Elle commence à écrire son Journal. Elle nourrit et développe sa vie spirituelle par le moyen de l'oraison, de la messe quotidienne et du sacrifice. Bien qu'elle n'ait rien d'une élève exceptionnelle, elle se donne à fond dans les études, y compris dans les matières qu'elle n'aime pas (comme la physique et la chimie), pour plaire à Jésus et satisfaire ses parents. Elle aime aussi venir en aide aux élèves pauvres ou moins douées.

Très tôt, Juanita manifeste un très grand amour des pauvres et les secourt autant qu'elle le peut. Ce fut en cette même année 1915 qu'elle rencontra dans la rue un enfant en haillons, affamé et grelottant de froid. Elle le fit entrer dans la maison de sa famille, lui donna à manger et demanda à l'enfant où il habitait. Elle découvrit que l'enfant vivait dans un taudis des faubourgs de Santiago. Elle visita la famille et, jusqu'à son entrée au Carmel en 1919, prit soin personnellement de l'enfant qu'elle appela Juanito, le faisant manger chez elle et demandant pour lui des vêtements à ses frères. Elle alla même jusqu'à mettre sa montre en loterie afin d'avoir de l'argent pour acheter à Juanito une paire de souliers. Elle se soucia aussi de son éducation, tant humaine que chrétienne. 

 Le 8 décembre 1915, Juanita fait vœu privé de chasteté avec la permission de son confesseur, prenant la résolution de ne pas avoir d'autre époux que Jésus-Christ. Elle renouvellera plusieurs fois ce vœu.

Juanita passe les vacances scolaires à Chacabuco où elle exerce un véritable apostolat auprès des familles des métayers, rassemblant les gens pour les missions, faisant le catéchisme aux enfants, organisant des jeux pour eux, montant une chorale, consacrant les maisons des métayers au Sacré-Cœur, etc. Elle a un don pour transmettre les vérités de la foi aux enfants. 

En 1917, suite à la mauvaise gestion du père de Juanita, la propriété de Chacabuco doit être vendue et la famille de Juanita doit réduire son train de vie. Au milieu des siens qui s'affligent de cette perte, Juanita y voit une invitation providentielle à se détacher des biens de ce monde. 

Juanita devient Enfant de Marie. Elle gardera toute sa vie un lien personnel très fort avec la Vierge Marie à qui elle confie tout. Elle lit les écrits spirituels de sœur Elisabeth de la Trinité (qu’on lisait déjà outre atlantique, v. 9 novembre), carmélite de Dijon avec laquelle elle se découvre une grande affinité spirituelle. Elle s'efforce de vivre constamment en la présence de Dieu qu'elle aime de plus en plus. Elle va jusqu'à dire à son frère Lucho : Que veux-tu, Lucho, le Christ, ce fou d'amour, m'a rendue folle. En septembre 1917, elle prend contact pour la première fois avec la prieure du carmel de Los Andes, ayant la conviction intérieure que c'est là que le Seigneur lui demande d'entrer.

En août 1918, Juanita quitte le collège du Sacré-Cœur pour remplacer au foyer familial sa sœur aînée Lucita qui vient de se marier. Elle se dévoue chaque jour et ne recule devant aucun sacrifice pour faire le bonheur des siens : Je ne croyais pas que la vie de famille était une vie de sacrifices. Cela m'a servi pour me préparer à la vie religieuse… Son frère Lucho dira d'elle qu'elle était la perle de la maison. Juanita écrit dans son Journal : Je dois m'efforcer de procurer le bonheur des autres. Ma résolution est de me sacrifier pour tous.

En janvier 1919, elle rend visite pour la première fois au carmel de Los Andes et demande son entrée dans la communauté. Elle a dix-huit ans.

Elle demande à son père la permission d'entrer au carmel. Bouleversé, son père en larmes lui donne sa permission. Elle entre au carmel et y reçoit le nom de Teresa de Jesús (Thérèse de Jésus).

Elle commence le postulat. Pour elle, la vie d'une carmélite consiste en trois choses : aimer, souffrir et prier : pour la conversion des pécheurs, pour la sanctification des prêtres et pour l'Église. Avec la permission de sa prieure, qui comprend que la postulante est une âme d'exception, Teresa entretient une activité épistolaire intense. Ses lettres irradient l'amour du Christ et la joie de lui appartenir entièrement. Plusieurs de ses amies, touchées par son témoignage, embrasseront elles-mêmes la vie religieuse.

Le 14 octobre 1919, c’est la prise d'habit, en présence de sa famille et de nombreuses amies venues de Santiago. Tous les témoins sont frappés de la joie irradiée par Teresa.

Teresa reçoit au carmel de grandes grâces d'union au Seigneur, mais elle n'est pas exempte d'épreuves spirituelles. Les tentations et les sécheresses intérieures ne lui sont pas épargnées. Si elle a une relation privilégiée avec sa prieure, l'adjointe de celle-ci pour le noviciat la fait beaucoup souffrir en la reprenant constamment.

Elle entame son noviciat. Mais dans les premiers jours de 1920, elle tombe gravement malade. En mars, elle déclare au confesseur de la communauté qu'il ne lui reste plus qu'un mois à vivre ; elle lui demande la permission de faire des pénitences extraordinaires. Le confesseur ne la croit pas (comment pourrait-elle savoir l'heure de sa mort ?) et lui dit de se contenter d'observer la règle du Carmel avec perfection. Elle suit cependant tous les exercices du carême de cette année-là, y compris les jeûnes rigoureux.

Le 2 avril 1920, Vendredi Saint, Teresa commence son chemin de croix à la suite du Christ. Elle passe de nombreuses heures en prière au chœur ce jour-là. On finit par remarquer qu'elle est brûlante de fièvre et on lui dit de s'aliter. Les médecins se succèdent à son chevet, sans parvenir à faire baisser la fièvre qui la dévore. Ils finissent par diagnostiquer un typhus avancé.

Le 5 avril, elle reçoit les derniers sacrements et, le 7 avril, a la joie de pouvoir faire profession religieuse in articulo mortis. Selon la coutume, en effet, une novice en danger de mort peut prononcer ses vœux de religion.

Le 12 avril, vers 19 heures, elle meurt alors qu'elle n'avait pas vingt ans.

 

Le miracle retenu pour la béatification est le suivant : une enfant de onze ans, Marcela, restée plus de cinq minutes noyée dans une piscine, lors d'une sortie en groupe, a survécu, sans séquelles. Ses compagnes avaient prié avec ferveur Teresa, qu’on appelle populairement Teresa de los Andes. La science médicale n'a pas eu d'explication pour ce cas. 

La béatification eut lieu en 1987, la canonisation en 1993.

Sainte Teresa de Jésus ou des Andes est la première Sainte chilienne, la première sainte latino-américaine qui a sa statue en la basilique Saint-Pierre de Rome. Elle a été proclamée patronne du Chili et de la jeunesse.

Inscrite au Martyrologe le 12 avril, elle est cependant fêtée au Carmel le 13 juillet, en-dehors du Temps Pascal, date qui est proche de la fête de Notre-Dame du Carmel et jour de la naissance même de Teresa. 

Jean-Paul II achevait ainsi son homélie : 

 

Tel est son message: en Dieu seul se trouve le bonheur; Dieu seul est joie infinie. Jeune Chilienne, jeune Latino-Américaine, découvre en Sœur Teresa la joie de vivre la foi chrétienne jusque dans ses dernières conséquences. Prends-la comme modèle !

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

Iulius 1er

337-352

 

Succédant au pape saint Marc, Iulius, fils du Romain Rusticus, fut le trente-cinquième pape.

Le pontificat de ce pape fut marqué par le concile de Sardique (aujourd’hui Sofia, Bulgarie), où le pape avait convié tous les évêques en vue d’examiner la cause d’Athanase d’Alexandrie. Celui-ci fut pleinement réhabilité, après son exil à Trêves et son nouveau bannissement de son siège d’Egypte.

Les opposants à Athanase étaient montés par un certain Eusèbe qui, non seulement penchait pour la doctrine d’Arius (déjà condamné au concile de Nicée, 325), mais aussi intriguait pour faire nommer des évêques non orthodoxes sur les sièges de Constantinople et Alexandrie.

Cet Eusèbe se jeta lui-même le discrédit en ne se présentant pas au concile de Sardique. En revanche, le pape Jules 1er lui fit parvenir une encyclique, considérée comme un chef-d’œuvre à la fois doctrinal et littéraire. 

Outre ce fameux épisode, Jules 1er dut lui-même s’exiler de Rome pendant dix mois, au moment où le Gaulois Magnence s’empara de Rome après avoir fait tuer Constant (troisième fils de Constantin) ; Magnence fut à son tour vaincu et tué à Mursia et le pape put rentrer à Rome.

Jules 1er demanda aux Eglises d’Orient de célébrer Noël au 25 décembre, comme l’atteste saint Jean Chrysostome dans une lettre.

Durant les quinze ans et deux mois de son pontificat, Jules 1er ordonna neuf évêques, dix-huit prêtres et quatre diacres.

 

Il mourut le 12 avril 352 et eut pour successeur Libère.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 23:00

Giuseppe Moscati

1880-1927

 

La famille Moscati était originaire de Santa Lucia de Serino, (Avellino, Naples, Italie). François Moscati, père de Giuseppe (Joseph), naquit en 1836 dans cette ville, et exerça la profession de magistrat après sa maîtrise de droit. Il fut juge dans le tribunal de Cassino, président du tribunal de Benevento, puis conseiller à la Cour d'appel, d'abord à Ancône et ensuite à Naples, où il mourut le 21 décembre 1897. Il fut l'époux de Rosa de Luca, union de laquelle naquirent neuf enfants.

Le septième, notre Giuseppe Moscati, naquit à Bénévent le 25 juillet 1880. Il fut baptisé six jours après la naissance, fit sa Première communion en 1888 et reçut la Confirmation en 1890.

Il entra au lycée classique Vittorio Emanuele de Naples en 1889. Élève du vulcanologue Giuseppe Mercalli, il obtint son baccalauréat avec mention en 1897, et s'inscrivit à la faculté de médecine. Il soutint une thèse sur l'urogenèse hépatique en 1903, et obtint son doctorat en médecine avec les félicitations du jury.

Il réussit le concours de Collaborateur Extraordinaire auprès de l'Hôpital des Incurables (1903) et celui d'Assistant à l'Institut de Chimie physiologique (1908). 

Il se distingua pour son travail et son dévouement pendant l'éruption du Vésuve du 8 avril 1906. En effet, les Hôpitaux Réunis de Naples avaient une succursale à Torre del Greco, une petite ville près de Naples, à six kilomètres du cratère, où vivaient beaucoup de malades paralytiques et vieux. Giuseppe, en pressentant le danger, fit évacuer 1'hôpital juste avant l'écroulement du toit et sauva tous les hospitalisés. Deux jours plus tard il envoya une lettre au directeur général des Hôpitaux Réunis de Naples, proposant de gratifier les personnes qui l'avaient aidé, mais insista surtout sur le fait qu’on ne devait pas citer son nom.

Suite à l'épidémie de choléra de 1911, il fut appelé par le Ministère au Laboratoire de l'Inspection de la Santé publique, pour faire des recherches sur l'origine du mal et les moyens les plus efficaces pour le vaincre. Il termina son étude rapidement, et présenta une relation sur les interventions nécessaires pour assainir la ville ; beaucoup de ses propositions furent acceptées.

Toujours en 1911, à 31 ans, le docteur Moscati fut reçu au concours de Collaborateur Ordinaire aux Hôpitaux Réunis et cette même année, sur l'initiative d'Antonio Cardarelli, l'Académie Royale de Médecine Chirurgicale le nomma Membre agrégé, tandis que le Ministère de l'Instruction Publique lui attribuait le Doctorat en Chimie physiologique.

Outre son intense travail entre l'Université et l'Hôpital, le professeur Moscati assurait aussi la direction de l'Institut d'Anatomie pathologique. Dans la salle d'autopsie, le professeur Moscati avait eu l’idée de faire accrocher un Crucifix avec ce verset du prophète Osée : O mors, ero mors tua (Ô mort, je serai ta mort, Os 13:14).

Sa mère mourut le 25 novembre 1914, du diabète. Quelques années plus tard, il fut un des premiers médecins à Naples, à expérimenter l'insuline et à enseigner à un groupe de médecins les modalités du traitement du diabète (l'insuline fut expérimentée sur les humains pour la première fois en janvier 1922).

Pendant la Première guerre mondiale, Giuseppe Moscati fit une demande d'enrôlement volontaire, qui ne fut pas acceptée, les autorités militaires préférant lui confier le soin des blessés. L'Hôpital des Incurables fut militarisé. Il visita et soigna environ trois mille militaires.

Le Conseil d'Administration de l'Hôpital des Incurables le nomma officiellement en 1919 Directeur de la 3e Salle Masculine, tandis qu'il continuait à enseigner à un grand nombre d'étudiants.

Le 14 octobre 1922 le Ministère de l'Instruction Publique lui attribua la libera docenza (titre académique italien permettant d'enseigner à titre privé dans les universités et les autres instituts supérieurs) en Médecine Clinique. Trois jours après Moscati écrivait:

Aime la vérité, montre la personne que tu es, sans feinte et sans peur, sans aucun ménagement. Et si la Vérité te vaut la persécution, toi, accepte-la ; si elle t'apporte le tourment, toi, supporte-le. Et si pour la Vérité, il te fallait sacrifier toi-même et ta vie, sois fort dans le sacrifice.

Le 12 avril 1927, un Mardi Saint, le professeur Moscati, après avoir participé à la messe, comme chaque jour, et reçu la communion, passa la matinée à l'hôpital, puis il rentra chez lui et après le repas, s'occupa comme d'habitude des patients qui venaient le consulter à son domicile.

Vers 15 h, il eut un malaise et s'assit dans son fauteuil, où il s'éteignit sereinement. Il avait 46 ans et 8 mois.

 

Deux guérisons miraculeuses lui ayant été attribuées, il fut béatifié en 1975.

En vue de la canonisation, Rome examina la guérison de la leucémie du jeune Giuseppe Montefusco, qui eut lieu en 1979. En 1987, Giuseppe Moscati fut canonisé, 60 ans après sa mort. 

Jean-Paul II affirma : L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien. Giuseppe Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologie humaine et de chimie physiologique, a embrassé de multiples activités avec tout l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc. A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par le personnel de santé. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi.

Les recherches des écrits sur Giuseppe Moscati ont été très difficiles dans la mesure où celui-ci ne conservait que très peu de documents et les écrits que l’on a de lui sont principalement des lettres écrites à des amis. Sans être tertiaire franciscain, Moscati vivait cet idéal dans son esprit : humble, loin de tout esprit carriériste, soumis à l’Eglise, apôtre de la Vérité, pauvre pour lui-même.

Il recommandait à un de ces clients, dans une ordonnance, le meilleur traitement reconstituant :  celui d’épouser Sœur Pauvreté en donnant de grandes aumônes, distribuant tout aux pauvres, à nos hôpitaux, et en se retirant dans une caverne, pour manger seulement des locustes et du miel sauvage ! comme le recommandait Saint François d'Assise. 

La fête liturgique initialement prévue le 12 avril, jour auquel le Martyrologe commémore Giuseppe Moscati, a été déplacée pour éviter que celle-ci ne tombe pendant la Semaine Sainte, ou une semaine proche de Pâques. Celle-ci est donc le 16 novembre, date du transfert des restes de Giuseppe Moscati dans l'église du Gesù Nuovo, trois ans après sa mort.

 

Quelques citations de saint Giuseppe Moscati

 

La vie n'est qu'un moment ; honneur, triomphe, richesse et science disparaîtront avant la réalisation du cri de la Genèse, cri que Dieu lança contre l'homme coupable : tu mourras ! Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. À nous tous a été promis, après la Rédemption du monde, que nous rejoindrons ceux que nous avons aimés, le jour qui nous conduira à l'Amour Suprême.

Rappelez-vous qu'en optant pour la médecine, vous vous êtes engagé à une mission sublime. Avec Dieu dans le coeur, persévérez en pratiquant les enseignements de vos parents, l'amour et la pitié envers ceux qui souffrent, avec foi et enthousiasme, sourd aux louanges et aux critiques, disposé seulement au bien.

Quoi qu'il arrive, souvenez-vous de deux choses : Dieu n'abandonne jamais personne. Plus vous vous sentez seul, négligé, méprisé, incompris, plus vous serez près de démissionner sous le poids de graves injustices, plus vous sentirez une force infinie et mystérieuse, qui vous soutiendra et vous rendra capable de bonnes et vigoureuses intentions et vous serez étonné par ces forces quand la sérénité reviendra. Cette force est Dieu !

Les personnes malades sont des figures du Christ. Plusieurs mauvaises personnes, criminelles ou blasphémateurs se retrouvent hospitalisées grâce à Dieu, Il veut les sauver ! Religieuses, médecins et infirmières travaillant dans un hôpital ont une mission : coopérer avec cette bonté inépuisable, pardonnant, se sacrifiant eux-mêmes.

 

Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 23:00

Victor Calvo Lozano

1896-1936

 

Victor naquit le 23 décembre 1896 à Horche (Guadalajara, Espagne).

Il entendit très tôt l’appel au sacerdoce, mais les conditions familiales et divers autres facteurs retardèrent ses études.

En 1919, il quitta la maison pour entrer chez les Rédemptoristes.

En 1920, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Victoriano.

On le nomma sacristain et portier à Cuenca. Bien qu’il n’eût pas fait de grandes études, il possédait un bon bagage culturel et de bonnes références spirituelles, de sorte qu’il put être le directeur spirituel d’une pieuse âme, pour laquelle il écrivit même des retraites.

Le 10 août 1936, des miliciens l’arrêtèrent et le conduisirent sans ménagement, la nuit suivante, au cimetière de Cuenca, où on le fusilla brutalement à deux heures de la nuit, avec le père José Javier Gorosterratzu.

Victor Calvo Lozano fut béatifié en 2013.

 

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 23:00

Feliks Ducki

1888-1942

 

Né le 10 mai 1888 à Varsovie, de Julian Ducki et Mariana Lenardt, Feliks fut baptisé le 27 mai suivant.

Il fréquenta l’école primaire à Varsovie.

En 1918, les pères Capucins purent réintégrer leur couvent de Varsovie, précédemment abandonné lors de l’ukase tsariste de 1864 qui avait supprimé les Ordres religieux.

Feliks, qui était un capucin dans l’âme, les rejoignit, les aida à réorganiser le couvent et demanda à être admis comme postulant.

En 1920, il commença le noviciat proprement-dit à Nowe Miasto, avec le nom de Symforian (Symphorien). En 1921 il fit la première profession et fut envoyé à Varsovie, Lomza, de nouveau Varsovie, pour rendre service aux communautés. En 1925, il fit alors la profession solennelle, avec les vœux perpétuels.

C’est alors qu’il fut quêteur à Varsovie, chargé de recueillir des offrandes pour la construction du petit séminaire de Saint Fidèle, et compagnon du ministre (= supérieur) provincial.

Son caractère simple et amical le rendait sympathique à tous, à la population, aux Confrères. Malgré tant d’activités, il demeurait un homme de prière.

Quand la Deuxième guerre mondiale éclata, il fit tout son possible pour trouver les produits de première nécessité pour son monastère, mais aussi pour les pauvres dont il s’occupait.

Le 27 juin 1941, les hommes de la Gestapo vinrent arrêter les vingt-deux Capucins du couvent de Varsovie, où se trouvait Feliks-Symforian. Ce dernier fut d’abord mis en prison à Pawiak, puis transporté le 3 septembre à Auschwitz.

Lui qui était de constitution plutôt forte, souffrit beaucoup de la faim avec les misérables rations qui étaient distribuées aux prisonniers. 

Après sept mois, il fut condamné à une mort lente.

Or, un soir, il aperçut les gardiens qui abattaient des prisonniers en leur fracassant la tête à coup de matraques. Quand ils avancèrent vers son bloc, Symforian se présenta à la porte, les empêcha d’entrer et fit sur ces bourreaux le signe de la croix, tout en avertissant ses compagnons que ceux qui regrettaient sincèrement leurs péchés, seraient entièrement pardonnés par Dieu et entreraient tout de suite au Ciel. 

Il y eut un moment de stupeur, et on lança l’ordre de l’assommer à son tour. Il reçut une pluie de coups de matraque sur la tête et s’effondra entre les Allemands et les prisonniers. Peu après, il se redressa un peu et fit un nouveau signe de croix en direction des Allemands. Alors, on l’acheva.

Symforian aurait pu rester neutre dans son coin, déjà condamné comme il l’était. Mais son geste mit fin au carnage qu’étaient en train d’accomplir les militaires et ainsi une quinzaine de prisonniers échappèrent à la mort.

Les survivants alors soulevèrent respectueusement le corps de Symforian sur le charriot avec les dépouilles de leurs compagnons abattus, et les conduisirent au four crématoire.

C’était le 11 avril 1942.

 

Le frère Feliks-Symforian Ducki fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.


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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 23:00

George Gervase

1571-1608

 

George était né à Bosham (Sussex, Angleterre) et fut très tôt orphelin de père et mère.

Des ravisseurs l’emmenèrent en «captivité» pendant douze années, durant lesquelles il abandonna toute expression de sa foi catholique.

Quand enfin il put revenir en Angleterre, il apprit que son frère, Henry, s’était exilé en Flandre, justement pour conserver sa foi catholique : George voulut le rejoindre et se réconcilia bien vite avec l’Eglise.

Il entra au Collège anglais de Douai en 1595, et fut ordonné prêtre en 1603. 

Aussitôt il reprit le chemin de l’Angleterre pour y exercer le saint ministère sacerdotal. Il ne put le faire que pendant deux années, car il fut arrêté en juin 1606, et exilé avec d’autres membres du clergé.

Il profita de cette «exclusion» pour faire un pèlerinage à Rome, où il demanda à être admis parmi les Jésuites. Mais sur le refus de ces pères, il s’en revint à Douai et demanda à être admis comme novice chez les Bénédictins : c’était une congrégation originaire d’Angleterre, qui s’était retirée à Douai, et qui aujourd’hui a sa maison-mère à Downside. 

Son frère Henry lui trouva plutôt un logement à Lille, pensant lui préserver les aléas de la persécution qui sévissait en Angleterre. Mais George avait bien en tête d’aller travailler à la conversion de son pays natal, et réussit à y retourner.

Il fut bientôt arrêté et incarcéré. Il refusa de prêter le serment de fidélité. Il fut jugé, accusé du «crime» d’être prêtre, et reçut la palme du martyre de la façon «habituelle» en Angleterre : pendu, éviscéré et écartelé, à Tyburn.

C’était le 11 avril 1608. Sa vie sacerdotale n’avait duré que cinq ans, mais c’était une mesure déjà bien pleine aux yeux de Dieu.

 

George Gervase a été béatifié en 1929.

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