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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 23:00

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint. 

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture. 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 23:00

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties. Ainsi, le 11 avril 1229, il vit l’âme de Sancha de Portugal (v. 11 avril) monter au ciel dans une grande lumière.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 23:00

Joan Montpeó Masip

1918-1938

 

Joan était né le 31 octobre 1918 à Les Borges del Camp (Tarragona, Catalogne, Espagne), de Juan et Isabel.

Baptisé le 3 novembre suivant, il fut confirmé en 1930.

Ses parents apprécièrent sa constante obéissance envers eux, mais aussi envers les prêtres.

Il entendit l’appel de Dieu, mais sa santé n’était pas excellente, et les conditions économiques de la famille ne permettaient pas de payer la pension au séminaire. Aussi le garçon commença à étudier auprès du curé de la paroisse.

Ces études s’interrompaient de temps à autre lors des crises intermittentes de la maladie, que Joan supportait patiemment et qui, un beau jour, cessèrent de se manifester. Le prodige réjouit le jeune garçon, qui l’attribua à Notre-Dame de Lourdes.

En été 1936, Joan se trouvait en compagnie des séminaristes de Tarragona, à La Seu d’Urgell, quand ils furent tous arrêtés, conduits à la prison de Lleida, où ils restèrent quelques semaines.

Successivement, on les transféra sur le bateau-prison du port de Tarragone, d’où furent libérés les plus jeunes.

Joan revint chez lui à Les Borges del Camp. Il priait et étudiait.

Le 9 mai 1938, des miliciens vinrent l’enlever pour le conduire à la prison de Riudecols, où les mauvais traitements, verbaux et physiques, ne lui furent pas épargnés.

Le 11 mai suivant, il fut interrogé.

Deux jours après, donc le 13 mai 1938 au soir, il fut assassiné non loin de la prison de Riudecols. Ses compagnons de prison entendirent les coups.

La date du 13 mai a été déduite de la notice diocésaine ; la date du 15 mai est donc probablement une erreur.

En juillet de la même année, le corps du Martyr fut reconnu par le médecin légiste, qui déclara depuis avoir obtenu beaucoup de grâces par son intercession.

Joan, jeune séminariste de dix-neuf ans, a été béatifié en 2013.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 23:00

Servais de Tongres

† 384

 

Des récits qui ressemblent à des contes fabuleux font de Servais un Arménien, d’une famille descendant de sainte Anne. Un ange - tout simplement - l’aurait transporté à Tongres (actuelle Belgique), tout en lui enseignant aussi les langues nécessaires à la prédication.

Le fait est que Servais se trouva être, au 3e siècle, le premier évêque de Tongres.

En 346, au concile de Cologne, Servais est un des co-signataires de la condamnation de l’évêque de cette ville, tombé dans l’erreur arienne. L’illustre évêque d’Alexandrie s’y trouvait aussi, Athanase, après son exil à Trèves entre 336 et 338.

En 347, à Sardique, Servais est encore présent pour confirmer le concile de Nicée.

En 359, Servais participa au concile de Rimini, où il ne craignit pas les menaces de toutes sortes des ennemis de la foi. Fatigué, il fut circonvenu par les ariens qui obtinrent un moment sa signature au bas d’une déclaration de foi frauduleuse. Il n’en ressortit que plus acharné contre l’erreur arienne.

Servais fut aussi envoyé en conciliateur entre les deux empereurs Magnence et Constance, mais sans succès.

L’évêque de Tongres connut d’avance les ravages des Huns et chercha par tous les moyens à en prévenir les chrétiens, s’offrant en sacrifice pour protéger le peuple du danger.

Il fit enfin le pèlerinage à Rome pour implorer la protection divine sur les villes de Tongres et de Metz : il y eut une apparition de saint Pierre, qui lui annonça cependant que Metz serait sauvée, par l’intercession de saint Etienne (premier évêque à Metz), mais que lui, Servais, ne verrait pas les maux qui s’abattraient sur son pays, qu’il devait vite regagner Tongres pour y préparer sa sépulture et se réfugier à Maëstricht pour attendre la volonté de Dieu. En même temps, saint Pierre lui aurait remis une clef en argent, confectionnée par les anges, qui aurait ensuite opéré beaucoup de miracles.

Au retour d’Italie, Servais fut un moment arrêté par les Huns en Italie, leur échappa, parvint dans les Vosges où il fit jaillir une source, avant de regagner son diocèse de Tongres.

Ses fidèles furent atterrés d’apprendre le sort qui les attendait, et la prochaine fin de leur évêque.

Servais connut le jour et l’heure de son trépas. Il mourut le 13 mai 384.

Le jour de ses obsèques, tous les malades présents furent guéris.

On remarqua que, lors des chutes de neige, son tombeau n’en était jamais recouvert, jusqu’à la construction d’une grande basilique en son honneur. 

 

Saint Servais fut honoré dans toute la Gaule et la Germanie. Plus tard, il fut proclamé spécial protecteur des Dominicains.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 23:00

Nérée et Achille

1er siècle

 

Il semble assez probable que Nereus et Acilleus aient été deux soldats des cohortes prétoriennes.

Avant leur conversion, ils ont pu avoir pris part aux sanglantes exécutions que les mauvais empereurs firent plus d’une fois accomplir par ce corps privilégié. Soldats distingués, ils avaient obtenu les décorations que les Romains décernaient au courage.

Un jour, la foi nouvelle toucha leur cœur, peut-être grâce à saint Pierre en personne.

Après leur baptême, nos deux soldats se retirèrent du service. Ils purent avoir été attachés à la maison de Domitille, ce qui expliquerait leur sépulture dans le cimetière des Flaviens chrétiens.

Ils ont pu aussi suivre leur maîtresse exilée sur l’île de Ponza, puis de là à Terracina où ils furent martyrisés, décapités.

Puis ils auraient été ensevelis à côté du tombeau de Petronilla, une autre convertie de saint Pierre.

 

Leur fête est traditionnellement célébrée le 12 mai.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 23:00

Pancrace à Rome

† 304

 

Au temps des empereurs Valérien et Gallien, un jeune garçon nommé Pancratius, fils de Clédonius le Phrygien, perdit son père et fut placé sous la tutelle de l’un de ses oncles, nommé Denis, dont il est question le même jour que Pancrace au Martyrologe.

Le tuteur, chrétien dans l’âme mais pas encore baptisé, prit un grand soin de son neveu : quand celui-ci eut atteint l’âge de quatorze ans, tous deux se rendirent à Rome, y furent instruits de la religion chrétienne, reçurent le baptême et conçurent le grand désir de verser leur sang pour Jésus-Christ. 

Denis mourut avant d’avoir obtenu ce bonheur : bientôt arrêté, peu après son baptême par le pape, il mourut en prison.

Arrêté lui aussi, Pancratius fut amené devant l’empereur Dioclétien qui fit tous ses efforts pour déterminer l’adolescent à sacrifier aux idoles. Au contraire, le jeune garçon eut le cran d’afficher devant l’empereur une attitude digne de la plus parfaite maturité : Je m’étonne, dit-il, que vous me commandiez d’avoir de l’estime pour vos dieux, alors que vous puniriez du dernier supplice des esclaves qui mèneraient une vie aussi dépravée.

Irrité d’une telle réponse, l’empereur ordonna de décapiter Pancratius. La sentence fut exécutée sur la voie Aurélienne, le 12 mai 304. Une sainte femme, nommée Octavie, emporta secrètement le corps du martyr et l’ensevelit sur cette même voie Aurélienne.

Il y a à Rome une église de Saint-Pancrace-hors-les-Murs. Cette église est mentionnée par saint Grégoire le Grand : ceux qui allaient faire quelque serment solennel en l’église de Saint-Pancrace, étaient visiblement punis de Dieu quand ils ne disaient pas la vérité : ils tombaient morts sur place, ou ils étaient possédés du démon qui les tourmentait à la vue de tout le monde. La même église est maintenant un titre cardinalice.

Le culte de saint Pancrace s’est très répandu. Rien qu’à Rome, plusieurs sanctuaires possèdent des reliques de lui : son chef à Saint-Jean-de-Latran, d’autres reliques à Saint-Clément ; ailleurs, d’autres villes ont de ces reliques : Albano, Bologne, Venise, Milan, Marseille, Tours, Saintes, Saint-Riquier, Saint-Malo… Au VIIe siècle, le pape Vitalien envoyait des reliques de saint Pancrace à Wandrille, abbé de Fontenelle, qui construisit une église sous son invocation ; le même pape en envoyait au roi Oswi en Angleterre : Saint-Pancrace-de-Cantorbury fut la première église consacrée à Dieu dans ce pays, après la conversion des Anglais par saint Augustin.

A Milan, le nom de Pancrazio a été altéré en Brancaccio ou Brancas. Mais aussi en France, où l’on trouve l’invocation à Blancat, Planchat, Planchais, Planchers, Branchais… autant d’altérations qui témoignent de la célébrité du Saint.

Notons enfin que saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, qui sont fêtés successivement les 11, 12 et 13 mai, sont appelés les Saints de glace, parce que ces jours-là se vérifie régulièrement un phénomène atmosphérique de refroidissement, après lequel on peut vraiment espérer que les froids hivernaux et printanniers sont passés. 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 23:00

Ceferino Namuncurá

1886-1905

 

Né le 26 août 1886 à Chimpay (Valle Medio, Rio Negro, Argentine), il était le sixième enfant de Manuel et Rosario Burgos. Manuel était un chef Mapuche.

Ceferino reçut le baptême à huit ans, d'un missionnaire salésien.

De l'enfance de Ceferino, on ne rapporte qu'un fait, non sans importance : Ceferino tomba un jour dans le Rio Negro ; s'il échappa à la noyade, il ne le dut qu'à une intervention surnaturelle.

Manuel Namuncurà, ayant été promu colonel de l'armée argentine, pensa envoyer son fils étudier à Buenos Aires, dans le but de le préparer à faire quelque chose d'utile pour son peuple. C'est ainsi que, grâce à son amitié avec le général Campos, ministre de la guerre, Manuel put placer son fils aux ateliers nationaux de la marine en tant qu’apprenti charpentier.

L'essai dura trois mois : Ceferino écrivit à son père qu'il ne se trouvait pas bien dans cette ambiance, et son père, après avoir consulté l'ancien président argentin, envoya Ceferino chez les Pères salésiens, fondés par Giovanni Bosco.

C'est ainsi que Ceferino entra au collège Pie IX des Salésiens, à Almagro (Buenos Aires), où il se montra excellent élève autant que choriste. C'est là qu'il connut Carlos Gardel, futur chanteur et acteur, avec qui il se lia d'amitié.

A la fin de ses études, au lieu de revenir à la maison et servir d'interprète et de secrétaire, - comme le désirait son père –, Ceferino voulut rester parmi les Salésiens.

Sa santé n'était pas bonne : il était déjà atteint par la tuberculose. Mais il commença les études en vue du sacerdoce.

En 1904, il accompagna à Rome Mgr Giovanni Cagliero, ancien élève de saint Giovanni Bosco et futur archevêque, qui le présenta au pape Pie X : ayant entendu le compliment que lui adressa Ceferino en cette occasion, le pape fut très ému d'entendre cet Amérindien s'exprimer en parfait italien ; il le bénit tout spécialement et lui remit la médaille qu'il réservait d'habitude aux Princes.

Ceferino fut reçu à Turin, puis à Frascati (Rome), toujours en vue de devenir prêtre.

Sa santé périclita encore davantage durant l'hiver 1904-1905, et il fut hospitalisé au Fatebenefratelli de Rome, où il s'éteignit le 11 mai 1905, à dix-neuf ans.

Juste avant de mourir, il dit à Mgr Cagliero : Bénis soient Dieu et la Très sainte Vierge Marie ! J'ai assez de pouvoir sauver mon âme ; pour le reste, que la volonté de Dieu soit faite.

Grâce aux Salésiens, l'image de Ceferino fut très répandue dans toute l'Argentine, où on l'appela le lys de la Patagonie, mais aussi dans le monde entier. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. 

C'est en 1972 que le pape proclama l'héroïcité des vertus de Ceferino.

En 2000, un miracle fut reconnu, attribué à l'intercession de Ceferino : ce fut la guérison totale et inexplicable d'une jeune maman argentine, qui souffrait d'un cancer à l'utérus.

Ceferino Namuncurà fut béatifié en 2007, premier Argentin à être porté sur les autels.

 

Fêté dans son pays le 26 août, en été, Ceferino sera inscrit au Martyrologe le 11 mai.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 23:00

Matthêu Lê Văn Gẫm

1813-1847

 

Matthêu était né vers 1813 à Gò Công (Biên Hòa, Vietnam), aîné de cinq garçons et une sœur, enfants de Paul Le Van Lai et Maria Nguyen Thi.

A quinze ans, il entra au séminaire de Lai Thieu, mais en ressortit très vite sur l’insistance des parents, pour les aider dans leur travail.

Vers vingt ans, il se maria. Il semble que, souvent absent de la maison pour son travail, il ait été tenté d’adultère, mais il se ressaisit et s’occupa essentiellement de ses quatre enfants. Mais sur les quatre, l’aîné et le dernier moururent de maladie, le deuxième mourut dans un incendie, le troisième mourut pour sa foi, brûlé en prison.

Fervent dans sa foi et son désir d’aider l’Eglise, il s’offrit spontanément pour transporter dans son bateau des missionnaires européens depuis Singapour et les introduire dans son pays.

Un premier voyage réussit fort bien. Mais au second, une chaloupe militaire le découvrit : se trouvaient à bord le vicaire apostolique, Mgr Lefebvre, un prêtre et un groupe de séminaristes ; ils avaient avec eux des objets pour le culte (calices, missels, encensoirs, ornements…). Matthêu pensait résister aux soldats, se battre et sauver les missionnaires, mais l’évêque le dissuada d’en venir aux mains.

C’était le 6 juin 1846.

Matthêu fut arrêté comme principal responsable, étant propriétaire et capitaine du bateau.

Mis en prison à Troi-Ya-Ma, il fut soumis à maintes tortures dans le but de le faire apostasier sa foi et révéler d’autres informations sur les missionnaires et leurs activités, mais le vaillant chrétien resta fidèle, refusa de marcher sur la croix et ne trahit pas.

Un prêtre put, déguisé, lui rendre visite, le confesser et lui donner l’Eucharistie.

Les mandarins le condamnèrent à mort et demandèrent la confirmation au roi. Celui-ci faisant attendre sa décision, les mandarins annulèrent la condamnation. Cependant, le roi changea d’avis après les incursions françaises, et donna l’ordre de procéder à l’exécution, sauf si l’homme apostasiait. Comme Matthêu persévérait toujours dans sa foi, après un an de prison, il fut décapité.

C’était le 11 mai 1847 à Chợ Đŭi (Dong Nai, Vietnam).

 

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 23:00

Francesco De Geronimo

1642-1716

 

Ce saint qu’on peut appeler extraordinaire naquit à Grottaglie (Taranto, Italie) de Giovanni Leonardo et de Gentilesca Gravina, le 17 septembre 1642, premier de onze enfants, dont trois seront ecclésiastiques.

On peut noter ici que le nom de famille “Geronimo” est aussi orthographié “Girolamo”, deux traductions possibles du latin Hieronymus, Jérôme.

La famille était assez aisée, mais surtout très chrétienne. On confia Francesco tout jeune à une congrégation locale vouée à l’enseignement et aux missions. Non seulement le garçonnet y fit déjà de bonnes études, mais il reçut la charge de sacristain et du catéchisme aux petits enfants.

A seize ans il reçut la tonsure puis alla fréquenter le séminaire de Taranto ; il compléta ses études en droit à Naples et fut ordonné prêtre en 1666.

Il fut préfet des jeunes étudiants au collège jésuite napolitain, et fut lui-même novice en 1670. 

Chargé de missions dans les Pouilles, il revint à Naples en 1674 pour y achever ses études théologiques, et fut nommé prédicateur à l’église des Jésuites : ses prédications dureront quarante ans.

Il aurait bien voulu partir pour les missions au Japon, mais les supérieurs lui répondirent que Naples serait “ses Indes et son Japon”, où les épines lui seraient comme un autre martyre.

Il était humble, doux et soumis au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Un jeune un jour le frappa au visage : il tendit l’autre joue. On lui interdit un jour de célébrer la Messe plus de trois fois par semaine, il se soumit, et cette obéissance reçut sa miraculeuse récompense : il reçut l’Eucharistie des mains de Jésus-Christ.

Sa prédication était convaincante, produisait des conversions éclatantes, et s’accompagnait de miracles, de prédictions multiples. Francesco s’en cachait en invoquant l’intercession de saint Cyr (Ciro, v. 31 janvier) , mais il fut trop souvent “pris en flagrant délit” de miracles pour que sa sainteté personnelle échappât à l’attention des témoins.

Francesco exerça son apostolat non seulement dans l’église des Jésuites de Naples, mais dans les régions alentour. Il convainquait les foules de se diriger vers l’église pour se confesser, il animait la “Communion générale du troisième dimanche du mois”, et eut une particulière attention à ramener dans le bon chemin les prostituées, qui furent nombreuses à se convertir.

Francesco alla aussi prêcher dans les monastères, les collèges de jeunes, les prisons, les galères : rien n’arrêtait son zèle au point qu’on pouvait parler de miracle à propos de ses nombreuses prédications, pour lesquelles plusieurs missionnaires y auraient passé la vie.

Francesco annonça lui-même sa mort prochaine, et le jour précis de celle-ci : 11 mai 1716.

Béatifié en 1806, canonisé en 1839, il est mentionné au Martyrologe ce même 11 mai, et est un des patrons de la ville de Naples. Son corps, longtemps conservé à Naples, fut transféré à Grottaglie, son pays natal.

 
 
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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 23:00

4e dimanche de Pâques - A

 

 

Ce quatrième dimanche de Pâques porte le titre de dimanche du Bon Pasteur. L’évangile ne rapporte plus l’une ou l’autre des apparitions du Ressuscité, mais la péricope du chapitre 10 de Jean, où Jésus parle de lui-même comme du Pasteur. Le verset 6 dit exactement : Il leur dit, se référant évidemment aux Pharisiens avec qui Jésus est en conversation dès le chapitre précédant. Et, ajoute Jean, ils ne comprirent pas ce qu’il voulait dire.

C’est qu’à propos de pasteurs, les chefs d’Israel avaient de quoi méditer avec les mille avertissements des Prophètes, en particulier d’Ezéchiel, qui stigmatise tous ceux qui n’ont pas su gérer le troupeau : Vous n’avez pas fait paître le troupeau, vous n’avez pas fortifié les brebis chétives, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené celle qui s’égarait, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez régies avec violence et dureté… Je susciterai pour le mettre à leur tête un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David (Ez 34:3b-4.23). 

Jésus montre aux Pharisiens qu’Il est, Lui, ce Pasteur annoncé en la personne prophétique de David. Ceux qui sont venus avant Lui ont été des voleurs parce qu’ils se sont contentés de recevoir les prémices et les offrandes des fidèles, oubliant à leur tour de se considérer eux-mêmes des brebis du même troupeau de Dieu. Jésus, au contraire, le vrai Pasteur, sait être Lui-même La brebis modèle, fidèle, l’agneau de Dieu, immolé en se chargeant des péchés des autres.

 

*       *       *

Les deux lectures sont de la bouche ou de la plume de saint Pierre, lui qui avait pris peur au moment de la passion du Bon Pasteur, et qui maintenant ne craint plus de se montrer en toute assurance, de parler haut et fort, de témoigner avec une telle conviction que la communauté s’augmenta ce jour-là d’environ trois mille personnes.

A entendre le discours de Pierre, les Juifs présents auraient pu se révolter. Ce n’est pas facile de s’entendre dire : Ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. Mais ceux qui écoutent là, ont été touchés par la grâce de Dieu, ils ont réfléchi ; depuis le Vendredi Saint jusqu’au jour de la Pentecôte,  plus de cinquante jours sont passés, durant lesquels tous ont pu entendre parler de la résurrection du Christ, des témoignages divers ; ainsi, ils ont eu l’opportunité de rentrer en eux-mêmes et de se repentir d’avoir fait crucifier le Juste, l’Innocent. 

Voilà pourquoi ils disent, tout simplement, comme des petits enfants qui regrettent une bêtise : Que devons-nous faire ? Et Pierre, sans les accuser, les encourage, les réconforte : Convertissez-vous ; faites-vous baptiser, pour être pardonnés et recevoir l’Esprit.

La parole de Pierre a ceci de paternel et pastoral, c’est qu’il n’accuse pas les Juifs ; il n’évoque leur égarement que pour les pousser vers la Vérité et la libération intérieure. Le Baptême les purifiera entièrement.

Oui, revenons au Christ, au Pasteur. Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous, sous la houlette du Successeur de Pierre - le pape -, et de tous les Successeurs des Apôtres - les évêques -, dans le saint bercail de l’Eglise du Christ.

 

*       *       *

 

L’épître de saint Pierre ne dit pas autre chose : Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suivissiez ses traces. C’est une idée chère à saint Augustin, dans son Commentaire sur l’évangile de saint Jean : 

Sous l’unique Pasteur et dans l’unique troupeau, les pasteurs eux-mêmes sont des brebis. Oui, il a fait de tous les hommes ses brebis, c’est pour eux tous qu’il a souffert, puisque lui-même, afin de souffrir pour tous, est devenu brebis.

Comme Pasteur, Jésus marche devant nous et prend sur ses épaules la brebis malade ; comme Frère, il marche avec nous en portant la Croix. 

 

*       *       *

 

Ce Bon Berger est évidemment la figure évoquée dans le Psaume d’aujourd’hui, le psaume 22 ; dans ce chant eucharistique, le psalmiste se réjouit de ne manquer de rien, avec ce berger qui nous prépare la table

 

*       *       *

 

Certes, cette Eglise compte des pécheurs - nous le sommes tous, mais nous sommes tous en marche vers une même victoire. Où allons-nous ? Nous l’avons dit dans la Prière : Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son Pasteur est entré victorieux.

Le troupeau a besoin d’hommes qui, au nom du Pasteur éternel, conduisent les brebis dans le chemin de la Vérité. Aujourd’hui, l’Eglise nous demande de prier pour les vocations sacerdotales.

Seigneur, donne-nous des prêtres !

 

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