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10 juillet 2022 7 10 /07 /juillet /2022 23:00

    11 JUILLET

I.

S Pie I, pape (140-155), frère de Hermas (auteur du “Pasteur”) ; il dut avoir affaire aux hérétiques Marcion, Cerdon, Valentin.

?

S Sidroin, martyr près de Sens.

III.

S Marcianus, martyr à Iconium.

IV.

Ste Marciana, vierge martyre en Mauritanie Césarienne, pour avoir brisé la tête d'une Diane.

V.

S Alèthe, évêque à Cahors.

VI.

S Benoît, père des cénobites occidentaux, abbé à Subiaco et Monte Cassino, proclamé patron de l'Europe (1964).

S Léonce le Jeune, entré dans la carrière militaire au service du roi Childebert, époux de Placidina ; ordonné prêtre et élu évêque à Bordeaux après Léonce l'Ancien, il traita son épouse comme sa sœur, participa à plusieurs conciles et fit construire beaucoup d'édifices religieux.

S Savin, espagnol, ermite et abbé près de Palais Emilien, un des premiers moines en Aquitaine.

S Drostan, abbé à Deer puis ermite.

VII.

S Jean le Bon, évêque à Bergame, martyr des Ariens.

SS Sigisbertus et Placidus, moines en Suisse, le premier était disciple de s. Colomban et maître de Placidius, qui fut martyr.

VIII.

S Hidulphe, abbé fondateur de Moyenmoutier et évêque.

IX.

S Abundio, prêtre martyr à Cordoue.

S Berthevin, normand martyr dans le Maine.

X.

Ste Olga, veuve du prince Igor de Kiev, grand-mère de s. Vladimir, favorable au christianisme.

XII.

B Bertrand, successeur du b. Géraut de Salles à Grandselve, abbaye qu'il rattacha aux cisterciens ; il voyait le corps glorifié du Christ pendant la Messe.

S Ketillus (Kjeld, Exuperius), augustin à Viborg, assassiné tandis qu'il psalmodiait.

XVI.

Bx Thomas Benstead et Thomas Sprott, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987.

XVII.

S Oliver Plunkett, ordonné à Rome, évêque à Armagh, martyr à Tyburn ; il mourut en pardonnant (un 1er juillet vieux style , correspondant au 11 juillet) ; le Martyrologe Romain le commémore le 1er juillet.

XVIII.

 Bses Rosalie Clotilde de Sainte-Pélagie Bés, Marie Elisabeth de Saint-Théoctiste Pélissier, Marie Claire de Saint-Martin Blanc, religieuses sacramentines, et Marie Marguerite de Sainte-Sophie de Barbegie d'Albarède, ursuline, décapitées à Orange.

XIX.

Stes Anna An Xingshi, Mali An Guoshi, Mali An Linghua et Anna An Jiaoshi, martyres chinoises, canonisées en 2000 et fêtées le 9 juillet.

XX.

B Valeriu Traian Frențiu (1875-1952), évêque gréco-catholique roumain, victime de la persécution communiste, martyr, béatifié en 2019.

Pie Ier, pape

140-155

 

Fils du romain Rufinus, il serait né à Aquilée et c’est sa piété qui lui aurait valu son surnom.

Elu pour succéder à Hyginus en 140, il fut évêque de Rome sous l’empereur Antonin le Pieux.

On l’a longtemps présenté comme le frère de Hermas, l’auteur du fameux Pastor. On reconnaît que cet auteur connaît très bien les rouages de l’Eglise romaine, mais on est moins certain sur la parenté des deux personnages.

Durant ce pontificat l’hérétique Marcion rompit avec l’Eglise (144) ; Cerdon et Valentin, autres hérétiques, se manifestèrent ces années-là. Ce sont aussi les années de l’activité de l’apologiste Justin, qui devait recevoir le martyre en 166 (v. 1er juin).

Le pontificat de Pie Ier dura environ quinze années, jusqu’en 155, approximativement. Il consacra douze évêques, dix-neuf prêtres et vingt-et-un diacres. Qu’il soit mort martyr, reste douteux. 

Il est enterré au Vatican et le Martyrologe le mentionne le 11 juillet.

Son successeur fut Anicet. 

 

 

Marcianus d’Iconium

† 3e siècle

 

Marcianus (Markianos) est un martyr dont on ne connaît que le nom et le lieu de sa mort.

Le Martyrologe en dit qu’il souffrit beaucoup de tourments.

La date de ce martyre reste approximative, puisqu’il est recensé sous le préfet Perennius. On sait seulement que ce dernier exerçait sous l’empereur Valérien, donc entre 253 et 260.

Saint Marcianus d’Iconium est commémoré le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marciana de Césarée en Maurétanie

† 303

 

Cette ville est l’actuelle Cherchell (Algérie), la Maurétanie étant la région la plus au nord de l’actuel Maroc et de l’Algérie.

Marciana fut exposée aux bêtes, et mise en pièce par un taureau.

Ce devait être au début du 4e siècle, sous Dioclétien.

Sainte Marciana de Césarée en Maurétanie est commémorée le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benedictus de Nursie

480-543

 

Benedictus (Benoît) et Scholastica étaient jumeaux, nés vers 480 à Norcia, au pays des Sabins. Les parents s’appelaient Eutropius et Abundantia.

Benoît se montra dès la jeunesse “ancien”, mûr, ignorant les plaisirs inutiles et méprisant les vanités. Il étudia les belles-lettres à Rome.

Dès quatorze ans il sent le désir de quitter ce monde dangereux et veut se retirer. Il part en direction de Subiaco, mais avec sa chère nourrice qui ne veut pas l’abandonner.

C’est là qu’il fit son premier miracle : le crible à farine s’étant cassé, il pria intensément et retrouva l’objet tout réparé, ce qui lui valut déjà une haute idée de la part des habitants des environs.

Mais Benoît veut la vraie solitude : il part seul et se retire dans une grotte étroite à Subiaco, où il reste pendant trois ans, nourri par le pain quotidien que lui apporte un moine des environs, Romain.

Notre ermite ne pouvait demeurer caché. Les bergers de l’endroit le découvrirent, on vint à lui pour entendre quelque parole édifiante.

C’est là qu’un jour, saisi par une tentation diabolique, Benoît ne put vaincre cette tentation qu’en se roulant entièrement nu dans un buisson de ronces.

Le monastère voisin, dont l’abbé était mort, le sollicita : il essaya quelque temps de réformer les moines selon leur règle, mais ils se rebellèrent et même tentèrent de l’empoisonner ; quand il leva la main pour bénir le breuvage qu’on lui apportait, la coupe se brisa d’un coup. Benoît les quitta et rentra dans sa grotte. 

D’autres disciples ayant manifesté le désir de se former avec lui, il finit par faire construire douze monastères où il établit chaque fois douze moines sous la direction d’un abbé, ne gardant que quelques disciples près de lui. On dit que parmi ceux-ci se trouvaient Maurus et Placidius, deux enfants de familles romaines, qu’il aimait particulièrement.

Benoît faisait beaucoup de miracles, par sa prière et son union intime avec Dieu, mais cela suscitait des jalousies ; un prêtre voulut aussi l’empoisonner. Aussi Benoît quitta définitivement la région et se rendit en direction du Mont Cassin.

Il commença par y convertir les païens qui vénéraient encore Vénus, Apollon et Jupiter, et édifia un nouveau monastère.

Benoît eut l’occasion de prophétiser : au roi Totila, à l’évêque de Casinum. Il annonça que son propre monastère serait détruit, ce qui arriva en 583, lors de l’invasion des Lombards.

Les miracles de saint Benoît sont nombreux, Grégoire Ier les raconte avec beaucoup de détails. Benoît multiplia le grain, ressuscita un enfant…

Il semble que Benoît était diacre, mais pas prêtre.

On racontera le 10 février la dernière rencontre de Benoît avec sa sœur Scholastique. Le mois suivant, Benoît eut le pressentiment de sa fin. Il mourut au milieu de ses disciples, le 21 mars 543.

Benoît est l’auteur d’une Règle monastique, où s’exprime une sagesse extraordinaire, qu’il avait acquise par sa propre sainteté et par l’expérience des années.

Le corps de saint Benoît, d’après la tradition monastique des Bénédictins de France, fut transféré du Mont-Cassin, qui avait été détruit par les Lombards, au monastère de Fleury-sur-Loire, fondé vers le milieu du VIIe siècle. C’est cette translation qui advint le 11 juillet 703. Successivement, au VIIIe siècle, ce dernier monastère restitua au monastère reconstruit du Mont-Cassin quelques ossements de saint Benoît. 

La fête de saint Benoît était longtemps fixée au 21 mars, durant le Carême. Elle a été transférée au 11 juillet, jour anniversaire de sa translation, au moment de la récente réforme liturgique conciliaire. En effet, Paul VI ayant proclamé saint Benoît céleste Patron de l’Europe (1964), il convenait de célébrer cette fête avec plus de solennité, ce qui peut se faire plus aisément en juillet que durant le Carême.

Ceci explique pourquoi le Martyrologe commémore deux fois saint Benoît : à son dies natalis le 21 mars, et au jour de sa fête liturgique le 11 juillet.

 

 

Léonce le Jeune de Bordeaux

510-564

 

Léonce naquit vers 510-515 à Saintes, d’un sénateur gallo-romain.

Jeune homme, il servit en 531 dans les rangs de l’armée du roi Childebert, contre les Wisigoths d’Espagne.

Il épousa Placidina, arrière-petite-fille de s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août), dont l’épouse était la fille de l’empereur Avitus.

C’était un homme aux mœurs tellement nobles et chrétiennes, qu’il fut désigné à l’unanimité pour succéder à Léonce dit l’Ancien, et devenait ainsi le treizième archevêque de Bordeaux.

Léonce fut donc ordonné prêtre puis évêque ; par la suite Léonce et Placidina ne vécurent plus que comme frère et sœur. Il est dit que Placidina ne se sépara pas de son mari en ce qui concernait les bonnes œuvres.

Ces saints époux avaient hérité de grands biens, qu’ils mirent à la disposition de l’Eglise, construisant bon nombre de sanctuaires dans toute la région, et jusqu’à Saintes, où ils contribuèrent à la reconstruction de l’église Saint-Eutrope.

Léonce participa à plusieurs conciles : Paris (552), où l’on déposa l’évêque Saffarac ; Paris encore (557) ; Saintes (562), au sujet d’une affaire qui semble s’être terminée plutôt mal. La voici.

Un certain Emerius avait été nommé par le roi évêque de Saintes, sans consultation de Léonce, qui était son métropolitain, ni du clergé local, ce qui était donc doublement irrégulier ; Léonce crut donc juste de réunir ce concile pour déposer Emerius et le fit savoir au roi. Ce dernier, fort irrité, fit renvoyer le messager dans une brouette pleine d’épines, fit rétablir Emerius et exigea de Léonce une grosse somme d’or. Ce n’est qu’avec le temps qu’Emerius et Léonce se rapprochèrent.

Vers la fin de sa vie, Léonce connut Venance Fortunat (v. 14 décembre), auquel on doit le peu qu’on sait sur Léonce.

Léonce mourut vers 564, un 15 novembre pour certains, un 11 juillet pour d’autres. Son épiscopat avait duré quelque trente ans.

Saint Léonce le Jeune est commémoré le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Drostan de Deer

† 605

 

Drostan (ou Drustan) aurait été d’une famille royale écossaise, fils d’un certain Cosgrach. Un des manuscrits qui le concernent, le fait naître vers 520.

Le nom de notre héros s’est aussi écrit : Drust, Trust, Throstan, Drostán mac Coscreig.

Il fut très tôt confié à s.Columba (v. 9 juin) pour sa formation scolaire et ensuite monastique ; c’est dire combien Columba eut une place centrale dans la vie de Drostan. D’ailleurs un manuscrit en fait le neveu de Columba.

Vers 563, Drostan était parmi les douze compagnons de s.Columba, qui quittèrent l’île de Iona pour l’Ecosse. Ils établirent un nouveau monastère à Deer : le terrain leur fut donné en remerciement par le chef de l’endroit, dont le fils fut guéri par les prières de Columba.

Lorsque Columba retourna à Iona, il nomma Drostan abbé de Deer mais Drostan était inconsolable de cette séparation ; quelques années plus tard, à la mort de l’abbé de Dalquhongale, Drostan fut appelé à lui succéder, mais il renonça lui-même à cette charge pour se retirer dans la solitude de Glenesk.

Il y fit beaucoup de miracles, dont la guérison d’un prêtre aveugle nommé Symon.

Drostan mourut à Glenesk (Glen Esk) au début du 7e siècle, vers 605.

Saint Drostan de Deer est commémoré le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hidulphe de Moyenmoutier

612-707

 

Hidulphe, qui serait né en Norique (basse Autriche), devrait peut-être s’orthographier Hidulf.

Né vers 612, il étudia à Regensburg (Ratisbonne) et fut moine à Trèves.

Il fut consacré chorévêque ou évêque auxiliaire ; on pourrait peut-être aujourd’hui le considérer comme vicaire épiscopal ou vicaire général.

Après une trentaine d’années de cette mission importante, il se démit de sa charge pour chercher la solitude dans les Vosges. Vers 670, il construisit sa cabane dans la forêt qui sépare Bonmoutier, Saint-Dié,  Etival et Senones. 

La sainteté de vie du nouveau-venu attira bientôt une foule de disciples, qui donnèrent ainsi naissance au monastère de Moyenmoutier (monastère du milieu).

Certains ont essayé d’attribuer à Hidulphe le baptême et la guérison de la jeune aveugle Odile (v. 13 décembre) ; mais on a vu dans la notice de cette dernière que l’évêque qui la baptisa était Erhard, qu’on donne en revanche comme le frère d’Hidulphe.

Localement, les montagnards ont appelé Hidulphe Idoux. Il a été écrit que celui-ci fut un grand ami de s.Dié (v. 19 juin), avec quelques faits légendaires un peu invraisemblables, comme par exemple que les deux amis s’échangeaient leurs outils d’un monastère à l’autre, au-delà de plusieurs lieues…

Hidulphe mourut, semble-t-il, le 11 juillet 707.

Saint Hidulphe de Moyenmoutier est commémoré le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

Sigisbertus et Placidus de Disentis

8e siècle

 

Sigisbertus serait un Irlandais, originaire de Bangor et qui entra au monastère de Luxeuil.

Les historiens font remarquer que le nom de Sigisbertus n’a rien d’irlandais ; on pourrait supposer que le jeune moine ait adopté un nom de religion, prenant celui de Sigebert, roi d’Austrasie et mort martyr en 656.

Quoi qu’il en soit, il aurait été un compagnon de s.Colomban (v. 23 novembre), au moment où ce dernier fuyait la Gaule et se rendait à Bobbio, vers 610.

Sigisbert s’arrêta dans le pays des Grisons (Suisse) où il construisit à Disentis deux oratoires, dédiés à Notre-Dame et à saint Martin (v. 11 novembre).

Il serait mort vers 732.

 

Placidus, apparemment un jeune seigneur de la région des Grisons, fut un des disciples de Sigisbertus. 

Il lui remit tous ses biens. C’est peut-être ce qui suscita la jalousie du préfet de Coire, lequel fit décapiter Placidus, vers 720. 

Le corps de Placidus fut enseveli dans l’oratoire de Saint-Martin. Plus tard, Sigisbertus son maître, fut enseveli au même endroit.

Placidus est honoré du titre de martyr.

 

Un grand monastère bénédictin s’éleva bientôt à l’endroit de cet oratoire, qui comptait une centaine de moines un siècle plus tard. Il existe encore.

 

Les saints Sigisbertus et Placidus sont commémorés le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundio de Cordoue

† 854

 

On a vu comment s.Eulogio de Cordoue (v. 11 mars) avait rédigé le récit des martyres de nombreux Chrétiens, victimes de la fureur musulmane.

Abundio était originaire de Ananelos, aux environs de Cordoue.

Devenu prêtre, nommé curé d’Ananelos (probablement l’actuelle Hornachuelos), il fut dénoncé aux autorités et arrêté.

Courageusement, il défendit la vérité de la religion catholique devant le juge.

Condamné à mort, il fut violemment flagellé, puis décapité et son corps fut exposé aux chiens et aux bêtes, le 11 juilet 854.

Saint Abundio de Cordoue est commémoré le 11 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Olga de Kiev

890-969

 

Il n’est pas encore possible de préciser ou au moins de coordonner tous les éléments qu’on possède au sujet d’Olga, l’épouse du prince Igor, grand-duc de Kiev. 

Ce prince mourut, assassiné, en 945. 

Olga est une femme forte. Au nom de son jeune fils, Sviatoslav, elle administre la principauté et collecte les impôts.

En 955, lors d’une visite d’Olga à Byzance, l’empereur Constantin VII la demande en mariage : la princesse répond qu’un empereur doit épouser une souveraine chrétienne, et demande le baptême. Olga alors reçoit le baptême, prenant le nom d’Hélène, en souvenir de la mère de Constantin Ier

L’empereur renouvelle sa demande, à laquelle Olga répond que leur parenté spirituelle ne leur permet pas de se marier. Aussi l’empereur renonce et la laisse repartir.

Ils avaient cependant convenu d’un échange d’esclaves, de cire, de fourrures et d’assistance militaire. L’empereur le lui fit rappeler, mais Olga répondit que l’empereur devait venir lui-même à Kiev et qu’il attendrait autant de temps qu’elle avait dû attendre dans le port de Constantinople. Finalement, l’empereur… resta sur sa faim !

Olga alors se tourne vers son fils Sviatoslav et cherche à la persuader de recevoir le baptême, mais il remet, hésite, refuse ; il préfère se donner à ses campagnes militaires.

En 959, elle fait appel à des missionnaires catholiques, mais une première mission avec saint Adalbert échoua en partie.

En 968, Olga rappelle son fils Sviatoslav à Kiev assiégée.

Olga meurt en 969,  très vite honorée comme sainte, jusque chez les Bulgares, chez les Serbes, et en Bohême.

Sviatoslav se montra bienveillant envers le christianisme. Ensuite, Vladimir de Kiev sera le premier grand-prince chrétien de la Russie.

Olga est mentionnée le 11 juillet dans le Martyrologe.

 

 

Bertrand de Grandselve

† 1149

 

Bertrand fut le premier abbé vraiment connu de l’abbaye de Grandselve, fondée en 1114 par Géraud de Sales (v. 20 avril).

A partir de 1128, il fut abbé de ce grand monastère, qui reçut de nombreuses donations. Au 13e siècle, le patrimoine foncier de l’abbaye atteindra vingt-cinq mille hectares. 

Mais le fait important qui caractérisa son abbatiat, fut qu’il affilia Grandselve à Cîteaux en 1145, après une célèbre rencontre avec saint Bernard (v. 20 août).

A son tour, l’abbaye de Fontfroide s’affilia à Grandselve en 1144.

En 1147, Grandselve essaima à Calers.

Bertrand allait volontiers prêcher dans les campagnes pour y combattre hérésies et superstitions. Il essaya en vain de convertir les habitants de Bouillac, mais dut s’enfuir chassé par l’impiété et la bêtise des habitants. Recru de fatigue, il se retira deux années en Sicile, avant de reprendre sa place à Grandselve.

Pendant la messe, à la fraction du Corps du Christ, il arrivait à Bertrand de voir le Seigneur dans son Corps glorifié.

Un disciple a résumé brièvement sa vie et relaté sa mort avec quelques détails. Cette mort advint le 11 juillet 1149.

Bertrand, appelé Bertrand Ier car il y en eut d’autres, est honoré du titre de Bienheureux au Martyrologe du 11 juillet.

L’abbaye, confisquée lors de la Révolution, servit de carrière ; il n’en reste presque rien.

 

 

Kjeld de Viborg

† 1150

 

Kjeld (qu’on orthographie aussi Ketillus et qu’on nomme aussi Exuperius) naquit à Venning (Randers, Jütland, Danemark).

Il entra chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin ; professeur à l’école cathédrale de Viborg, il devint doyen du chapitre en 1145.

Doux, bon envers les pauvres, semeur de paix à l’occasion de querelles, il fut pour ce motif pendant un an expulsé de la ville (1148), mais le pape en personne intervint pour le réhabiliter (Eugène III, v. 8 juillet).

Kjeld mourut, paraît-il, à Viborg le 27 septembre, vers 1150. Certains disent qu’il fut assassiné alors-même qu’il psalmodiait ; le Martyrologe, qui le mentionne le 11 juillet, ne parle pas de ce «martyre».

La châsse où l’on conservait son corps fut détruite dans un incendie en 1725.

La reconnaissance du corps de Kjeld dès 1150 équivalut à sa canonisation.

Thomas Hunt (Benstead)

1573-1600

 

Thomas Hunt était né vers 1573 à Norfolk (Grande-Bretagne).

Il fut ordonné prêtre au Collège anglais de Séville.

Une première fois emprisonné à Wisbach, il put s’échapper avec cinq autres Religieux.

De nouveau arrêté avec d’autres prêtres, ils furent suspectés pour avoir dans leurs malles les Saintes Huiles et des Bréviaires.

Au jugement, il n’y eut aucune autre preuve de leur sacerdoce, puisqu’ils restèrent tenacement muets et n’ «avouèrent» rien concernant leurs activités sacerdotales. Mais le juge força les jurés à les déclarer coupables.

Fait étonnant : le juge mourut de façon tout-à-fait inexplicable, seize jours après ce jugement.

L’abbé Thomas Hunt fut exécuté à Lincoln le 1er (ou le 11) juillet 1600, et fut béatifié en 1987.

 

 

Thomas Sprott (Parker)

1571-1600

 

Thomas était né vers 1571 à Skelsmergh (Kendal, Westmoreland, Grande-Bretagne).

Il reçut le sacerdoce à Douai en 1596 et fut immédiatement envoyé dans son pays.

Il signa la lettre au pape (1598), concernant la création d’un archiprêtré.

Arrêté et condamné pour avoir osé être prêtre et célébrer en Grande-Bretagne, il fut exécuté à Lincoln le 1er (ou le 11) juillet 1600.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Oliver Plunket

1629-1681

 

Le nom gaélique de ce personnage s’écrit : Oileabhéar Pluincéad.

Oliver Plunket était né en 1629 à Lougherew (Lough signifie “lac” ; l’Irlande est constellée de lacs où le ciel se reflète), dans le comté de Meath (centre est de l’île). La famille était ancienne et brillamment apparentée dans un passé prestigieux. 

1629 : c’est le temps de l’émigration méthodiquement organisée par Jacques Ier (1603-1625) de la grande île vers l’île émeraude, la verte Érin ; en 1619, huit mille familles constituent la population coloniale de l’Ulster, au nord de l’île. Mais ailleurs la colonisation échoue ; on dépossède simplement les grands propriétaires au profit des britanniques. Cette révolution, accomplie partiellement sous la république, hâtée en 1633-1654 par la déportation de milliers de rebelles au-delà du Shannon, le grand fleuve irlandais, s’achève en 1689 par les confiscations de Guillaume d’Orange.

Encore enfant, Oliver fut confié à son parent Patrice Plunket, abbé bénédictin de Sainte-Marie à Dublin, plus tard évêque d’Ardagh et de Meath.

A seize ans, Oliver partit pour Rome avec quatre jeunes gens (1645). Ils avaient été choisis pour se préparer au sacerdoce par le P. Pierre-François Scarampi, un oratorien envoyé par Urbain VIII pour assister au dernier concile de l’Irlande confédérée. La jeunesse d’Oliver s’était passée dans une atmosphère de combat : dans la lutte des Anglais et des Écossais contre leur roi Charles Ier (1639-1645), la famille Plunket était naturellement pour le roi et pour l’Irlande. 

A Rome, le jeune Oliver étudia un an la rhétorique, puis entra au collège irlandais ou ludovisien créé en 1628 et régi par des jésuites. Il se forma au droit civil et au droit canonique à la Sapienza, cette vieille université fondée en 1303 par Boniface VIII. Plunket fut ordonné prêtre en 1654. 

Mais, comme la persécution dirigée par Cromwell sévissait alors dans la mère-patrie, on garda le jeune prêtre à Rome. Il exerça son ministère à l’oratoire Saint-Jérôme-de-la-Charité, et professa la théologie au Collège de la Propagande. Il devint consulteur de la Sacrée Congrégation de l’Index et, en 1668, procureur, auprès du Saint-Siège, des évêques d’Irlande. Plunket les aidait de son mieux en ces temps difficiles où l’on publiait une Remontrance des Irlandais, pamphlet antipapiste. 

L’archevêque d’Armagh, primat d’Irlande, étant mort exilé en France, le pape Clément IX nomma Plunket à ce poste d’honneur et de danger par motu proprio du 9 juin 1669. La joie éclata chez tous les catholiques de “l’île des Saints”. Le 30 novembre, Plunket fut sacré évêque à Gand. 

En mars 1670, il arrivait en Irlande où il fut reçu par le mentor de sa jeunesse, Patrice Plunket, devenu évêque de Meath. Celui-ci était le seul évêque résidant encore, avec le vieil évêque de Kilmore. Trois autres prélats étaient en exil. Aussi la situation de l’Eglise n’était-elle point brillante. 

Le nouvel archevêque organisa des synodes diocésains et provinciaux, essaya de mettre en vigueur les règles du concile de Trente. Les deux premières années de son administration furent assez heureuses : le vice-roi était tolérant et avait de la sympathie pour Plunket. 

Malheureusement, un conflit de juridiction s’éleva entre Armagh et Dublin. Ces querelles étaient bien regrettables entre frères. 

Plunket, pour sa part, avait de bonnes relations avec le haut clergé protestant de l’Ulster, qui se montrait bienveillant envers les catholiques par égard pour lui. Mais il était terriblement gêné par sa pauvreté et il notait que le dénuement des évêques catholiques les empêchait de s’associer aux protestants, alors que cette liaison pourrait donner de très bons résultats. 

Plunket évangélisait les tories de l’Ulster, pauvres diables que la misère avait réduits au brigandage et il obtenait des conversions - ou des départs. 

Les Jésuites ouvraient une école pour la jeunesse et un séminaire à Drogheda, port sur la mer d’Irlande au nord de Dublin. Plunket rêvait aussi d’être l’apôtre de ses coreligionnaires de langue gaélique en Écosse. Enfin, il essayait de corriger les tendances jansénistes chez ses prêtres formés en France et en Belgique, d’établir une entente cordiale entre séculiers et réguliers, entre les divers ordres religieux, et une meilleure observance chez ceux-ci.

En 1673, l’archevêque de Dublin fut exilé et celui de Tuam s’enfuit en Espagne. Plunket se compromit en cachant l’évêque de Waterford qui fut promu en 1676 à Cashel. Plunket était persécuté spécialement par quelques faux frères mauvais catholiques, dont un franciscain. On le dénonçait à Rome, mais le nouvel archevêque de Cashel le disculpa. 

En 1678, à la suite des dénonciations d’un certain Titus Oats, inventeur d’une pseudo-conspiration papiste, qui coûtèrent la vie à trente-six catholiques anglais, il y eut une recrudescence de l’anticatholicisme. Tout prêtre régulier, tout évêque devait être expulsé. Plunket fut accusé d’avoir comploté un débarquement de vingt-mille soldats français et de taxer son clergé pour armer soixante-dix-mille hommes contre l’Angleterre. On l’envoya à Londres. 

Pendant neuf mois il fut gardé sévèrement en prison. Il priait longuement, jeûnait plusieurs fois par semaine, toujours enjoué et courtois. On ajourna son affaire jusqu’à juin 1681. 

Alors se renouvela la situation de Jésus-Christ : on produisit alors deux “témoins” que Plunket connaissait bien, deux religieux qu’il avait essayé de corriger pendant sept ans, deux lâches renégats. 

Oliver se trouva en même temps dans la situation de s.Paul, qui fut d’abord arrêté en Palestine, puis conduit à Rome, où il subit deux procès. Ainsi pour Oliver : les juges irlandais refusant de le condamner pour haute trahison, il fut conduit à Londres. Là, un premier procès ayant échoué faute de preuves, il fut condamné lors du second pour avoir propagé la religion catholique. L’accusé fut ainsi jugé coupable de haute trahison, son grand crime étant sa “fausse religion”. Après une semaine (au moins les interstices, les délais, ne manquent point dans cette douloureuse parodie de justice), on le condamna à être pendu, vidé, démembré. Il vécut encore deux semaines. Il écrivait : “Je garde bon courage et ne crains pas la mort… J’ai le désir de partir et d’être avec le Christ (Phil, 1:23)… J’ai exhorté mes gens, en Irlande, avec de belles paroles ; il est bon, maintenant, d’ajouter l’exemple.” 

En prison, Olivier fit son oblation bénédictine dans les mains de Dom Maur Corker, le président des bénédictins anglais. Réconforté par le ministère de ce moine, il mourut à Tyburn le 1er juillet 1681 (vieux style), correspondant à notre 11 juillet, un vendredi. Il y avait foule à Tyburn. Plunket affirma qu’il était innocent du crime de trahison et qu’il avait toujours été loyal envers le roi. Il remercia ses juges, demanda au Seigneur de pardonner à ses ennemis, et déclara qu’il mourait fermement catholique.

Son corps fut transporté secrètement en 1685 d’Angleterre à l’abbaye de Lamspring, près de Hildesheim (Hanovre), passée aux bénédictins anglais en 1644. Le futur cardinal dom Aidan Gasquet, le ramena à l’abbaye de Downside, dans le Wiltshire, au sud de l’Angleterre, en 1883. Le chef du martyr est vénéré à Drogheda. 

Plunket a été béatifié en 1920, et canonisé en 1975. Le Martyrologe le mentionne au 1er  juillet.

 

 

 

Marie-Marguerite de Barbégie d’Albarède

1740-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 18 octobre 1740 à Saint-Laurent de Carnols (Gard), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Sainte-Sophie.

Elle fut condamnée le 11 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 11 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marie-Elisabeth Pélissier

1741-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 15 avril 1741 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Sacramentines, avec le nom de Sœur Théotiste du Saint-Sacrement.

En prison, elle composa cette chanson, intitulée Sentiment de confiance sur la guillotine :

Bien loin que la guillotine

Me cause quelque frayeur,

Que son aspect me chagrine

Et puisse troubler mon cœur :

Mon Dieu me fait voir en elle

Un moyen bien précieux

Qui par une voie nouvelle

Me conduit droit dans les cieux.

 

Elle fut condamnée le 11 juillet. Douée d’une très belle voix, elle entonna alors le Magnificat.

Martyrisée à Orange ce même 11 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marie-Claire Blanc

1742-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

On trouve aussi Marie-Clotilde.

Née le 17 janvier 1742 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Sacramentines, avec le nom de Sœur Saint-Martin (du Saint-Sacrement).

Elle fut condamnée le 11 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 11 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Rosalie-Clotilde Bès

1753-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 30 juin 1753 à Beaume-de-Transit (Drôme), elle entra chez les Sacramentines, avec le nom de Sœur Sainte-Pélagie de Saint-Jean-Baptiste (du Saint-Sacrement).

Elle fut condamnée le 11 juillet.

Après sa condamnation, elle sortit de sa poche une boîte de dragées, qu’elle distribua aux autres condamnées en disant : Ce sont les bonbons de mes noces.

Martyrisée à Orange ce même 11 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Anna An Xingshi

1828-1900

Mali An Guoshi

1836-1900

Mali An Linghua

1871-1900

Anna An Jiaoshi

1874-1900

 

Ces quatre épouses ou veuves étaient nées à Anping (Hebei, Chine) : 

Anna An Xingshi, vers 1828 ; 

Mali (Marie) An Guoshi, vers 1836 ;

Mali An Linghua, vers 1871 ;

Anna An Jiaoshi, vers 1874.

 

Toutes quatre furent martyrisées lors de la révolte des Boxers, à Liugongying (Shenzhou, Hebei), le 11 juillet 1900.

Elles furent béatifiées en 1946 et canonisées en 2000.

 

 

Valeriu Traian Frențiu

1875-1952

 

Valeriu Traian Frențiu naquit le 25 avril 1875 à Reşița (Roumanie W), de Joachim et Rozalia. Joachim était lui-même prêtre, dans ce rite gréco-catholique où certains prêtres se marient.

Entre 1894 et 1898, Valeriu étudia la théologie à l’université de Budapest et obtint le doctorat à l’institut Saint-Augustin de Vienne (Autriche).

Ordonné prêtre en 1898, il fut nommé dans le diocèse de Lugoj.

En 1912, il fut nommé évêque de Lugoj puis, en 1922, transféré à Oradea.

En 1941, Mgr Frențiu fut nommé administrateur apostolique de l’archéparchie de Făgăraş et Alba Iulia pendant toute la durée de la guerre, puis reprit son siège de Oradea en 1947.

Le régime communiste sévissait désormais contre toutes les structures de l’Eglise. Mgr Frențiu fut arrêté le 28 octobre 1948 et interné au camp de Dragoslavele. Il ne fut jamais ni jugé, ni condamné. Malgré les fortes pressions exercées sur sa personne, il refusa énergiquement de passer à l’Eglise orthodoxe roumaine, qui était soumise au gouvernement. Il fut donc relégué en février 1949 au monastère de Căldăruşani, réquisitionné comme prison ; la nuit de Noël suivante, il consacra évêque Ioan Cherteş.

En mai 1950, il fut enfermé à la prison de Sighet, où il expira le 11 juillet 1952.

Valeriu Traian Frențiu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

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9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 23:00

10 JUILLET

 

II.

SS sept frères Felix, Philippus, Vitalis, Martialis, Alexander, Silanus, Ianuarius, martyrs à Rome ; leur "mère" (?), sainte Félicité serait morte le 23 novembre. 

III.

Stes Anatolia et Victoria, martyres en Sabine.

Stes Rufina et Secunda, martyres romaines.

SS Ianuarius et Marinus, martyrs en Afrique.

S Apollonius, crucifié à Iconium.

IV.

SS Bianor et Silvanus, martyrs en Pisidie.

SS Leontius, Mauritius, Daniel, Antonius, Anicetus et Sisinnius, martyrs à Nicopolis.

VII.

S Pasquier, évêque à Nantes où il favorisa la fondation d'un monastère à Indre.

S Etton (Zé), évêque évangélisateur de la région de Avesnes.

Ste Amalberge, veuve à Maubeuge, mère d'un évêque, et des saintes Reinelde et Gudule.

VIII.

Ste Amalberge, vierge en Flandre.

XI.

S Pietro Vincioli, abbé bénédictin à Pérouse, dont il restaura la cathédrale.

S Knut, roi danois, victime d'une révolte, massacré dans une église avec son frère Benoît ; patron du Danemark.

XII.

S Hervé, d'origine bretonne ou anglaise, ermite près d'Angers puis sur une île de la Loire, face Chalonnes.

XIX.

Bses Marie Gertrude de Sainte Sophie de Ripert d'Alauzin et Agnès Sylvie de Jésus de Romillon, ursulines décapitées à Orange.

SS Antôn Nguyễn Hữu Quỵnh et Phêrô Nguyễn Khắc Tự, catéchistes annamites martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bx onze martyrs de Damas : Manuel Ruiz López, Carmelo Bolta Bañuls, Engelbert Kolland, Nicanor Ascanio de Soria, Pedro Soler Méndez, Nicolás María Alberca Torres, Bartolomeo (Francisco) Pinazo Peñalver, Juan Jacobo Fernández y Fernández (espagnols sauf l'autrichien Engelbert), franciscains ; ainsi que Fransīs, ‘Abd-al-Mu‘tī, Rūfaīl Masābkī, trois frères maronites.

XX.

B Faustino Villanueva (1931-1980), prêtre espagnol des Missionnaires du Sacré-Cœur, martyr assassiné au Guatemala, béatifié en 2021.

Sept Frères de Rome

† 162

 

Que les Sept Martyrs dont il va être question eussent été frères, et tous fils de sainte Félicité, n’est pas improbable, mais reste contesté.

Félicité comparut la première devant le préfet de Rome, qui la flatta avec de belles promesses ; Félicité au contraire exhorta les sept jeunes hommes : Levez les yeux, regardez vers le ciel, c’est là que Jésus-Christ vous attend avec ses Saints.

Mais elle ne fut pas immédiatement martyrisée. On interrogea un à un ses fils, qui restèrent inébranlables dans leur foi.

  • Felix et Philippus furent assommés à coups de bâton, et ensevelis au cimetière de Priscille, sur la via Salaria ; 
  • Vitalis, Martialis et Alexander furent décapités, et ensevelis au cimetière des Iordani, sur la via Salaria nuova ;
  • Silanus fut précipité d’un lieu élevé, et enseveli au cimetière de Maximus, sur la via Salaria ; 
  • Ianuarius enfin fut tué à coups de lanières garnies de plombs, et enseveli sur la via Appia, dans le cimetière de Prétextat.

Félicité fut apparemment martyrisée plus tard, le 23 novembre, toujours vers 162.

Les Saint Sept Frères de Rome sont commémorés le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anatolia et Victoria de Sabine

† 250

 

La Passio de ces deux vierges raconte ceci : 

L’illustre Aurelianus demanda la main de la vierge Anatolia. Elle proposa un délai et distribua ses biens aux pauvres ; quand elle n’eut plus rien à donner, elle refusa le mariage sous prétexte de maladie. 

Aurelianus apprit qu’elle était chrétienne, il pria son ami Eugenius d’envoyer sa fiancée Victoria persuader Anatolia de revenir sur sa décision. 

Victoria se présenta donc en se déclarant chrétienne et rappela que les patriarches et les prophètes étaient mariés. Anatolia répondit que Dieu avait créé les loups et les brebis, les premiers étant nécessaires pour rendre les pasteurs attentifs et vigilants ; d’ailleurs un ange lui était apparu pour lui apprendre la grandeur de la virginité. Victoria voulut voir l’ange : il apparut, promit la couronne aux deux vierges. Victoria lui posa une question : «Je suis chrétienne depuis l’enfance, je n’ai jamais entendu les prêtres condamner le mariage.» Il lui répondit : «Il y a place pour la virginité, la chasteté et le mariage : la virginité est d’or, la chasteté d’argent, le mariage d’airain.» Il disparut. 

A l’exemple d’Anatolia, Victoria se mit à distribuer tout son avoir. Eugenius, furieux de voir sa fiancée l’abandonner, s’en prit à Aurelianus qui lui conseilla les grands moyens : avec la permission de Dèce, chacun emmènera sa fiancée dans ses propriétés rurales et en viendra à bout par la force. Victoria fut donc conduite près de Tribula, Anatolia près de Tora ; on ne leur donnait à manger qu’un peu de pain le soir.

Victoria reçut le visite de Domitianus, premier personnage de Tribula qui lui apporta des pains et du vin. Comme tous les habitants avaient dû quitter la ville à cause d’un dragon dont le souffle tuait hommes et bêtes, Victoria lui assura que s’ils abandonnaient les idoles, ils seraient délivrés du dragon. Domitianus lui promit que tous se feraient chrétiens si elle le faisait disparaître. Victoria promit d’y aller le surlendemain.

Le dimanche matin, elle se rendit donc à la grotte et ordonna au dragon, au nom du Christ, d’aller en un lieu où n’habitent ni hommes, ni bêtes. Le peuple s’écria : «C’est une déesse.» Mais sortant de la caverne du dragon elle dit : «Ecoutez-moi. Construisez ici un oratoire et donnez-moi pour m’aider de jeunes vierges.» On en trouva plus de soixante, âgées de neuf ans et au-dessus ; Victoria leur apprit les hymnes, les psaumes et les cantiques. Eugenius n’osa rien dire parce qu’il craignait de se voir confisquer par le fisc les biens de Victoria qu’il avait occupés.

Trois ans plus tard, le pontife du Capitole envoya un de ses subordonnés, Taliarcus, avec une petite statue et un glaive : «Ecoute-moi, Victoria, par ordre de mon maître le roi Dèce, adore Diane et brûle-lui de l’encens.» Victoria s’écria : Que jamais rien n’aille bien ni pour toi, ni pour ton maître Dèce.» 

Il la frappa du glaive, tout le peuple s’enfuit et la pleura sept jours.

Il est juste de se poser maintenant quelques questions.

Comment est morte Anatolia ? Comment Victoria, chrétienne, a-t-elle pu prononcer une imprécation si peu chrétienne contre Taliarcus et Dèce ? Comment expliquer la présence de ce «dragon» mystérieux, dont d’ailleurs le récit ne parle pas de la disparition ? 

Tout ce récit n’a-t-il pas été un peu enjolivé pour justifier la valeur de la virginité ? L’intention est excellente, mais l’histoire semble y perdre un peu de saveur.

Une basilique Sainte-Victoria fut construite à Trebula Mutusca (Monteleone Sabino, Rieti, Latium, Italie C).

Les Saintes Anatolia et Victoria de Sabine sont commémorées le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rufina et Secunda de Rome

† 255

 

Il s’agit ici de deux vierges romaines qui souffrirent sous Valérien et Gallien , soit entre 253 et 260.

L’une eut la tête fendue d’un coup d’épée, l’autre fut décapitée.

Elles subirent le martyre au neuvième mille de la via Cornelia, vers 255.

Les Saintes Rufina et Secunda de Rome sont commémorées le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ianuarius et Marinus d’Afrique

?

 

On ignore tout de ces deux Martyrs. Leurs noms se trouvent dans des listes anciennes, sans autre précision de lieu, de date, de circonstances.

Peut-être furent-ils exécutés à Nicopolis (Petite Arménie, auj. Koyulhisar, Turquie NE), donc pas en Afrique

On parle parfois aussi de la date 320, c’est-à-dire plusieurs années après la proclamation de la paix constantinienne. Cela voudrait dire qu’un chef local, transgressant la loi impériale, voulut personnellement faire mourir ces Chrétiens.

Qu’ils intercèdent pour nous !

Les Saints Ianuarius et Marinus d’Afrique sont commémorés le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius d’Iconium

?

 

Apollonius était de Sardes (Lydie, auj. province de Manisa, Turquie W ; la ville fut détruite par Tamerlan en 1402).

C’est à Iconium qu’Apollonius fut cité devant le juge et qu’il se déclara chrétien.

On l’invita à jurer par la Fortune de l’Empereur, ce qu’il refusa d’autant plus que l’empereur ne reconnaissait pas le Créateur de l’univers.

Il fut condamné à être crucifié.

La date de ce martyre n’est pas connue. On pourrait avancer l’époque de la persécution de Dioclétien (début du 4e siècle).

Saints Apollonius d’Iconium est commémoré le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bianor et Silvanus de Pisidie

† 305

 

De Bianor et Silvain on rapporte qu’ils furent torturés et enfin décapités.

On les situe en Pisidie (act. Turquie SW)

Ce fut probablement au début du 4e siècle, lors de la persécution de Dioclétien.

Les Saints Bianor et Silvanus de Pisidie sont commémorés le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Saints Martyrs de Nicopolis

† 310

 

La ville de Nicopolis d’Arménie devait se trouver là où est aujourd’hui la ville turque de Koyulhisar (Turquie NE).

Dans cette ville furent torturés de diverses façons beaucoup de Martyrs, dont on n’a retenu que six noms : Leontius, Mauritius, Daniel, Antonius, Anicetus, Sisinnius.

Après ces tortures, ils furent peut-être jetés sur le feu, sans qu’on sache s’ils étaient alors encore vivants.

Leur martyre est daté de l’empereur Licinius, donc entre 308 et 313, puisqu’à cette dernière date fut signée la paix de Constantin.

Les Saints Martyrs de Nicopolis sont commémorés le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pasquier de Nantes

† 637

 

On est guère informé sur Pasquier (en latin Pasquarius ou Paschasius ou encore Poscherius).

C’est le vingtième évêque de Nantes, ayant été élevé à ce siège vers 630.

C’est ce même Pasquier qu’on a rencontré dans la vie de s.Hermeland (v. 25 mars) et qui exprima à l’abbaye de Fontenelle son désir de recevoir dans son diocèse de saints moines, dont la prière aurait soutenu son action pastorale.

C’est ainsi qu’il accueillit avec grande joie à Nantes Hermeland et onze autres moines ; il les reçut, dit une chronique, comme des anges et leur indiqua l’île d’Indre sur la Loire comme lieu propice à cette fondation.

Pasquier mourut probablement vers 637, date d’entrée en fonction de son successeur.

Saint Pasquier de Nantes est commémoré le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amalberge de Gand

8e siècle

 

Il y a deux Saintes de ce nom, quasi contemporaines, toutes deux originaires de Belgique et toutes deux commémorées le 10 juillet.

Sainte Amalberge de Maubeuge n’est pas mentionnée dans l’actuel Martyrologe Romain.

Celle qui nous occupe ici, qu’on a appelée Amalberge de Gand, naquit dans les Ardennes,  dans la villa Rodingi (Rodin), d’une famille de grands propriétaires terriens.

Elle aurait été demandée en mariage par quelque grand personnage qui, fermement éconduit, lui aurait démis l’épaule (on avancerait le nom de Charles Martel).

Sur les conseils de s.Willibrord (v. 7 novembre), elle rejoignit sainte Landrade à Bilsen (v. 8 juillet).

Cependant, poursuivie par le prétendant ci-dessus, elle dut fuir à Materen puis à Tamise, où elle mourut peu après.

Sainte Amalberge de Gand est commémorée le 10 juillet dans le Martyrologe Romain.

Pietro Vincioli

† 1007

 

Pietro Vincioli dut naître à Agello (Pérouse, Italie C), d’une vieille famille noble.

Après ses études à Pérouse, il reçut le sacerdoce et demanda à son évêque de pouvoir restaurer l’ancienne cathédrale Saint-Pierre, abandonnée parce qu’elle était hors les murs et aussi saccagée par les incursions répétées des troupes étrangères.

Cette église à trois nefs et transept repose sur dix-huit colonnes de granit et de marbre, que Pietro récupéra de l’ancien sanctuaire.

Les travaux furent ponctués de signes divins, obtenus pas la sainteté de Pietro : un maçon tomba des échafaudages sans se blesser, le pain arriva à point nommé pour les ouvriers qui n’avaient rien à manger, une colonne se redressa sur un simple signe de croix, au moment où les cordes allaient se rompre…

La sainteté de Pietro fut tellement connue, que l’empereur lui accorda des privilèges et… repartit en Allemagne, libérant ainsi la région de sa présence opprimante.

L’église fut consacrée en 969 et Pietro y fit venir des moines bénédictins. Puis le pape le nomma abbé du nouveau monastère.

L’abbé Pietro conserva ses habitudes austères, et ses miracles aussi. Un des plus retentissants fut celui-ci : le gouverneur (allemand) de la place avait condamné à mort deux voleurs et Pietro en demanda la grâce ; ne pouvant fléchir l’autorité, il demanda au moins à les prendre chez lui durant leur dernière nuit, s’offrant lui-même à la peine de mort, s’ils s’échappaient ; après les avoir bien reçus, il les laissa partir et alla se présenter au gouverneur. Furieux, ce dernier voulait le pendre comme convenu, mais les habitants vinrent plaider pour «leur» curé, racontant tous les miracles qu’ils lui avaient vu faire, entre autres que les chiens n’avaient pas touché au pain béni par Pietro. Le gouverneur demanda à voir le miracle s’opérer sous ses yeux. Mais comme Pietro, humblement, s’y refusait, les habitants imaginèrent un subterfuge : ils préparèrent une belle table comme pour un repas et lui demandèrent de le bénir ; ainsi furent bénis les pains, qu’ils jetèrent alors aux chiens. Les animaux les flairèrent et s’enfuirent en aboyant. Le gouverneur eut désormais une grande vénération pour le prêtre.

Le nouvel évêque de Pérouse avait bien d’autres sentiments ; il voulait renvoyer Pietro et pénétra de force dans le monastère avec sa troupe, se saisit de l’abbé et le mit dehors. L’affaire arriva au pape, qui blâma l’évêque et prit le monastère sous sa directe autorité.

C’était en 1002. L’année suivante, le monastère fut affilié à Cluny.

Pietro tomba malade le 28 juin, veille de la fête de saint Pierre. Il mourut le 10 juillet 1007 (1009 selon certains).

Le Martyrologe le mentionne au 10 juillet, mais on n’a pas de date de béatification ou de canonisation.

 

 

Knut IV le Saint

1040-1086

 

Knut (Canut dans notre orthographe occidentale), était un des fils naturels de Sven II, roi de Danemark, qui, n’ayant pas de fils légitime, en prit un soin tout particulier.

Knut eut ainsi de bons précepteurs, qui l’élevèrent dans le christianisme - chose rare à l’époque - et l’aidèrent à développer les qualités chevaleresques des princes. Un des premiers succès de Knut fut de détrousser les pirates de la mer et de refouler les incursions étrangères.

A la mort de Sven, on aurait choisi Knut pour lui succéder, mais on lui préféra d’abord son frère Harald. Ce dernier, très doux, devint pourtant tellement faible qu’il se mérita le surnom de Hén ou Pierre molle, Doux. Knut se retira en Suède, jusqu’à la mort de Harald, où alors on l’éleva sur le trône.

Knut fut un bon roi, vaillant et juste. Il refoula victorieusement les peuples qui envahissaient son pays et chercha à gagner au christianisme plusieurs provinces. Humble, doux, compatissant, il montrait un respect total pour l’Eglise, assidu aux offices, cherchant à soulager les misères du peuple. Il épousa la pieuse Ethela (Adélaïde), fille de Robert, comte de Flandre ; de leurs quatre fils, le dernier, Charles, plus tard appelé Charles le Bon, mourra martyr à son tour (voir au 2 mars).

Knut et son épouse cherchèrent à prêcher d’exemple en pratiquant une religion exigeante, ponctuée par la prière, le jeûne, les pénitences corporelles aussi.

Son souci de justice lui inspira une certaine sévérité. C’est ainsi qu’il fit arrêter et condamner à mort un chef danois qui avait pillé un vaisseau norvégien et massacré l’équipage. Knut voulut exiger le paiement régulier des dîmes, mais alors le peuple se révolta, le contraignant à se réfugier dans l’île de Fionie, tandis que son épouse gagnait la Flandre avec ses enfants. La révolte se rapprochait, Knut se réfugia dans une église et se préparait à la mort.

A qui lui suggérait de fuir, il répondit : J’aime mieux tomber entre les mains de mes ennemis que d’abandonner ceux qui sont attachés à ma personne ; d’ailleurs, on n’en veut qu’à ma vie. Au pied de l’autel, il confesse ses fautes, pardonne à ses ennemis, reçoit la communion et prie. Une pierre l’atteint au front, puis un javelot lancé d’une fenêtre le blesse mortellement. Avec lui, on assassine son frère Benoît et dix-sept autres compagnons ; c’était le 10 juillet 1086.

Les années qui suivirent furent marquées par diverses calamités au Danemark, entre autres une cruelle famine, qu’on interpréta comme la punition divine. Les miracles se multiplièrent au tombeau du martyr, et Rome autorisa en 1101 le culte de Knut, premier et principal martyr du Danemark.

Actuellement, ce même 10 juillet où saint Knut est commémoré au Martyrologe, les églises germaniques et scandinaves fêtent simultanément les trois rois Knut de Danemark, Olaf de Norvège et Eric de Suède.

 

 

Hervé de Chalonnes

† 1119

 

Il ne s’agit pas ici du saint Hervé fêté le 17 juin et qui vivait au 6e siècle.

Celui d’aujourd’hui était d’une famille de «Bretagne», qui pourrait aussi désigner, en latin, la Grande-Bretagne.

Il entra tout jeune à l’abbaye de la Trinité de Vendôme, puis demanda la permission à son abbé de rejoindre les anachorètes de la forêt de Craon, dirigés par Robert d’Arbrissel (v. 25 février).

Quand le groupe de ces anachorètes se dispersa, Hervé se rapprocha d’Angers ; près d’une église qui appartenait à l’abbaye de la Trinité de Vendôme, il se fit une petite cellule et y vécut en reclus. Une pieuse religieuse, d’origine anglaise, vint l’aider pour ses soucis d’ordre matériel.

Le supérieur de l’abbaye de Vendôme envoya à Hervé quelques lettres pour l’encourager dans sa vie de perfection.

Puis Hervé fit un pèlerinage à Jérusalem. A son retour, il voulut davantage encore de solitude et obtint de l’évêque une petite île sur la Loire, en face de Chalonnes. Mais la sainte vie de cet ermite ne pouvait demeurer inconnue et des fidèles vinrent à nouveau le consulter. Il eut quelques disciples et, pour les femmes, forma une communauté à Montjean.

Hervé mourut le 10 juillet 1119. Il fut très longtemps fêté localement le 18 juillet, mais n’est pas retenu dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sylvie-Agnès de Romillon

1750-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 15 mars 1750 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Agnès de Jésus.

Elle fut condamnée le 10 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 10 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

 

Marie-Gertrude de Ripert d’Alauzier

1757-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 15 novembre 1757 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Sainte-Sophie.

Elle fut condamnée le 10 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 10 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

 

Antôn Nguyễn Hữu Quỵnh

1768-1840

Phêrô Nguyễn Khắc Tự

1808-1840

 

Antôn (Antoine) était né vers 1768 à Mȳ Hưởng (Quẚng Bình, Vietnam).

C’était un ancien officier, médecin et catéchiste. Il avait une fille religieuse, des Amantes de la Croix. Il gardait chez lui dans une cachette de nombreux objets du culte.

Le décret royal qui condamnait lui et Phêrô à la strangulation portait : 

Ces deux coupables n’ont fait que rendre plus épaisses les ténèbres de leur aveuglement (en refusant de se laisser persuader d’abandonner la religion) et ils ont toujours refusé avec obstination de fouler la croix aux pieds ; il est donc évident qu’ils se précipitent eux-mêmes dans les supplices et la mort. C’est pourquoi les deux criminels sont condamnés à être étranglés sans délai, afin que leur mort serve d’exemple à tous les obstinés qui ne savent pas se reconnaître.

Antôn avait donc soixante-douze ans au moment de son martyre. Les dernières paroles du condamné sont admirables ; à l’une de ses filles qui sanglotait, il dit : 

Marie, ma fille, ne pleure pas ; tu m’attristerais ; réjouis-toi plutôt pour moi ; loue Dieu, remercie-le de ce qu’il m’a jugé digne de l’insigne faveur de donner ma vie pour ma foi !

Et, se couchant sur la croix du supplice, il dit encore : 

Autrefois mon Seigneur et mon Dieu a été étendu et cloué comme je le suis maintenant.

 

Phêrô (Pierre) était né vers 1808 à Ninh Bình (Gia Long, Vietnam). 

A la mort de son père, il aida le prêtre Cao, ainsi que l’évêque, devenant catéchiste dans le Tonkin occidental.

Il vint les visiter en prison, et leur promit fidélité jusqu’à la mort.

Après le martyre de l’évêque et du prêtre, il exprima son désir d’être à son tour martyrisé.

Arrêté et condamné à mort, il apprit la nouvelle avec une grande joie, et fut étranglé après dix-huit mois de captivité (et autant de dures souffrances).

 

Ces deux Chrétiens reçurent la couronne du martyre à Đồng Hới (Quẚng Bình). le 10 juillet 1840.

Ils furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988.

Martyrs de Damas

† 1860

Un simple incident excita la faction druse de Damas à se déchaîner contre les Chrétiens. Entre avril et juillet 1860, il y eut plus de douze mille chrétiens massacrés au Liban, et presque autant pour la seule ville de Damas. 

Le quartier chrétien de Damas, très prospère, excitait en effet la jalousie des Musulmans, dont le nouveau chef local décida de persécuter les Chrétiens sans pitié. 

Tandis que l’émir Abd-el-Kader (celui qui avait tenu tête à l’invasion française en Algérie et s’était retiré en Syrie) prenait la défense des Chrétiens, les Franciscains pensaient qu’il leur suffisait de rester dans leur monastère aux portes solides. 

Un millier de Chrétiens, dont beaucoup d’élèves de ‘Abd-al-Mu’tī Masābkī, qui étaient chez les Franciscains, trouvèrent refuge au dernier moment chez Abd-el-Kader.

Un traître signala une porte dérobée, par laquelle les révoltés firent irruption dans le monastère durant la nuit du 9 au 10 juillet 1860. Il y avait là huit Religieux, et trois laïcs, pour chacun desquels on trouvera ci-après une petite notice biographique.

 

En voici les noms, dans un ordre alphabétique :

1. Les six prêtres : 

Carmelo Bolta Bañuls, né le 29 mai 1803.

Engelbert Kolland, né le 21 septembre 1827.

Manuel Ruiz López, le supérieur, né le 5 mai 1804.

Nicanor Ascanio de Soria, né le 10 janvier 1814

Nicolás María Alberca Torres, né le 10 septembre 1830.

Pedro Soler Méndez, né le 28 avril 1827.

2. Les deux Frères : 

Bartolomeo Pinazo Peñalver, né le 24 août 1802.

Juan Jacobo Fernández y Fernández, né le 25 juillet 1808.

3. Les trois frères laïcs, dont on ne connaissait pas exactement l’âge :

Abd-al-Mu’tī Masābkī

Fransīs Masābkī

Rūfayīl Masābkī

On signalera ici qu’il y avait un autre frère Masābkī, Abdallah (c’est-à-dire serviteur de Dieu), né en 1808, qui fut ordonné prêtre à Rome en 1830, nommé curé à Damas de 1845 à 1850, et qui mourut à Livorno (Italie) en 1882.

Les trois frères étaient en prière au pied de l’autel, au moment de l’irruption des insurgés. Tous trois furent mis à mort.

Quelques mois après, le cardinal Lavigerie tint à remercier l’Emir Abd-el-Kader. Il voulait lui baiser la main, mais l’émir refusa.

Les onze Martyrs de Damas sauvagement assassinés le 10 juillet 1860, furent béatifiés en 1926.

 

 

Bartolomeo Pinazo Peñalver

1802-1860

 

Bartolomeo était né le 24 août 1802 à Chopo (Alpuente, Valencia, Espagne), en la fête de saint Barthélemy, dont il reçut le prénom. 

Il eut un très vif ressentiment de se voir éconduit par sa fiancée pour un autre jeune homme.

Or sa mère, veuve, avait épousé en secondes noces un brave homme, sage et pieux, qui sut le consoler. 

Il entra en 1822 comme tertiaire oblat chez les Franciscains de Cuelva, prenant le nom de Francisco. 

En 1835, le sectarisme antireligieux l’obligea à rester dans le siècle, mais il maintint un style de vie très religieux, se mettant au service d’une communauté de Religieuses qu’on avait mystérieusement oubliées dans la tourmente. 

En 1843, il rejoignit la Terre Sainte, se fit agréger à la mission en Palestine, puis en Chypre, enfin à Damas. 

Cette nuit fatale du 10 juillet 1860, on l’assomma sur une terrasse et on le précipita en bas.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Carmelo Bolta Bañuls

1803-1860

 

Il était né le 29 mai 1803 à Borjas (Gandía, Valencia, Espagne).

Il était venu en Terre Sainte en 1831. D’abord curé en Judée, il fut envoyé à Damas en 1851, comme supérieur, puis comme curé pour les fidèles de rite latin. 

Au moment de l’agression du 9-10 juillet 1860, il fut assommé à coups de gourdin.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Manuel Ruiz López

1804-1860

 

C’était un Basque espagnol né le 5 mai 1804 à San Martín de Ollas (Burgos).

Il avait été envoyé jeune prêtre en Terre Sainte, où il apprit rapidement l’arabe et devint vite populaire avec le surnom de Père Patience.

Sa santé l’obligea à faire plusieurs retours en Europe et il put revenir en Syrie en 1858.

Il était le Supérieur du couvent franciscain de Damas. 

Au moment de l’agression du 9-10 juillet 1860, il eut le temps de consommer les Hosties du tabernacle, avant d’être égorgé. 

On retrouva près de lui son petit évangéliaire arabe, maculé de sang.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Juan Jacobo Fernández y Fernández

1808-1860

 

Il était né le 25 juillet 1808 à Moire (Carballeda, Orense, Galice), en la fête de saint Jacques le Majeur, d’où son deuxième prénom. 

Il entra au monastère franciscain de Herbon en 1831. 

En 1835, les événements politiques anti-religieux l’en firent expulser et, après quelques années de vie fort édifiante, il obtint en 1859 de partir pour la Terre Sainte. 

Après avoir prié sur les Lieux Saints, il fut envoyé à Damas pour seconder le Frère Francisco (Bartolomeo Pinazo Peñalver). 

Dans la triste nuit du 9 au 10 juillet 1860, il fut, comme l’autre Frère, précipité de la terrasse mais, encore vivant, il agonisa douloureusement jusqu’au matin, quand un Turc l’acheva d’un coup de cimeterre.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Nicanor Ascanio de Soria

1814-1860

 

Il était né le 10 janvier 1814 à Villarejo de Salvanés (Madrid). 

Ayant reçu l’habit à quinze ans, il dut en 1835 rentrer dans le monde à la suite de graves troubles antireligieux. 

Devenu prêtre, il put entrer dans une maison de formation pour missionnaires à destination du Maroc et de la Terre Sainte (une maison qui avait tout-de-même reçu l’approbation du gouvernement).

En 1859, il partait pour le Moyen Orient, à Jérusalem, mais le père Ruiz lui conseilla de rester davantage à Damas, en raison de l’insécurité des routes. 

Dans la nuit du 9 juillet 1860, les révoltés le sommèrent d’apostasier ; comprenant mal l’arabe, il fit répéter, refusa d’obtempérer et fut massacré.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Pedro Soler Méndez

1827-1860

 

Il était né le 28 avril 1827 à Lorca (Murcie, Espagne C). 

Dès l’ouverture de la maison pour les missions, il avait pris l’habit franciscain, en 1856. 

C’était un homme dur pour lui-même, acharné au travail et couchant par terre. 

Il partit avec enthousiasme pour le pays de Jésus et fut envoyé à Damas. 

La nuit du 9 au 10 juillet 1860, au bourreau qui lui enjoignait d’apostasier, il répondit dans un arabe encore approximatif qu’il n’avait pas d’argent et encore moins le désir d’embrasser l’Islam. La réplique fut un formidable coup de cimeterre sur la tête et de nombreux coups de poignard.

Comme le père Engelbert (et comme Jésus-Christ), il avait trente-trois ans.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Engelbert Kolland

1827-1860

 

Il était né le 21 septembre 1827 à Ramsau (Zell am See, Salzburg, Autriche).

Il était entré au couvent de Salzburg en 1847, fut ordonné prêtre en 1851 à Bolzano, et y resta comme vicaire jusqu’en 1855, puis vint en Terre Sainte. 

En 1860, il était vicaire aux côtés de Carmelo Volta. 

Le soir du 9 juillet, il tentait de rejoindre Abd-el-Kader, et s’arrêta chez des Chrétiens, où une dame lui passa un grand voile blanc de femme, mais ses pieds nus et ses sandales le firent reconnaître. 

Il fut tué à la hache sur son refus d’apostasier. Il avait trente-trois ans. 

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Nicolás María Alberca Torres

1830-1860

 

Il était né le 10 septembre 1830 à Aguilar de la Frontera (Cordoue, Espagne S).

Sa famille donna au Bon Dieu six prêtres ou religieux. Il entra lui aussi dans la maison pour les missions en 1856. 

Ayant rejoint la mission de Damas, il se trouva dans le couvent franciscain la nuit du 9-10 juillet 1860. Il mourut d’une balle au cœur, à trente ans. 

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

Fransīs Masābkī

† 1860

 

Fransīs (c’est-à-dire le Français), septuagénaire, était marié et père de nombreux enfants.

C’était un heureux marchand de soie, qu’on estimait pour sa probité. 

Il tenait à ce que tous les siens observassent strictement les lois de l’Eglise. Une de ses filles qui mangeait quelque chose avant le repas d’un jour de jeûne, reçut de son père une bonne gifle, avec la leçon qu’un Chrétien doit être aussi strict pour son jeûne qu’un Musulman pour le ramadan.

Lui-même passait toujours par l’église avant de se rendre à son travail, et souvent fermait un peu plus tôt que prévu pour assister aux Vêpres. Sa piété et son honnêteté le rendaient très populaire et respecté dans tout le Liban.

Parmi les insurgés qui assaillirent le couvent franciscain dans la nuit du 9 au 10 juillet 1860, se trouvaient des envoyés d’un notable musulman qui devait une très grosse somme d’argent à Fransīs. Ils lui dirent : Nous venons vous sauver, si vous vous faites musulmans. Fransīs ne pouvait céder au chantage ; il refusa, ajoutant : Abdallah {son débiteur} peut garder mon argent, mais mon âme je ne la donne à personne. Nous n’avons pas peur de ceux qui peuvent tuer le corps, mais de ceux qui tuent l’âme.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

‘Abd-al-Mu’tī Masābkī

† 1860

 

Abd-al-Mu‘tī (c’est-à-dire Serviteur de celui qui donne) était un peu plus jeune que son aîné Fransīs. 

Après avoir tenu un magasin de vente au détail, pris de scrupules, il le liquida pour devenir professeur chez les Franciscains. 

Même par temps de neige, rien ne l’arrêtait pour aller à l’église avec sa fille, une future Sœur de la Charité. Les gens savaient reconnaître leurs traces dans la neige. 

Sa joie était dans la prière, et dans l’assistance au sacristain des Pères pour orner l’église.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Rūfayīl Masābkī

† 1860

 

Rūfayīl, (Raphaël, que Dieu guérit) n’était pas marié.

Il avait un peu aidé son frère aîné Fransīs dans le commerce, puis s’était joint à son autre frère ‘Abd-al-Mu‘tī dans la tenue de la sacristie des Pères.

 

Voir la notice Damas (Martyrs de 1860), ci-dessus.

 

 

Faustino Villanueva

1931-1980

 

Faustino Villanueva naquit le 15 février 1931 à Yesa (Navarre, Espagne)

En 1949, il fit profession chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

En 1956, il fut ordonné prêtre.

Son premier poste fut l’enseignement au séminaire et, en 1959, il fut envoyé au Guatemala.

Curé des paroisses de Joyabaj-Sacapulas-San Juan Cotzal, il fut très actif auprès des populations et devint la cible des milices communistes ; il fut assassiné dans sa paroisse le 10 juillet 1980, la même année que son Confrère, José María Gran Cirera (v. 4 juin).

Don Faustino devrait être béatifié en 2021, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 10 juillet.

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8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 23:00

09 JUILLET

 ?

SS Zénon et Cyrille, martyrs en Mésie.

Ste Procule, vierge et martyre à Gannat.

III.

Ste Anatolie et s. Audax, martyrs près de Rieti, lui soldat converti par elle.

IV.

SS Patermuthe, Coprès, Alexandre, martyrs à Alexandrie ; les deux premiers étaient moines, le dernier soldat.

S Brice, évêque à Martula.

VI.

S Auremonde, abbé à Mairé-l'Evescault.

S Paul, évêque à Sens (ou Saint étranger vénéré là).

VII.

Ste Everilde, vierge anglaise.

IX.

S Hérumbert, évêque à Minden.

XV.

Bse Giovanna Scopelli, carmélite à Reggio Emilia.

XVI.

B Adrian Fortescue, laïc anglais, cousin de Anne Boleyn, tertiaire dominicain, martyr.

SS 19 prêtres martyrs de Gorcum, pendus par les Calvinistes : Claes Pieck, Jeroen van Weert, Dirk van der Eem, Nicasius Janssen van Heeze, Willehad van Deem, Govaert van Melveren, Antoon van Hoornaar, Antoon van Weert, Frans de Roye (prêtres franciscains), Pieter van Assche, Cornelius van Wijk (profès franciscains), Jan Lenaerts (chanoine régulier augustin), Jan Heer (prêtre dominicain), Adriaan van Hilvarenbeek, Jaak Lacops (prêtres prémontrés), Lenaert van Veghel, Claes Poppel, Govaert van Duynen, Andries Wouters (prêtres séculiers).

XVIII.

Ste Ursula (Veronica) Giuliani, abbesse clarisse à Città di Castello, mystique.  

Bses Marie-Anne (Mélanie) de Guilhermier et Marie-Anne (des Anges) de Rocher, ursulines, des trente-deux martyres d'Orange.

XIX.

S Yajin Hao Kaizhi, catéchiste chinois, exilé pendant vingt ans, martyr. 

B Luigi Caburlotto, prêtre de Venise, fondateur des Filles de Saint-Joseph, béatifié en 2015.

SS Gregorio-Maria Grassi, Francesco Fogolla, évêques franciscains italiens, martyrs en Chine, canonisés en 2000 et tous fêtés en ce jour ; ainsi que :

- deux prêtres et un frère franciscains : Elia Facchini (italien), Théodoric Balat et frère André Bauer (français) ; 

- sept franciscaines, dont trois françaises : Anne-Françoise Moreau (Marie de Saint Just), Irma Grivot (Marie Hermine de Jésus), Jeanne-Marie Kerguin (Marie de Sainte Nathalie) ; deux italiennes : Marianna Giuliani (Maria de la Paix), Clelia Nanetti (Maria Chiara) ; une belge : Anna Kaatje Dierkx (Marie Adolphine), une hollandaise : Paulina Jeuris (Marie Amandine) ; 

- cinq séminaristes : Ruowang Zhang Jingguang, Bodi Dong, Ruowang Wang Rui (seize ans), Fili Zhang Zhihe, Ruowang Zhang Huan ; 

- six tertiaires franciscains : Duome Shen Jihe, Ximan Chen, Baiduo Wu Anbang, Fangji Zhang Rong, Madi Feng De, Baiduo Zhang Banniu ; 

- trois domestiques : Yage Zhao Quanxin, Baiduo Wang Erman, Yage Yan Guodong.

- un catéchumène : Zhang Huailu.

XX.

Ste Amabile Visintainer (Paulina du Cœur de Jésus Agonizant, 1865-1942), de famille tyrolienne émigrée au Brésil, fondatrice des Petites Sœurs de l'Immaculée Conception, pour enseigner le catéchisme et visiter les malades ; sur demande de l'évêque, elle déposa sa charge de supérieure et passa ses trente-trois dernières années dans l'effacement ; béatifiée en 1991, canonisée en 2002.

B Hieronim Chojnacki (Fidelis, 1906-1942), clerc capucin polonais, déporté à Dachau, martyr béatifié en 1999.

Bse Marija Petkovic (de Jésus Crucifié, 1892-1966), croate, fondatrice des Filles de la Miséricorde, pour la formation des jeunes et l'assistance aux personnes âgées, béatifiée en 2003.

Giovanna Scopelli

1428-1491

 

Giovanna Scopelli vit le jour à Reggio Emilia (Italie CN), de Simone et Catarina, qui eurent deux autres filles et un fils.

Jeune encore, elle eut la permission de vivre la règle carmélitaine, à laquelle elle ajoutait des mortifications : un cilice et une chaîne de fer.

Après la mort des parents, Giovanna fut recueillie par une pieuse personne et chercha un endroit pour y introduire la vie monastique. La population l’y aida et ainsi prit naissance le monastère de Notre-Dame du Peuple, qui fut plus tard rebaptisé Monastère des Blanches, en raison de l’habit des Religieuses.

Celles-ci, qui furent rapidement une vingtaine, l’élurent prieure ; elles s’engageaient à prier pour l’Eglise universelle.

Giovanna leur communiqua sa grande dévotion à la Très Sainte Vierge, consistant à lui tisser une tunique quotidienne, consistant en perpétuels Ave Maria (quelque quinze mille), séparés à chaque centaine par le Salve Regina ; le soir venu, on y ajoutait sept fois l’Ave, Maris Stella ou bien l’hymne O gloriosa Domina. Cette originale dévotion se maintint jusqu’en 1773.

On parle aussi de grâces extraordinaires reçues par Giovanna, sans trop préciser lesquelles. On connaît seulement deux «miracles» : la multiplication du pain pour le monastère, qui en manquait, et la conversion d’un jeune homme, certain Agostino, de l’hérésie albigeoise.

Giovanna connut aussi une longue période de sécheresse intérieure, dont elle sortit admirablement purifiée.

Elle mourut le 9 juillet 1491 en odeur de sainteté et l’on retrouva son corps intact l’année suivante ; elle fut béatifiée en 1773 et le Martyrologe la mentionne au 9 juillet.

Jean-Paul II parla d’elle comme une des meilleures représentantes italiennes du récent mouvement carmélitain.

 

 

Adrian Fortescue

1480 env. - 1539

 

Ce vaillant confesseur de la Foi était originaire de Ponsbourne, Hertfordschire (Angleterre SO). Il était de vieille famille, cousin par sa mère d’Ann Boleyn. Il épousa Ann Stonor, qui lui donna deux filles. Douze ans après la mort de son épouse, il épousa Ann Rede de Boarstall, qui lui donna trois fils.

Il se battit en France en 1513 et 1523 ; il fit partie de la suite de la reine Catherine d’Aragon lorsqu’elle vint à Calais au camp du Drap d’Or. Ce gentilhomme avait de la religion ; il se fit inscrire parmi les tertiaires des dominicains d’Oxford et parmi les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, communément appelés ensuite Chevaliers de l’Ordre de Malte.

Dans le conflit qui mit aux prises Henri VIII et Rome, Sir Adrian se montra circonspect. Le 29 août 1534, il fut arrêté et emprisonné pour des raisons qui nous échappent. Il fut libéré vers le printemps de 1535 - année des martyres de Thomas More, de John Fisher, et des Chartreux (voir les fiches de ces Martyrs).

En février 1539, il fut de nouveau arrêté et envoyé à la Tour de Londres. Il fut condamné pour avoir refusé l’allégeance fort traîtreusement et mis la sédition dans le royaume.

Il était en bonne compagnie avec le cardinal Pole, Thomas Goldwel et le franciscain Guillaume Peto. Ce Père avait prêché devant Henri VIII et fait, à propos d’Achab, une allusion transparente au mariage illégitime du roi. Un lord déclara que Peto et son Père gardien Elstow méritaient d’être cousus dans un sac et jetés à la Tamise ; sur ce, Elstow de répliquer : Grâce à Dieu nous savons qu’on peut aller au ciel aussi bien par eau que par terre. Peto dut s’exiler sur le continent et mourut cardinal. Goldwel également mourut en exil. Pole trépassa en Angleterre (1558) pendant un bref retour en faveur du catholicisme.

Le bienheureux Adrian, lui, fut décapité avec Thomas Dingley le 9 juillet 1539. On ne sait pourquoi, ce dernier n’est pas inscrit parmi les compagnons de martyre d’Adrian.

Les Chevaliers de Malte ont honoré d’un culte Adrian Fortescue.

Béatifié en 1895, il est inscrit au 9 juillet dans le Martyrologe.

Les dix-neuf Saints Martyrs de Gorcum

 † 1572

 

Il est heureux de constater que les rapports entre Catholiques et Évangélistes (Protestants) soient devenus plus fraternels et respectueux qu’ils ne l’étaient dans le passé. Des rapprochements se font, des contacts existent, l’Esprit de Dieu est là, insinuant l’Amour de la Vérité dans les cœurs.

Ces progrès ne peuvent pas nous faire oublier certains faits historiques douloureux que même les descendants des protagonistes regrettent amèrement aujourd’hui.

Nous parlerons ici de dix-neuf prêtres, religieux et séculiers, qui vivaient dans les environs de la ville de Gorcum, au sud de la Hollande. Cette petite ville s’appelle habituellement Gorinchem.

En juin 1572, les partisans calvinistes prirent cette ville aux Espagnols. Il y avait là un couvent de franciscains et des prêtres séculiers qui furent indignement traités, par fanatisme et par cupidité : on voulait des vases sacrés, de l’or, de l’argent. 

Le 5 juillet, un ordre du grand amiral baron de la Marck transféra les prisonniers à Brielle, petite ville sur la Meuse, dans l’île de Voorne. Ils y débarquèrent le 7 au matin demi-nus, et ils furent moqués par la populace. Puis ils furent entassés dans un cachot souterrain peu éclairé, peu aéré, plein d’immondices.

Des ministres protestants parlaient de libération possible, s’ils rejetaient le dogme de la présence réelle dans l’Eucharistie. Les autorités s’offraient à les élargir, s’ils lâchaient le papisme. Le supérieur des franciscains était l’objet de propositions sournoises. Enfin un prêtre apostat de Liège fut chargé de mener les prisonniers à un couvent d’augustins ruiné, où il y avait des poutres qui feraient d’excellents gibets.

Au moment suprême, un prêtre apostasia, qui jusque là semblait solide ; au contraire, deux autres, qui avaient eu bien des faiblesses, moururent courageusement. 

Parmi les dix neuf victimes, il y eut onze franciscains, notamment le gardien du couvent de Gorcum, Claes Pieck, qui n’avait pas encore trente-huit ans, et dont la constitution était si délicate qu’une piqûre au doigt suffisait pour le faire défaillir ; ce fut pourtant lui qui contribua le plus à maintenir le courage des confesseurs de la foi ; il aimait répéter : Nous devons toujours servir Dieu dans la joie

Il y eut en outre :

- huit prêtres franciscains : Jeroen van Weert, Dirk van der Eem, Nicasius Janssen van Heeze, Willehad van Deem, Govaert van Melveren, Antoon van Hoornaar, Antonius van Weert, Frans de Roye ; 

- deux profès franciscains : Pieter van Assche, Cornelius van Wijk ;

Jan Lenaerts, chanoine régulier de Saint-Augustin, recteur du béguinage de Gorcum ; 

Jan Heer, dominicain, curé de Hoornaar ; 

Adriaan van Hilvarenbeek et Jaak Lacops, deux prémontrés, curé et vicaire de Monster, non loin de Brielle ; 

Lenaert van Veghel et Claes Poppel, curés de cette ville ; Govaert van Duynen et Andries Wouters, tous quatre prêtres séculiers.

La source principale de ces informations est Guillaume Estius, neveu de Nicolas Pieck.

Le culte de ces martyrs fut autorisé dès 1621. Ils furent béatifiés en 1675, et canonisés en 1867. Le Martyrologe les mentionne le 9 juillet.

 

 

Antoon van Hoornaar

† 1572

 

Nom latin : Antonius

Naissance : ? à Hoornaar (Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Willehad van Deem

1482-1572

 

Naissance : 1482 en Schleswig-Holstein (Danemark, actuellement Allemagne)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Dirk van der Eem

1499-1572

 

Nom latin : Theodorus ou Theodoricus

Naissance : 1499 à Eem (Utrecht, Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Jan Heer de Cologne

1500-1572

 

Nom latin : Johannes

Naissance : vers 1500 à Cologne (Allemagne)

Prêtre dominicain

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Govaert van Duynen

1502-1572

 

Nom latin : Godfridus (Gottfried)

Naissance : 1502 à Gorinchem (Pays-Bas)

Prêtre du diocèse d’Utrecht

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Jan Lenaerts

1504-1572

 

Nom latin : Joannes

Naissance : 1504 à Oisterwijk (Nord-Brabant, Pays-Bas)

Prêtre, chanoine régulier de Saint-Augustin, de la congrégation de Windesheim, confesseur des Moniales augustines.

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Govaert van Melveren

1512-1572

 

Nom latin : Godfridus (Gottfried)

Naissance : 1512 à Melveren (Sint-Truiden, Limbourg, Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Jeroen van Weert

1522-1572

 

Nom latin : Hieronymus (Jérôme)

Naissance : 1522 à Weert (Limburg, Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

 

 

 

Nicasius Janssen van Heeze

1522-1572

 

Naissance : 1522 à Heeze (Nord-Brabant, Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Antoon van Weert

1523-1572

 

Nom latin : Antonius

Naissance : 1523 à Weert (Limbourg, Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Lenaert van Veghel

1527-1572

 

Nom latin : Leonardus

Naissance : 1527 à ’s-Hertogenbosch (Nord-Brabant, Pays-Bas)

Prêtre du diocèse d’Utrecht

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Adriaan van Hilvarenbeek

1528-1572

 

Nom latin : Adrianus

Naissance : 1528 à Hilvarenbeek (Nord-Brabant, Pays-Bas)

Prêtre, de l’ordre des Prémontrés ; curé à Monster

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Pieter van Assche

1530-1572

 

Nom latin : Petrus

Naissance : 1530 à Asse (Vlaams-Brabant, Belgique)

Profès des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Claes Poppel

1532-1572

 

Nom latin : Nicolaus (Nicolaas)

Naissance : 1532 à Weelde (Anvers, Belgique)

Prêtre du diocèse d’Utrecht

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Claes (Nicolaas) Pieck

1534-1572

 

Naissance : 23 août 1534 à Gorinchem (Pays-Bas)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains, gardien du couvent de Gorcum

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Jaak Lacops

1541-1572

 

Nom latin : Jacobus

Naissance : 1541 à Oudenaerde (Flandre orientale, Belgique)

Prêtre, de l’ordre des Prémontrés, vicaire à Monster

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Andries Wouters

1542-1572

 

Nom latin : Andreas

Naissance : 1542 à Heinenoord (Pays-Bas)

Prêtre du diocèse de Haarlem

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Cornelius van Wijk

1548-1572

 

Naissance : 1548 à Wijk bij Duurstede (Utrecht, Pays-Bas)

Profès des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

 

 

Frans de Roye

1549-1572

 

Nom latin : Franciscus

Naissance : 1549 à Bruxelles (Belgique)

Prêtre des Frères Mineurs Franciscains

Martyre : 9 juillet 1572 à Brielle (Pays-Bas)

Béatification : 1675

Canonisation : 1867

 

Se reporter à la notice Gorcum (Martyrs)

Ursula Giuliani

1660-1727

 

Ursula vit le jour le 27 décembre 1660 à Mercatello sul Metauro (Urbino, Italie E), cinquième fille (certains disent septième, deux ayant pu mourir en bas âgedu capitaine Francesco et de Benedetta Mancini.

Se vie, peu connue, apparaît comme une succession de faits merveilleux.

Déjà, elle refusait le sein aux jours de jeûne ; à cinq mois, elle se mit à marcher toute seule pour aller vénérer un tableau figurant une image de la Sainte Trinité ; peu après, elle parlait, et pouvait reprocher à un marchand peu sincère : Soyez juste, car Dieu vous voit. Dès l’âge de deux ou trois ans, elle eut de fréquentes visions de Jésus et de Marie. Dans l’Hostie consacrée, elle voyait Jésus.

A la mort de la maman, les filles furent confiées à un oncle, tandis que le papa s’installait à Plaisance (le nom français de cette ville italienne dit bien quelles étaient les vraies attirances de cet homme mondain). Ursula n’était pas pour autant exempte de «caprices» : si elle aimait orner de petits autels, elle se refusait à toute tâche domestique, se déguisant, jouant à l’escrime avec les cousins, si bien qu’à quinze ans elle savait à peine lire.

Mais en même temps, elle cherchait à imiter davantage Jésus-Christ, s’imposant des souffrances inhabituelles pour une petite fille : elle se brûla la main sans broncher, exprès, dans le feu ; elle se flagellait avec une grosse corde ; elle avançait sur les genoux ; avec sa langue, elle marquait la terre de petites croix ; elle priait longuement les bras en croix ; et elle cherchait à donner à manger aux pauvres selon ce qu’elle trouvait.

Sa vie mystique n’était pas absente : en jouant à l’escrime, elle faisait parfois exprès de blesser vraiment son adversaire, quand elle «savait» qu’il était en quelque danger spirituel ou moral. 

De retour avec son père à Mercatello, elle intensifia la prière et demanda à entrer chez les Clarisses de Città di Castello. Elle y prit l’habit en 1677 (deux mois avant ses dix-sept ans), y fit la profession en prenant le nom avec lequel elle est restée si connue : Veronica, nom qui signifie vraie image, car Ursula voulait imiter en tout le Christ dans sa passion.

On dut la freiner dans ses austérités, car on la retrouva un jour inanimée. Mais elle obtint la permission de jeûner complètement pendant trois semaines. En 1693, le Christ lui remit la Couronne d’épines ; en 1697, elle reçut les stigmates du Christ aux mains, aux pieds et au côté…

Evidemment, on avertit le Saint-Office, qui réagit en interdisant à Veronica tout rapport avec les autres Consœurs, ne lui permettant d’assister à la Messe que le dimanche (et sans communier) ; elle qui était maîtresse des novices, non seulement fut déchargée, mais dut se soumettre à une sœur converse qui lui imposait ses ordres heure par heure ; ce régime dura au moins dix années, mais peu à peu on la laissa tranquille (mais pas le démon, qui la tentait, l’empêchait de prier, la culbutait).

Veronica fut réélue maîtresse des novices en 1704, et même abbesse en 1716 ; le monastère connut alors une période de grande évolution, même matérielle.

Par obéissance à l’évêque, elle écrivit un Journal quotidien de plus de vingt-mille pages en quarante-quatre volumes.

Il plut au Seigneur de concéder à Veronica les Fiançailles mystiques, à cette Vierge qui ne désirait que souffrir, et souffrir encore, pour ressembler davantage au Christ souffrant. De ses propres paroles, on sait que Dieu lui avait promis de libérer du Purgatoire autant d’âmes qu’elle voulait.

Le 6 juin 1727, elle souffrit d’apoplexie et sut que sa maladie durerait trente-trois jours. Effectivement, après avoir reçu le dernier Sacrement le 6 juillet, elle attendit pour mourir que son confesseur lui en intimât l’ordre : c’était exactement le vendredi 9 juillet 1727.

Veronica Giuliani fut béatifiée en 1804, et canonisée en 1893.

 

 

Marie-Anne-Madeleine de Guilhermier

1733-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 29 juin 1733 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Sainte-Mélanie.

Elle fut condamnée le 9 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 9 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marguerite-Marie-Anne de Rocher

1755-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 20 janvier 1755 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur des Anges.

Elle fut condamnée le 9 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 9 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

Yajin Hao Kaizhi

1782-1839

 

Yayin (Joachim) était né vers 1782 à Zhazuo (Xiuwen, Guizhou, Chine) et était devenu un catéchiste dans la mission de Ghizhou.

Fait prisonnier, il subit une longue peine d’exil qui dura vingt années.

Après une période de «liberté» de treize ans (1814-1827), il fut de nouveau arrêté en 1839, et cette fois torturé : on le gifla avec une semelle de cuir, et il fut étranglé.

C’était le 9 juillet 1839.

Kaizhi fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Luigi Caburlotto

1817-1897

 

Luigi Caburlotto naquit le 7 juin 1817 à Venise, fils d’un simple gondolier, comme il y en a beaucoup dans cette ville.

Après les études à l’école des frères Antonangelo et Marco Cavanis, il fréquenta la Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1842.

Vicaire, puis curé de la paroisse Saint-Jacques de l’Orio, il s’appliqua à examiner profondément la situation sociale de sa paroisse, vivement frappée lors de la guerre de 1848-1849.

En 1850, il commença par fonder une école pour les filles, avec la collaboration de maîtresses, qui devinrent petit à petit l’Institut des Filles de Saint-Joseph. Il leur écrivit une Règle.

Menant de front toutes ses activités paroissiales, Luigi développa la formation des petits et des jeunes par le catéchisme, la liturgie, le culte eucharistique, la pratique des sacrements, mais aussi en s’occupant de l’assistance aux plus pauvres ; pour les garçons, il ouvrit un patronage du soir.

En 1857, il ouvrit à Venise l’Institut Manin pour les filles de l’Assistance publique ; en 1859, à Ceneda (auj. Vittorio Veneto) une école primaire gratuite pour les filles, et un collège avec des programmes plus complets.

En 1869, on lui confia la réorganisation de l’Institut Manin des garçons.

Non seulement, il devait s’occuper de toutes ces œuvres, mais il devait guider tous ses paroissiens. L’ambiance de l’époque, qui rendait difficiles les rapports entre l’Eglise et la société civile, l’amena à bien préciser ses choix : il fallait donner la priorité à l’éducation des jeunes, malgré les critiques.

En 1872, sa santé s’étant affaiblie, il renonça à la paroisse pour se dédier principalement à ce travail éducatif. Son influence sur les établissements fut énorme. En 1881, on le chargea de la direction des deux Instituts Manin, des deux orphelinats pour garçons et pour filles, où il établit les Religieuses de son Institut.

L’évêque, satisfait et convaincu de son influence, le chargea de prêcher des retraites, des missions populaires, des conférences au clergé…

Ses dernières années furent marquées par la souffrance et don Luigi se retira, toujours serein et préoccupé de ses œuvres. Quand il mourut à Venise, le 9 juillet 1897, se trouvait à son chevet un certain Mgr Giuseppe Sarto, futur pape Pie X (v. 20 août).

Luigi Caburlotto, béatifié en 2015, sera inscrit le 9 juillet dans le Martyrologe.

Les Filles de Saint-Joseph sont présentes en Italie, au Brésil, au Kenya, aux Philippines.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale, durable et inexplicable d’une personne de Rome, qui ne pouvait plus marcher depuis quinze années et qui, une nuit de 2008, fut invitée par une voix, celle de don Caburlotto, à se lever et à marcher, après que plusieurs Sœurs aient prié leur Fondateur pour cette personne.

Les Martyrs Chinois de 1900 (9 juillet)

 

La révolte des Boxers en Chine fit plus d’un millier de victimes., dont la cause fut introduite à Rome. Mais pour faire avancer plus rapidement la cause, on choisit parmi ces victimes vingt-neuf noms particulièrement représentatifs.

Trois furent martyrisés les 4 (le père Giacomantonio) et 7 juillet (Mgr Antonino Fantosati et le père Giuseppe Maria Gambaro). 

Le 9 juillet 1900 en furent martyrisés à Taiyuan vingt-six autres dont il est question ci-dessous.

Ce sont les vingt-neuf Martyrs béatifiés en 1946, et canonisés en 2000 dans tout le groupe des Chinois martyrs du 19e siècle.

Ce même 9 juillet, mais dans une autre localité, fut martyrisé aussi un catéchumène, qui est mentionné au terme de la liste. 

Concernant les évêques, les prêtres et les religieuses, on a pu retrouver des détails et rédiger une petite notice à part pour chacun. Pour les Martyrs proprement chinois, malheureusement, on ne dispose pour le moment que de très peu de détails, qu’on trouvera ci-dessous. 

La fête liturgique commune de ces Martyrs est au 9 juillet.

 

 

1. Les deux évêques, des Frères Mineurs Franciscains : 

 

Pier Luigi Grassi

1833-1900

 

Né le 13 décembre 1833 à Castellazzo Bormida (Alessandria, Piémont, Italie), de Giovan Battista et Paola Francesca Moccagatta, Pier Luigi reçut de ces bons parents bourgeois une solide éducation chrétienne.

En 1848, ses parents l’autorisèrent à entrer au couvent des Frères mineurs de Bologne ; il commença le noviciat proprement dit à Montiano (Forlì), où il prit le nom de Gregorio Maria. C’était un couvent «rigide», où Gregorio fut à rude école. Il fit la profession en 1849 et fut ordonné prêtre en 1856.

Il partit pour la Chine en 1861, avec une halte en Palestine.

En Chine, il sut s’habituer aux mélodies constantes des Chinois, qui l’apprécièrent beaucoup. Il eut pendant douze années une intense activité parmi ces populations.

En 1876, il fut consacré évêque du Shanxi. Dès lors, ses responsabilités et ses initiatives s’étendirent davantage : il fit construire des écoles, agrandir le séminaire, établir le premier couvent franciscain (1891). Il répara ou agrandit une soixantaine de lieux de culte, commença la reconstruction du grand hôpital de Tai-yuen-fu, confia plus de deux cents orphelines aux Religieuses missionnaires qu’il avait appelées pour l’aider.

Durant la révolte des Boxers, on lui conseilla de fuir. Sa réponse fut nette : Depuis l’âge de douze ans, j’ai désiré et même demandé à Dieu le martyre. Maintenant qu’est venue cette heure si attendue, vais-je fuir ?

Il fut arrêté (avec d’autres) à Taiyuan, condamné à mort et décapité, le 9 juillet 1900.

Il fut béatifié le 24 novembre 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Francesco Fogolla

1839-1900

 

Né à Montereggio (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 4 octobre 1839, le jour de la fête de saint François d’Assise, Francesco Antonio Domenico suivit ensuite ses parents à Parme. Ceux-ci sont Gioacchino et Elisabetta Ferrari.

Il entra chez les Franciscains en 1858, étudia la philosophie à Cortemaggiore et à Bologne, la théologie à Parme, et fut ordonné prêtre en 1863 ; il partit pour la Chine en 1866.

Il fut aux côtés de Mgr Grassi comme vicaire général et œuvra à Tayuanfu, Kisien et Miniao. Une de ses «prérogatives» fut la capacité de s’exprimer en excellent chinois, au point qu’il fut le professeur pour les autres missionnaires, et que même les Chinois l’admiraient.

En 1898, il fit un voyage en Europe (France, Belgique, Angleterre), et fut consacré évêque à Paris, pour être le coadjuteur de Mgr Grassi. Il voyageait avec quatre séminaristes chinois, avec l’idée de susciter des aides pour la mission de Chine. Il repartit pour la Chine avec neuf autres jeunes missionnaires et sept Franciscaines Missionnaires de Marie.

La révolte des Boxers s’abbattit sur lui en 1900. Quand son frère le supplia de rentrer en Italie, il répondit fermement : Je désire mourir les armes à la main, luttant contre l’enfer pour me rapprocher du ciel.

Un jugement sommaire le condamna à mort. Exposé aux moqueries des soldats et de la foule excitée, il reçut plusieurs coups d’épée plus ou moins bien dirigés selon les soldats et l’état des lames, et mourut ainsi en Martyr (peut-être même décapité), le 9 juillet 1900, à Taiyuan.

Il fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

2. Les deux prêtres, des Frères Mineurs Franciscains :

 

Giuseppe Facchini

1839-1900

 

Giuseppe était né le 2 juillet 1839 à Reno Centese (Bologne, Italie), de Francesco et Marianna Guaraldi. Au baptême, il reçut les noms de Giuseppe Pietro (Joseph Pierre)

A dix-huit ans il quitta son pays pour Rimini, où il vêtit l’habit franciscain, et prit le nom de Elia.

Après avoir étudié la philosophie et la théologie à Ferrare, il fut ordonné prêtre en 1864. Dès lors, il supplia le Ministre Génétal (supérieur) de l’envoyer dans les missions d’Extrême Orient.

Il partit en 1867, après une session de préparation intense à Rome. 

En Chine, il s’occupa de la formation du clergé et de l’étude de la culture chinoise. Son nom chinois était Lei T’ijen.

En 1872, il était nommé recteur du séminaire de Taiyuan, et confesseur, ce qui ne l’empêchait pas de trouver du temps pour rédiger une grammaire latine, et des manuels de philosophie, de théologie et de morale en chinois, pour les séminaristes, ainsi qu’un grand dictionnaire latin-chinois. Malheureusement, lors de la révolte du début juillet 1900, tout fut détruit.

En outre, la même année 1872, il assuma la charge de pro-vicaire du vicaire apostolique, qui devait s’absenter.

En 1880, 1885 et 1891, c’est lui qui dut organiser tout le matériel d’un synode pour sa région. Particulièrement, en 1891, il y était présent comme délégué de Mgr Grassi.

En 1893, il fut nommé vicaire du nouveau couvent de Tungerhkow (Tsingyüan), en même temps que recteur du Petit séminaire et confesseur pour l’orphelinat.

En 1897, il revint à Taiyuan pour reprendre la direction et l’enseignement au Grand séminaire, car Mgr Fogolla devait faire un voyage en Italie avec des séminaristes.

Le père Facchini subit le martyre lors de la révolte des Boxers. Obéissant à Mgr Grassi, il chercha à s’éloigner, mais il fut reconnu, arrêté et présenté au sous-préfet, puis au préfet et au vice-roi.  Il put revenir à la maison, épuisé. Mais quelques jours plus tard, il fut arrêté, condamné et exécuté.

Quelques instants avant d’expirer, il exhortait calmement les jeunes séminaristes : Préparez-vous au martyre, préparez-vous à mourir… Et maintenant, à Dieu au ciel. C’était le 9 juillet 1900.

Sa béatification advint en 1946 et sa canonisation en 2000.

 

 

Théodoric Balat

1858-1900

 

Né le 23 octobre 1858 (l'année des apparitions de Lourdes), à Saint-Martin du Taur (L’Isle d’Albi, Tarn), de Jean-François, forgeron, et Rose Taillefer.

En 1869, il entra au Petit séminaire et rejoignit en 1876 le Tiers-Ordre franciscain. Ses études n’apparaissent pas comme «brillantes», mais Théodoric était très pieux et serviable.

En 1880, après une année de Grand séminaire, il entra au noviciat des Franciscains.

C’était juste au moment de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, les couvents furent violemment fermés, et celui de Théodoric se transféra à Taunton (Angleterre).

Les études de théologie se firent à Clevedon, et Théodoric sollicita son envoi en Chine.

En 1881, il prononça les premiers vœux à Woodlands (Angleterre), et les solennels en 1884. La même année, il fut ordonné prêtre, en France.

Avant de partir pour la Chine, il s’arrêta à Rome et en Terre Sainte où, très malade, il dut d’abord laisser partir ses Confrères sans lui.

Fin 1885, il arriva en Chine, où l’évêque, Mgr Grassi (un Franciscain lui aussi) le chargea d’enseigner au Petit séminaire (1894), le fit maître des novices, instigateur des missions, aumônier des Sœurs Missionnaires Franciscaines de Marie, et aumônier de l’orphelinat.

Il était en train de prier le bréviaire, à Taiyuan, lorsque les soldats firent irruption : il se leva, donna une dernière bénédiction aux Religieuses.

Traduit en jugement devant le vice-roi, il fut condamné à mort et décapité.

C’était lors de la révolte des Boxers, le 9 juillet 1900.

Le père Théodoric a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

La fête liturgique de tous les Martyrs de Chine est justement au 9 juillet.

 

3. Le profès, des Frères Mineurs Franciscains : 

 

André Bauer

1866-1900

 

Ce frère convers franciscain était alsacien, né le 24 novembre 1866 à Guebwiller.

Il avait quitté l’Alsace à dix-huit ans pour ne point servir dans l’armée prussienne, et s’était établi à Paris.

Il fit le noviciat chez les Franciscains d’Amiens et revint à Paris.

C’est là que Mgr Fogolla, durant son voyage en 1898, le remarqua et lui proposa de l’accompagner en Chine.

Sa force prodigieuse, son courage, son humilité et sa foi profonde en faisaient un auxiliaire de première valeur.

Il apprit le chinois, dont on va voir qu’il savait bien se servir.

Lors de la révolte des Boxers et de l’irruption de ceux-ci dans la résidence, il interpella l’un des soldats en ces termes : Jamais je n’ai fait la prostration à aucun Chinois, sauf à toi, qui vas m’ouvrir les portes du paradis. Et après s’être incliné jusqu’à terre, il lui tendit les mains pour qu’il les attachât et marcha à la mort en chantant le psaume Laudate Dominum, omnes gentes !

C’était donc le 9 juillet 1900.

Frère André fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

 

 

 

4. Les sept Franciscaines Missionnaires de Marie :

 

Jeanne-Marie Kerguin

1864-1900

 

Jeanne-Marie Kerguin (ou Guerguin) était née le 5 mai 1864 à Belle-Isle-en-Terre (Côte d’Armor), dans une pauvre famille de paysans.

On la vit souvent, petite, courir par les champs pour cueillir des fleurs à mettre devant la statue de la Madonne.

Sa maman mourut très tôt, ce qui fit qu’elle dut travailler beaucoup, en plus de l’école,  pour tenir la maison.

Entrée en religion chez les Franciscaines Missionnaires de Marie en 1887, elle prit le nom de Marie de Sainte Nathalie. 

Elle était toujours prête aux travaux les plus rudes, que ce soit au noviciat des Châtelets, à Paris, à Carthage, à Vanves… ou en Chine.

Malgré sa mauvaise santé, elle put se joindre au groupe des sept Religieuses qui accompagnaient Mgr Fogolla pour la mission de Chine.

Là-bas, elle contracta la typhus. Remise, elle n’eut que le temps de partager avec joie le sort de toutes ses Compagnes, recevant la couronne du martyre le 9 juillet 1900.

Ses dernières paroles furent : N’ayez pas peur ! La mort, c’est seulement le Bon Dieu qui passe par là.

Elle fut avec ses Compagnes béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Anna-Kaatje Dierkx

1866-1900

 

Née le 8 mars 1866 à Ossendrecht (Pays-Bas), Judoca Anna Kaatje (Judith Anne Catherine) perdit sa mère à l’âge de cinq ans.

Elle travailla à Anvers dans une fabrique de chicorée.

Puis elle entra au noviciat des Franciscaines Missionnaires de Marie à Anvers en 1893, exprimant son désir de souffrir pour Notre-Seigneur. 

Elle aurait aimé prendre le nom de la mystique Lydwine (voir au 13 avril) mais elle prit le nom de Marie-Adolphine. 

On lui confia d’abord la lingerie et la cuisine ; elle avait une compétence particulière pour la cuisson du pain ; sa vie était particulièrement nourrie de sa dévotion envers le Saint Sacrement. 

Partie avec le groupe des sept Religieuses qui accompagnaient Mgr Fogolla pour la mission de Chine, elle se mit au travail dans les orphelinats de Taiyuan.

Lors de la révolte des Boxers, elle y subit le martyre le 9 juillet 1900.

Elle a été béatifiée avec ses Compagnes en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Anne-Françoise Moreau

1866-1900

 

Née le 9 avril 1866 à La Faye (Rouans, Loire-Atlantique), elle était fille de Julien Moreau et Anne Marguerite Gautier.

Petite, bergère, elle pensait déjà à la Chine.

Elle entra au noviciat des Franciscaines Missionnaires de Marie en 1890, prenant le nom de Marie de Saint-Just.

Intelligente, adroite, dévouée, elle partit avec ses six Compagnes pour les missions de Chine, accompagnant Mgr Fogolla en 1899.

Lors de la révolte des Boxers, elle subit le martyre avec les autres Religieuses, le 9 juillet 1900.

Elle fut béatifiée avec ces dernières en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Irma Grivot

1866-1900

 

Née à Beaune (Côte d’Or) le 28 avril 1866, d’une remarquable intelligence et dotée d’un diplôme d’enseignement après de brillantes études, elle était entrée chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, fondées en 1877 par la Mère Marie de la Passion (Hélène de Neuville Chappotin). 

Elle avait fait profession à Vanves le jour de la fête de la Nativité de Marie, 8 septembre 1896, prenant le nom de Marie-Hermine de Jésus.

Energique, courageuse, en même temps que d’une humilité et d’une obéissance exemplaires, très surnaturelle, elle s’était occupée des enfants, puis avait été chargée de la comptabilité à Vanves.

Elle fut désignée en 1899 pour accompagner Mgr Fogolla en Chine, en qualité de supérieure des sept Religieuses qui partaient pour cette mission. Saluant cette sainte expédition, la Fondatrice reconnut que c’étaient là ses sept douleurs et ses sept joies.

Le 28 juin 1900, lors de l’irruption des Boxers à Taiyuan, beaucoup de chrétiens s’enfuirent. Mère Marie-Hermine ne perdit pas son sang-froid ; elle resta sur place. On continua de travailler et de prier comme d’habitude.

Le 5 juillet les «autorités» viennent déloger toute la communauté, qui est enfermée à la maison d’hospitalité mandarine, appelée auberge de la paix céleste.

Dans une pièce, se trouvent les évêques ; dans une autre, les prêtres ; dans la troisième, les Religieuses et les orphelines. Les Religieuses continuent de travailler, d’entourer les petites filles.

Le 9 juillet vers seize heures, les Boxers s’avancent. Les Religieuses demandent à Mgr Fogolla une ultime bénédiction et absolution.

Lorsque le chef ordonne le massacre, toutes les Religieuses relèvent leur voile pour présenter leur cou aux épées.

Après ce sanglant 9 juillet 1900, le procès de béatification des Martyrs de Taiyuan avança très vite ; Mère Marie-Hermine, avec toutes ses Compagnes, fut béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Clelia Nanetti

1872-1900

 

Clelia était née à Ponte Santa-Maria-Maddalena (Occhiobello, Rovigo, Italie N) le 9 janvier 1872, troisième des trois enfants de modestes paysans. Un des deux frères, Barnaba, sera missionnaire en Chine.

Clelia eut une enfance marquée par une dévotion précoce, qui lui permit de recevoir la Première Communion et la Confirmation dès l’âge de six ans. A douze ans, elle évitait déjà les «mondanités» et montrait son attirance pour la vie consacrée.

Après quelques hésitations, elle entra à vingt ans chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, où elle prit le nom de Maria-Chiara (Marie-Claire) ; elle apprit à dominer son caractère un peu sauvage, et développa ses belles qualités de franchise, de droiture et de jugement éclairé. Elle fut d’abord au couvent de Rome, puis au noviciat des Châtelets (Eure-et-Loir) pour s’occuper du grand jardin et des bêtes, ce qui lui rappelait tellement son enfance.

Toutefois sa santé ne supporta pas facilement le climat breton et Clelia eut un début de maladie cardiaque, raison pour laquelle on la transféra à Vanves près de Paris, où elle se reprit. Après un intermède en Belgique (1895), elle eut la charge de la garde-robe : une charge délicate, car les pauvres sœurs n’avaient qu’un seul habit, sans rechange.

Sa correspondance fait remarquer la belle âme qu’était cette Clelia : elle portait vraiment bien son nouveau nom de Claire. Elle émit les vœux perpétuels le 13 novembre 1898 : ce même jour, la Mère Fondatrice lui annonça qu’elle avait été choisie pour faire partie du groupe à destination de la mission de Chine, où se trouvait déjà son frère Barnaba.

Ce furent en réalité sept Religieuses de la Congrégation qui accompagnèrent Mgr Fogolla pour prendre en charge un orphelinat et un hôpital à Taiyuan.

A son arrivée, justement, son frère Barnaba était là pour l’accueillir, mais ce fut aussi leur dernière rencontre.

Dans la mission, dédicacée à saint Pasqual Baylon (v. 17 mai), Chiara s’occupa du linge et de la chapelle des Pères, du réfectoire et de la cuisine des orphelines (rien que ça !). Ce travail dura seulement quatorze mois, lorsque se déchaîna la révolte des Boxers.

L’évêque suggéra aux Religieuses de prendre un habit chinois et de se mettre à l’abri. Chiara fut la première à répondre : Fuir ? Oh non, nous sommes venues pour donner notre vie à Jésus, s’il le faut.

La première de ses Compagnes, elle subit le martyre par décapitation à Taiyuan : les brigands crurent sans doute que cette Sœur, plus grande que les autres, était la Supérieure.

C’était le 9 juillet 1900. Clelia-Chiara fut béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Paulina Jeuris

1872-1900

 

Née à Herk-de-Stad (ou Herk-la-Ville, Belgique) le 28 décembre 1872, Pauline était l’une des sept enfants (un garçon et six filles) de Cornelis et Maria Agnes Thijs, de pieux parents dont quatre de leurs enfants entrèrent dans la vie religieuse.

Pauline fut orpheline de mère dès l’âge de sept ans, ce qui fit que son père la confia à une autre famille, tandis qu’il devait partir trouver un travail ailleurs.

A quinze ans, Pauline entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

Sa sœur aînée, Rosalie, entra la première chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, prenant le nom de Marie-Honorine ; quand cette dernière partit pour le Sri Lanka, Pauline décida à son tour d’entrer dans la même Congrégation (1895), où la suivit aussi sa jeune sœur, Mathilde.

Elle prit le nom de Marie-Amandine. A cette occasion elle affirma : Je suis toute à Jésus et prête à tout ce qu’on attend de moi.

Sa première mission fut l’infirmerie à Marseille, pour se préparer à sa prochaine affectation.

Elle eut la joie d’être désignée dans le groupe des sept Religieuses parties accompagner Mgr Fogolla en Chine. Durant une escale au Sri Lanka, elle eut la joie de revoir sa sœur Marie-Honorine ; elles se séparèrent avec un joyeux Adieu, au Ciel !

Elle, orpheline depuis toute petite, devait s’occuper de l’orphelinat de Taiyuan. Elle décrit ainsi le cadre de son activité : 

Il y a deux cents orphelines, parmi lesquelles beaucoup sont malades, et dont nous nous occupons le mieux que nous pouvons. Les malades nous viennent aussi de l’extérieur pour être soignés. Si vous voyiez ces malades, vous seriez horrifiée. Vous ne pouvez imaginer leurs plaies, aggravées par le manque d’hygiène. Heureusement que j’ai été un peu préparée à tout cela à Marseille. Je fais tout ce que je peux pour les soulager.

Les Chinois eux-mêmes l’appelèrent la vierge européenne qui rit toujours. La Supérieure écrivit d’elle : Sœur Amandine est la plus jeune de la communauté, de nature et d’âge. Elle chante et elle rit toute la journée. C’est bon d’avoir une telle personne joyeuse dans les missions. La croix devient plus supportable avec la joie.

Lors de la maladie de sœur Nathalie (Jeanne-Marie Kerguin), elle veilla jour et nuit sur la malade, tout en reprenant chaque matin son travail auprès des orphelines ; sa santé déclina sérieusement, mais peu à peu elle se reprit, grâce à sa forte nature.

La Supérieure, peu de temps avant leur martyre, écrivit encore : Marie-Amandine vient de me dire ce matin qu’elle priait Dieu non pas de la préserver du martyre, mais de lui en donner la force.

La jeune Religieuse continua ainsi à préparer les médicaments avec sa joie habituelle, jusqu’au moment de leur arrestation. Elle chanta alors le Te Deum.

Pauline-Amandine reçut le martyre le 9 juillet 1900, et fut béatifiée en 1946, puis canonisée en 2000 avec ses Compagnes.

 

 

Marianna Giuliani

1875-1900

 

Née le 3 (12 ?) décembre 1875 à L’Aquila (Italie C), Marianna était l’aînée de trois enfants, dont le père dut bientôt s’installer à Bolsena.

Ce papa, de caractère plutôt irascible et violent, partit pour Rome avec son fils (1884). Les deux sœurs restèrent à Bolsena, chez un oncle.

Orpheline de mère en 1886, la pieuse Marianna fut recueillie à Rome par la fondatrice des Franciscaines Missionnaires de Marie, Mère Marie de la Passion, pour finir ses études. 

Mais comme le climat romain ne lui convenait pas, la Supérieure l’envoya aux Châtelets (Eure-et-Loir). Elle y fit de bonnes études, apprit le français et la musique. 

Après avoir enfin vaincu l’opposition des parents, elle put entrer au noviciat, avec le nom de Marie de la Paix (1892).

Vu sa formation et son sérieux, elle fut pendant six mois à Vanves et à Paris comme secrétaire, dans une ambiance, certes heureuse, mais difficile, à cause du peu d’espace d’une maison trop petite pour les huit cents enfants et vieillards qu’elle abritait.

C’est pourquoi, en 1896, il fallut ouvrir une autre maison à Paris, dont Marianna fut la supérieure.

En 1898, elle fut envoyée à Turin, puis à Vienne et à Obendorf, où elle fit la profession solennelle.

Elle partit pour la Chine en 1899, comme assistante de Mère Irma, dans le groupe qui accompagnait Mgr Fogolla de retour à la mission.

Là-bas, à Taiyuan, elle s’occupa d’un dispensaire, d’un orphelinat, de la sacristie. Elle était partout, mais fut particulièrement remarquable pour ses leçons de chant aux petites Chinoises.

Elle fut une des premières à sentir arriver la persécution. Quand les Boxers réunirent toutes les Religieuses, elle entonna le Te Deum, qu’un bourreau interrompit en la décapitant la première.

Elle mourut ainsi martyre des Boxers, le 9 juillet 1900, et fut comme toutes ses Compagnes, béatifiée en 1946 et canonisée en 1900.

 

 

 

 

5. Les cinq séminaristes chez les Pères franciscains :

 

Ruowang Zhang Jingguang

1878-1900

 

Né vers 1878 à Fujingcun (Taigu, Shanxi), Ruowang (Ioannes) avait vingt-deux ans. Il avait étudié la théologie jusqu’à la deuxième année.

 

 

Fili Zhang Zhihe

1880-1900

 

Né vers 1880 à Shangqingyu (Lin, Shanxi), Fili (Philippus) avait vingt ans.

 

 

Bodi Dong

1882-1900

 

Né vers 1882 à Guchengyin (Taiyuan, Shanxi), Bodi (Patricius) avait dix-huit ans. Il avait accompagné Mgr Fogolla lors de son voyage en Europe.

 

 

Ruowang Zhang Huan

1882-1900

 

Né le 18 août 1882 à Nanshe (Yangqu, Shanxi), Ruowang (Ioannes) avait dix-huit ans.

 

 

Ruowang Wang Rui

1885-1900

 

Né le 25 février 1885 à Xinli (Wenshui, Shanxi), Ruowang (Ioannes), le benjamin, avait quinze ans. Lui aussi avait accompagné Mgr Fogolla en Europe, en 1898 : à treize ans, quelle joie il eut de découvrir un monde si différent du sien !

Durant les quelques heureus de captivité qui précédèrent leur immolation, les jeunes séminaristes étaient suffisamment libres d’esprit pour organiser entre eux des jeux amusants. Repris doucement par le père Elie qui les invitait plutôt à se préparer à mourir, Ruowang, justement, lui répondit : Mais pourquoi, Père ? Si nous mourons martyrs, nous irons tous au ciel !

 

6. Les neuf laïcs, tertiaires chez les Pères franciscains ou proches domestiques :

 

Fangji Zhang Rong

1838-1900

 

Fangji (Franciscus) était né vers 1838 à Qizi (Yangqu, Shanxi), marié, le doyen du groupe. En raison de son amabilité, on l’avait choisi pour être le portier de l’orphelinat.

 

 

Baiduo Zhang Banniu

1850-1900

 

Baiduo (Petrus) était né vers 1850 à Tuling (Yangqu, Shanxi), marié. Il choisit librement de servir les évêques dans leur prison.

 

 

Duome Shen Jihe

1851-1900

 

Duome (Thomas) était né vers 1851 à Ankeo (Hughan, Shanxi). C’était le domestique de Mgr Grassi.

 

 

Yage Yan Guodong

1854-1900

 

Yage (Iacobus) était né vers 1854 à Jianhe (Yangqu, Shanxi). Il était domestique à la résidence épiscopale.

 

 

Madi Feng De

1855-1900

 

Madi (Matthias) était né vers 1855 à Xiaobashi (Shuo, Shanxi). Marié, il était le gardien de nuit de la résidence épiscopale.

 

 

Ximan Chen

1855-1900

 

Ximan (Simon) était né vers 1855 à Anyang (Lucheng, Shanxi). Il n’avait pas pu rester au séminaire, à cause de sa santé, mais il refusa de se marier et resta pendant vingt ans domestique de Mgr Fogolla.

 

 

Yage Zhao Quanxin

1857-1900

 

Yage (Iacobus) était né vers 1857 à Luilin (Taiyuan, Shanxi), marié. Il était pauvre, mais droit et honnête ; quand la persécution se déchaîna, il dit à sa mère : Dès ce jour, je veux rester toujours avec les évêques et me dévouer à leur service. Chaque matin il se rendait à la prison et se mettait à leur disposition jusqu’au soir, rentrant chez lui bien tard dans la soirée.

Le 8 juillet, il annonça à sa mère : Demain je ne rentrerai pas à la maison. Il passa toute la nuit en prières et le lendemain matin fit ses adieux à sa mère : Maintenant, je vais voir les évêques ; s’ils sont tués aujourd’hui, je le serai avec eux ; si je suis tué avec les évêques, je serai martyr, et alors la Providence ne te fera jamais défaut ; demain peut-être tu ne me verras plus.

 

 

Baiduo Wu Anbang

1860-1900

 

Baiduo (Petrus) était né vers 1860 à Taiyuan (Shanxi). Il avait refusé de se marier pour se donner entièrement au service de la mission.

 

 

Baiduo Wang Erman

1871-1900

 

Baiduo (Petrus) était né vers 1871 à Guchengyin (Taiyuan, Shanxi), autre domestique à la résidence épiscopale.

 

7. Un catéchumène : 

Zhang Huailu

1843-1900

 

Nous savons, d’après notre Catéchisme, qu’une personne qui n’a pas encore reçu le sacrement du baptême, peut cependant en recevoir la grâce par le baptême de sang, c’est-à-dire par le martyre, si cette personne confesse le Nom du Christ.

C’est ce qui arriva à ce catéchiste chinois, Zhang Huailu, né à Zhukotian (Hengshui, Hebei, Chine) en 1843. Son nom peut aussi être orthographié en Chang Huai-lu ou aussi Tchang-Hoai-Lou.

Il n’était pas encore baptisé, et ne portait pas encore de prénom «latin», comme ce fut le cas des baptisés chinois.

Zhang Huailu fut martyrisé le 1er (ou peut-être le 9) juillet 1900, lors de la révolte des Boxers, au village de Zhang Hyaila (Jieshui, Hunan). Il n’eut que le temps de dire qu’il était chrétien et de faire son signe de croix.

Le Martyrologe mentionne son dies natalis au 1er juillet, puis aussi le 9 juillet, jour de la fête des Martyrs chinois. Ailleurs, le dies natalis est au 9 juillet.

Il fut béatifié en 1955, et canonisé en 2000.

Amabile Lucia Visintainer

1865-1942

 

Amabile Lucia naquit le 16 décembre 1865 à Vigolo Vattaro (Trentin, Italie NE), de Napoleone Visintainer et Anna Pianezzer.

En 1875, suite à la grande crise économique du Trentin, la famille se transféra comme beaucoup d’autres au Brésil, où plusieurs chefs de famille fondèrent ensemble une nouvelle localité, Vigolo (Nova Trento, Santa Catarina). Le papa construisit un moulin.

Bientôt Amabile commença à s’occuper des malades, de la catéchèse des enfants, et de l’entretien de l’église paroissiale.

A la mort de sa mère, en 1877, elle assume la vie de la maison et de ses petits frères. Mais quand son père se remaria, elle put retrouver sa liberté et assumer plus facilement son apostolat paroissial.

Elle eut, trois jours de suite, un rêve où Notre-Dame de Lourdes lui demandait de créer une œuvre pour le salut des âmes.

Ne sachant comment s’y prendre, elle reçut de la Providence le premier signal de sa vocation : on lui confia le soin d’une pauvre malade de cancer, dont personne ne poulait s’occuper. D’autres malades succédèrent à la première.

Avec une amie, Virginia Nicolodi, elle projeta en 1890 une nouvelle congrégation, des Petites Sœurs de l’Immaculée Conception, que l’évêque approuva en 1895.

C’est un père jésuite, Louse Rossi (ou Rocchi), qui fut leur premier conseiller spirituel et les aida dans leur fondation.

Amabile Lucia prit alors le nom de Paolina du Cœur Agonisant de Jésus.

En 1903, elle fut élue supérieure générale de la congrégation, qui comptait déjà deux maisons. Etablie à Saõ Paolo, elle organisa en plusieurs états du Brésil des écoles, des hôpitaux, des ateliers, des maisons d’accueil, destinés en priorité aux gens pauvres, aux orphelins et aux anciens esclaves (en particulier ceux, trop âgés, qui ne pouvaient plus travailler et qu’on avait simplement abandonnés).

On confia aussi aux Religieuses l’apostolat auprès des Polonais émigrés.

En 1909, à la suite de problèmes intérieurs d’organisation, l’évêque la pria de bien vouloir remettre sa charge de supérieure. Il cassa le premier chapitre général qui l’avait élue et convoqua un nouveau «Premier Chapitre». Elle qui avait été élue «à vie», obéit dans la plus parfaite humilité. Elle s’établit alors pendant dix ans à Bragança Paulista, travaillant dans les plus humbles occupations.

Puis la sœur intrigante quitta la congrégation et l’évêque reconnut son erreur.

En 1918, Mère Paolina fut rappelée à Sao Paolo, où elle poursuivit sa vie humble et cachée, dans la prière et la soumission. A ces difficultés d’ordre spirituel, s’ajouta la maladie du diabète, à cause de laquelle on dut l’amputer du bras droit. Sans sa main droite, elle continua de monter des chapelets, en s’aidant de ses dents. En vertu de son diabète, Pauline est considérée par certains comme la sainte Patronne des diabétiques.

En 1933, la congrégation fut approuvée par le Saint-Siège : le décret parle de mère Pauline comme de la Vénérable Mère Fondatrice. On fêta en 1940 les cinquante ans de la fondation.

Devenue aveugle les derniers mois, Amabile Lucia Paolina mourut le 9 juillet 1942. Sa vie effacée avait duré trente-trois années.

Elle fut béatifiée en 1991 et canonisée en 2002.

Italienne de naissance, Paolina est considérée comme la première sainte du Brésil.

La congrégation est présente surtout au Brésil, mais aussi au Nicaragua, en Argentine, au Tchad… et en Italie, à Vigolo Vattaro, où Ammabile Lucia était née.

 

 

Hieronim Chojnacki

1906-1942

 

Né le 1er novembre 1906 à Lodz (Pologne), Hieronim (Jérôme) était le benjamin des six enfants de Wacław et Leocadie Sprusińskiej.

Il fit ses études à l’école publique et à l’académie militaire. Il travailla pendant un an dans un établissement d’Assurances, puis à la poste centrale de Varsovie.

A Varsovie, il seconda son oncle, le père Stanisłas Sprusińskiemu dans les activités de l’Action catholique.

En 1933 il entra dans l’ordre des Capucins à Nowym Mieście, où il prit le nom de Fidelis.

Il étudia la philosophie à Zakroczym (où il fonda une Entr’aide intellectuelle pour les séminaristes), puis la théologie à Lublin à partir de 1937.

Il s’occupa particulièrement des milieux alcooliques.

La Deuxième guerre mondiale lui fit suspendre ses activités et ses études dès 1939.

Arrêté pour sa foi le 25 janvier 1940, il fut mis en prison, puis transféré le 18 juin 1940 à Sachsenhausen ; jusque là plein d’optimisme et d’espérance, il fut littéralement abattu par le régime du camp. Le 14 décembre 1940, il fut transféré à Dachau. Son numéro matricule était le 22473.

Il y subit tous les abus possibles, la faim et les travaux pénibles.

Il mourut d’épuisement dans ce camp, et son corps fut incinéré. Ses dernières paroles à ses compagnons de camp furent : Loué soit Jésus-Christ ! Je reverrrai chacun de vous au Ciel !

C’était le 9 juillet 1942. Ce «Fidèle» religieux avait trente-cinq ans.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Marija Petković

1892-1966

 

Marija Petkovic naquit le 10 décembre 1892 dans la petite ville de Blato, qui se trouve sur une île de Croatie, l'île de Korčula, à cette époque appartenant à l'empire austro-hongrois. Elle était le sixième des onze enfants de Antun Petković-Kovac et de Marija Marinović.

En 1904, après l'école élémentaire, elle fréquenta l'école municipale, puis l'école ménagère de Blato, fondées par des religieuses récemment arrivées d'Italie, les Servantes de la Charité. 

En 1906, elle fit partie de l'Association des Enfants de Marie, et rencontra l'évêque de Dubrovnik, Mgr Josip Marčelić, auquel elle fit part de son désir d'être religieuse et qui sera son directeur pendant des années. Elle fit le voeu de chasteté.

A partir de 1909 Marija fut la présidente des Filles de Marie. Malgré sa faible constitution et ses fréquentes maladies, elle se donna à maintes occupations : elle aida ses parents à la maison, elle fit la catéchèse et aussi l'école aux enfants de son entourage.

En 1911, la mort de son père la poussa à se donner encore davantage auprès de sa mère dans l'éducation de ses frères et soeurs. En plus, les événements de la Première Guerre mondiale l'aidèrent à discerner sa vraie vocation.

En 1915, toujours sous le regard bienveillant de l'évêque, elle créa une première association : la Société des Mères Catholiques. En 1917 elle prit la tête du Tiers-Ordre franciscain ; elle participa à la soupe populaire organisée par les Servantes de la Charité. En 1918 elle s'engagea formellement à demeurer à Blato, pour aider les pauvres et vivre avec eux.

En 1919, Marija entra chez les Servantes de la Charité. Mais voici que deux mois après, mourut la Mère Supérieure, et qu'alors les autres religieuses préférèrent rentrer en Italie. Il restait quatre religieuses, dont notre Marija, qui demandèrent à l'évêque de les aider et de leur donner la règle du Tiers-Ordre franciscain. En hiver de la même année, elles ouvrirent à Blato un centre d'hébergement, une crèche et un orphelinat.

L'été suivant, toujours sur l'île de Korčula, mais à Pricba, Marija rédigea les premières Constitutions de l'Ordre des Filles de la Miséricorde, comme Tiers-ordre franciscain indépendant, avec pour mission de faire connaître l'Amour divin et la Miséricorde, par des actes de charité. L'évêque donnera le départ de cette nouvelle institution en la fête de saint François d'Assise, le 4 octobre 1920. Ce jour-là, Marija prendra le nom de Marija de Jésus Crucifié (Marija od Propetoga Isusa) et sera choisie comme mère supérieure. Elle le restera jusqu'en 1952.

Quand les religieuses eurent épuisé leurs propres ressources en aidant les enfants pauvres et affamés, elles allèrent solliciter de l'aide dans les plaines fertiles de Slavonie, à Backa, toujours pour les orphelins et les veuves. Là elles reçurent une aide toute particulière du pape Pie XI. L'Administrateur apostolique de Backa demanda à Marija de fonder des monastères à Subotica et dans les environs, pour que la population environnante pût profiter largement de la présence des religieuses.

Backa connaissait là aussi le problème de nombreux enfants pauvres et abandonnés, de sorte qu'en 1923 fut fondée à Subotica d'abord, puis en plusieurs villes, des centres pour les enfants, non seulement en Croatie, mais aussi en Serbie et en Macédoine. L'orphelinat de Subotica existe toujours, même si les Religieuses n'y sont plus actuellement.

Pendant les trente-deux années de son supériorat, Marija voyagea beaucoup, en Croatie, en Italie, en Amérique Latine et ouvrira quarante-six maisons. Les religieuses furent très nombreuses, travaillant dans leurs orphelinats, dans les hôpitaux, les écoles pour nurses, les paroisses. Marija resta ainsi en Argentine de 1940 à 1952, promouvant de nombreuses activités dans toute l'Amérique latine au profit de l'enfance, donnant partout des leçons de catéchisme, d'hygiène, de couture, etc.

En 1952, Marija vint à Rome pour établir la maison-mère de la Congrégation. C'est là qu'en 1954 elle fut frappée d'une attaque qui la laissa complètement paralysée.

En 1961, elle estima que sa mission n'était plus de diriger, mais de prier et d'offrir ses propres souffrances. Elle s'intéressa de près aux événements du Concile Vatican II et des orientations qui en dérivèrent. 

Elle s'éteignit à Rome à soixante-quatorze ans, le 9 juillet 1966. D'abord ensevelie au cimetière romain du Campo Verano, elle fut ensuite transportée à la maison-mère, puis dans sa ville natale de Blato.

Dans la chambre où elle s’éteignit, on conserve du sang de ses plaies, qui ne s’est pas coagulé.

Elle a été béatifiée en 2003, et inscrite au Martyrologe du 9 juillet.

Les Filles de la Miséricorde sont actuellement répandues entre autres en Italie, en Roumanie (au service de l'Eglise grecque catholique), au Paraguay, au Chili, au Pérou et en Argentine. 

Voici le résumé du miracle retenu pour la béatification :

Le 26 août 1988 le sous-marin péruvien BAP Pacocha était éperonné et coulé par un chalutier de pêche japonais, le Kiowa Maru, qui était équipé à l’avant par un brise-glace. Le sous-marin était à une profondeur de quinze mètres avec une pression d’eau de 3,8 tonnes. Le lieutenant de bord Roger Cotrina Alvarado invoqua l’aide de Marija, déployant une force surhumaine à ouvrir la porte du sous-marin, évitant la mort immédiate de vingt-deux hommes d’équipage, et parvenant finalement à leur sauvetage.

La Congrégation reconnut l’intercession de Marija dans ce sauvetage d’ordre vraiment miraculeux.

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7 juillet 2022 4 07 /07 /juillet /2022 23:00

08 JUILLET

 

I.

S Pancratius, disciple de s. Pierre à Antioche, évêque à Taormina puis martyr.

SS Aquila et Prisca (ou Priscilla), couple vivant à Corinthe, dont s. Paul fit l'éloge plusieurs fois (cf. Ac 18:1-3 ; Ro 16:3 ; 1Co 16:19 ; 2Tm 4:19).

II.

Ste Glyceria, fille d'un officier romain en résidence à Héraclée, décapitée pour avoir renversé une statue de Jupiter.

IV.

SS Epictète et Astion, ermites et martyrs à Almiride. 

S Procopius, martyr à Césarée de Palestine ; il vivait dans la chasteté depuis l'enfance.

S Apollonius, évêque à Bénévent.

V.

S Doucelin, prêtre, patron de Allonnes et de Varrains.

S Auspicius, évêque à Toul.

?S Illuminato, ermite à Città di Castello.

VI.

S Baudry (Beurroy), berger à Mesmont (VII.?).

VII.

S Ampelio, évêque à Milan.

Ste Landrade, abbesse fondatrice à Bilsen.

S Kilian, irlandais, évêque à Würzburg (dont il est patron), et ss. Kolonat et Totnan, prêtre et diacre, martyrs.

S Disibode, irlandais, évêque missionnaire, fondateur d'un monastère près de Spire (Disibodenberg).

VIII.

S Itier, évêque à Nevers.

S Paul le Jeune, moine martyr à Constantinople.

S Nummius, évêque missionnaire (chorévêque) entre Paris et Chartres.

?

Ste Sumnive, irlandaise martyre en Norvège avec ses compagnes. 

IX.

S Adrien III, pape (884-885) ; il chercha à rapprocher Constantinople de Rome.

X.

S Grimaud, moine à Saint-Bertin, abbé à Newminster.

S Edgar le Pacifique, roi anglais ; il publia des lois contre le paganisme, la nécromancie, l'adultère, l'homicide ; il reprocha aux clercs de se livrer au jeu, à la danse, à la débauche.

XII.

B Eugène III, pape (1145-1153) : il dut quitter Rome à cause de l'hérétique Arnaldo de Brescia, mais sut, malgré sa vie itinérante, gouverner l'Église sagement ; il avait été le premier abbé cistercien à Saint-Paul-Trois-Fontaines ; il approuva les révélations de Ste Hildegarde.

XIII.

S Albert , convers cistercien à Sestri, vivant dans une grotte.

XVII.

B Mancius Araki Kyūzaburō, chrétien japonais de Nagasaki, emprisonné pour avoir abrité des missionnaires étrangers, mort d'inanition et de tuberculose dans sa prison ; son frère Matthias fut brûlé vif quelques jours plus tard (cf. 12 juillet).

XVIII.

B Pierre Vigne, prêtre particulièrement marqué par la Présence eucharistique, fondateur des Sœurs du Saint-Sacrement, d'écoles, d'un séminaire pour les institutrices, béatifié en 2004.

XIX.

S Ruowang Wu Wenyin, catéchiste chinois canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

Pancratius de Taormina

† 98

 

Ce saint Pancratius, d'après une tradition qui n'a pas de confirmation précise, aurait été un jeune garçon d'Antioche de Cilicie, dont le père, vivement touché par ce qu'il entendait dire de Jésus-Christ, s'en vint avec son fils à Jérusalem, où tous deux eurent la joie de rencontrer Jésus en personne.

Plus tard, peu après l'Ascension du Seigneur, saint Pierre baptisa Pancratius, puis l'ordonna prêtre.

En 40, saint Pierre consacra évêque le jeune prêtre et l'envoya en Sicile pour évangéliser. C'est ainsi que Pancratius devint le premier évêque de Taormina.

Sur l'île, Pancratius fit beaucoup de conversions, parmi lesquelles le préfet lui-même. Furieux, un païen de l'endroit résolut de tuer l'évêque. Il l'invita à un banquet. A un moment donné, il lui présenta une idole à vénérer, que l'évêque cependant réduisit en poussière d'un seul signe de croix. Les convives alors s'acharnèrent sur Pancratius à coup de bâtons, de poings, de pierres et d'épées.

Caché au fond d'un puits, le corps fut signalé par une lumière mystérieuse, de sorte qu'il put en être retiré et dignement enseveli.

Pancratius aurait ainsi obtenu la grâce du martyre en 98, année de l'avènement de Trajan ; il pouvait être nonagénaire.

Saint Pancratius est donc vénéré à Taormina comme premier évêque, mais aussi à Canicatti.

Le jour de la fête de saint Pancratius a été établi au 8 juillet.

 

 

Aquila et Priscilla

1er siècle

 

Ce que nous savons de certain sur ce couple chrétien du premier siècle est seulement scripturaire.

Ils sont mentionnés aux Actes des Apôtres (18:1-3), puis par saint Paul écrivant aux Romains (Rm 16:3), aux Corinthiens (1Co:16:19), enfin à Timothée (2Tm 4:19).

Ainsi donc, l’apôtre Paul les rencontre à Corinthe : Aquila était originaire du Pont (nord de l’actuelle Turquie), avait épousé Prisca, connue avec le diminutif de Priscilla, et vivait à Rome ; l’édit de Claude expulsait les Juifs de Rome (en 49 ou 50, d’après ce qu’on lit chez Suétone) : Aquila, qui n’est plus juif, quitte cependant Rome et s’installe à Corinthe, espérant regagner bientôt la capitale romaine.

Ils reçoivent Paul, qui travaille chez eux, car ils étaient du même métier, celui de fabriquer des tentes, et l’accompagnent ensuite dans son retour à Antioche, en passant par Ephèse. (Ac 18:18).

On le remarque, Aquila et Priscilla voyageaient facilement !

L’amitié de Paul pour ce saint couple ne s’éteignit jamais ; les passages cités plus haut en témoignent.

Aquila et Prisca durent participer activement à la vie de l’Eglise, par l’hospitalité, par leur exemple, par leur parole aussi. On voit qu’ils aidèrent Apollos à embrasser plus exactement la Voie  (Ac 18:26).

D’eux encore, Paul dit aux Romains qu’ ils ont exposé leur tête pour (lui) sauver la vie  et que toutes les Églises leur rendent grâces, parlant sans doute d’un témoignage engagé envers saint Paul.

On ne connaît pas d’autres détails sur ce saint couple dans la Tradition.

Actuellement, l’Eglise orthodoxe les commémore le 13 février, et certaines communautés orthodoxes attribuent le titre d’Apôtre à Aquilas, qu’elles fêtent le 14 juillet ; l’Eglise luthérienne les fête avec les autres Apôtres.

Dans le Martyrologe Romain, Aquila et Priscilla sont nommés le 8 juillet.

 

 

Glyceria d’Héraclée

† 177

 

Le père de Glyceria était un officier romain, stationné à Perinthus (Heraclia, Thrace, act. Marmara Ereğli, Turquie W).

Lors d’une fête païenne, elle eut l’audace de renverser une statue de Jupiter, qui se brisa.

Après maintes tortures, Glyceria fut jetée aux bêtes féroces.

Cela se passait en 177.

Sainte Glyceria d’Héraclée est commémorée le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Procopius de Césarée

† 303

 

Procopius, raconte l’historien Eusèbe de Césarée, était né à Jérusalem et s’était fixé à Scythopolis (auj. Beït Shéan, Israël), où il était lecteur et interprète syriaque. 

Il chassait les démons en imposant les mains.

Envoyé avec des compagnons à Césarée maritime, il fut aussitôt conduit au gouverneur. Avant même d’être emprisonné, il fut dès l’abord pressé par le juge Flavien de sacrifier aux dieux. Mais lui proclama très haut qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais un seul, créateur et auteur de toutes choses. Cette parole émut le juge. Embarrassé, il essaya de lui persuader de sacrifier au moins aux empereurs.

Mais le saint martyr de Dieu méprisa ses instances : «Ecoute, dit-il, ce vers d’Homère : Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; qu’il n’y ait qu’un seul chef, un seul roi (Iliade, 2:204)».

Procopius fut alors décapité, le 9 juillet 303.

Eusèbe ajoute : Ce fut le premier martyr à Césarée.

Saint Procopius de Césarée est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Auspicius de Toul

? 490

 

De famille aristocratique, Auspicius devint le cinquième évêque de Toul, vers 478.

Cette ville étant passée au pouvoir des Francs, il fut donc le premier évêque de Toul à traiter avec les Francs.

Auspicius était réputé pour ses vertus, son talent épistolier et poétique. On s’en rend compte en retrouvant la correspondance de Sidoine Apollinaire (évêque de Clermont, v. 21 juillet) et du comte Arbogast (gouverneur de Trèves). Ce dernier avait sollicité de Sidoine des conseils, mais Sidoine l’adressa à Loup de Troyes (v. 29 juillet) ou Auspicius de Toul, illustres par leur profond savoir.

Le comte suivit ce conseil. La réponse d’Auspicius, en vers, loue les mérites du comte, et l’exhorte à éviter l’avarice, à être charitable, à honorer l’évêque de Trèves. Selon certaines hypothèses, Arbogast serait peut-être devenu le douzième évêque de Chartres.

On pense qu’Auspicius mourut vers 490.

On retrouva son corps en 1070.

Saint Auspicius de Toul est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landrade de Bilsen

† 680

 

Landrade était nièce de s.Arnoul de Metz (v. 18 juillet) et de Pépin le Bref ; elle était la fille unique de pieux parents qui vivaient en Belgique : Anchise et Begge.

Quand ceux-ci lui parlèrent de mariage, elle leur répondit avec une telle assurance qu’elle préférait l’Epoux du Ciel, qu’ils faillirent eux-mêmes entrer en religion.

Landrade se retira dans sa petite chambre, abandonna ses beaux habits mondains et se couvrit d’un cilice ; elle résolut de ne plus prendre que du pain et de l’eau et coucha désormais sur la terre nue.

Bientôt, elle quitta définitivement la maison paternelle et se retira dans la forêt, où elle se fit une petite chemière ; sa nourriture consista alors en miel sauvage et en racines ; elle n’avait sur son cilice qu’une chemise de laine grossière, marchait pieds-nus, et se flagellait d’importance avec des ronces.

En contrepartie, Dieu lui faisait entendre les chœurs célestes et le Christ lui fit la grâce des épousailles mystiques.

Elle s’enhardit alors à construire une église, que l’archevêque Lambert de Maastricht (v. 17 septembre) vint consacrer ; par la suite un grand nombre de femmes vinrent se mettre sous sa direction et Landrade devint ainsi abbesse.

Elle laissa l’exemple de toutes les vertus et beaucoup de moniales l’imitèrent dans les voies de la sainteté, comme sainte Amalberge (v. 10 juillet) ; Landrade montra une grande bienveillance envers les pauvres, mais aussi envers les malades : elle guérit des aveugles, des boîteux.

Les derniers temps de son existence, elle fut frappée d’une grave maladie, qui la consummait chaque jour plus, mais ne l’empêcha jamais de diminuer ses austérités et sa piété. Elle fit venir s.Lambert qui l’assista à ses derniers moments et elle mourut vers 680.

Sainte Landrade de Bilsen est commémorée le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kilian de Würzburg

640-689

 

Kilian était d’origine irlandaise et naquit vers 640 à Mullagh (Cavan, Irlande).

Suivant les régions, son nom devint Cilian ou Kulhn.

Il se fit remarquer dès sa jeunesse par sa piété et son amour de l’étude ; il embrassa la vie monastique puis, animé d’un zèle missionnaire - assez fréquent alors chez les Irlandais - traversa la Gaule pour venir annoncer l’Evangile en Germanie.

Il était entouré de quelques compagnons, dont on cite parfois deux noms : Kolonat et Totnan.

On ne sait préciser quand et où Kilian fut sacré évêque - s’il le fut réellement -, avant de quitter l’Irlande, ou en chemin à travers l’Angleterre et la Gaule, ou une fois arrivé à Würzburg.

Mais avant de commencer son apostolat, il fit le pèlerinage à Rome et obtint la bénédiction du pape Conon (vers 686). Cette rencontre est également contestée par des historiens.

De retour en Allemagne, Kilian obtint la conversion du prince de Würzburg, Gozbert, qui répudia sa femme illégitime. 

Cette dernière résolut de se venger et, profitant d’une absence de Gosbert, fit assassiner Kilian, avec Coloman et Totnan, qu’on enterra avec leurs vases sacrés, leurs ornements et leur Bible.

Au retour de Gosbert, cette femme prétendit que les missionnaires avaient quitté la région ; elle en perdit la raison ; un des meurtriers devint fou furieux, un autre se suicida. L’autre malheur fut que Gosbert retourna à l’idolâtrie.

C’était vers 689.

L’œuvre de Kilian avait préparé celle de s.Boniface (v. 5 juin). 

Il devint le patron du diocèse de Würzburg, des villes de Heilbronn et Kostheim et de nombreuses églises de l’Alsace à l’Autriche. Les vignerons l’invoquent en Franconie ; il est patron des moutons à Kissingen ; l’eau d’un puits de Neumünster (où se trouvent actuellement les reliques) ainsi que celle d’une fontaine de Heilbronn sont réputées pour guérir les maladies d’yeux ; invoqué contre le rhumatisme et la goutte, Kilian l’est aussi par les jeunes femmes qui veulent devenir mères.

Saint Kilian est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain, qui oublie Kolonat et Totnan.

 

 

Disibode 

619-700

 

Cet Irlandais commença par attirer des âmes de son pays dans la voie de la sainteté.

Vers 652, il vint en missionnaire en Germanie. Sa grande douceur et sa simplicité conquirent les cœurs, même les plus endurcis.

On a donné à Disibode le titre d’évêque, la tradition faisant de lui un chorévêque.

Il fonda un monastère au confluent des deux rivières Nahe et Glan (actuel diocèse de Spire). Il y introduisit la règle de s.Benoît (v. 11 juillet). 

L’endroit de sa fondation s’appelle le Disibodenberg, et doit beaucoup plus sa célébrité à sainte Hildegard de Bingen (v. 17 septembre) qu’à Disibode, car elle fut abbesse non loin de là.

C’est elle qui nous dit qu’en à peine une douzaine d’années, le monastère compta une cinquantaine de moines.

Disibode gouverna ce monastère pendant une trentaine d’années.

Le monastère de Disibode connut une période florissante au 12e siècle, mais fut abandonné au 18e siècle et servit de carrière. Il n’en reste que des ruines qui peuvent laisser imaginer l’ampleur des bâtiments.

Saint Disibode est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adrien III, pape

884-885

 

Il semble que l’orthographe “Hadrien” soit réservée à l’empereur romain, tandis qu’ailleurs on doive écrire “Adrien”, mais même de solides références ne s’accordent pas là-dessus. C’est sans doute de la même façon qu’on a transcrit des noms comme Teresa ou Natalis en Thérèse et Nathalie, avec une manie inexpliquée pour l’introduction d’h finalement inutiles tant pour la prononciation que pour l’étymologie. Mais laissons là les mystères de la langue française.

Adrien III, donc, fut le cent-neuvième pape : il succédait à Marin Ier.

On en sait vraiment peu de choses : son père, romain, s’appelait Benedetto, et lui-même reçut au baptême le nom de Agapito, qu’il changea en Adriano en entrant dans la cléricature.

Durant son pontificat de seize mois, il prit le temps de promulguer un décret interdisant aux délégués impériaux de participer à l’élection papale, laquelle n’avait plus à être ratifiée par l’empereur.

Rome souffrit la famine cette année-là, et le pape s’efforça de venir en aide à la population par un ravitaillement exceptionnel.

S’étant mis en marche pour aller rencontrer l’empereur Charles le Gros, il mourut en route, le 8 juillet 885, non loin de Modène.

Son culte au diocèse de Modène fut plus tard ratifié, en 1891.

Le bienheureux Adrien III est inscrit au Martyrologe le 8 juillet.

Alberto de Gênes

1090-1180

 

Alberto naquit à Gênes vers 1090, encore que le lieu exact et la date précise de sa naissance soient incertains.

Encore jeune, il ressentit la vocation pour une vie religieuse et érémitique, en particulier au contact d’un autre ermite.

Alberto se serait retiré dans une grotte entre 1110 et 1115 puis, vers 1120 demanda humblement à être accepté dans le proche monastère cistercien Saint-André, situé entre Sestri Ponente et Cornigliano.

Peu (ou pas) instruit, il fut cuisinier de la communauté.

Vers 1140, voulant intensifier sa vie de prière et de pénitence, il se retira à nouveau, dans une grotte du mont Contessa, non loin de Sestri Ponente ; c’est la raison pour laquelle on l’a aussi nommé Alberto de Sestri.

Des Confrères lui apportaient sa nourriture ; mais l’homme de Dieu ne put rester inconnu et les gens vinrent le trouver : des miracles purent attester la sainteté de l’ermite.

Après une quarantaine d’années de cette vie solitaire, il s’éteignit le 8 juillet 1180. On trouve aussi une date bien postérieure, 1223, qui semble exagérée, mais pas non plus impossible, surtout s’il faut aussi retarder la date de sa naissance. Les archives du monastère ne peuvent rien fournir de plus précis, ayant été détruites.

Quoiqu’il fût canonisé en 1244, Alberto n’est plus mentionné au Martyrologe Romain.

 

 

Eugène III, pape

1145-1153

 

Bernardo Paganelli di Montemagno naquit à Pise vers 1100. On a parfois confondu son nom de famille avec celui des Pignatelli. Pour l’anecdote, paganelli signifie “les petits païens”.

Bernardo devint chanoine de la cathédrale de Pise et vidame, c’est-à-dire administrateur temporel. Mais il fut conquis par la personnalité spirituelle de Bernard de Clairvaux, qui était venu au concile de Pise sur l’invitation de Innocent II (1134).

A Clairvaux, notre Bernardo fut d’abord chargé de l’entretien de la chaufferie, qu’il assuma humblement.

L’abbé de Farfa et de San Salvatore de Scandriglia demanda alors à Bernard de Clairvaux une colonie de moines pour apporter plus de ferveur parmi sa communauté : aussi Bernardo quitta-t-il la Bourgogne pour l’Italie. Successivement, le pape Innocent II, voulant rendre vie à l’abbaye romaine des Trois-Fontaines (voir notice sur l’apôtre Paul), ne se gêna vraiment pas en y appelant les moines de Clairvaux et en y mettant à la tête Bernardo.

Voilà donc le fils de Bernard de Clairvaux devenu abbé aux Trois-Fontaines. Ce n’est pas l’orgueil qui tenta le nouvel abbé ; toujours humble, il écrivait à Bernard (de Clairvaux) : Ô mon père, depuis que je suis éloigné de vous, ma vie s’écoule dans l’affliction et mes jours s’écoulent dans les larmes…

En revanche, apprenant que l’endroit était quelque peu insalubre, Bernard lui répond : Je sais bien que tu habites un endroit malsain… ce qu’il faut craindre et éviter, c’est l’infirmité des âmes. Il ne sied pas à notre saint état de chercher des médecines corporelles, cela n’est pas avantageux pour le salut. Que vous preniez parfois, comme il est d’usage et comme il convient à des pauvres, des herbes et des simples, passe ! Mais il ne sied point à l’honneur et à la pureté de notre ordre d’acheter des spécialités, de courir les médecins, de prendre potion. Laissez cela aux mondains. Notre élixir, c’est l’humilité.

Et voilà qu’en 1145, Rome connaît une sombre agitation : le pape Lucius II est tué en voulant reprendre le Capitole tombé aux mains des révoltés (15 février 1145). Le soir même, les cardinaux décident d’élire le nouveau pape : ne sachant qui élire, ils s’accordent pour appeler au siège de Pierre l’abbé des Trois-Fontaines : voilà l’abbé Bernardo qui prend le nom d’Eugène III et qui, ne pouvant être intronisé dans cette Rome agitée, fuit vers Farfa où il est consacré.

Loin de s’en réjouir, Bernard de Claivaux proteste véhémentement auprès du Sacré Collège : Que Dieu vous pardonne ! Qu’avez-vous donc fait ? Vous avez rappelé sur terre un homme qui était déjà dans le tombeau ; vous avez embarrassé de soins et d’affaires celui qui ne voulait avoir ni soins, ni affaires, Vous faites monter à la première place celui qui ne pensait qu’à la dernière. Vous contraignez un moine qui était crucifié au monde à revivre dans le monde. N’y avait-il donc pas de sages parmi vous ?

Et au nouveau pape, le même Bernard : Je n’ose plus te nommer mon fils, car le fils est devenu père et le père est devenu fils. Tu es au-dessus de moi, mais c’est par moi que tu es. Quoique j’aie perdu le titre de père à ton égard, j’en conserve le cœur et la tendresse. Je suis ravi de l’éclat de ta dignité, et je frémis à la pensée des périls qui t’environnent.

Les périls ne manquèrent pas, et Eugène III ne put guère séjourner à Rome.

Il fixa d’abord sa demeure à Viterbe. Il engagea des pourparlers avec la nouvelle administration romaine et crut pouvoir entrer dans Rome. Mais l’agitateur Arnaldo de Brescia souleva la Ville, que dut quitter Eugène pour revenir à Viterbe (janvier 1146).

Puis se présenta l’affaire des Chrétiens d’Orient, assaillis par les Turcs. Le pape invita le roi français Louis VII à appeler les Grands du royaume à une nouvelle croisade, en vain. Il supplia Bernard de Clairvaux d’intervenir, qui à Vézelay finit par convaincre toute la noblesse présente. Bernard pouvait écrire au pape : Tu as ordonné, j’ai obéi… A présent les villes et les bourgs sont vides, et c’est à peine si l’on peut y trouver un homme pour sept femmes. Malgré cet enthousiasme, l’expédition militaire fut un échec, par manque d’entente et de coordination.

Eugène III voyagea beaucoup dans l’Europe chrétienne, et tint plusieurs conciles régionaux.

De Viterbe, il gagna Lyon, Cluny, Dijon, Clairvaux, Paris. A Paris, il célébra la Pâque et consacra l’église des bénédictines de Montmartre, ayant pour “diacre” Bernard de Clairvaux et “sous-diacre” Pierre le Vénérable, l’abbé de Cluny ; puis il condamna dans un concile la doctrine trinitaire de Gilbert de La Porrée. 

Puis ce fut Auxerre, Cîteaux (où il présida le chapitre général, durant lequel les abbés de Savigny et d’Obazine réunirent leurs monastères à l’ordre cistercien) ; de là il alla consacrer l’abbatiale de Fontenay, puis la cathédrale de Châlons.

A Trèves (novembre 1147) il réunit un concile où furent approuvées les révélations de sainte Hildegarde.

Retour à Reims, où un autre concile condamne les théories d’Eon de l’Etoile, puis Clairvaux, Langres, Lausanne, Saint-Maurice d’Agaune, Verceil. Il voulait gagner Rome, mais s’arrêta à Viterbe, toujours à cause de l’agitateur Arnaldo de Brescia. Après plusieurs séjours dans les environs de Rome, il put enfin s’installer au Latran, en 1152.

Cette absence de la Ville éternelle n’empêcha pas le pape d’y entreprendre des travaux importants : la restauration du Latran et de la basilique Sainte-Marie-Majeure ; il fit traduire par l’helléniste Burgundio de Pise des œuvres des Pères grecs, Jean Chrysostome et Jean Damascène. 

Saint Bernard (de Clairvaux) lui dédia son De Consideratione, où le maître cistercien ose rappeler à son ancien disciple comment vivre dans la sainteté son rang de pontife suprême : l’humilité ! Et saint Bernard de stigmatiser l’administration romaine, trop bureaucratique et pesante, et qui devrait plutôt rayonner l’idéal du Christ.

Selon les plans de la Providence, Bernard de Clairvaux et Eugène III moururent à peu de distance l’un de l’autre, l’été 1153, Eugène le 8 juillet, Bernard le 20 août.

Le pontificat d’Eugène III avait duré huit ans et cinq mois. Son successeur devait être Anastase IV.

Le culte d’Eugène III fut ratifié en 1872, le Martyrologe le mentionne donc comme Bienheureux au 8 juillet.

 

 

Mancius Araki Kyūzaburō

1590-1626

 

Mancius était né vers 1590 à Kuchinotsu (Japon).

Il fut martyrisé le 8 juillet 1626 à Shimabara (Nagasaki).

Il fut béatifié en 1867.

 

Au même endroit et la même année, deux jours après, devait être aussi martyrisé son jeune frère, Matthias.

 

 

Pierre Vigne

1670-1740

 

Pierre naquit à Privas le 20 août 1670 à Privas, dans une famile de commerçants du textile. La France était encore marquée par les récentes “guerres de religion”.

Outre la bonne éducation et l’instruction qu’il reçut,  Pierre montra de réelles dispositions pour la vie spirituelle, et manifesta son désir d’être prêtre. Il entre au Grand séminaire de Viviers en 1690.

On raconte que Pierre aurait été de religion protestante et que, à Genève lors d’une procession en l’honneur du Saint-Sacrement qu’il ne voulait pas honorer, ce fut son cheval qui se cabra et le jeta à terre ; cet événement serait à l’origine de sa profonde dévotion envers l’Eucharistie. Cet épisode, taxé de “légendaire” par certaines sources, ne trouve effectivement guère sa place dans la chronologie de la vie de Pierre.

Ordonné prêtre en 1694, il est d’abord vicaire à Saint-Agrève, où l’entente avec le curé est excellente.

Son zèle sacerdotal est stimulé par la nécessité d’évangéliser les villes et les villages, trop abandonnés. Il entre ainsi chez les Lazaristes (1700), cette Société fondée par saint Vincent de Paul pour les missions populaires (v. 27 septembre). 

Encore insatisfait, il quitte les Lazaristes avec le plein consentement de ses supérieurs et devient missionnaire itinérant, parcourant tous les chemins du Vivarais, du Dauphiné, du Forez, de l’Hérault, jusqu’en Haute-Savoie et en Haute-Garonne. Il prêche, il confesse, il célèbre les Sacrements et la Messe, montrant aux fidèles comment adorer, comment prier, comment implorer la Vierge Marie. Cette activité intense rappelle celle de saint François-Régis (v. 31 décembre).

En 1712, il fonde la Confrérie du Rosaire.

Arrivé au village de Boucieu-le-Roi (Ardèche), il y organise un grand Chemin de Croix (1714), que les habitants pratiquent encore de nos jours, le Vendredi Saint. Ce Chemin de Croix comporte trente stations, rappelant tous les épisodes vécus par Jésus-Christ depuis la dernière Cène jusqu’à la Résurrection au matin de Pâques. Pierre Vigne aime particulièrement ce village, dont la topographie lui fait penser à celle de Jérusalem ; il y donne le nom de Cédron au petit ruisseau qui y passe. C’est là qu’il s’établit.

Une, puis plusieurs jeunes filles vinrent lui demander conseil pour leur vocation religieuse. Il les réunit ; elles prennent le nom de Sœurs du Saint Sacrement.

Les consignes qu’il leur donne : se succéder dans l’église pour une adoration constante de Jésus présent dans le Saint Sacrement ; bien s’entendre entre elles ; donner un enseignement aux jeunes ; aider et assister la prière durant le Chemin de Croix.

Les nouvelles Sœurs font leurs premiers vœux en 1722, elles se multiplient, rejoignent la Provence et le Dauphiné. La Révolution trouble beaucoup leur activité, qu’elles poursuivent dans la clandestiné. En 1901 elles sont durement frappées par la loi anti-cléricale.

Une autre Confrérie avait vu le jour à Boucieu en 1719, les Pénitents Blancs, à la vie austère, qui furent totalement effacés par la Révolution.

Pierre Vigne écrivait beaucoup, allait régulièrement à Lyon pour y rencontrer les pères sulpiciens et son directeur spirituel. Il fut membre de la Société des Prêtres du Saint-Sacrement (1724).

Pierre Vigne était déjà malade lors de sa dernière prédication à Rencurel (Vercors) ; il dut interrompre sa prédication et s’éteignit le 8 juillet 1740. On ramena son corps à Boucieu-le-Roi.

Le siège principal des Sœurs du Saint-Sacrement est maintenant à Valence, leurs quarante-quatre maisons sont en France, Italie, Angleterre, Irlande, Espagne, Brésil, Tanzanie.

Pierre Vigne a été béatifié en 2004. Il est inscrit au Martyrologe le 8 juillet.

 

 

Ruowang Wu Wenyin

1850-1900

 

Né vers 1850, Ruowang (Ioannes) était né à Dongertou (Hongnian, Hebei, Chine).

Laïc, il subit le martyre le 8 juillet 1900, lors de la révolte des Boxers.

Il fut béatifié en 1946, et canonisé en 2000.

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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 23:00

07 JUILLET

II.   

SS Pérégrin, Lucien, Pompée, Hésyque, Papius, Saturnin et Germain, italiens martyrs à Durazzo.

S Pantænus, converti du stoïcisme, excellent professeur à Alexandrie, et même prédicateur jusqu'en Inde.

S Apollonius, évêque à Brescia.

V.

S Consul, allemand, évêque à Côme.

VI.

SS Odran et Médran, frères irlandais ; Odran voyagea beaucoup, Médran fut moine.

?

S Sigisbaud, premier évêque à Sées.

VII.

Ste Ædilburge, anglaise, abbesse à Faremoutiers.

Ste Ercongote, anglaise, fille de ste Sexburge, nièce de ste Ædilburge, moniale à Faremoutiers. 

S Boisil, prieur à Melros, maître de s. Cuthbert ; il lisait tout l’évangile de s. Jean chaque semaine et eut le don de prophétie, annonçant sa propre mort (de la peste).

VIII.

S Hedde, évêque à Dorchester ; il transféra ce siège à Winchester.

S Willibald, anglais, fils de s. Richard, frère de ste Walburge et de s.Winebald, premier évêque à Eichstätt.

S Máel Ruain, évêque et abbé en Irlande.

IX.

S Angelelme, évêque à Auxerre ; il imposa aux chanoines la vie régulière.

XII.

S Odón, évêque à Urgel, nommé alors qu'il n'était que laïc.

XIV.

B Benoît XI, pape (1303-1304) : général des Dominicains, adroit, conciliant, il mourut au bout de huit mois de pontificat ; on a de l'Eglise de Perse une lettre écrite pour son élection, où le pape est reconnu comme chef universel.

B Oddino Barotti, curé à Fossano, tertiaire franciscain ; il fit construire un hôpital et s'épuisa à recueillir les malades et les moribonds durant une épidémie.   

XVI.

Bx Roger Dickenson, Ralph Milner, Laurence Humphrey, martyrs à Winchester ; le premier était prêtre, le second, récemment converti, père de huit enfants et arrêté au jour de sa première communion, le troisième un jeune catéchiste converti depuis peu.

XVIII.

B Jean-Joseph Juge de Saint-Martin, sulpicien, directeur de séminaire, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bse Françoise Marie Suzanne (Iphigénie de Saint-Matthieu) de Gaillard de la Valdène, bénédictine et martyre à Orange.

XIX.

SS Antonio Fantosati, évêque, Giuseppe Maria Gambaro, prêtre franciscain, Magu Ji Tianxiang, laïc persévérant bien que privé de l'Eucharistie pendant trente années à cause de l'opium qu'il fumait, Mali Guo Lishi, mère de famille qui assista au martyre des sept membres de sa famille, tous martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

B Millán Garde Serrano (1876-1938), prêtre espagnol martyr à Cuenca, béatifié en 2021.

B Peter To Rot (1912-1945), laïc papou, catéchiste et père de famille, martyr des Japonais, premier Papou béatifié, en 1995.

Bse María Romero Meneses (1902-1977), des Filles de Marie Auxiliatrice au Nicaragua, au service des pauvres et abandonnés, qui diffusa la dévotion à l'Eucharistie et à la Sainte Vierge, béatifiée en 2002.

Pantænus d’Alexandrie

† 215

 

Pantænus (ou peut-être Partænus) fut un philosophe d’Alexandrie d’Egypte, qui appartenait d’abord 

à la secte des stoïciens.

L’historien Eusèbe écrit :

On raconte qu’il montra une telle ardeur et un tel enthousiasme pour la parole divine qu’il se fit admirer comme héraut de l’Evangile du Christ chez les nations de l’Orient, et qu’il poussa même jusqu’à la terre des Indes. Il y avait alors, en effet, quantité d’évangélistes de la parole, soucieux de mettre un zèle divin à imiter les apôtres pour propager et édifier la parole de Dieu. Pantænus fut l’un d’eux : on dit qu’il vint jusqu’aux Indes. Là il se trouva devancé par l’évangile selon Matthieu auprès de quelques-uns qui connaissaient le Christ. C’est Barthélemy, un des apôtres, qui les avait instruits et leur avait laissé le livre de Matthieu.

S.Barthélemy passa effectivement en Inde (v. 24 août), et le récit d’Eusèbe est parfaitement cohérent.

Pantænus revint à Alexandrie et reprit son enseignement. L’évêque Alexandre de Jérusalem parlait de lui comme le véritablement bienheureux et seigneur.

Il mourut en paix sous Caracalla, donc vers 215.

Saint Pantænus d’Alexandrie est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boisil

? - 664

 

C'est surtout par saint Bede le Vénérable (v. 25 mai) que l'on connaît cet abbé anglais. Bede fut informé par un certain Sigfrid, moine de Jarrow, qui fut d'abord sous la tutelle de Boisil en l'abbaye de Melrose.

On ne dit rien sur l'origine et l'enfance de Boisil. 

Boisil était prieur de l'abbaye de Melrose, sur les bords de la Tweed, au milieu d'une grande forêt qui faisait alors partie du Northumberland. L'abbé était Eata. Il semble que tous deux, Eata et Boisil, aient été formés d'abord par saint Aidan, abbé et évêque à Lindisfarne (v. 31 août). 

La grande popularité de Boisil lui vient d'abord d'avoir reçu et formé Cuthbert, plus tard saint aussi (v. 20 mars). Quand il le vit pour la première fois, Boisil s'exclama "Voici un serviteur du Seigneur", répétant pour ainsi dire l'exclamation de Jean-Baptiste en voyant le Christ : "Voici l'Agneau de Dieu" (Jn 1:29). Et il obtint de l'abbé Eata de l'accueillir immédiatement dans le monastère. Il lui annonça dès lors les principaux événements de sa vie : sa maladie et sa guérison durant une épidémie de peste, son élection à l'épiscopat, et ses grands services pour l'Eglise.

Boisil prédit trois ans à l'avance la grande peste de 664, durant laquelle Cuthbert tomberait malade, mais guérirait, tandis que lui-même devait en mourir. Ce qui arriva précisément.

Ses plus fréquentes instructions aux religieux étaient les suivantes : Ne cesse jamais de rendre grâces à Dieu pour le don de la vocation religieuse ; veille toujours sur toi-même pour combattre tout sentiment d'amour-propre, toute attache à ta volonté et à ton propre jugement, entretiens-toi sans relâche avec Dieu par la prière intérieure, demande une grande pureté de cœur, car c'est le seul vrai et le plus court chemin qui conduit à la perfection.

Il faisait chaque jour une lecture dans l'évangile de saint Jean, qu'il avait distribué en sept parties, pour le lire intégralement chaque semaine. Cuthbert en hérita la pratique. 

Non content d'instruire ses frères en religion par la parole et par l'exemple, Boisil allait souvent dans les villages environnants pour évangéliser les pauvres. 

Quand Cuthbert fut guéri de la peste, se sachant lui-même proche de la mort, il exhorta ainsi son disciple : Tu vois que Dieu t'a délivré du fléau ; tu ne retomberas pas et ne mourras pas cette fois. Quant à moi, ma mort est proche ; ne néglige pas de recevoir mes leçons tant que je puis te les donner, cela ne durera pas plus de sept jours.

Cuthbert lui demanda alors : Et que dois-je choisir de préférence comme lecture pour que cela ne dépasse pas ce laps de temps ? Boisil lui répondit : L'évangile de saint Jean ; nous pouvons le lire dans cet intervalle et faire toutes les réflexions nécessaires.

Les sept jours écoulés, Boisil tomba malade et vit arriver sa dernière heure avec une jubilation extraordinaire, car il avait le plus grand désir d'être uni à Jésus-Christ. A ses derniers moments, il répétait souvent le mot de saint Etienne : Seigneur Jésus, reçois mon âme. C'était en 664.

Après sa mort, Boisil montra encore son intérêt pour son pays et l'abbaye. Par deux fois, il apparut à l'un de ses disciples pour l'envoyer dire à saint Egbert (v. 24 avril) : Ta mission est d'aller dans les monastères de saint Colomba pour leur apprendre la vraie manière de célébrer la fête de Pâques. Il y eut en effet maintes discussions en Angleterre au sujet de la date de Pâques, certains préférant la tradition celte, d'autres l'obéissance à Rome.

En 1030, les reliques de Boisil ainsi que celles de Bede, furent transférées à Durham, auprès de celles de Cuthbert. 

Différentes dates ont été retenues pour la fête de saint Boisil. Des calendriers d'Ecosse l'ont placé au 23 février ; les Bollandistes au 23 janvier, ou aussi au 9 septembre, sans raison apparente ; aujourd'hui on s'accorde plutôt pour le 7 juillet, mais le Martyrologe Romain ne l'a pas retenu, probablement à cause de cette incertitude encore pas résolue.

 

 

Ædilburge de Faremoutiers

† 695

 

Ædilburge (Aubierge) était l’une des filles du roi Anna d’Est-Anglie et de Hereswyde ; ses sœurs s’appelaient Sexburge, Ediltrude (v. 23 juin), Wilburge, et leur frère Ærconwald (v. 30 avril).

Voulant se consacrer et ne trouvant pas de monastère à son goût exigeant, elle vint au Gaule et se fixa à Eboriacum, devenu Faremoutiers, où l’on pratiquait la règle de s.Colomban (v. 23 novembre). Sa demi-sœur (ou sa nièce) Sethride l’accompagnait.

Cette dernière d’ailleurs succéda bientôt à l’abbesse Burgondofare.

Ædilburge succéda à son tour à Sethride.

C’est elle qui entreprit la construction d’une église dédiée à tous les saints Apôtres.

Quand elle mourut, le 7 juillet 695, on l’y enterra. Sept ans plus tard, on retrouva le corps non corrompu.

Sainte Ædilburge de Faremoutiers est commémorée le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hedde de Dorchester

† 705

 

Hedde (Heddi, Hedda) était d’origine anglo-saxonne, mais on ne connaît rien de lui avant son épiscopat.

Il fut moine puis abbé, on ne sait dans quel monastère, et eut le mérite d’amener à la foi Ceadwalla, fils et successeur du roi Cynegils.

En 676, il fut appelé à succéder à Leuthere sur le siège de Dorchester. C’est Theodore de Canterbury qui le consacra à Londres.

En 686, il transféra son siège de Dorchester à Winchester, et y fit amener les reliques de s.Birin, fondateur du diocèse (v. 3 décembre).

On lui attribue un rôle important dans les lois édictées par le roi Ina en 693 ; ce sont les plus anciens monuments législatifs anglo-saxons. S.Bede (v. 25 mai) affirme qu’il gouverna son diocèse beaucoup plus avec ses vertus innées et son amour, que par son savoir. 

Il mourut en 705. De nombreux miracles se produisirent sur son tombeau.

Saint Hedde de Dorchester est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Willibald d’Eichstätt

701-790

 

Willibald naquit vers 701 dans le Wessex (Angleterre), de s.Richard (v. 7 février) et Wuna, de saints parents qui eurent aussi Winibald et Walburga (v. 18 décembre et 25 février).

Il est probable aussi qu’il était le neveu de s.Boniface (v. 5 juin) par sa mère.

A trois ans, Willibald fut très gravement malade et les parents le portèrent au pied de la croix de la place publique et promirent à Dieu de le lui offrir s’il guérissait. C’est ainsi qu’il le confièrent à une abbaye, où il fit toutes ses études.

Au terme de celles-ci, lui et son frère accompagnèrent leur père qui voulait faire le pèlerinage à Rome. Mais s.Richard mourut à Lucques, où ses fils l’enterrèrent (722).

A Rome, les deux frères prirent l’habit monastique puis, tandis que Winibald demeurait dans la Ville éternelle, Willibald poursuivait son pèlerinage jusqu’aux Lieux saints avec quelques autres compagnons.

Il y eut un incident en Turquie : les Sarrasins les prirent pour des espions et les gardèrent en prison : ce fut un Espagnol qui avait ses entrées à la cour, qui intervint pour obtenir leur libération.

Willibald resta plusieurs années en Palestine, visitant et priant à tous les endroits qui avaient été marqués par le passage de Notre-Seigneur. Certains prétendent qu’il fut le premier Anglais à visiter les Lieux saints.

Au retour, la petite compagnie s’arrêta encore deux années à Constantinople et parvint à Rome vers 729.

De là, Willibald, par fidélité au vœu de ses parents trente ans plus tôt, gagna le Mont-Cassin. Il y édifia toute la communauté par sa soumission totale à la règle bénédictine et fut successivement sacristain, doyen, portier.

Après une dizaine d’années, Willibald fut chargé d’accompagner à Rome un prêtre espagnol et c’est à cette occasion que sa vie prit un cours tout-à-fait imprévu. A Rome en effet, s.Boniface demanda au pape l’autorisation d’emmener Willibald pour ses missions en Germanie : Willibald reçut de Boniface le sacerdoce en 740, puis la consécration épiscopale pour le siège d’Eichstätt. La douceur d’âme de Willibald lui attira l’estime unanime. 

De son épiscopat, on sait que Willibald participa en 742 au concile de Germanie, en 765 à celui d’Attignies.

Son frère Winibald le rejoignit et ils fondèrent en 752 le monastère bénédictin de Heidenheim. A la mort de Winibald, Willibald fit transférer les restes de son frère à Eichstätt (775).

Willibald mourut le 7 juillet, vers 787-790.

Il fut canonisé en 938.

Saint Willibald d’Eichstätt est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Máel Ruain de Tamlacht

† 792

 

On est vraiment mal informé sur ce grand personnage.

Il a pu être formé au monastère Céli Dé de Saint-Rúadán de Lothra (Tipperary).

Il fonda ensuite le monastère de Tamlacht (ou Tallaght), qui se trouve près de Dublin, dans la fin du huitième siècle, sur un terrain que lui aurait donné le roi de Leinster, Cellach mac Dúnchada, en 774.

De nombreux disciples se joignirent à lui, soit vivant dans le monastère lui-même, soit rattachés à celui-ci et vivant en d’autres petites communautés des environs.

La règle était exigeante : les moines priaient le psautier intégral chaque jour ; la nuit, deux moines restaient dans l’église pour poursuivre le chant, relayés par deux autres un peu plus tard, de sorte que l’église retentissait du chant des moines sans interruption. En outre, pour éviter la distraction, on ne devait pas s’intéresser aux nouvelles extérieures, ni faire de pèlerinages hors de l’Irlande.

On devait souvent prier les bras en croix ; ou bien rester dans l’eau jusqu’à la ceinture, pendant qu’un autre moine flagellait son confrère ; jamais de vin, et jamais de musique.

Les moines ne rencontraient leur confesseur qu’une fois par an.

Si des couples voulaient vivre dans la proximité du monastère, ils devaient vivre dans une grande austérité, et observer la chasteté quatre jours par semaine.

Máel eut peut-être rang d’abbé mitré, car après sa mort on parle de lui comme abbé et évêque

On le dit attaché à la digne célébration de la liturgie, à honorer les Saints ; un Martyrologe qui remonte à son époque fut très probablement rédigé par lui et son plus célèbre disciple, Óengus (v. 11 mars).

Máel Ruain mourut pacifiquement en 792.

Saint Máel Ruain de Tamlacht est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Odón d’Urgel

1065-1122

 

Odón naquit vers 1065 à la Ville de Sort, fils d’Artal I, comte de Pallars Sobirá et de Lucía de la Marca, et fut aussi connu comme Odón de Pallars, en catalan Dot de Urgel ou encore Sant Ot.

Il avait reçu de son père son caractère chevaleresque, mais heureusement n’en suivit pas la voie, car Artal était violent et mourut excommunié.

En 1087, Odón était diacre.

Non encore ordonné prêtre, il fut nommé évêque d’Urgel alors que l’évêque Guillermo Arnaldo était encore en vie ; l’évêque étant décédé en 1095, Odón pouvait lui succéder. Toutefois, il dut y avoir un temps d’attente, car en mai 1097, on parle du nouvel évêque élu, et en octobre de la même année il est question de l’évêque du siège d’Urgel.

Il faudrait donc revoir l’histoire traditionnelle, selon laquelle Odón, encore laïc, fut acclamé par la foule, comme le fut saint Ambroise à Milan (v. 7 décembre) ; Odón serait alors allé trouver le pape Urbain II à Clermont, au moment où il prêchait la croisade, et l’aurait accompagné à Rome, où il remplit les fonctions de diacre au début de la Semaine Sainte, fut ordonné prêtre le Samedi saint, et sacré évêque le jour de Pâques.

Le jeune évêque s’employa à obtenir la restitution de biens confisqués illégalement au diocèse, fit construire ou reconstruire des églises, dont la cathédrale d’Urgel, restaura deux monastères à Santa María de Lillet et Santa María de Gerri, qu’il affilia à Saint-Victor de Marseille et qu’il gouverna même comme abbé.

C’est dans ce monastère de Gerri qu’il mourut, le 7 juillet 1122.

Dès 1133, son successeur faisait célébrer sa fête. Le Martyrologe le mentionne au 7 juillet.

 

 

Benoît XI, pape

1303-1304

 

Nicolò Boccasino était né à Trévise en 1240, et perdit son père à l’âge de six ans.

Sa mère devint blanchisseuse chez les Dominicains voisins.

Nicolò entra à quatorze ans chez les Dominicains, y étudia quatorze ans (à Venise et à Milan) et y enseigna quatorze ans (à Milan, Venise, Trévise et Gênes) !

Provincial de la Lombardie, neuvième maître général de l’Ordre, c’était un homme de paix. 

Le pape Boniface VIII le chargea de promouvoir la paix entre Philippe IV le Bel et Edouard Ier d’Angleterre. Y ayant réussi, il fut nommé cardinal en 1298.

En 1300 il devenait Doyen du Sacré Collège et évêque d’Ostie. Les Dominicains le trouvaient trop lié au pape et pas assez influent pour leurs intérêts…

En 1301, il était légat papal en Hongrie, Pologne, Dalmatie et Serbie, mais la mission n’eut pas de succès.

Lors de l’attentat ignoble d’Agnani, où le représentant de Philippe le Bel souffleta le Pape, le cardinal Boccasini resta fidèle au Pape, témoin de l’inconduite de Nogaret envers Boniface VIII.

A la mort de ce dernier, Nicolò fut élu à l’unanimité pour être le cent quatre-vingt quatorzième pape et prit le nom de Benoît XI.

On a retrouvé au siècle dernier une lettre de l’Eglise de Perse qui reconnaissait le nouveau pape comme chef universel.

Son amour de la réconciliation le porta à plusieurs démarches heureuses : 

Il tint compte des conseils du Sacré Collège et ne nomma que deux nouveaux cardinaux, d’ailleurs dominicains : Nicolò de Prato et William Marlesfield.

Il essaya de maintenir une politique conciliante dans les différents conflits de l’époque, concernant Charles d’Anjou roi de Sicile, le roi de Danemark, les Templiers, le médecin Arnaud de Villeneuve (exilé comme hérétique et qu’il prit comme médecin personnel), le roi de France ; en Toscane, en Aragon…

Il annula les sanctions portées par Boniface VIII contre les deux cardinaux Colonna et leur famille. Malgré cela, Sciarra le força à quitter Rome : Benoît XI se retira à Pérouse, où il mourut en 1304 : les papes suivant ne reviendraient à Rome qu’en 1367.

Benoît XI resta un homme modeste et simple. On raconte que, lors de la visite de sa vieille mère, il obligea celle-ci à quitter ses vêtements trop endimanchés et à reprendre ceux de sa condition modeste.

Ce bon pape aurait pu avoir un pontificat beaucoup plus important. Mais il mourut prématurément huit mois après son élection. On a parfois dit qu’il avait été empoisonné, mais il semble qu’il ait été victime d’une dysenterie causée par des figues.

Benoît XI mourut le 7 juillet 1304 et fut inhumé à Pérouse. 

Il fut béatifié en 1736.

Son successeur fut Clément V.

 

 

Oddino Barotti

1334-1400

 

Oddino Barotti vit le jour en 1344 à Fossano (Cuneo, Piémont, Italie NO), d’une famille de l’aristocratie. Ses parents s’appelaient Giacomo et Catarina.

On lui remit une charge de chanoine à la collégiale San Giovenale alors qu’il n’était pas encore prêtre. Une fois ordonné, il fut nommé curé de la paroisse centrale de la ville. il préféra abandonner son bénéfice de chanoine pour mieux s’occuper de sa paroisse.

Oddino était particulièrement sensible au mystère de la Croix et, alors qu’il avait déjà fait les pèlerinages à Rome et Loreto, il décida de faire un pèlerinage en Terre Sainte. Le voyage fut non seulement difficile, mais en plus le prêtre fut fait prisonnier des Musulmans, qui le maltraitèrent à leur guise.

Enfin libéré, il reprit sa paroisse, mais redoubla ses mortifications, mangeant seulement du pain et quelques légumes. Ce qu’on lui apportait passait chez les pauvres. Il prit l’habit des Tertiaires franciscains. Il organisa une confrérie de la Croix, qui devait s’occuper des malades et des voyageurs. Il jeta les bases de l’actuel hôpital, en construisit un pour lépreux, et encore quatre chapelles aux quatre points cardinaux de la ville, comme pour la protéger par la Croix.

On lui confia la collégiale San Giovenale, qu’il fit presque entièrement reconstruire, tant elle était délabrée.

Durant les travaux, un maçon fit une chute mortelle : Oddino vint le prendre par la main et l’autre repartit simplement à son travail. Un charriot trop chargé s’était embourbé : une bénédiction, une invocation à Saint Juvénal, et l’attelage repartit.

En 1400, une épidémie de peste se déclara. Oddino se dépensa nuit et jour auprès des malades et des moribonds ; il subit la contagion et mourut, le 7 juillet 1400.

Son culte fut approuvé en 1808.

 

 

Ralph Milner

?-1591

 

Ralph était né à Slackstead (Hampshire, Angleterre).

C’était le chef d’une famille de huit enfants. Il vint à la foi catholique en observant le bon exemple de ses voisins. Le jour de sa Première communion, il fut arrêté et mis en prison pour sa foi.

Son gardien l’aimait bien et lui laissa assez de liberté, sur simple parole, pour aller chercher de la nourriture ou d’autres choses dont les prisonniers avaient besoin. C’est ainsi que Ralph put aussi aider le prêtre Roger Dickenson et le père jésuite Stanney.

Roger Dickenson fut découvert, et se retrouva avec Ralph en prison.

Au procès, le juge remarqua la foule massée dans la salle ; il pensa à l’épouse de Ralph et à leurs enfants : voulant à tout prix libérer Ralph, il lui proposa seulement d’aller quelques minutes dans une église protestante, juste pour dire qu’il s’y était trouvé. Calmement, fermement, Ralph refusa.

Il accompagna donc Roger Dickenson, son protégé, jusqu’à la mort.

Ralph Milner mourut en martyr à Winchester, le 7 juillet 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Roger Dickenson

?-1591

 

Roger Dickenson (ou Dickinson) était né à Lincoln (Lincolnshire, Angleterre).

On connaît mieux le laïc qui l’hébergea, Ralph Milner, que lui-même.

De lui, on dit seulement qu’il était un prêtre clandestin.

Ils furent jugés, condamnés et exécutés ensemble, Roger pour être prêtre, Ralph pour l’avoir aidé.

Roger Dickenson mourut en martyr à Winchester, le 7 juillet 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Lawrence Humphrey

1571-1591

 

Lawrence était né en 1571 dans le Hampshire (Angleterre).

Il était de famille protestante. Intéressé par l’étude, il lut la Bible et pratiqua les bonnes œuvres. Comme tout jeune homme convaincu, il voulut participer honnêtement aux discussions sur des thèmes de la religion, et rencontra le père Stanney, qui l’amena au catholicisme.

Il se mit à visiter les prisonniers et les malades, à catéchiser.

En 1591, très malade, il eut des moments de délire et, sans s’en rendre compte, traita la Reine de prostituée et d’hérétique. Des Protestants l’entendirent, le dénoncèrent et, avant même d’être remis, Lawrence fut traîné dans la prison de Winchester.

A son procès, il affirma solennellement qu’il ne pouvait se souvenir d’avoir usé de termes injurieux envers la Reine, qu’il n’entendait pas discuter les témoignages des témoins et qu’il était prêt à souffrir pour ses propos, quoique proférés inconsciemment. C’est donc pour une faute inconsciente qu’il fut condamné à mort.

Lawrence Humphrey mourut en martyr à Winchester, un jour imprécisé de 1591, que le Martyrologe situe au 7 juillet.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Jean-Joseph Juge de Saint-Martin

1739-1794

 

Jean-Joseph était né le 14 juin 1739.

Prêtre de Saint-Sulpice, chanoine, il était directeur du séminaire de Limoges.

Il fut condamné à la déportation en Guyane, mais resta à Rochefort dans le Deux-Associés qui ne partit jamais.

Les prêtres qui y étaient entassés dans des conditions inhumaines, moururent par centaines.

Le chanoine Jean-Joseph Juge de Saint-Martin, ayant bu une eau infecte, mourut le 7 juillet 1794.

Il fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Françoise-Suzanne de Gaillard

1761-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Elle naquit le 23 septembre 1761 à Bollène (Vaucluse), de Jean-Antoine de Gaillard de Lavaldène et Jeanne Gabrielle Christine de Bouchon.

Elle reçut le lendemain au baptême les noms de Françoise Gabrielle Marie Suzanne (l’ordre de ces prénoms n’est pas unanime). Les parents étaient de fervents chrétiens, et confièrent bien vite leur fille aux Religieuses Sacramentines de Bollène.

En 1778, Françoise demanda à être admise comme postulante chez les mêmes Religieuses, et reçut l’habit en février 1779, avec le nom de Marie-Iphigénie de Saint-Mathieu du Saint-Sacrement. Dans cette congrégation liée essentiellement à l’adoration eucharistique, toutes les Religieuses portent le nom du Saint-Sacrement.

En 1780 eut lieu sa profession solennelle.

En 1792, les couvents furent supprimés et confisqués par loi républicaine. Les Religieuses devaient se disperser ; certaines purent être hébergées dans leur famille, mais Iphigénie préféra rester en compagnie de ses Consœurs, dans une maison louée par une personne amie.

Le mardi de Pâques, 22 avril 1794, elle fut arrêtée et conduite à la prison de la Cure (Orange), en même temps que vingt-sept autres Religieuses, Ursulines ou Sacramentines de Bollène. En outre, son père était déjà emprisonné à la Baronne depuis quelques jours, et sa mère devait la rejoindre au mois de juin.

On fit comparaître Iphigénie, seule, devant les juges le 7 juillet. On espérait par là profiter de sa jeunesse et de sa faiblesse, mais c’était sans compter sur la ferme décision de cette femme qui allait avoir bientôt trente-trois ans. Elle refusa crânement de prêter le serment Liberté-Egalité, et fut immédiatement condamnée à mort.

A dix-huit heures, elle fut guillotinée, après avoir reçu furtivement, dans la rue de Tourre, l’absolution sacerdotale d’un prêtre fidèle.

Martyrisée à Orange le 7 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, deux Bernardines et une Bénédictine.

Antonio Fantosati

1842-1900

 

Né à Santa Maria in Valle (Trevi, Perugia, Italie C) le 16 octobre 1842, Antonio était un garçon frêle, timide, apparemment destiné à devenir un brave paysan.

A seize ans il entra chez les Frères Mineurs à Santa Maria della Spineta (Todi) et prit le nom de Antonino (petit Antoine). N’ayant pas été enrôlé dans les troupes piémontaises ou garibaldiennes, il continua ses études à Rome et reçut le sacerdoce en 1865.

A cette occasion, il eut pour «parrain» le comte Giovanni Battista Pecci, frère du futur pape Léon XIII, avec lequel il restera extrêmement lié durant toute sa vie missionnaire.

En 1867, il partit pour la Chine, accompagné de quelques Religieux, dont le père Elia Facchini (qui mourra deux jours après lui).

Arrivé à Wuhan (Hupeh), il endossa des vêtements chinois et prit aussi un nom chinois : Fan-Hoae-te.

En 1878, il fut nommé administrateur apostolique de l’Hupeh nord-occidental et, en 1892, vicaire apostolique de l’Hunan méridional, recevant également la consécration épiscopale. Il rencontra toutes sortes de gens, marchands, lettrés, mandarins, étudiants, bonzes, pêcheurs, avec lesquels il partagea les habitudes (et les repas…). Il fit construire un orphelinat, fit venir d’Europe des vêtements, de la nourriture, des médicaments ; il contracta la peste, dont il put guérir.

Il amena ainsi à la foi catholique quatre-vingt-dix familles. Même les Autorités favorisaient ses initiatives.

En 1888, il fit un voyage de «repos» en Italie et en Terre Sainte.

De retour en Chine, il dut affronter patiemment les jalousies et les fausses accusations qui lui venaient de mandarins influents. 

Durant la révolution des Boxers, il se trouvait en visite pastorale et apprit la triste situation des fidèles : on avait détruit sa maison et l’orphelinat, et brûlé vif le père Giacomantonio. En bon pasteur soucieux de son troupeau, il voulut les rejoindre, en compagnie du jeune père Gambaro. 

Arrivés devant Hengzhou, ils furent reconnus et leur barque poussée vers le rivage ; une grêle de pierres s’abattit sur eux. Ecroulés à terre, ils ne disaient que Jésus, Marie ; le père Gambaro se traîna aux pieds de l’évêque, l’embrassa et retomba mort, tandis que Mgr Fantosati agonisa encore pendant deux heures.

Un païen l’acheva en le transperçant d’un bambou armé d’une pointe de fer. Le corps du Martyr fut brûlé, et les cendres dispersées.

C’était le 7 juillet 1900.

Mgr Fantosati fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Bernardo Gambaro

1869-1900

 

Né le 7 août 1869 à Galliate (Novara, Italie N) de Pacifico et Francesca Bozzola, Bernardo reçut de ses bons parents chrétiens une très bonne éducation.

A huit ans, il faisait déjà la Première communion (pour l'époque, c'était précoce), et sentit l'appel au sacerdoce dès l'âge de treize ans.

Après cette heureuse enfance, l'adolescent n'eut pas de peine à obtenir des parents la permission d'entrer au collège des Franciscains à Monte Mesma, où les pères lui remarquèrent son humble obéissance et son application à l'étude.

En 1886, il fut admis au noviciat, où il prit le nom de Giuseppe Maria, par dévotion aux saints parents de Jésus sur la terre.

Après ce noviciat, il compléta ses études secondaires à Voghera pendant trois ans, au couvent de Sainte-Marie-des-Grâces.

Il étudia, finalement, la théologie au couvent de Cerano, où il prononça les vœux de religion en 1890 et reçut le sacerdoce en 1892.

Son premier poste fut la direction du collège d'Ornavasco, où chacun reçut de lui les attentions d'un père, d'une mère, d'un frère, en un mot : d'un ami.

Un secret désir mûrissait en lui : aller dans la mission de Chine. Pour cela, il alla célébrer plusieurs fois la Messe au sanctuaire du Boden, pour obtenir des lumières. Finalement, ses supérieurs et ses propres parents cédèrent pour l'envoyer en Extrême-Orient.

Il passa un “examen” à Rome en décembre 1895, puis s'embarqua à Naples pour la Terre Sainte (où il resta deux mois) et arriva en Chine où il s'habilla et se coiffa “à la chinoise”.

Après quelque temps à Hankow, il vint à Heng-tciau-fu, où Mgr Fantosati lui confia la formation des jeunes clercs, ainsi que l'enseignement de la philosophie et de la théologie.

Au bout de trois ans, il put laisser cette charge à d'autres missionnaires, et reçut du même Mgr Fantosati la charge de la communauté de Yen-tcion, où sa douceur d'âme conquit immédiatement les chers Chinois, chrétiens ou non.

En mai-juin 1900, il accompagna Mgr Fantosati en tournée pastorale à Lei-yang. Au retour, ils s'arrêtèrent à San-mu-tciao pour y reconstruire la chapelle ; c'est alors qu'ils apprirent les événements du 4 juillet : les Boxers avaient détruit la résidence de l'évêque, l'orphelinat, et toutes les maisons des Chrétiens. Le père Giacomantonio avait été martyrisé.

L'évêque et le père Gambaro, avec quatre Chrétiens s'embarquèrent pour rejoindre au plus vite Hoang-scia-wan, car Mgr Fantosati voulait être présent au milieu de son troupeau. Mais à l'arrivée, des païens crièrent Mort aux Européens et reçurent les voyageurs à coups de pierres et de bâtons.

Le père Gambaro tomba, frappé à mort, et chercha à “ramper” jusqu'à l'évêque, lui aussi frappé à mort, mais encore agonisant, pour lui demander une suprême bénédiction, que l'évêque chercha à lui donner en levant difficilement la main.

Jetés à l'eau, les corps furent repêchés et brûlés, pour ne pas être ensevelis dignement.

Ainsi mourut martyr le jeune père Gambaro, à peine âgé de trente-et-un ans. 

C'était le 7 juillet 1900.

Le père Giuseppe Maria Gambaro fut béatifié en 1946, et canonisé en 2000.

 

 

Magu Ji Tianxiang

1834-1900

Mali Guo Lishi

1835-1900

 

Magu (Marcus) était né vers 1834 à Yazhuangtou (Jizhou, Hebei, Chine).

Il faut mentionner de ce Chrétien sa persévérance et son humilité, car il fut privé pendant trente années de l'Eucharistie : il n'arrivait pas à dominer son ancienne passion pour l'opium.

Mais sa fidélité à l'Eglise fut constante et il confessa courageusement le nom du Christ au moment de la révolte des Boxers.

Il reçut la palme du martyre dans son village, le 7 juillet 1900.

 

 

Mali (Maria), elle, était née vers 1835 à Hujiache (Schenzhou, Hebei, Chine).

Cette mère de famille, nouvelle mère des Frères Maccabées, eut la douleur et le courage d'assister au martyre des sept membres de sa famille, avant d'être à son tour martyrisée, le 7 juillet 1900, durant la même révolte des Boxers.

 

Ces deux héros du Christ furent béatifiés en 1946 et canonisés en 2000.

 

 

Millán Garde Serrano

1876-1938

 

Millán Garde Serrano naquit le 21 décembre 1876 à Vara de Rey (Cuenca, Espagne CE).

Après le séminaire de Cuenca, il obtint le doctorat en droit canonique à Tolède et fut ordonné prêtre en 1901.

Il entra dans l’association des Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur de Jésus, destinés à la formation spirituelle dans les séminaires. C’est ainsi qu’il fut préfet dans les séminaires de Tolède et Badajoz, puis au Mexique (Cuernavaca et Querétaro), administrateur à Astorga et directeur spirituel à Valladolid, Salamanque et León.

Quand la guerre civile éclata en juillet 1936, Millán se trouvait en vacances près de Cuenca : pendant plus d’un an, il célébra en cachette et put porter l’Eucharistie à d’autres personnes.

Le 9 avril 1938, dénoncé et arrêté, il fut mis en prison à Cuenca, puis dans le couvent des Carmélites transformé en prison. Il fut battu et durement torturé.

Un co-détenu put laisser ce témoignage : Don Millán ne se plaint pas et ne se fâche pas contre ses bourreaux, c’est pourquoi ils l’appellent ‘le prêtre fou’.

Les mauvais traitements eurent raison de sa santé et il mourut le 7 juillet 1938.

Considéré comme martyr, Millán Garde Serrano sera béatifié en 2021, et inscrit au Martyrologe le 7 juillet.

 

 

Peter To Rot

1912-1945

 

La figure de ce Bienheureux est intimement liée à l’œuvre des Missionnaires du Sacré-Cœur, grâce auxquels on connaît beaucoup de détails sur lui.

Peter était le fils de Angelo To Puia, un chef local, et de Maria Ja Tumul. Des six enfants de ce couple, Peter était le troisième, après Joseph et Therese ; après lui vinrent Gabriel et deux autres petits frère et sœur, morts en bas âge.

Peter naquit à Rakunai, près de Rabaul, la capitale de la Nouvelle Bretagne, à l’est de la Papouasie-Nouvelle Guinée.

A sept ans, il est envoyé par son père à l’école, où il se révèle un écolier intelligent et capable. Ses professeurs ont remarqué que son programme quotidien comportait toujours la prière du matin et du soir.

Il s’occupait comme tous les enfants : il servait la messe, il pratiquait le sport, aidait aux tâches quotidiennes de la maison, savait participer aux farces et aux bêtises habituelles des jeunes. Ce qu’on voyait en lui, c’était qu’il se montrait leader au milieu des autres garçons. Mais tout en étant le fils du Chef, il n’était jamais arrogant ni autoritaire.

Le curé de la paroisse, fr.Laufer, était de l’idée de diriger Peter vers le sacerdoce. Le père de Peter estima que sa génération n’était pas encore assez mûre pour avoir un prêtre ; peut-être ses petits-enfants… Mais il consentit volontiers à ce que Peter devînt catéchiste. C’est ainsi que Peter alla fréquenter l’Ecole catéchistique de Taliligap, dirigée par les mêmes Pères Missionaires du Sacré-Cœur. C’était vers la fin de 1930.

Peter s’impliqua totalement à l’étude. Sa vie intérieure s’intensifia, par la participation quotidienne à la sainte Messe et la réception de l’Eucharistie, de fréquentes visites à l’église et une dévotion toujours plus grande envers le Saint Sacrement. A Taliligap aussi il montra ses talents d’entraîneur aussi bien dans la prière que dans les activités sportives et récréatives.

Vers 1934, le fr.Laufer fit valoir que Peter était activement désiré dans la paroisse, de sorte que le jeune homme revint chez lui et, à vingt-et-un ans, devint le plus jeune catéchiste. Il enseignait, mais aussi visitait les malades ; on put vérifier qu’il vivait ce qu’il enseignait : de tempérament égal, jamais de mauvaise humeur, calme, aimable.

Finalement, il épousa en 1936 Paula Ja Varpit. Ils avaient été camarades de classe. Ce fut un mariage heureux, chrétien ; Peter fut un époux exemplaire et l’on n’oublia jamais de prier matin et soir.

En 1937 mourut le papa de Peter. C’est en souvenir de lui qu’il appela son premier fils To Puia Andreas, né en 1939. : Peter en était très fier et Andreas passait beaucoup de temps avec son père, contrairement aux habitudes. Puis vint au monde leur fille Rufina.

En janvier 1942, les Japonais débarquèrent sur l’île. Les habitants n’avaient jamais vu d’avions. Les missionnaires furent tous envoyés comme prisonniers au camp de Vunapope. En serrant les mains de Peter, le fr.Laufer lui confia la paroisse : To Rot, lui dit-il, je laisse tout mon travail entre tes mains. Veille bien sur les paroissiens. Aide-les à ne pas oublier le Bon Dieu.

Peter était un peu effrayé de sa mission, mais il s’y donna de tout son cœur. Il visitait les malades, assistait les moribonds en les préparant à rencontrer Jésus, instruisait les enfants et les adultes, les exhortant tous à demeurer fidèles à l’enseignement de Jésus. A ceux qui avaient peur de la guerre, il les encourageait ainsi : Oui, tous nous avons peur ici. Mais Dieu notre Père est avec nous et veille sur nous. Nous devons prier et Lui demander de rester toujours avec nous.

Peter s’efforçait de réunir chaque jour les villageois pour la prière, mais avec l’intensification des bombardements, ils pensèrent qu’il était dangereux d’être tous rassemblés au même endroit, de sorte que Peter divisa la population en petits groupes, qui se réfugièrent dans des abris souterrains à l’abri des bombes. C’est ainsi que les habitants continuèrent fidèlement de prier dans ces abris et demeurèrent courageux et en paix devant le danger.

Au début, les Japonais ne firent pas attention à ces rassemblements de prière et à leur dévotion dominicale. Mais quand ils commencèrent à perdre la guerre, ils craignirent de voir la population se retourner contre eux, aussi interdirent-ils aux chefs et à la population de prier Dieu, de se réunir. Toute désobéissance serait punie d’emprisonnement.

Peter était l’un de ces chefs convoqués par les Japonais. De retour au village, il leur dit : Les Japonais ne peuvent pas nous empêcher d’aimer Dieu et d’obéir à Ses lois ! Nous devons tenir bon et ne pas leur céder ! C’est ainsi qu’il continua à prêcher, à réunir et à prier.

Une autre tentative japonaise était de permettre aux hommes de prendre une seconde femme. Ils pensaient ainsi être plus en faveur auprès de la population et en même temps pouvoir les contrôler davantage. Mais Peter rappela la loi de Dieu, alla reprocher leur chute à ceux qui avaient cédé, insistant sur la nécessité de respecter ce que dit l’Eglise sur le mariage : pour se marier, ils devaient se présenter à leur catéchiste, qui serait le témoin de leur union sacramentelle. Tout autre comportement était un péché devant Dieu. En maintes occasions, il pourvut à venir en aide aux femmes qui avaient été prises comme secondes épouses.

En un mot, Peter remplissait la fonction de Diacre.

Mais il y eut des lâchetés. Des jeunes gens travaillèrent comme espions au service des Japonais, et dénoncèrent Peter. On vint fouiller sa maison et celle de ses frères, Tatamai et Telo, on lui confisqua la Bible, le catéchisme, le livre de chants, ses notes et deux crucifix. Chez Tatamai on prit un imperméable ; chez Telo, un chéquier australien. Les trois frères furent arrêtés.

La police interrogea d’abord l’aîné, Tatamai. Quand celui-ci reconnut qu’il avait participé au culte à l’église, le chef le frappa à la tête avec une canne en bois, et le condamna à un mois de prison.

Vint le tour de Peter, qui fut interrogé sur les offices à l’église, sa position sur le mariage, son refus de la loi permissive japonaise pour la polygamie. Peter fut à son tour frappé à la tête, et piqué sur le torse tout autour du cœur, puis condamné à deux mois de prison.

Le plus jeune, Telo, fut accusé d’espionnage au service de l’Australie, à cause de son chéquier. On l’accrocha à un arbre et on le frappa jusqu’à lui faire perdre connaissance.

Les jours suivants, Tatamai et Peter furent envoyés aux travaux forcés, Telo avait été frappé beaucoup trop violemment pour qu’on pût l’envoyer travailler. Telo fut même relâché deux semaines après, à cause de son mauvais état de santé, Tatamai fut relâché après un mois, mais Peter resta en prison. Quand le chef du village demanda aux autorités pourquoi il restait en prison, on lui répondit que c’était un mauvais sujet, qu’il ne permettait pas qu’on eût deux épouses et qu’il réunissait les gens pour prier.

Peter put recevoir chaque jour la visite de ses parents et amis, qui lui apportaient de la nourriture. Il les encourageait, et les rassurait en leur disant qu’il n’avait pas peur d’être en prison pour Dieu. Au chef, il dit : Je suis en prison à cause des adultères et à cause du culte à l’église. Très bien, je suis prêt à mourir. Mais vous, vous devez veiller sur les gens. A un autre ami, Peter dit : Si Dieu le veut, je serai tué pour la foi. Je suis un enfant de l'Eglise, et c’est pourquoi je mourrai pour l’Eglise.

Un jour, il demanda à son épouse de lui apporter de quoi se raser, un “laplap” blanc (une large étoffe pour se couvrir les reins), son chapelet et sa croix de catéchiste, qu’elle lui apporta le lendemain, vendredi 6 juillet, avec un peu de nourriture. Elle venait avec Andreas et Rufina, qui avaient six et trois ans, étant elle-même enceinte de son troisième enfant. Quand Paula remarqua qu’il ne mangeait pas beaucoup, elle en fut angoissée, mais Peter la calma et lui dit que son devoir était de mourir pour son peuple et pour le Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ils restèrent un long moment ensemble, puis Peter la pria de vite partir à la maison avec les enfants. 

Quand sa mère vint ensuite lui rendre visite, Peter lui dit que la police avait fait venir un médecin japonais pour lui administrer un médicament : or il n’était pas malade, il n’avait qu’un léger rhume et pensait qu’on lui avait menti. L’après-midi, il se lava, se rasa, vêtit son laplap tout neuf, et se mit devant la porte de sa prison, en priant.

A sept heures du soir, tous les prisonniers sauf Peter furent emmenés dans une ferme proche pour une soirée, chose étonnante qui n’était jamais arrivée auparavant. A dix heures du soir, les Japonais les remmenèrent pour aller se coucher. Là aussi, il était inhabituel de ne pas être dans la prison avant la nuit.

Comme la surveillance était assez lâche, trois des prisonniers réussirent à ramper dans l’obscurité pour regagner la prison ; ils trouvèrent Peter mort devant la porte de la prison.

Peter était sur le dos, un bras plié sous la tête, une jambe pliée sous l’autre, le corps encore chaud. Il avait des tampons de coton aux narines et aux oreilles, une trace rouge au cou, un morceau de tissu autour de la tête et le trou d’une petite piqûre de seringue en-haut du bras gauche. Ils comprirent qu’il avait été assassiné, mais craignant pour leur propre vie, ils se cachèrent et ne dirent rien.

Le lendemain matin, Peter manquait à l’appel et le chef l’envoya chercher. La police feignit d’être surprise à la constatation de la mort de Peter et prétendit qu’il devait être très malade pour mourir ainsi. Puis on appela le chef du village et les parents de Peter pour venir prendre le corps.

Les villageois vinrent chercher le corps de leur catéchiste. Quand ils le lavèrent, ils virent une sorte d’écume malodorante sortir des oreilles, des narines et de la bouche. En enlevant le morceau de tissu qui enveloppait la tête, ils trouvèrent deux plaies qui saignaient derrière la tête. La gorge était aplatie en son centre et gonflée, comme frappée à coup de matraque. Personne ne crut à la version de la mort par maladie.

Peter fut enseveli comme un chef, dans le nouveau cimetière de l’église, là où il avait exercé son ministère. Malgré l’affluence de la foule, les funérailles se firent en silence, par crainte des Japonais.

Dès lors Peter fut vénéré comme Martyr. Il avait trente-trois ans, comme Notre-Seigneur.

Peter To Rot est le premier Martyr de Papouasie Nouvelle Guinée. Il a été béatifié par Jean-Paul II à Port Moresby-même, durant son voyage apostolique, le 17 janvier 1995.

Peter est commémoré au Martyrologe le 7 juillet.

María Romero Meneses

1902-1977

 

Née à Granada (Nicaragua) le 13 janvier 1902, Maria était l'un des huit enfants d'un ministre du gouvernement. Cet homme était d'origine espagnole.

Elle montra des dons particuliers pour l'art et la musique, de sorte qu'elle apprit le piano et le violon.

En 1914 elle souffrit d'une fièvre rhumatique paralysante, dont elle guérit de façon miraculeuse, par l'intervention de la Sainte Vierge. De là lui vint cette confiance absolue en Marie, Secours des Chrétiens (Auxilium Christianorum).

Elève chez les Sœurs Salésiennes, elle eut bientôt la vocation d'entrer dans cette Congrégation.

Après sa guérison miraculeuse, elle entra en 1915 dans l'association des Filles de Marie et, en 1920 au noviciat des Salésiennes, Filles de Marie, Auxilium Christianorum.

En 1929, elle fit sa profession solennelle à Nicaragua.

En 1931, elle vint à San José (Costa Rica), qui devint sa deuxième patrie. En 1933, elle commença à enseigner la musique et la dactylographie à des jeunes filles de familles bourgeoises, dont beaucoup furent conquises par sa vie et embrassèrent l'état religieux.

Bientôt, l'activité de María se concentra dans le domaine social, aidant les milieux plus riches à aider les milieux pauvres. En 1945, elle ouvrit des centres de loisirs, en 1961 des centres de distribution de nourriture, en 1963 une école pour filles pauvres, en 1966 une clinique, en 1973 elle mit en route la construction de tout un village, pour donner un logement décent à des familles pauvres. Ce fut le centre Saint-Joseph.

Mère María mourut d'une attaque cardiaque à Leon (Nicaragua), où on l'avait envoyée pour une période de repos.

C'était le 7 juillet 1977.

María Romero Meneses fut béatifiée en 2002. Elle est la première Bienheureuse de l'Amérique Centrale. 

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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 02:54

06 JUILLET

 

I.

S Romulus, disciple présumé de s. Pierre, premier évêque à Fiesole, dont il est patron.

III.

S Tranquillinus, martyr romain.

IV.

Ste Kyriaki vierge et martyre à Nicomédie, qu'on vénère à Tropea sous le nom de Dominique.

S Gervais, diacre au Mans, assassiné près de Chalon-sur-Saône lors de son retour de Rome.

V.

S Sisoès le Grand, ermite égyptien.

S Palladius, diacre de Rome, évêque en Irlande pour y combattre le pélagianisme.

?

S Hugues, ermite à Menou.

Ste Noyale (ou S Guenn de Noyal), saint(e) de Bretagne. 

VI.

Ste Moninne de Killeavy, abbesse en Irlande.

S Goar, venu d'Aquitaine à Oberwesel ; il mourut de se savoir promu évêque à Trèves.

S Juste, moine à Condat.

VII.

SS Bertaire (Berthaire, Berthier) et Athalène, martyrs près de Favernay ; Athalène était diacre et neveu de Bertaire.

VIII.

Ste Sexburge, reine anglaise, sœur des stes Ethelrede, Ethelburge et Withburge, mère des stes Ercongote et Ermenilde, fondatrice et abbesse à Ely.

XIII.

Ste Angèle, sicilienne, carmélite au Mont-Carmel puis à Sciacca.

XVI.

S Thomas More, Grand Chancelier du Royaume au moment où Henri VIII rompait avec Rome ; il démissionna et fut exécuté deux semaines après son ami John Fisher ; proclamé (en 2000) patron des chefs de gouvernement et des hommes politiques, fêté avec s. John Fisher le 22 juin.

B Thomas Alfield, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

B Augustin-Joseph (Elie) Desgardin, cistercien à Sept-Fons, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bse Marie Rose (Suzanne Agathe) de Loye, bénédictine, une des trente-deux martyres de juillet à Orange, dont le calme et la joie firent dire aux gendarmes : "Ces bougresses-là meurent toutes en riant !" ; parmi leurs bourreaux condamnés à mort l'année suivante, certains demandèrent un prêtre avant de mourir. 

XIX.

S Baiduo Wang Zuolung, un des laïcs martyrs chinois victimes des Boxers, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Ste Marietta Goretti (1890-1902), martyre de sa chasteté ; l'assassin était présent à la canonisation, aux côtés de la maman de Marietta.

Bse Maria Teresa Ledóchowska (1863-1922), autrichienne d'origine polonaise, inspiratrice de l'Institut de Saint-Pierre-Claver, dédiée aux missions africaines.

Ste Nazaria Ignacia March Mesa (1889-1943), quatrième de dix enfants, espagnole émigrée au Mexique, fondatrice en Bolivie des Missionnaires Croisées de l'Eglise, pour la catéchèse en paroisse et l'assistance des pauvres, béatifiée en 1992, canonisée en 2018.

Romulus de Fiesole

† 90

 

Il y a plusieurs légendes concernant ce Saint, martyr à Fiesole (Toscane, Italie). En essayant de trouver entre elles un dénominateur commun et un lien possible entre les divers éléments de ces textes, on pourrait arriver à l'histoire suivante.

Romulus, né évidemment à Rome, se serait converti après avoir entendu la prédication de saint Pierre.

S'étant mis à son tour à prêcher avec succès l'Evangile à Rome même, puis dans les environs, Romulus fut bientôt nommé évêque par l'apôtre saint Pierre, qui l'envoya à Fiesole avec deux compagnons.

De passage à Volterra, ils croisèrent deux autres disciples de saint Pierre qui, eux, s'en revenaient de Fiesole, découragés par leurs travaux infructueux.

Romulus n'eut pas plus de succès, de sorte qu'il bifurqua vers la Lombardie, avec ses compagnons.

Mais voilà que bientôt après, un ange vint tirer l'oreille de nos missionnaires et les invita à revenir à la mission confiée par saint Pierre.

Cette fois-ci, ils pénètrent dans Fiesole, mais en secret, et Romulus commença à convertir un à un des habitants de cette ville toute païenne.

Les miracles furent aussi au rendez-vous : l'eau qu'une femme se refusait à donner à boire à nos héros, se transforma en sang. Par ailleurs, un jeune homme possédé du démon fut délivré par Romulus.

Ces épisodes, avec les nombreuses conversions opérées par Romulus, provoquèrent la colère du gouverneur, qui fit arrêter Romulus et ses compagnons, les invita à sacrifier aux dieux romains et, sur leur refus catégorique, les fit décapiter sans autre forme de procès.

Les quatre compagnons de Romulus auraient eu nom : Carissimus, Marchitianus, Crescentius, Dolcissimus, et le possédé guéri, Celsus.

C'était l'été 90, le 6 juillet, sous l'empereur Domitien.

Légendaire ou non, ce récit fait que saint Romulus est le patron de Fiesole et que la cathédrale lui est dédiée. Elle abrite l'urne des restes de son glorieux premier évêque martyr.

 

 

Kyriaki de Nicomédie

† 4e siècle

 

Les Grecs honorent le 6 juillet cette vierge qui aurait été martyrisée à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), sous Dioclétien. 

Elle aurait renversé des idoles, aurait été jetée aux bêtes (qui l’épargnèrent) et décapitée.

Il se trouve qu’on vénère à Tropea (Calabre, Italie S) une sainte Domenica, dont le nom est dérivé de Dominus, de même que Kyriaki dérive de Kyrios (seigneur).

Cette Domenica aurait été exilée sur les bords de l’Euphrate, et ramenée par les anges à Tropea, sa ville natale.

On ne saurait dire s’il s’agit d’une simple transposition, d’une invention, d’un transfert de reliques, de deux personnages distincts…

Sainte Kyriaki de Nicomédie est commémorée le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sisoès le Grand

340-429

 

Sisoès était égyptien et a pu naître vers 340.

Il passa plusieurs années dans la solitude du désert de Scété, sous la direction d’un certain abbé Hor.

Puis il rejoignit l’ermitage de s.Antoine, après la mort de ce dernier (v. 17 janvier), près du mont Colzim (Quzlum, Al-Bahr-al-Ahmar). Il devait y rester près de soixante-dix ans.

Comme beaucoup d’ermites du désert, il s’imposa de grandes mortifications, qu’il abandonna quand il comprit qu’elles étaient souvent source d’orgueil ; mais il conserva l’habitude de ne manger qu’un jour sur deux.

On a conservé de lui des apophtegmes (conseils, sentences), comme ceux-ci : 

- pour vivre fidèlement sans être tenté de fuir sa cellule : Mange ton pain avec du sel et de l’eau, tu n’auras pas besoin de feu, ni de courir au loin.

- à un autre solitaire qui voulait se venger d’un affront : Mon Dieu, ne t’occupe pas de tes serviteurs, puisqu’ils sont certains de devoir se venger eux-mêmes (le visiteur comprit et demanda pardon).

Sisoès fut un jour pillé par les Sarrasins, qui lui prirent le peu qu’il avait. En cette occasion, il conseilla à son disciple (qui s’appelait Abraham), de ne jamais tuer un voleur, de s’en remettre à la Providence, d’accepter toute épreuve comme une punition des péchés, de recevoir toute faveur comme venant de la miséricorde de Dieu.

A la fin de sa vie, Sisoès dut quitter le désert à cause de ses infirmités. Il se retira dans la proche ville de Clysma, où il mourut vers 429, probablement nonagénaire.

On le surnomma le vase d’élection du désert.

Saint Sisoès le Grand est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palladius d’Ecosse

† 432

 

Il s’agirait ici d’un diacre de Rome.

En 431, investi de l’épiscopat, il vint en Grande-Bretagne et en Irlande. Ceci dément que s.Patrice (v. 17 mars) ait été le premier évangélisateur de l’Irlande. Palladius l’a précédé, mais de quelques années seulement.

En 432, Palladius voulut venir à Rome pour rencontrer le nouveau pape, Sixte III, mais il mourut en chemin, quand il était encore en Angleterre.

Il avait aussi le grand désir de revoir à Auxerre s.Germain (v. 31 juillet), avec qui il était très lié. En apprenant sa mort, s.Germain sacra évêque Patrice, qui partit alors en Irlande pour continuer la mission de Palladius.

Saint Palladius d’Ecosse est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moninne de Killeavy

435-517

 

Beaucoup d’incertitudes enveloppent la vie des Saints d’Irlande. Concernant notre Moninne, on a pensé soit qu’elle avait d’autres noms comme Darerca, Blinne, Modwenna, soit qu’on l’avait confondue avec d’autres Saintes portant ces noms. C’est pourquoi les détails qui suivent peuvent être pris au conditionnel.

Moninne vit le jour vers 435 à Donaghmore (County Down, Irlande), du roi Machta, et de la princesse royale Comwi.

Elle aurait été baptisée par s.Patrice lui-même (v. 17 mars) et élevée par ste Brigit de Kildare (v. 1er février).

Moninne aurait fondé plusieurs couvents en Ecosse et en Angleterre.

Elle aurait aussi fondé le monastère de Faughart. De ce monastère, les religieuses furent réveillées une nuit par le bruit que faisaient plus bas les villageois durant une noce. Elles décidèrent alors de se transporter ailleurs.

Elles allèrent d’abord sur l’île de Begerin, auprès de s.Ibar (un oncle de Moninne, v. 23 avril ?), puis retournèrent à Faughart avant de se fixer définitivement à Killeavy. Elles étaient huit, et dépassèrent les cent cinquante. Parmi elles se trouvait une jeune veuve avec son petit enfant, qui serait devenu l’évêque Luger.

Moninne mourut vers 517.

Sainte Moninne de Killeavy est commémorée le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Goar d’Oberwesel

† 575

 

De Goar on suppose qu’il était originaire d’Aquitaine.

Devenu prêtre, il fut avide de solitude et alla se retirer entre les actuelles Bingen et Koblenz, près d’Oberwesel.

Mais comme sa sainteté ne pouvait pas «briller sous le lampadaire» (cf. Mt 5:15), les habitants découvrirent cette lumière et Goar devint très connu. L’évêque de Trêves lui permit de prêcher, particulièrement parmi les pêcheurs du Rhin. Il fonda un hospice et une chapelle.

De mauvaises langues, comme il en existe toujours pour semer la zizanie, crurent bon de dénoncer l’ermite à l’évêque ; mais un prodige, par la bouche d’un petit garçon de trois ans, aurait manifesté l’innocence de Goar.

Le roi Sigebert le fit venir à Metz et, convaincu de la haute vertu de Goar, lui proposa d’être évêque à Trèves. Goar, trop dérangé par cette perspective, en devint malade et mourut.

Saint Goar d’Oberwesel est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Juste de Condat

6e siècle

 

De ce saint Iustus, on ne peut être certain que de son existence historique, car il est mentionné par les plus anciens manuscrits du monastère de Saint-Condat, l’actuelle Saint-Claude (Jura).

Juste aurait accompli des miracles, dont le récit s’est perdu.

Un des manuscrits en question se trouve à la bibliothèque de Besançon, c’est le Martyrologe et Nécrologe du Jura.

Le même document mentionne qu’au 9e siècle, le domaine de Salaise fut donné par le comte Othon à l’abbaye de Condat et qu’en contrepartie, l’abbé Agilmar lui remit des reliques de s.Juste.

Saint Juste de Condat est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

Angela de Sciacca

† 1230

 

Angela vit le jour à Sciacca (Sicile, Italie).

Au cours d’un pèlerinage en Terre Sainte, elle entra au Carmel et fit la profession dans les mains du prieur général, s. Brocard (v. 2 septembre).

De retour à Sciacca, elle vécut en ermite, dans une grotte, où elle mourut le 6 juillet 1230.

Son culte fut approuvé par les papes, mais elle n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Thomas More

1478-1535

 

Thomas naquit à Londres le 7 février 1478, fils de John More, un juriste, et de Agnes Graunger (ou Granger, Grainger).

Après ses études à Oxford, passionné de grec et de latin, il fut envoyé par son père en 1494 faire son droit à New Inn et Lincoln’s Inn. Avocat à vingt-et-un ans, il enseigna le droit jusqu’en 1510, devenant l’avocat des marchands, puis juge.

Un de ses profeseurs, Erasme, deviendra son grand ami. Erasme avait été invité par John Fisher.

En 1505, Thomas épousa Jane Colt, dont il eut trois filles et un fils. Après le décès de son épouse, il se maria en 1511 avec Alice Middleton, une veuve avec deux garçons ; cette dernière dut faire plaisir à son mari en apprenant la harpe, le luth, le monocorde et la flûte. Thomas s’efforça de donner une excellente éducation intellectuelle à ses enfants, filles et garçons, qui apprirent tous le latin, le grec et l’astronomie.

Dans son manoir de Chelsea, le train de vie de Thomas était bourgeois, mais très chrétien : il portait un cilice, il recevait des infirmes et des vieillards. Quand ses granges prirent feu, il écrivit à sa femme que, malgré tout, il fallait être contents, et même (se) féliciter d’avoir été visités par Dieu.

Il fut membre du Parlement en 1504, mais s’exila en France en 1508 : son père avait été mis en prison par le roi, pour s’être élevé contre les taxes occasionnées par la guerre d’Ecosse.

A l’avènement d’Henri VIII, Thomas revint en Angleterre. Les responsabilités officielles vont s’accumuler : maître des requêtes et membre du Conseil privé du roi, missions diplomatiques aux Pays-Bas (1515) et à Calais (1517), trésorier de la Couronne (1521), chancelier du duché de Lancastre (1525), chancelier du royaume (1529) : il fut le premier laïc à recouvrer cette charge.

De 1528 à 1533, il publia sept livres de réfutation des thèses protestantes de Luther, et fit arrêter quarante personnes acquises aux idées hérétiques.

Quand le roi Henri VIII voulut répudier Catarina d’Aragon et épouser Anne Boleyn, Thomas n’approuva pas cette attitude, malgré la profonde estime que le roi avait pour lui. Le roi refusa d’abord sa démission, et finit par l’accepter en 1532. Peu à peu, tous les grands du royaume se détachèrent de Thomas, pour conserver leur place à la cour.

En 1533, More refusa d’assister au couronnement d’Anne Boleyn, par fidélité à Catarina d’Aragon. Sa position sera interprétée comme trahison.

En avril 1534, More acceptait que le Parlement déclarât Anne Boleyn reine légitime, mais refusait de prêter serment, car le document du Parlement exprimait, en préface, l’autorité de cette assemblée en matière de religion, contre l’autorité du pape. Il fut emprisonné dans la Tour de Londres, au même moment que Mgr John Fisher. Thomas tomba gravement malade durant cette période et ne marchait que péniblement.

Le 1er juillet 1535, Thomas More passa en jugement ; accusé de haute trahison, il refusa de répondre à toute question sur l’autorité du roi en matière de religion. De faux témoignages entraînèrent sa mise en accusation formelle pour trahison ; il devait être pendu, éviscéré et écartelé, selon la formule tristement habituelle, mais le roi commua cette sentence en décapitation.

De sa prison, Thomas gardait contact avec sa fille Margaret. Son dernier billet portait cette petite phrase d’un humour bien anglais : More is no more (More n’est plus). Il pria son gendre de remettre un pièce d’or au bourreau.

L’exécution eut lieu le 6 juillet. Au pied de l’échafaud, More pria l’officier : Aidez-moi à monter, pour descendre, je me débrouillerai. Il se déclara alors bon serviteur du roi, et de Dieu en premier. Dernier trait d’humour, il écarta sa barbe (qui avait dû pousser durant la prison, car le portrait de Thomas le montre imberbe) - disant à l’officier : Cette barbe est innocente de tout crime, et ne mérite pas la hache.

Le 22 juin précédent, avait été exécuté Mgr John Fisher, dont la tête avait été empalée sur le pont de la Tamise. Celle de Thomas subit le même sort, mais sa fille réussit à s’en emparer furtivement.

Thomas More fut béatifié en 1886, avec John Fisher, et canonisé en 1935. Bien que martyrisé le 6 juillet - jour où il est commémoré au Martyrologe - Thomas More est fêté le 22 juin, en même temps que le saint évêque John Fisher.

Récemment, saint Thomas More a été proclamé en 2000 patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques. Que ces derniers y pensent quelquefois, on peut le leur souhaiter, mais ce céleste patron doit avoir beaucoup de travail du haut du Ciel.

 

 

Thomas Alfield

? - 1585

 

Son nom de famille pourrait aussi s’écrire Aufield.

Il naquit à Gloucester (Angleterre) et étudia au Collège anglais de Reims, où il fut ordonné prêtre an 1581.

Revenu en Angleterre, on le retrouve prisonnier en 1582, suite à la publication d’une réponse à un livre calomnieux contre le catholicisme.

Ayant refusé d’affirmer la suprématie de la Reine sur le Pape, il fut exécuté le 6 juillet 1585 à Tyburn.

Il fut béatifié en 1929.

 

 

Martyres d’Orange

juillet 1794

 

La petite ville de Bollène se trouve dans le district d’Orange. Le Comtat-Venaissin venait d’être annexé à la France en 1791. Il s’y trouvait deux couvents de femmes, Ursulines et Sacramentines.

Le monastère des Ursulines remontait à 1609, celui des Sacramentines à 1725. L’année 1792, les couvents furent officiellement fermés, confisqués, et les Religieuses contraintes à vivre dans le siècle.

Dans un premier temps, les deux Supérieures purent louer une maison pour reconstituer une vie à peu près conventuelle ; mais les Sacramentines durent se replier à Pont-Saint-Esprit, où l’aumônier laissait le Saint-Sacrement dissimulé dans une armoire, pour permettre aux Religieuses de faire leur adoration.

Quand la Convention voulut leur imposer le serment Liberté-Egalité, les Religieuses opposèrent une ferme fin de non-recevoir, considérant que ce serment était nettement anti-religieux. D’ailleurs, le tribunal d’Orange devait écrire à leur sujet que les béates ont déclaré qu’il n’était pas au pouvoir des hommes de les empêcher d’être religieuses.

En avril 1794, on leur interdit de sortir de leur maison, jusqu’à leur transfert à la prison d’Orange, qui eut lieu le 2 mai suivant. Il y eut ainsi cinquante-cinq Religieuses incarcérées dans la prison de la Cure, sans compter quelque deux cents autres femmes.

En attendant l’heure suprême, les Religieuses s’organisèrent en vie de prière, occupant leur journée de cinq heures du matin à dix-neuf heures du soir en dévotions diverses ; elles se confessaient à haute voix et faisaient la communion de désir.

Vers neuf heures elles étaient appelées par petits groupes, pour être «jugées» sur leurs crimes. Celles qui demeuraient en prison, priaient à genoux, invoquant la force du Saint-Esprit pour leurs Sœurs ; elles récitaient jusqu’à mille Ave Maria à cette intention.

Vers dix-huit heures, avait lieu l’exécution ; les survivantes s’agenouillaient et priaient pour les victimes. Puis elles se relevaient, évoquant leur joie d’avoir des Sœurs Martyres et déjà au Ciel, et chantaient le Te Deum ainsi que le psaume Laudate Dominum, omnes gentes.

Les exécutions eurent lieu les 6, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 16 et 26 juillet.

On releva la joie extrême que les victimes montraient en montant à l’échafaud. Les gendarmes eurent ce mot resté célèbre : Ces bougresses-là meurent toutes en riant.

Le 26 juillet, il y eut un acte de «clémence» envers quatre Converses, à la suite d’une réclamation de la foule, lassée par ces actes de barbarie inutiles et répétés. Puis le renversement politique amena l’arrêt des exécutions dès le 5 août.

L’année suivante, 1796, les membres de ce tribunal d’Orange furent à leur tour condamnés à mort : deux juges et l’accusateur public demandèrent un prêtre, et priaient, demandant pardon pour leurs crimes, avant de mourir.

Les trente-deux Martyres d’Orange furent béatifiées en 1925. 

 

 

Suzanne-Agathe Deloye

1741-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 4 février 1741 à Sérignan (Vaucluse), elle entra chez les Bénédictines de Caderousse, avec le nom de Marie-Rose.

Elle fut condamnée le dimanche 6 juillet comme ayant voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition.

Martyrisée à Orange le 6 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Augustin-Joseph Desgardin

1750-1794

 

Né à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais) le 21 décembre 1750, Augustin-Joseph entra à l'abbaye cistercienne de Sept-Fons, avec le nom de Elie.

Il fut condamné à la déportation en Guyane, mais resta sur le Deux-Associés qui ne partit jamais des pontons de Rochefort et dans lequel moururent presque tous les prêtres et religieux qui s'y trouvaient.

S'étant porté au secours de ses compagnons malades, Augustin-Joseph fut gagné par la contagion et mourut le 6 juillet 1794.

Il fut béatifié avec eux en 1995.

Baiduo Wang Zuolung

1842-1900

 

Baiduo (Petrus) était né vers 1842 à Shuanzhong (Jizhou, Hebei, Chine).

C'était un laïc.

Lors de la révolte des Boxers, il fut conduit dans un temple païen et sommé de renier sa foi.

Sur son refus persévérant, il fut pendu à un balcon de l'édifice.

Ce fidèle Chrétien reçut la couronne du martyre à Shuanzhong, le 6 juillet 1900, fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Marietta Goretti

1890-1902

 

Maria Teresa, qu’on a communément appelée Marietta, était née à Corinaldo (province d’Ancône) le 16 octobre 1890, de Louis Goretti et Assunta Carlini, qui étaient aussi pauvres que profondément chrétiens.

Cette fille aînée eut cinq petits frères et sœurs, dont elle s’occupa angéliquement, lorsque son père mourut prématurément en 1900, de la malaria, obligeant la pauvre maman à aller travailler dans les champs.

La famille Goretti avait déjà dû se déplacer, en quête de travail. De Corinaldo, ils gagnèrent Colle Gianturco, puis Ferriere di Conca, près d’Albano, dans une ferme du comte Mazzoleni.

Marietta reçut la Confirmation à six ans, et la première Communion à douze, en mai 1902. C’était ainsi la coutume à l’époque. En cette occasion, tous les gens du village se cotisèrent pour lui offrir une belle robe blanche.

Marietta était douce et obéissante, elle savait diriger la maison sans utiliser le fouet, secondant sa maman en toutes choses. Elle priait chaque jour le chapelet.

Les voisins avaient un fils de dix-huit ans, Alessandro, dont le cœur était déjà perverti. Il profitait des absences de la maman de Marietta, pour aller tenir à la petite fille des propos obscènes. La pauvre petite fille sentit le mal et demanda à sa mère quoi faire : cette dernière exhorta sa fille à ne jamais céder au péché.

Mais Alessandro insistait, revenait à la charge, et finit par perdre patience devant une telle résistance : le 5 juillet, il se présente avec un poinçon de vingt centimètres de long et menace la pure Marietta. Celle-ci se débat : Non, Dieu ne veut pas, c’est un péché, tu irais en enfer. Le garçon porte quatorze coups de son poinçon, perforant un poumon, atteignant la région du cœur et déchirant les organes.

Marietta crie, Alessandro s’enfuit, on la transporte à l’hôpital mourante.

A l’hôpital, Marietta peut raconter à sa mère : Alessandro voulait me faire commettre un vilain péché et moi je n’ai pas voulu.

Le bon curé était près d’elle et lui parlait de Jésus en croix. Il lui demande : Et toi, Marietta, pardonnes-tu à ton bourreau ? - Oui, pour l’amour de Jésus, je lui pardonne et je veux qu’il vienne avec moi en Paradis.

Marietta expira le lendemain, 6 juillet 1902, en invoquant la Sainte Vierge, sa sainte Patronne. 

De nombreux miracles eurent lieu sur la tombe de Marietta, mais le plus remarqué fut la conversion de l’assassin. Condamné à trente ans de travaux forcés, il se faisait remarquer dans sa prison par son cynisme et sa brutalité, quand, en 1910, il vit en songe sa victime dans un jardin au milieu des lys et lui offrant une fleur. Bouleversé, il écrivit à l’évêque une lettre où il exprimait ses regrets et sa conduite fut dès lors si exemplaire qu’il fut relâché en 1929, décidé à travailler à la béatification de Marietta.

En 1934, humblement, il alla trouver sa mère : Assunta, me pardonnez-vous ? Et cette chrétienne héroïque, oubliant sa souffrance, de lui répondre : Elle vous a pardonné en mourant, pourquoi ne vous pardonnerais-je pas ? Le lendemain, c’était Noël, ils communiaient l’un à côté de l’autre.

Alessandro travailla comme laïc au couvent des Pères Capucins d’Ascoli Piceno. Il mourut en 1970, ayant rédigé un testament édifiant.

La béatification eut lieu en 1947, et la canonisation en 1950. Lors de cette dernière cérémonie, on put assister à ce spectacle vraiment inouï : l’assassin était aux côtés de la maman, remerciant ensemble Dieu et l’Eglise d’avoir élevé à la gloire des autels cette petite fille de douze ans, que le pape appela l’Agnès du 20e siècle (v. 21 janvier). 

Sainte Marietta Goretti est fêtée le 6 juillet.

 

 

Maria Teresa Ledóchowska

1863-1922

 

Cette famille aristocratique d’origine polonaise comptait sept enfants, dont Julia (en religion Urszula, v. 29 mai), et Włodzimier, qui fut Général des Jésuites. Un oncle, Mieczysław, fut cardinal.

Maria Theresa, l’aînée, naquit le 29 avril 1863 à Loosdorf (Vienne, Autriche), du comte Anton August Halka-Ledóchowski et de la comtesse Józefina Salis-Zizers.

Elle se cultiva, pratiqua la peinture et la musique et, sans jamais s’éloigner de la vie chrétienne, fréquenta la belle société avec ses mondanités élégantes.

A vingt-deux ans, elle contracta le typhus ; son père en mourut, tandis qu’elle en sortit assez défigurée, mais aussi transfigurée intérieurement. A cela s’ajouta une agression qu’elle subit dans la rue par un voyou (qui s’enfuit en l’entendant invoquer saint Louis) ; elle en demeura choquée avec des maux de tête pénibles.

Elle obtint d’être admise comme dame d’honneur auprès de l’archiduchesse de Toscane à Salzburg et fit durant ces années-là le vœu de virginité. 

Elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain. Sa vie quotidienne changea totalement ; elle participait chaque jour à l’Eucharistie, et méditait assidûment sur la Passion du Christ.

Interpellée par une lecture du cardinal Lavigerie sur l’abolition de l’esclavage en Afrique, en 1889, elle rencontra ce cardinal., et se dévoua à la cause par ses écrits, puis par sa propre revue, L’Echo d’Afrique.

Elle publia un roman (Zaida) pour illustrer les conséquences néfastes de l’esclavage.

Protégée et encouragée par l’empereur Franz Joseph et l’impératrice Elisabeth, elle résilia ses obligations à la cour et se voua à son œuvre. Pour la financer, elle vécut très pauvrement dans une maisonnette mise à sa disposition par l’impératrice.

Elle fonda une première association qui devint les Missionnaires de Saint-Pierre-Claver (v. 8 septembre), maintenant installée dans plus de vingt pays des cinq continents. Le développement n’en fut pas facile, contrecarré même par d’autres centres missionnaires autrichiens ou allemands. Qui l’encouragea fut le cardinal Sarto, futur pape Pie X.

L’association fut bénie par le pape dès 1894, et les Religieuses émirent leurs premiers vœux en 1897. En 1910 la congrégation fut définitivement approuvée.

Maria Teresa ouvrit à Salzburg une imprimerie pour publier en diverses langues. Elle arriva à trente mille abonnés, à recueillir des millions de lires. On a conservé d’elle jusqu’à huit mille lettres en diverses langues.

Son action pour la cause des Noirs la fit appeler la Mère de l’Afrique.

Les dernières années, la tuberculose (ou la malaria) la rongea. Elle mourut à Rome le 6 juillet 1922, avec un long sourire qui suggérait une céleste vision. 

Elle fut béatifiée en 1975.

 

 

Nazaria Ignacia March Mesa

1889-1943

 

Nazaria Ignacia naquit le 10 janvier 1889 à Madrid en Espagne, quatrième de onze enfants. Elle fut ondoyée le jour-même, avec sa sœur jumelle. Elle recevra le baptême le 11 avril.

A cinq ans, elle reçut le scapulaire du Carmel. En 1896 elle entra au collège des Filles Nobles de Séville.

A neuf ans elle fit sa Première Communion ; c’est ce jour-là qu’elle s’entendit appeler pour la première fois : Quelqu’un lui dit : “Nazaria, suis-moi”, à quoi elle répondit de tout son cœur : “Je te suivrai, Jésus, le mieux que puisse le faire une créature humaine”. Elle promit intérieurement de garder la virginité.

Le 15 août 1900, à onze ans, elle fit le vœu de virginité, vœu qu’elle renouvela avec trois compagnes le 8 décembre suivant.

Elle reçut la Confirmation en 1902 et, en 1905, demanda son admission dans la Compagnie de la Croix de Séville. La Mère Fondatrice lui prédit qu’elle irait en Amérique et en reviendrait avec des Compagnes. Avec les années, l’appel vers une vie plus apostolique se fit plus insistant, en même temps que la petite fille s’épanouissait et semblait vouloir jouir de la vie. Mais elle resta généreuse et répondit toujours “oui”.

Des difficultés économiques s’abattirent sur la famille, et Nazaria s’employa à aider les siens, même au prix de quelques humiliations. On dut émigrer au Mexique (1906). Il se trouva que sur le même bateau voyageaient des Religieuses, les “Sœurs des Vieillards abandonnés”, ce qui fut sans doute le prélude à son entrée au postulat de México en 1908.

En 1909, elle quitta Cuba et rentra en Espagne pour faire son noviciat à Palencia, où elle émettra ses premiers vœux en 1911 et prendra le nom de Nazaria Ignacia de Sainte-Thérèse de Jésus.

En 1912, elle partit avec neuf compagnes en Bolivie, pour y fonder une maison à Oruro. Pendant plus de douze années elle forma une partie de la communauté des Sœurs, toute donnée aux œuvres de charité propres à l’Institut, en contact direct avec les vieillards, qu’elle regardait comme les membres souffrants du Corps du Christ. Elle parcourut bien d’autres villes, d’autres milieux, quêtant des aumônes pour ses petits vieux. C’est là qu’elle perçut de façon spéciale que “la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux” (Lc 10:2) et que le cri des pauvres arrivait au ciel et en attendait une réponse adéquate.

Des expériences mystiques intérieures se multiplièrent dès 1914. Nazaria entra à “l’école de Jésus”, l’école de la sainteté. Notre Seigneur lui révéla qu’il avait de grands desseins sur elle.

En 1915 elle émit les vœux perpétuels. Il lui fut donné de comprendre de plus en plus clairement qu’elle devait être, comme Marie, vierge et mère des âmes ; elle s’offrit complètement à accomplir les desseins de la Providence ; elle offrit sa vie pour l’Eglise de Oruro.

1920 : le 2 février, elle fit le vœu d’être l’esclave de Marie. A la veille de la Pentecôte, tandis qu’elle accompagnait les Religieuses du Bon Pasteur à la recherche d’une maison pour s’installer à Oruro, elle arriva au Beaterio de las Nazarenas (ancienne propriété des Jésuites, expulsés en 1767), qui lui inspira un sentiment intérieur de dégoût et l’envie d’en sortir promptement, à cause de l’aspect d’abandon misérable qu’elle y voyait. Mais là, dans l’église, elle entendit Jésus qui lui dit : “Nazaria, c’est toi qui fonderas, et cette maison sera ton premier couvent.” Pendant plusieurs années, elle se battit contre ses angoisses pour donner vie à la prédication de l’Evangile ; et par sa particulière intuition du mystère de l’Eglise, elle en arrivera à fonder une nouvelle famille religieuse.

Toujours en 1920, en octobre, durant les Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola, il y eut une méditation sur le Règne du Christ, et Nazaria y vit tout tracés ses idéaux de travailler de toutes ses forces à l’unité et à l’extension du Règne du Christ ; et comprenant que, seule, elle ne pouvait pas faire grand-chose, elle ressentit un immense désir de regrouper d’autres personnes “sous l’étendard de la Croix”, concevant la Congrégation religieuse comme “une croisade d’amour à travers l’Eglise”.

La situation de la Bolivie était bien particulière à cette époque. Beaucoup d’églises locales naissaient, mais on manquait de prêtres ; pas de Congrégations religieuses locales non plus ; sectes laïques qui luttaient contre l’Eglise catholique ; et par-dessus tout cela une pénible réalité économique, politique et sociale. En 1923, Dieu demanda à Nazaria d’offrir sa vie pour la Bolivie. Nazaria demanda à la Mère Générale et obtint l’autorisation de s’offrir comme victime.

Le 14 août 1924, Nazaria sembla à l’article de la mort, mais se releva.

Le 18 janvier 1925, Nazaria fit un vœu spécial d’obéissance au pape, qu’elle renouvellera à la Pentecôte, en y ajoutant aussi le vœu de travailler à l’union et à l’extension de l’Eglise Catholique.

Désormais, elle sera aidée dans son projet par le premier évêque de Oruro, Mgr Antezana, par l’évêque de La Paz, Mgr Sieffert, et même par le Nonce apostolique en Bolivie, Mgr Cortesi : c’était le signe qu’elle demandait à Dieu pour lui confirmer sa vocation. Tous trois virent en elle l’action de l’Esprit Saint et épaulèrent fortement ce nouveau bourgeon de la vie de l’Eglise.

Le 16 juin 1925, suite à un décret de l’évêque, Nazaria quitta les Sœurs, pour commencer au Beaterio la fondation de la nouvelle Congrégation, avec pour tout capital 40 centimes que lui remit l’ancienne abbesse des Nazarenas. Elle avait pour compagnes neuf jeunes Boliviennes, avec lesquelles elle commença les premières activités missionnaires dans les mines, entre autres Uncía, puis Toledo, Condo, Challapata et Poopó. Ces vaillantes compagnes s’appelaient : Rebeca, Simona, Isabel, Sofía, Avelina, Isabel, Elsa, Dolores, Daría.

Le 12 février 1927 la Congrégation fut érigée canoniquement, de droit diocésain, sous le nom de Sœurs Missionnaires de la Croisade Pontificale, “première fille légitime de l’Eglise Bolivienne”, comme le dit Mgr Antezana.

D’après les Constitutions, écrites par la Mère Nazaria Ignacia, “l’Institut doit réaliser l’action sociale de la femme, avec la plus grande perfection possible, ayant pour fin principale la diffusion du catéchisme parmi les enfants et les adultes et retient pour sa caractéristique principale d’être reconnu pour sa particulière union avec le Saint Père”.

C’est ainsi que, en esprit de fidélité à leur église, à leur peuple, à leur époque, les filles “pontificales”, sous l’impulsion et l’exemple de la Mère Nazaria Ignacia, se dévouèrent aux petites filles abandonnées, aux prisonniers, à la catéchèse en paroisse et dans les casernes, préparant les visites pastorales dans les mines et les campagnes. Elles recherchaient la promotion de la femme, par la professionnalisation et la défense de leurs droits, en fondant en Bolivie le premier “Syndicat des ouvrières” de l’Amérique Latine. Ce fut la “Ligue catholique des Dames Boliviennes”, dont la fin était l’amélioration religieuse, morale, culturelle et économique de la société bolivienne, spécialement des classes pauvres et ouvrières. Et pour accompagner ce programme, elles firent des publications qui aidaient à comprendre la place qu’elles occupaient dans la société et l'Eglise.

En avril 1934, Nazaria était aux pieds du pape Pie XI et lui manifestait son désir de mourir pour l’Eglise. Le pape lui répondit : Non pas mourir, mais vivre et travailler pour l’Eglise.

Le 8 juin 1935, la Congrégation reçut le Décret de Louange, devenant de droit pontifical.

En 1936, Nazaria fut en Espagne pour ouvrir des maisons. C’était la Guerre civile. On l’arrêta avec ses filles et on les mit en face d’un piquet de soldats pour les fusiller. Le consul d’Uruguay intervint à temps pour les sauver de la mort. L’ambassade de Bolivie les accueillit comme réfugiées. Nazaria pourra regagner l’Amérique en 1937.

Le 10 décembre 1938 se fonda à Buenos Aires (Argentine) une Association de Demoiselles sous le nom de Pierres Précieuses Pontificales du Pilier, dont le but était de les former à travailler ensuite dans l’Action Catholique. Puis vinrent beaucoup d’autres œuvres, trop longues à décrire ici : Ateliers et Ecoles pour les petites filles pauvres du peuple, toujours avec ce même but de la promotion de la femme. Pour aider les ouvriers et les chômeurs, elles se privèrent de leur propre pain, elles mendièrent pour eux, organisèrent des Associations : “Tables populaires”, “Marmites du Pauvre”… Là,  outre la nourriture, on cherchait avec eux une solution à leurs problèmes. Ce fut aussi la création d’un “Foyer des Pauvres”, pour y recevoir les plus pauvres et les délaissés, qui y terminèrent leurs jours, ou les petites filles paralysées, démentes et aveugles, démunies de tout secours, ou aussi les vieilles dames devenues inhabiles, handicapées et aveugles, qui avaient besoin de toutes sortes d’aides pour vivre les derniers jours de leur vie sur terre.

Une autre préoccupation de la Mère et de ses Sœurs fut leur soin extrême pour les jeunes et l’union des familles. Enfin, elles recherchèrent l’unité des chrétiens, s’employant de toutes leurs forces à ce qu’il n’y eût qu’un seul troupeau et qu’un seul Pasteur.

Dès les dix premières années, la Congrégation fut présente en Bolivie, Argentine, Espagne et Uruguay. En Bolivie, elles furent à Cochabamba, La Paz, Potosí et Santa Cruz, répondant aux appels des situations locales. Au temps de la guerre entre Bolivie et Paraguay (1933), elles laissèrent leurs couvents pour soigner les blessés dans les “hôpitaux de sang” ; puis elles s’occupèrent des orphelins de guerre, qu’elles considéraient comme les membres de leur propre famille.

Au milieu de tant de signes providentiels et malgré cette rapide expansion de l’Institut, il faut signaler ici les attaques injustes que subirent les Religieuses. Dès 1932 furent publiés des articles contre Nazaria, dans la presse sectaire et anticléricale ; il y eut un procès ecclésiastique contre Nazaria fomenté par une de ses filles : soudoyée par des prêtres, Rebeca accusait Nazaria de lui avoir ravi la charge de Fondatrice. On demanda même la tête de Nazaria : la maison de Orura fut prise d’assaut, on traîna Nazaria devant le juge. Mais sur le témoignage fidèle des autres religieuses, le jugement tomba en faveur de Nazaria. Après un court séjour au Pérou, elle revint à Oruro, où la population lui demanda pardon, sur invitation de l’évêque.

En 1939, Mère Nazaria revint en Espagne, pour continuer et compléter l’installation de maisons.

En 1942, malgré la guerre et malgré sa santé qui déclinait, elle alla à Buenos Aires pour le troisième Chapitre général. Ce fut son dernier grand voyage.

Elle entra à l’hôpital de Buenos Aires en mai 1943, où elle reçut le sacrement des malades en juin, et s’éteignit à ce monde le 6 juillet 1943, laissant grande réputation de sainteté. Ses restes furent transportés à la Maison Mère de Oruro (Bolivie), selon son désir, le 18 juin 1972.

Le 9 juin 1947 ce sera l’approbation définitive, avec l’appellation de Missionnaires Croisées de l’Eglise, quand Nazaria était déjà décédée depuis quelques années.

Elle a été béatifiée en 1992, canonisée en 2018, et on la fête le 6 juillet.

Lors de l’annonce de la béatification, le Nonce Apostolique disait : Je ne doute pas que ce premier fruit de sainteté en terre bolivienne n’ouvre la route à beaucoup d’autres âmes qui suivront l’exemple de Mère Nazaria, véritable prophète de la nouvelle évangélisation.

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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 02:52

 

 

05 JUILLET

 

I.

S Stephanus, premier évêque à Reggio Calabria dont il est patron.

III.

Ste Zoé, romaine, martyrisée asphyxiée par la fumée.

IV.

Ste Cyprilla, martyre à Cyrène de Lybie ; on lui avait mis de force des charbons ardents et l'encens dans la main pour sacrifier, mais elle demeura immobile et imperturbable.

V.

S Athanasios, diacre à Jérusalem, martyrisé par les anti-chalcédoniens.

S Dometius, anachorète en Syrie, invoqué contre la sciatique.

VI.

Ste Martha, mère de s. Siméon Stylite le Jeune ; elle eut plusieurs révélations.

S Mars, évêque à Nantes, ou diacre de s. Melaine. 

?

Ste Philomène, vénérée à Septempéda depuis le VIe s.

S Valier, premier évêque à Couserans.

VII.

S Numérien, moine à Remiremont puis à Luxeuil, évêque à Trèves. 

X.

S Tommaso, abbé à Sainte-Marie de Terreti en Calabre.

XI.

S Athanassios, abbé au mont Athos, d'où son surnom de Athonite ; constructeur de l'église et de la Grande Laure, base de la future république monastique du Mont Athos ; il mourut dans l'écroulement d'un mur de son église.

XV.

B Hélie de Bourdeilles, franciscain, évêque à Périgueux puis à Tours, cardinal ; il se confessait et célébrait presque tous les jours.

XVI.

S Antonio-Maria Zaccaria, fondateur de la congrégation des Clercs Réguliers de Saint-Paul, ou Barnabites, du nom de l'église de leur fondation, pour prêcher la doctrine et contrecarrer le courant luthérien. 

Bx Matthew Lambert, Edward Cheevers, Patrick Cavanagh, Robert Meyler, laïcs irlandais, martyrs par la pendaison et l'éviscération.

Bx George Nichols, Richard Yaxley, prêtres, Thomas Belson et Humphrey Pritchard, martyrs anglais, béatifiés en 1987.

XIX.

Stes Delan Chen Qingjieh et Luosa Chen Aijieh, deux sœurs chinoises martyres des Boxers, canonisées en 2000 et fêtées le 9 juillet.

XX.    

B Joseph Boissel (1909-1969), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Stephanus de Reggio Calabria

1er siècle

 

Traditionnellement, ce saint Stephanus (Etienne) est reconnu pour avoir été le premier évêque sur le siègle de Reggio Calabria.

Il aurait été originaire de Nicée, aurait été disciple de saint Paul, qu’il accompagna en Italie (cf. Ac 28:13).

Saint Paul l’aurait alors établi évêque en cette ville.

Durant la persécution de 64, il aurait été martyrisé en même temps que d’autres Chrétiens : Suera, Agnes, Felicitas et Perpetua (ces dernières étant distinctes des Martyres du même nom ayant vécu deux siècles plus tard en Afrique). On date son martyre en 78 approximativement.

Les historiens sont plutôt d’avis que ces détails seraient dûs à une pieuse légende, dans le but de rattacher l’origine du siège de Reggio Calabria à la période apostolique, et supposent que saint Stephanus aurait plutôt vécu au 3e siècle, avant de recevoir la couronne du martyre au début du 4e.

Ce qui est étrange, c’est qu’il n’y a pas d’évêque (connu) après Stephanus avant le 6e siècle.

La cathédrale de Reggio Calabria lui est dédicacée et sa fête est au 5 juillet dans l’actuel Martyrologe romain.

 

 

Cyprilla de Libye

† 305

 

Le 4 juillet, durant la persécution de Dioclétien, avait été martyrisé l’évêque Theodoros de Cyrène (Libye NE, act. Al Jabal al Akhdar), qui cependant n’est pas nommé dans le Martyrologe.

Le lendemain, ce fut le tour de cette sainte femme, Cyprilla.

On lui imposa dans la main des charbons ardents avec de l’encens pour offrir aux dieux ; mais elle resta immobile, le bras tendu, de peur qu’en agitant sa main elle donnât l’impression qu’elle avait offert l’encens aux divinités païennes. 

Ensuite, on lui déchira le corps avec des fouets ou des onglets de fer, et c’est ainsi qu’elle rendit l’esprit, un 5 juillet, vers 305.

Sainte Cyprilla de Libye est commémorée le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dometios de Quros

?

 

Quros est le nom d’une montagne du Kurdistan.

Dometios - s’il s’agit bien de lui, car les légendes font des confusions - était un ermite qu’on venait visiter dans sa grotte.

Un Juif se présenta un jour devant la porte, invoquant le Saint pour guérir de sa sciatique et de son incrédulité, car il n’arrivait pas encore à croire à l’Incarnation du Verbe éternel. Il repartit, guéri des deux maladies. Par la suite, d’autres malades obtinrent à leur tour la guérison de leur sciatique. 

Saint Dometios de Quros est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanasios de Jérusalem

† 451

 

Athanasios était un diacre de l’église Sainte-Anastasie (ou de la Sainte Résurrection) à Jérusalem.

Peu après le concile de Chalcédoine (451), un certain Theodosios, agitateur qui se faisait passer pour un moine, ameuta un groupe d’eutychiens, diablement acharnés contre la doctrine proclamée à Chalcédoine.

Athanasios chercha à les convaincre d’erreur et à les faire revenir dans le bercail de la Vérité, en vain ; les hommes de Theodosios le tirèrent hors de l’église, le traînèrent dans les rues de la ville, lui assenèrent beaucoup de coups de fouet, pour finalement l’achever à l’épée (et peut-être même le livrer aux chiens).

Ce pouvait être en 451 ou 452.

Saint Athanasios de Jérusalem est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martha d’Antioche

6e siècle

 

Martha était originaire d’Antioche de Syrie. 

Elle épousa par obéissance un certain Ioannis d’Edesse et fut la mère de Siméon Stylite le Jeune (v. 24 mai).

Très dévote de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin), elle en reçut plusieurs révélations : il l’avait invitée à accepter le mariage, et il lui indiqua la nom qu’il fallait donner à son fils.

Martha eut la grâce d’accoucher sans douleur et, quarante jours après, elle offrit son nourrisson au sanctuaire du Précurseur.

C’était une femme toute donnée à Dieu, dans la prière et la contemplation, l’assistance aux pauvres, aux malades et aux convalescents. Pour les néophytes, elle cousait les vêtements de baptême ; elle allait enterrer les morts. Tout cela dans le silence, la discrétion et l’empressement.

Quand son garçon, à sept ans, choisit de s’isoler sur sa première colonne, Martha marchait en tête du cortège, radieuse d’avoir un tel fils.

Au terme de sa vie, Martha fut avertie par le Ciel du jour prochain de sa mort : elle vit des Anges avec des bougies qui la lui annonçaient pour l’année suivante.

Elle mourut un mercredi 5 juillet.

Non loin de la colonne de Siméon, on construisit une église - sur des plans révélés par Martha elle-même - et l’on y déposa son corps.

Sainte Martha d’Antioche est commémorée le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tommaso de Terreti

910-1000

 

La famille de Tommaso vivait à Reggio Calabria (Italie S) et l’enfant naquit vers 910.

Encore jeune, il entra à l’abbaye de Marie-Mère-de-Dieu à Terreti, proche de Reggio Calabria, où son obéissance, sa régularité, son humilité, furent un exemple pour tous les moines ; il devint abbé.

Son enseignement n’était pas dans les discours et les traités : sa vie était un enseignement. Il se retirait souvent dans des grottes du voisinage, où il s’isolait parfois plusieurs jours.

Il mourut le 5 juillet de l’an 1000.

On a écrit de lui qu’il fut peut-être le plus éminent représentant de la vie ascétique au 10e siècle. Quant à l’abbaye de Terreti, elle fut plusieurs fois ébranlée par des tremblements de terre et il n’en reste que quelques vestiges.

Saint Tommaso de Terreti est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanassios du Mont Athos

920-1000

 

Il s’appelait d’abord Abramios et naquit vers 920 à Trébizonde (auj. Trabzon, Turquie NE), dans une famille de la haute aristocratie.

Très tôt orphelin, il fut recueilli par une parente maternelle, dont le mari était très en vue.

Ses études se déroulèrent à Constantinople, où déjà il s’imposait de dures pénitences : il distribuait aux pauvres presque tout ce qu’on lui donnait à manger, il leur laissait ses habits et ne gardait que sa robe, sous laquelle il grelottait ; en hiver, il sortait avec de la glace aux sourcils, après s’être simplement aspergé la tête avec de l’eau glacée.

Devenu brillant professeur, il préféra la solitude et frappa au monastère du mont Kyminas (Bithynie, Turquie N), et c’est là qu’il prit le nom d’Athanassios. C’est là aussi qu’il rencontra Niképhoros Phocas. Mais, craignant d’être fait supérieur, il passa au mont Athos ; dans ce célèbre ermitage, il simula la sottise et l’illettrisme : il fallait lui enseigner l’alphabet ; mais on découvrit son «subterfuge» : impossible de rester inaperçu ! Il fut élu abbé.

Sa prière, ses conseils, peut-être quelque révélation céleste, permirent la reprise de la Crète sur les Sarrasins islamiques. En remercîment, Niképhoros Phocas lui remit vers 961 une somme importante pour reconstruire l’église de Karyès ainsi que ce qui allait être le Monastère de la Grande Laure. Les travaux commencèrent bientôt et avancèrent à un bon rythme, et Athanassios y participa autant qu’il le put, malgré sa préférence pour la solitude, le silence et la méditation.

Au milieu de ses moines, il s’efforçait de faire régner parmi eux la charité fraternelle.

En 963, il s’éclipsa à Chypre. La raison ? Phocas était devenu empereur, et cet ancien disciple d’Athanassios risquait bien de conférer à son ancien maître quelques distinctions honorifiques. A la mort de Phocas, il revint au monastère.

Certains moines, hostiles à l’esprit d’Athanassios, tentèrent de le dénoncer comme «innovateur» et fauteur de troubles auprès du nouvel empereur, qui cependant lui donna raison. Il y eut même des tentatives d’assassinat, comme pour saint Benoît (v. 11 juillet). Décidément, il n’y a pas que Jésus à être trahi par un proche…

A côté de ces soucis, des disciples accouraient et de loin, attirés par la sainteté d’Athanassios. Il en venait d’Italie comme de l’Arménie ; il intervint sévèrement contre ceux qui, à l’occasion, méprisaient les moines d’origine étrangère. 

Athanassios était si détaché de la gourmandise, qu’il fit jeter simplement des gâteaux qu’on avait préparés pour la fête de son Patron, saint Athanase (v. 3 mai).

Signalons encore ce magnifique trait de charité : d’autres supérieurs de monastère, jaloux d’Athanassios, tentèrent d’aller le dénigrer auprès de l’empereur. En chemin, ils furent attaqués et dépouillés par des brigands; Athanassios, informé de leurs intentions, se fit une joie de les rejoindre, de leur fournir de bons vêtements et de quoi revenir chez eux.

Athanassios était toujours prêt pour l’ultime Rencontre. Sa lampe à huile était toujours pleine. Il mourut brusquement, vers l’an 1000, écrasé sous un éboulement de son église qui touchait à son achèvement. Il avait été abbé (on dit en Orient higoumène) pendant quarante années.

L’higoumène saint Athanassios est commémoré au Martyrologe le 5 juillet.

Hélie de Bourdeilles

1413-1484

 

Cinquième fils d’Arnaud de Bourdeilles et de Jeanne de Chamberlhac, Hélie naquit au château de Bourdeilles dans le Périgord.

Tout petit, il parlait de devenir franciscain. Son père, son entourage, chacun y mettait du sien pour tenter de le détourner de cette vocation, rien n’y fit.

Enfin entré dans l’Ordre, il montra de telles qualités pour l’étude, qu’il fut envoyé à Toulouse pour obtenir le doctorat en théologie.

Prêtre à vingt-deux ou vingt-trois ans, il enseigna la théologie et l’Ecriture Sainte au couvent de Mirepoix et prêchait dans les environs. Il marchait toujours à pied, par tous les temps.

Cette activité ne dura guère : il n’avait que vingt-quatre ans, que les chanoines de Périgueux le choisirent pour être leur évêque. Or l’âge canonique était de vingt-sept ans : aussi les chanoines tentèrent d’obtenir du Pape une dispense en lui faisant croire que leur candidat avait déjà l’âge. Hélie, de son côté, ne se fit aucun scrupule d’aller personnellement auprès du Pape pour lui dire la vérité, qu’il était trop jeune et qu’il ne pouvait assumer une charge épiscopale. Peine perdue : le Pape approuva le choix des chanoines, et Hélie n’eut plus qu’à se soumettre à la volonté de la Providence. Il fut sacré évêque de Périgueux en 1438.

Cette date étant “sûre”, c’est à partir de celle-ci que nous avons corrigé la date de la naissance d’Hélie, en 1413, plutôt qu’en 1423.

D’aucuns prétendent qu’il fut fait prisonnier quelques années par les Anglais, durant la guerre entre l’Angleterre et la France.

Dans son diocèse, Hélie voulut combattre plusieurs mauvaises habitudes : d’abord, les évêques précédents n’avaient plus résidé sur place depuis fort longtemps, laissant le diocèse quasi à l’abandon. Et surtout, le blasphème s’y était répandu. Hélie lutta vigoureusement, prêchant partout avec un zèle multiplié : en un an le blasphème avait disparu.

Habitué à la pauvreté franciscaine, il continua de vivre dans la pauvreté, dans le dénuement, dans la pénitence et la prière.

Il célébrait chaque jour la messe, ce qui n’était pas une habitude à l’époque, et se confessait auparavant. Il s’y préparait longtemps avant, et prolongeait l’action de grâces après. Certains jours de fêtes, les dimanches, il assistait volontiers à plusieurs autres messes, y associant sa prière et ses dévotions personnelles : c’est qu’on ne concélébrait pas, alors.  

Il priait l’office du bréviaire avec calme et respect, y ajoutant même d’autres psaumes. Il priait jour et nuit, il se frappait la poitrine, il pleurait. Tous ces détails nous viennent de son secrétaire particulier qui le connut pendant plus de trente-cinq ans et fut aussi son confesseur.

C’est le même témoin qui écrit que jamais il ne porta de linge blanc et frais. Il gardait jour et nuit son habit, avec la corde, appuyant sa tête sur un livre.

Son amour pour les pauvres n’avait pas de bornes ; il en recevait chaque jour à sa table, une quinzaine, davantage encore aux jours de fêtes, jusqu’à soixante-douze en certaines solennités.

Quand il visitait une paroisse, il examinait toutes choses avec grand soin, il s’entretenait longuement avec le curé, interrogeait les fidèles sur celui-ci.

Il prêchait, il confessait, sans relâche. C’était un pasteur dans toute l’acception du terme. 

En 1452, il participait à l’assemblée de Bourges, où il protesta contre la remise en vigueur par Charles VII de la Pragmatique Sanction, cette disposition française qui limitait l’autorité du pape et la liberté de l’Eglise. Il publia un Libellus in Pragmaticam Sanctionem Gallorum ainsi qu’un traité Pro Pragmaticæ Sanctionis Abrogatione (réédité à Rome en 1486).

A la demande du même Charles VII, il rejoignit un comité chargé d’étudier les modalités de la réhabilitation de Jeanne d’Arc, et écrivit un ouvrage, Considération sur la Pucelle de France, qui, envoyé à Rome, servit de base non seulement à la réhabilitation de Jeanne d’Arc, mais à sa béatification.

En 1468, il y eut les Etats Généraux à Tours, où Hélie représenta son clergé. Il réclama l’union de toutes les provinces au royaume de France. Louis XI le remarqua et le choisit pour confesseur. Dans la même assemblée, Hélie fut alors désigné pour remplacer l’archevêque de Tours.

Hélie fut archevêque à Tours pendant seize années. C’est là qu’il connut le grand mystique, saint Francesco de Paula (voir au 2 avril). Il assista Louis XI au moment de sa mort (1483) et, la même année, fut créé cardinal par le pape Sixte IV.

Il mourut à Artannes-sur-Indre le 5 juillet 1484, murmurant les paroles du psaume 30 : In manus tuas, commendo spiritum meum. Sa dépouille fut transférée en la cathédrale de Tours, à droite du maître autel.

Une enquête fut faite en vue de sa canonisation, qui n’a pas été formellement conclue, mais un culte local fut rendu au cardinal immédiatement après sa mort, interrompu au temps des “guerres de religion” et de la Révolution.

Plusieurs miracles ont été attestés. Hélie est vénéré comme Bienheureux par les franciscains au 5 juillet., mais pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antonio Maria Zaccaria

1502-1539

 

La famille était de Gênes, mais Antonio naquit en 1502 à Crémone (Italie), de Lazzaro et Antonietta Pescaroli.

Très tôt orphelin de père, Antonio fut amoureusement éduqué par sa pieuse mère, toute jeune veuve à dix-huit ans.

En 1520, il alla étudier la philosophie et la médecine à Padoue, renonçant à tous ses biens en faveur de sa mère.

Docteur en médecine, Antonio revint au pays, mais n’exerça pas son art. Il s’occupa de réunir des enfants pour leur parler du Bon Dieu.

Bien conseillé par on ne sait quel père dominicain, il étudia la Sainte Ecriture, la Théologie, les Pères de l’Eglise, et fut ordonné prêtre en 1529.

L’année précédente, il se dépensa tellement auprès des victimes d’une épidémie de peste, que les Crémonais le nommèrent père de la patrie.

En 1530, il se rendit à Guastalla (Emilia-Romagna) et, avec deux autres prêtres, refonda un Oratorio déjà existant en une nouvelle Compagnie des Fils et des Filles de saint Paul, destinés à la prédication populaire, pour contre-attaquer la propagande luthérienne.

La branche masculine fut approuvée en 1533, la féminine en 1535, sous la règle augustinienne, qui prit le nom de Angéliques. Il y eut aussi un Tiers-Ordre.

Tout ce gentil monde se donna du mal pour répandre la Bonne Nouvelle ; en particulier, remonterait à Antonio Maria l’habitude des Quarante Heures où, à tour de rôle, les églises de la ville organisaient l’exposition du Saint-Sacrement pendant une journée et demie, de sorte que l’adoration demeurait continuelle dans la ville ; l’habitude s’est étendue au diocèse et s’est longtemps maintenue. 

A notre époque, il a été établi que, dans le monde entier, chaque diocèse ait un lieu dédié à l’adoration eucharistique permanente, où se relaient d’heure en heure les adorateurs et les adoratrices pour un moment de prière et de compagnie à Jésus-Hostie.

Mais il y eut aussi des méfiances, comme pour toute nouvelle famille religieuse, et le mouvement d’Antonio Maria fut victime de deux procès à Milan, heureusement terminés sans aucune condamnation. C’est de leur église de Milan, Saint-Barnabé, que leur vint l’appellation commune de Barnabites.

Ceux-ci furent appelés par l’évêque à Vicenza pour réformer les monastères.

Se sentant arriver à la fin de sa vie, Antonio-Maria se retira à Crémone chez sa mère, qu’il consola avec la promesse du Paradis. Il mourut le 5 juillet 1539.

Antonio-Maria Zaccaria, immédiatement vénéré et considéré comme bienheureux, fut béatifié officiellement en 1890 et canonisé en 1897. On le fête le 5 juillet.

 

 

Matthew Lambert