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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 23:38

Martina Vázquez Gordo

1865-1936

 

Martina vit le jour le 30 janvier 1865 à Cuéllar (Ségovie, Espagne), de Zacarías et Antonia, qui eurent huit enfants. Ils tenaient une boulangerie-pâtisserie.

Serviable et charmante, elle eut un fiancé, que toutefois le curé lui déconseillait. Sur ces entrefaites, le papa fit une chute de cheval et fut soigné à l’hôpital de Valladolid, tenu par les Filles de la Charité. C’est ainsi que Martina les connut et comprit que là était l’appel du Seigneur.

Mais à ce moment, le papa était veuf, et avait besoin de son aînée pour s’occuper des deux garçons et des trois filles (deux autres étant morts très jeunes). Martina attendit.

Tandis qu’une de ses sœurs entrait au monastère des Conceptionnistes, elle put enfin vaincre l’opposition de son père et entra, à trente ans, chez les Sœurs Vincentiennes, ou Filles de la Charité.

Elle entra au noviciat en 1895. Puis elle fut envoyée dans les maisons de Madrid et Zamora. Elle eut des difficultés au début, jusqu’à douter de sa vocation. On lui confia la lingerie et la cuisine, choses qu’elle ne connaissait pas (pas suffisamment du moins, malgré l’expérience familiale). Mais elle sut vaincre la tentation, et resta douze années à Zamora, où elle fut même nommée Supérieure du nouveau collège.

Une anectode est ici à relever. Les familles de Zamora hésitaient à envoyer leurs enfants dans ce collège, le jugeant de catégorie inférieure. Il se trouva que Sœur Martina passa près de gens qui jouaient dans le petit casino local ; on l’invita avec ce défi : Si vous gagnez, on met nos enfants chez vous. Dieu fit qu’elle gagna en effet, et que les langues parlèrent d’elle… et que le collège se remplit.

En 1914, elle fut nommée Supérieure à Segorbe (Castellón), une maison qu’elle renouvela entièrement. Elle ouvrit aussi un foyer pour enfants mal nourris, qu’elle appela La Goutte de Lait, ainsi qu’un petit dispensaire pour jeunes mamans, et un foyer pour ce qu’on appellerait aujourd’hui des SDF, pour lesquels elle cherchait un travail. Enfin, avec l’appui du maire, elle fonda une Association Charitable locale, pour soutenir l’hôpital des vieillards. 

Elle même donnait des cours de couture, de culture générale, de doctrine chrétienne.

En 1918, elle fut assistante-conseillère provinciale ; en 1923, responsable des quarante-deux Filles de la Charité envoyées à Melilla (Maroc) pour soigner les nombreux soldats blessés.

Ne disposant pas de place suffisante, elle téléphona au Ministre de la Guerre pour obtenir les lieux du casino local : il la nomma Capitaine Général, et elle put ainsi commander aux chefs militaires de transformer ce casino en hôpital. 

Au terme de la guerre, un chef musulman lui offrit une belle pièce de soie pour coudre un manteau à la Vierge du Cuellar, son pays natal.

En 1926, sœur Martine revint à Segorbe. Elle déposa sa charge de Supérieure en 1933, tout en continuant de travailler.

Arrivèrent ainsi les agitations de 1936.

Le 25 juillet, sœur Martine invita la communauté à consommer les Hosties du Tabernacle.

Le 26 juillet 1936, les Religieuses furent expulsées de leur établissement et contraintes de loger dans une maison en ruines, où on les enferma à clef. Les gens leur passaient de la nourriture par les fenêtres. Elles y restèrent jusqu’au 3 octobre.

Ce jour-là, elles purent, par écrit et par signes, se confesser à un prêtre qui vivait tout près clandestinement.

Le 4 octobre 1936, au soir, Martina fut enlevée dans un camion, le camion de la promenade comme l’appelaient les miliciens. Une fois à Algar de Palancia (Castellón), elle leur dit : Puisque vous allez me tuer, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Il la firent descendre ; elle leur demanda un instant ; ils -voulaient lui tirer de dos, mais elle : Mourir en tournant le dos, c’est pour les poltrons ; moi, je veux mourir comme le Christ, et pardonner comme Il l’a fait.

Elle s’agenouilla, pria, sortit un flacon d’eau bénite pour se signer, baisa son crucifix ; elle leur dit : Si je vous ai fait de la peine, pardonnez-moi ; si vous me tuez, je vous pardonne. Elle ajouta : Je crois aux paroles de Jésus-Christ : Celui qui me confessera devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi devant mon Père.

Elle reçut les premières balles, sur la figure et au crâne. Encore consciente, elle cria : Mon Dieu, fais-moi miséricorde.

Ceux qui tirèrent sur elle avaient été nourris dans le petit foyer qu’elle avait fondé.

Elle fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

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