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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 23:00

Nicolas Roland

1642-1678

 

Ce prêtre qui chercha en tout la sainteté, naquit à Reims le 8 décembre 1642, et fut baptisé le 23 juillet 1643. Son père était Jean-Baptiste Roland (1611-1673), ancien commerçant en draps et alors commissaire aux guerres ;  sa mère était Nicole Beuvelet (1617-1684).

Le garçonnet se montre très doué : il apprend à lire en quatre mois, à l’âge de cinq ans ! Il entre à huit ans au collège des Jésuites.

Il est “bien entouré” : son oncle, Philippe Roland, devient chanoine de la cathédrale ; son oncle et parrain, Mathieu Beuvelet, est ordonné prêtre en 1650 et tente de fonder une communauté de prêtres à Reims. Un autre oncle, Jean Roland, sera chantre et trésorier de l’Eglise de Reims, et vicaire général de l’Archevêque.

Nicolas, à onze ans, demande et reçoit la tonsure ! Sa vie intérieure se développe. Assistant à la messe de son oncle Mathieu Beuvelet, en 1655, il est favorisé d’une “extase” mystérieuse. Nicolas sent l’appel irrésistible à la sainteté.

Il connaît des tentations : il ne résiste pas à participer à un bal en 1660, mais en conçoit un vif remords, et ne cédera jamais plus à cette tentation mondaine. Quand passera le cortège royal conduisant l’Infante Marie-Thérèse et que toute la famille sera là à regarder, le jeune adolescent restera à prier devant le Saint-Sacrement.

En 1663, il achève ses études de théologie à Paris et est reçu docteur. En 1665, il est admis au Chapitre Métropolitain, alors qu’il n’est que diacre. Doué pour l’éloquence sacrée, il est nommé Chanoine théologal. Comme chanoine, il participera aux processions solennelles de la châsse de Saint Remi, lors de l’épidémie de peste qui sévira à Reims en 1668.

En 1670, le chanoine Roland prêche le carême à Rouen. Il s’efforce de supprimer de son style toute figure de style, toute grandiloquence artificielle. Il désire fonder une petite Communauté du Saint Enfant-Jésus, pour l’instruction des petites filles et la formation de bonnes maîtresses. C’était l’époque de la Fronde, et Nicolas veut venir en aide à l’enfance abandonnée. Il va ouvrir plusieurs écoles gratuites.

Fin 1670 il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 11 janvier 1672.

Un de ses fils spirituels est Jean-Baptiste de La Salle, futur fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes, pour l’instruction des petits garçons.

Touché par l’épidémie de fièvre pourpreuse qui sévit à Reims, il s’éteint le 27 avril 1678.

Le mois suivant arrive l’autorisation royale de la fondation de la Communauté. Les premières Constitutions seront approuvées en 1683. L’année suivante, huit religieuses émettent les vœux.

 

Le chanoine Nicolas Roland sera béatifié en 1994.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 23:00

Pedro Ermengol

1238-1304

 

Pedro Ermengol ou Armengol était né à Tarragona en 1238, de la famille des comtes d’Urgel, et reçut une excellente éducation, mais n’en profita guère, car au moment de choisir un état de vie, il quitta les siens, tomba dans toutes sortes de désordres et d'excès. Il se fit chef d’une bande de brigands qui parcouraient les montagnes, détroussaient les voyageurs et parfois leur donnaient la mort. 

Au plus fort de ses égarements, il se prit un jour à réfléchir, se rendit compte de sa chute lamentable : touché de repentir, il alla se jeter aux pieds d’un religieux de Notre-Dame de la Merci, lui confessa ses crimes et lui exposa ses terreurs. Le religieux auquel il s’était adressé était le vénérable Guillaume de Bas, successeur de saint Pierre Nolasque (v. 31 janvier) et Français d’origine. Il reconnut la sincérité d’un tel repentir et consentit à admettre ce jeune homme dans son noviciat de Barcelone. 

Pedro n’avait que dix-neuf ans : après une année de pénitence, il reçut l’habit de l’ordre. Alors il était devenu un homme nouveau que les austérités n’effrayaient point ; il se couvrait de cilices, châtiait son corps, s’imposait des jeûnes rigoureux.

Bientôt ses supérieurs consentirent à l’adjoindre aux religieux qui allaient traiter du rachat des captifs. Pedro fit ses premiers essais dans les royaumes de Grenade et de Murcie. Sa charité, sa prudence et son zèle déterminèrent le général de l’ordre à l’envoyer en Alger. Dans l’espace de deux mois, notre ardent religieux racheta trois-cent quarante-six esclaves qu’il fit partir aussitôt pour l’Espagne. A Bougie, il délivra quelques-uns de ses frères retenus comme otages et brisa les fers de cent dix-neuf chrétiens. 

Il se préparait à revenir en Europe quand il apprit que dix-huit enfants chrétiens étaient exposés chez leurs maîtres à perdre la foi et à tomber dans la dépravation. Il alla aussitôt les trouver, les exhorta à demeurer fermes ; puis rassuré sur leurs bonnes dispositions, il traita de leur rançon pour trente mille ducats. Mais l’argent lui manquait, il proposa alors de demeurer lui-même comme otage pendant que le religieux son compagnon irait conduire ces enfants et rapporterait la somme convenue. La proposition fut agréée, les enfants rendus à la liberté purent être embarqués pour l’Espagne avec les autres esclaves rachetés.

Durant sa captivité volontaire à Bougie, Pedro trouva de fréquentes occasions d’exercer sa charité : non seulement il exhorta les esclaves chrétiens à demeurer fidèles à Dieu, mais il instruisit, convertit et baptisa plusieurs Maures. Les sectateurs de Mahomet s’émurent de cet apostolat ; ils firent jeter Pedro dans une noire prison où il serait réduit à mourir de faim. 

Les Turcs qui lui avaient vendu les dix-huit enfants chrétiens, voyant que l’argent tardait à venir, s’impatientèrent ; ils l’accusèrent d’être un espion envoyé par les rois chrétiens pour connaître l’état du pays, et ils le condamnèrent à être pendu. Sans retard, ils exécutèrent cette injuste sentence sur la demande des patrons dont Pierre était le débiteur ; il devrait rester suspendu pour que son cadavre fût la pâture des oiseaux de proie. 

Six jours s’écoulèrent après la pendaison. Guillaume Florentin, compagnon de Pedro, arriva d’Espagne à Bougie durant ce temps et on lui apprit la triste nouvelle. Il arriva au lieu du supplice en versant des larmes, mais sa surprise fut au comble quand il entendit Pedro suspendu lui adresser ces paroles : Frère, ne pleure pas, je vis soutenu par la très sainte Vierge qui m’a assisté durant les jours passés. Joyeux d’entendre un pareil langage, Guillaume s’empressa de détacher le corps. Les habitants de la ville et plusieurs matelots espagnols étaient là à contempler le spectacle. 

Quand il apprit ce miracle, le divan défendit de remettre l’argent aux barbares patrons ; il voulut qu’on l’employât à racheter vingt-six autres esclaves, fit remettre ceux-ci à Pedro et à son compagnon. Tous ensemble, religieux et captifs rachetés partirent aussitôt pour l’Espagne.

A partir de ce moment, Pedro conserva les traces visibles de son supplice : il avait le cou marqué sur le côté et le visage d’une extrême pâleur ; Dieu le permettait ainsi pour attester la réalité du miracle. 

Plein de reconnaissance envers la très sainte Vierge, Pedro se retira dans un couvent solitaire dédié à Notre-Dame des Prés ; il y passa dix ans dans les exercices continuels de la prière et de la pénitence, il n’avait pour nourriture que du pain et de l’eau. La réputation de sa sainteté et le bruit du miracle accompli en sa personne attirèrent dans cette solitude de nombreux visiteurs ; il les recevait avec bonté, soulageait et guérissait ceux qui étaient malades. Rappelant son supplice, il avait coutume de dire à ses frères : Croyez-moi, les seuls jours heureux que je pense avoir eus sont ceux que j’ai passés suspendu au gibet, car alors je me croyais bien mort au monde.

Il prédit son trépas plusieurs jours à l’avance ; une grave maladie survint ; il rendit son âme à son Créateur en prononçant cette parole du psalmiste : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants (Ps 141:6).

C’était le 27 avril 1304, jour où il est commémoré au Martyrologe Romain.

En raison de son supplice, Pedro a été considéré comme martyr par certains, mais ce titre n’a pas été repris dans le Martyrologe Romain. Le culte a été approuvé en 1686.

 
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 23:00

Jovana Catherine Kosić

1493-1565

 

Jovana naquit le 25 novembre 1493 à Relezi (Zeta, Montenegro), de Pero Kosić, un prêtre orthodoxe comme son grand-père et son arrière-grand-père. Son oncle, moine, devint évêque à Zeta.

Petite, elle fut bergère et s’habitua vite à passer ses heures de solitude dans la prière.

On rapporte qu’elle vit un jour un très joli Bébé dans l’herbe et que, voulant le prendre dans ses bras, celui-ci disparut tout-à-coup. Elle devait avoir souvent d’autres apparitions de ce genre.

A quatorze ans, Jovana voulut rejoindre la côte vénétienne et s’établir à Kotor (actuel Montenegro), où elle espérait pouvoir prier davantage. Sa mère ne comprenait rien à ce langage et lui trouva une place de domestique dans la famille Bucca, qui était catholique.

Cette famille permit à la jeune fille de fréquenter l’église catholique autant qu’elle le désirait. Jovana put bientôt entrer officiellement dans l’Eglise catholique, prenant désormait le nom de Catherine (on se souvient qu’elle était née en effet le jour de la fête de sainte Catherine).

Elle apprit alors à lire et à écrire dans ses moments libres et put ainsi lire aussi bien en latin qu’en italien des livres de piété, et surtout la Sainte Ecriture.

Bientôt, Catherine se sentit appelée à davantage de solitude et voulut embrasser l’état d’ermite. Son confesseur la trouvait encore bien jeune, et l’établit dans une petite cellule proche de l’église Saint-Bonaventure à Kotor. Par une fenêtre, elle pouvait suivre la Messe, et par l’autre, elle pouvait répondre aux gens qui venaient lui confier des intentions de prières ou lui donner de la nourriture. Katarina fit le vœu de stabilité et la porte fut scellée. C’est à cette période de sa vie que remonte son nom de Catherine Kotorska.

Un tremblement de terre détruisit la cellule et Catherine se déplaça dans une autre cellule voisine de l’église Saint-Paul. A cette occasion elle devint Tertiaire dominicaine, et prit le nom religieux de Ozana, en souvenir de Osanna de Mantoue, une autre dominicaine mystique (voir au 19 avril). Elle allait désormais suivre la règle dominicaine pendant plus d’un demi-siècle.

Un groupe de sœurs dominicaines s’établit non loin d’elle et la prit comme «supérieure» ; il y en eut tant, que l’on y construisit un véritable couvent. On en considéra Ozana comme la fondatrice, quoiqu’elle ne le fut jamais.

Ozana eut des visions de Jésus enfant, de la Vierge Marie, des Saints. Un jour, même le Diable prit les traits de Marie et lui suggéra d’alléger ses mortifications : Ozana comprit d’où venait la tentation et fit disparaître l’Ennemi.

On attribua à ses prières et à ses conseils la libération de Kotor lors de l’invasion des Turcs en 1539, ainsi que lors d’une épidémie de peste. Les gens accouraient de toutes parts pour obtenir par sa prière des grâces, pour rétablir la paix. On l’appela la trompette du Saint Esprit ou aussi la Maîtresse de Mystique, ou encore la vierge réconciliatrice, l’Ange de la paix.

 

Ozana mourut le 27 avril 1565 et fut béatifiée en 1934.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Ramón Oromí Sullá

1875-1937

 

Ramón naquit le 16 septembre 1875 à Salás de Pallars (Lleida), de Domingo et Rosa, aîné de María et Eusebio.

Entré en 1889 dans la congrégation des Fils de la Sainte Famille à Palomar, il reçut l’habit en 1890, commença le noviciat à Cambrils en 1891 et fit la profession en 1898.

En 1900 il fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord enseignant en diverses maisons ; en 1909, il fut en même temps supérieur de la maison ; en 1913, secrétaire à Reus, où il enseignait le latin et le français.

Puis il recouvrit plusieurs charges importantes au sein de la congrégation : au chapitre de 1916, il fut nommé consulteur général, en 1919 secrétaire général, reconfirmé en 1922 et 1928. En 1932-1933, il fut à nouveau nommé consulteur général.

Dès 1919, il fut aussi directeur des revues La Sainte Famille et L’intention mensuelle. Il travailla activement à répandre la dévotion à la Sainte Famille, visitant les familles chaque mois, et coordonnant ce mouvement dans toute l’Espagne, particulièrement à Barcelone.

En 1935, il présida la commission pédagogique.

Il dédiait la majeure partie de son temps à la formation des jeunes, des novices.

C’est lui qui écrivit la première biographie de leur fondateur saint José Manyanet, dont il fut le vice-postulateur de la cause de béatification (v. 17 décembre).

Cet homme tout petit de stature était un géant d’activités, plein d’attentions pour chacun, jamais vulgaire, très soigné, très minutieux. 

Lors de la guerre civile de 1936, il se trouvait en repos à Vallfogona de Riucorb, puis se réfugia comme il put à Barcelone, de novembre à février ; il aidait ses hôtes à distribuer le lait chaque jour, avant de revenir dans son refuge sous le toit, où il priait et méditait. 

Il fut arrêté dans la rue le 17 (ou le 19) avril 1937.

Déféré à la centrale du Comité révolutionnaire, il reconnut sa condition de prêtre et fut mis, croit-on, dans la prison San Elías.

Il fut assassiné contre le mur du cimetière de Montcada, le 26 avril (ou le 3 mai ?) 1937 et jeté dans la fosse commune.

On n’a pas pu reconnaître son cadavre, mais l’avis de sa mort fut retrouvé dans les archives de Barcelone. La date précise de cette mort reste cependant incertaine. Il semblerait que la date la plus probable serait le 26 avril, date à laquelle Ramón aurait signé sa déclaration.

 

Ramón Oromí Sullá fut béatifié en 2013.

 
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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Władisław Goral

1898-1945

 

Né le 1er mai 1898 à Stoczek, Władisław (Ladislas) fit ses études à Nasutów, passa son baccalauréat à Lubartów, et entra en 1916 au séminaire de Lublin pour les études de philosophie ; en  1920 il vint à Rome, où il fut ordonné prêtre la même année, et continua d’autres études à l’Université Grégorienne de Rome et à Fribourg.

En 1926, il retourna en Pologne où il fut nommé professeur au séminaire de Lublin.

Il publiait des articles, il animait des colonies de vacances, organisait des cours pour les ouvriers, assistait les vieillards et les orphelins dans le cadre des Conférences Saint-Vincent-de-Paul : c’est lui qui fit venir les Filles de la Charité à Kreznica.

En 1938, il fut nommé évêque auxiliaire à Lublin. Il créa à Lublin une maison pour les prêtres âgés, et travailla beaucoup à la formation chrétienne des ouvriers et des étudiants.

Au déclenchement de la guerre, il se trouva à Varsovie bombardée, alors qu’il dirigeait une récollection après un pèlerinage à Czestochowa. De retour à Lublin, il fut arrêté par la Gestapo en novembre 1939 avec d’autres prêtres et séminaristes.

Tous furent condamnés à mort, le 27 novembre, et leur peine commuée en réclusion à perpétuité.

Interné le 4 décembre à Sachsenhausen, il y fut enfermé en cellule d’isolement, avec le numéro 5605. A partir de 1943, il eut le numéro 13981, avec impossibilité totale de communiquer avec d’autres prisonniers, donc de recevoir les sacrements. Il y mourut le 26 avril 1945, au moment où les nazis évacuèrent le camp devant l’avancée des Alliés.

Mgr Władisław Goral fut béatifié en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie.

 
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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Stanisław Kubista

1898-1940

 

Né le 27 septembre 1898 à Kostuchna (Mikołów, Pologne), il était le cinquième des six garçons et trois filles de Stanisław et Franciszka Czempska, gardes forestiers profondément catholiques.

Dans cette belle famille, on priait le chapelet chaque jour. La fille aînée devint religieuse à Vienne. Stanisłas, pour sa part, aimait décorer le petit autel de la maison.

Il fréquenta une école allemande, mais lisait et étudiait en polonais à la maison. 

La famille recevait souvent un Religieux Verbite, dont la congrégation a le but de diffuser le Verbe, la Parole divine, à travers les missions. Stanisłas sentit grandir en lui cette vocation.

Après ses études, il fut orienté par son curé vers le petit séminaire des Pères Verbites de Nysa, où d’ailleurs Stanisłas avait déjà un cousin, lequel mourut durant la Première Guerre mondiale.

A cause de cette guerre, Stanisłas n’eut pas la possibilité de terminer toutes ses études : il fut envoyé en 1917 sur le front français, comme télégraphiste, jusqu’à la fin de la guerre, et ensuite ne reçut sa démobilisation à Szczecin qu’en 1919.

Durant la même guerre, son frère aîné fut tué sur le front de Belgique en 1914. On comprend alors la joie des parents de revoir leur fils Stanisłas sain et sauf.

Stanisłas reprit ses études avec succès, et rejoignit la maison Saint-Gabriel à Mödling (Vienne). Après ses études de philosophie et de théologie, il fit la profession solennelle en 1926.

Dans les appréciations de ses Supérieurs et Confrères, on note qu’il était un peu mélancolique, taciturne, modeste, le calme personnifié, travailleur persévérant jusqu’au but final, consciencieux et ponctuel, ordonné, compatissant ; un tantinet «turlupiné» par le nationalisme ; soigneux dans tout ce qu’il faisait, homme de confiance. De grandes qualités, donc, qui corrigeaient de petits défauts. Ses notes furent dans la marge «bon-très bon». On lui remarqua aussi un certain talent pour l’écriture, en allemand comme en polonais, et il pouvait faire un bon professeur.

Lui-même rédigea ainsi ses centres d’intérêt à l’adresse de ses Supérieurs : Littérature, possibilité de publier des livres ; travail missionnaire et pastoral ; pas l’enseignement ; missions en Chine, aux Philippines, en Nouvelle-Guinée ; santé excellente.

Il fut ordonné prêtre en 1927.

Etant encore dans l’état d’étudiant, il écrivit quelques articles pour les journaux.

En automne 1928, on l’envoya à Górna Grupa. Au moment du départ, sa mère lui dit : Mon fils, sois bien fidèle dans ce que tu as choisi. Il le fut effectivement jusqu’à la mort.

Ses Supérieurs voulaient le voir dans l’action. Ils lui confièrent l’administration de la maison, où se trouvaient quelque trois-cents âmes, entre frères, prêtres, élèves, postulants et novices. L’année suivante, il était aussi nommé procureur régional ; on notait alors que l’économie de la maison était en de bonnes mains.

A côté de ces responsabilités, le père Stanisłas accepta en 1929 le poste de rédacteur en chef d’un petit périodique, Le Petit Missionnaire.

Ensuite Stanisłas fut nommé recteur à Bruczków et participa à plusieurs publications : Le Calendrier du Petit Missionnaire, Trésor de Famille, Tribune de Saint Joseph (ce dernier fondé par lui en 1937). Sous son administration, le nombre des lecteurs augmenta de manière significative.

Il écrivit des histoires, des romans, un drame, toujours préoccupé, disait-il, par la collaboration avec Jésus pour sauver les âmes. Son drame Croix et Soleil, qui se situe dans le milieu des Incas péruviens, fut représenté maintes fois avant et après la guerre.

Ses articles étaient marqués par une profonde réflexion théologique et un réel sens pratique, qui révélaient le fond de son âme. On l’a vu, il avait une particulière dévotion à Saint Joseph, à qui il attribuait le succès de l’imprimerie et l’achat des machines, malgré l’absence des fonds nécessaires.

Le premier «accrochage» avec la Gestapo fut lorsque Stanisłas voulut payer quelques centaines de zloty pour une pauvre veuve : la monnaie polonaise n’était plus autorisée, mais Stanisłas enfonça ses yeux si profondément dans ceux de l’officier, que ce dernier eut l’air d’avoir été frappé par la foudre. Stanisłas pensa que c’était saint Joseph qui l’avait aidé.

Quelques jours après, toute l’imprimerie fut détruite, et les provisions de l’hiver confisquées.

La situation empira à partir du 27 octobre 1939 : ce jour-là, les soixante-quatre religieux furent arrêtés et la maison transformée en camp d’internement. Comme «par hasard», ce jour était la fête du Christ-Roi, qui se célébrait alors au dernier dimanche d’octobre. Peu après, la Gestapo enferma encore quatre-vingts autres prêtres, religieux et séminaristes de la région ; tout fut confisqué, les prisonniers n’avaient rien à manger. Stanisłas recourut encore à saint Joseph : la Gestapo accepta de convoyer de la nourriture et du carburant.

On put ainsi survivre jusqu’en février 1940. Le 5 février, par -28°, les prisonniers furent chargés dans trois wagons et conduits à Nowy Port, une aile du camp de concentration de Stutthof.

Là, sans parler des mauvaises conditions hygiéniques, les prisonniers souffrirent du froid, de la faim, des travaux pénibles et des mauvais traitements.

Leur unique consolation fut que, le Jeudi Saint 21 mars, ils purent célébrer l’Eucharistie, quoique secrètement. Un des participants était le père Alojzy Liguda, recteur de Górna Grupa. Pour Stanisłas, ce fut son Viatique.

Lui qui avait joui jusque là d’une bonne santé, s’affaiblit beaucoup et tomba malade. En état d’hypothermie, il ne pouvait absorber la nourriture qu’on leur distribuait. En plus, la campagne d’extermination totale du clergé battait son plein : Stanisłas n’avait qu’à travailler comme les autres, à transporter la neige d’un endroit à un autre. 

Le 9 avril, les prisonniers reçurent l’ordre de monter dans un train de marchandises en direction de Sachsenhausen. 

La santé de Stanisłas passa à la pneumonie. Mais il devait continuer à travailler, autant que les autres. Ses voisins durent littéralement le porter pour se présenter à l’appel. Il conserva son calme et sa confiance en Dieu.

L’officier en charge le désigna comme candidat à la mort et ordonna d’abandonner Stanisłas dans les toilettes pour y mourir. Stanisłas y resta trois nuits.

Un Confrère, Dominik Józef, témoigna : 

Le soir, j’essayai de lui faire une sorte de lit. Je l’enveloppai dans une couverture, mais je n’avais ni oreiller ni drap. Il me remerciait, comme toujours, et murmurait : «C’est pour bientôt. Je me sens très faible. Mon Dieu, j’aimerais bien être à Górna Grupa, mais Il a eu d’autres plans. Que Ta volonté soit faite.» En secret, j’ai entendu sa confession.

Le 26 avril 1940, à notre retour de l’appel, nous le laissâmes à terre, contre un mur. Il était là comme dans une tombe. Nous veillions sur lui avec attention. Le chef de notre baraque, un criminel allemand, entra subitement ; combien en a-t-il envoyé dans l’autre monde ? Aux tortures quotidiennes et habituelles, il ajouta sa cruauté personnelle. Il vomit toute sa haine contre certains genres de personnes, parmi lesquelles les prêtres ; jamais il ne manquait une occasion de les tourmenter. Quand il vit Stanisłas, il nous regarda avec son air bestial et tourna les yeux avec une joie satanique en direction de Stanisłas. Il s’approcha de lui en lui lançant : «Tu n’as plus de raison de vivre !» Puis il lui mit un pied sur la poitrine et, avec l’autre, lui compressa la gorge. La lourde pression provoqua la rupture des clavicules. Un son rauque et quelques convulsions achevèrent la vie du Martyr.

 

Stanisłas Kubista mourut martyr ce 26 avril 1940, et fut béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de cette période.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Juli Junyer i Padern

1892-1938

 

Né le 31 octobre 1892 à Vilamaniscle (Alt Empordà, Catalogne, Espagne), dans une famille pauvre, Juli fréquentera l’unique école du village grâce à la bonté d’une famille amie.

Il rejoindra ensuite le collège salésien de Girona, et entrera au séminaire salésien de Campello (Alicante), où il fera la profession en 1912.

Ce fut un homme réfléchi, sensible, travailleur : il était bien armé pour être un bon directeur spirituel, outre qu’il avait des dons pour la musique.

Professeur à Girona, il enseigna la philosophie, la littérature, le chant grégorien, tout en assumant la formation spirituelle des jeunes.

Quand se déclencha la guerre civile, il vint chez ses parents à Vilamaniscle, où des miliciens le découvrirent en mars 1938.

Or, le maire était de la famille et leur fit savoir que, s’ils tuaient Juli, ils auraient aussi à le tuer. 

Juli retourna à Gerona et aida des Confrères à passer la frontière. Un jour cependant, Juli fut arrêté : il reconnut qu’il n’était là que pour donner les sacrements à ses compagnons, mais on l’accusa d’être l’organisateur de ces expéditions.

Accusé d’espionnage et enfermé à la prison de Barcelone, il tenta d’obtenir sa libération. Mais comme on retrouva une lettre de lui dans les mains de prisonniers capturés près de la frontière, Juli fut condamné à mort pour espionnage et haute trahison.

Il fut abattu dans la fosse du château de Montjuic à Barcelone, le 26 avril 1938.

 

Juli Junyer i Padern a été béatifié en 2001.


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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Marcellinus, pape

296-304

 

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.

Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.

Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.

Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.

D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.

Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur sera saint Marcel Ier.

Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.

Son dies natalis était historiquement le 25 octobre, mais on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Ráfael Arnáiz Barón

1911-1938

 

Né le 9 avril 1911 à Burgos dans une famille de haute bourgeoisie espagnole, Ráfael était le premier des quatre garçons. Il fréquente l’école des Jésuites où très vite on remarque sa riche sensibilité, ses dons artistiques et intellectuels.

Effectivement, très doué pour le dessin, il commence en 1930 des études d’architecture à Madrid. Cette même année, il découvre l’abbaye trappiste de San Isidro de Dueñas. Ráfael est un étudiant joyeux et sérieux à la fois, sportif, apprécié de tous. Mais il opte pour une voie meilleure et entre à l’abbaye le 15 janvier 1934.

Bien que la séparation de la famille lui coûte un peu, il s’adapte bien à sa nouvelle vie. Mais voilà que quelques mois après son entrée, se déclare un diabète foudroyant : en mai 1934, il perd vingt-quatre kilogrammes en huit jours. On lui conseille alors simplement de retourner chez lui pour y être bien soigné. Ráfael quitte le monastère la mort dans l’âme, mais avec l’espérance d’y revenir bientôt.

Ráfael ne se remettra pas. Pendant quatre ans, il fera de fréquents allers-et-retours entre le monastère et la maison de ses parents. Au monastère, la maladie l’empêche de suivre tout-à-fait la règle de la “stricte observance”, qui est assez rigide. En conséquence, il n’est pas autorisé à faire la profession religieuse consistant à promettre, selon la règle de Saint Benoît, obéissance, conversion de vie et stabilité dans le monastère. Il n’est donc pas vraiment moine à part entière. 

Dans cet état de souffrance et de déception, Ráfael reste fidèle dans son cœur et sa méditation s’approfondit ; il devient un authentique contemplatif, si bien que la communauté l’apprécie et l’accepte en tant qu’oblat régulier.

La guerre civile de 1936 ne favorise pas les choses, car les médicaments nécessaires n’arrivent pas au monastère, mais Ráfael est au moins déclaré inapte au service armé. 

Quand il voit que sa santé décline inexorablement, il préfère rester au monastère. Le Père Abbé lui remet l’habit monastique, la coule, que portent les moines profès, et lui promet de le faire ordonner prêtre dès qu’il aura achevé ses études théologiques.

Mais Ráfael décède bientôt, le 26 avril 1938.

Lors de son voyage apostolique à Compostelle, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, le pape Jean-Paul II a donné Ráfael comme modèle à tous les jeunes, le samedi 19 août 1989.

 

Ráfael sera béatifié en 1992, et canonisé en 2009. Le Martyrologe Romain le commémore le 26 avril.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:00

Cletus (Anacletus)

1er siècle

 

Une longue hésitation règne au sujet du nom du troisième pape : Clet ou Anaclet ?

Dans le Canon Romain de la Messe, on nomme : Lin, Clet, Clément.

Saint Irénée nomme : Lin, Anaclet, Clément.

Certains y ont vu deux personnages, d’autres un seul.

Ceux qui sont pour le dédoublement ne sont pas d’accord pour le jour de fête, 26 avril ou 13 (12) juillet.

Actuellement, le Martyrologe Romain a opté pour un seul personnage, saint Clet (Cletus), troisième pape, fêté le 26 avril.

De ce dernier, on sait très peu de choses, tirées du Liber Pontificalis : 

Clet, romain, fils d’Emilien, fut élu pour succéder à Linus. Il siégea durant les règnes de Vespasien et de Titus, pendant six ans, un mois et onze jours, et, après avoir ordonné vingt-cinq prêtres, il reçut la couronne du martyre.

 

Le pontificat de Clet peut donc se situer autour de l’an 80, mais apparemment un peu plus que les six années mentionnées plus haut. Les dates de saint Lin et de saint Clément 1er  étant incertaines, celles de Clet le sont aussi.

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