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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 00:00

27 JANVIER

 

II.

S Iulianus, martyr à Sora.

III.

Ste Devota, martyre en Corse, transportée à Monaco, dont elle est la patronne.

IV.

S Iulianus,  premier évêque au Mans, qu’on a dit aussi envoyé par s. Pierre (I.).

S Pierre l’Egyptien, anachorète en Syrie.

V.

S Domitien, disciple de s. Euthyme le Grand, économe au Sahel, maître de s. Sabas.

Ss Avit, Dace, Réatre, Datif, Julien, Vincent, martyrs en Afrique.

VI.

S Marius, abbé à Bodon, thaumaturge.

VII.

S Loup (Leu), évêque à Châlon-sur-Saône ; lors de ses obsèques, son corps devint si lourd devant la prison, qu’on dut le déposer jusqu’à ce que les condamnés à mort fussent délivrés.

S Vitalianus, pape (657-672) : il resserra les liens entre Rome et l’Angleterre.

VIII.

S Eméré, fondateur et abbé à Bagnols, et sa mère, ste Candide.

XI.

S Thierry II, évêque à Orléans, mort à Tonnerre, dont il est patron ; il avait prédit à son “rival” qu’il lui succéderait, ce qui fut.

S Gildouin, élu archevêque à Dol malgré lui ; il alla protester auprès du pape, qui le chargea de désigner un remplaçant, et mourut lors de son retour de Rome.

XII.

S Jean de Warneton (de Commines), évêque à Thérouanne.

XIII.

B Manfredo Settala, prêtre ermite près de Côme.

XVII.

Ste Angela Merici, fondatrice des Ursulines, pour l’éducation des jeunes filles.

XVIII.

Bse Rosalie du Verdier de la Sorinière (mère Saint-Céleste), bénédictine à Angers, martyre décapitée avec sa belle-sœur et ses deux nièces, béatifiée en 1984. 

XIX.

B Paul Josef Nardini, prêtre en Bavière, fondateur des Pauvres Franciscaines de la Sainte Famille, béatifié en 2006 ; de père inconnu, il fut adopté par son oncle d’origine italienne.

S Yohana Maria Muzeyi (c’est-à-dire l’Ancien, à cause de sa maturité spirituelle), serviteur du roi en Ouganda, martyr, fêté le 3 juin.

S Enrique de Ossò y Cervellò, prêtre espagnol extrêmement apostolique, fondateur des Sœurs de la Compagnie de Sainte Thérèse de Jésus, béatifié en 1979 et canonisé en 1993.

XX.

Bse Carolina Santocanale (1852-1923), fondatrice italienne des Sœurs Capucines de l'Immaculée de Lourdes, béatifiée en 2016.

B Jurgis Matulaitis (1871-1927), supérieur des Marianites, évêque à Vilnius, béatifié en 1987. 

B Antonio Mascaró Colomina (1913-1937), clerc de la Sainte Famille, martyr près de Barcelone et béatifié en 2013.

B Giovanni Schiavo (1903-1967), prêtre italien des Pères de Saint-Joseph, missionnaire au Brésil, béatifié en 2017.

Iulianus de Sora

† 2e siècle

 

On commémore deux Iulianus en ce 27 janvier.

Celui-ci fut, d’après une tradition, originaire de Dalmatie (act. Croatie).

On ne nous dit pas pourquoi il se trouvait à Sora (Latium, Italie C).

Pendant qu’on le torturait pour sa foi, un temple païen s’écroula.

Il fut ensuite décapité, sous Antonin le Pieux († 161).

Saint Iulianus de Sora est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Devota de Corse

283-304

 

Devota naquit vers 283 à Lucciana (Corse).

Sa nourrice, chrétienne, l’éleva dans la Foi.

Arriva en Corse un envoyé impérial, chargé d’exécuter les décrets de persécution. Devota se réfugia chez un certain Euticius, où elle eut l’opportunité de prier, de lire l’Ecriture, de jeûner, en un mot de se préparer à la lutte suprême, qui n’allait pas tarder.

L’envoyé se présenta chez Euticius, qui refusa de lui livrer Devota. Alors, l’envoyé réussit à empoisonner Euticius, à s’emparer de Devota et à l’emmener devant une statue d’idole. Devota refusa d’offrir l’encens et fut attachée sur le chevalet. Elle expira durant ces tortures. On vit une colombe sortir de sa bouche.

C’était à Mariana et ce pouvait être en 304, alors que Devota n’avait que dix-neuf ans.

On devait brûler son corps, mais deux hommes courageux, qu’on a nommés Gratianus et Benenatus -ce dernier était prêtre - réussirent à s’en emparer et à le placer sur un navire à destination de l’Afrique ; cependant le bateau fut guidé par une colombe (ou détourné par la tempête) vers la côte, entre Nice et Ventimille, là où se trouve maintenant Monaco.

On retrouva ce corps le 27 janvier 312. Depuis, sainte Devota est la patronne de Monaco et co-patronne de la Corse avec sainte Iulia (v. 22 mai).

Sainte Devota est commémorée le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulianus du Mans

† 1er ou 4e siècle

 

La cas de ce Iulianus reste problématique pour les spécialistes.

La Tradition rapporte qu’il fut envoyé en Gaule par s.Pierre lui-même, ce qui le place au premier siècle.

Il aurait été ce Simon le Lépreux, guéri par Notre Seigneur (cf. Mt 26:6-13) ou aussi un des soixante-douze disciples choisis par le Christ (cf. Lc 10:1-20).

Les historiens cependant inclinent pour placer son épiscopat au quatrième siècle.

Il reste que Iulianus, originaire de Rome, fut désigné pour être le premier évêque du Mans.

Il y arriva avec un prêtre, Turibius, et un diacre, Pavacius.

A peine arrivé, il y fit jaillir une abondante source d’eau, amenant ainsi toute la population et le gouverneur lui-même à embrasser le christianisme.

Ces conversions se multiplièrent encore au vu des nombreux miracles qu’opérait Iulianus : il ressuscita plusieurs morts. Il se dépensait au service des malades, des pauvres, des orphelins.

Il combattit avec ardeur le druidisme et étendit son apostolat à toute la région qui s’étend de la Loire à la rive gauche de la Seine, sans omettre d’y accomplir aussi une foule de miracles.

Sentant approcher sa dernière heure, il se retira sur le bords de la Sarthe, là où se trouve l’actuelle commune Saint-Marceau. La fièvre l’envahit. Il confia le diocèse à Turibius (qui allait lui succéder), recommanda à l’entourage l’obéissance à leur Pasteur, et s’éteignit, un 27 janvier, peut-être en 348

L’épiscopat de Iulianus aurait duré quarante-sept ans.

La cathédrale du Mans, d’abord placée sous le vocable de Notre-Dame, puis des saints Gervais et Protais (v. 19 juin), devint ensuite Saint-Julien. A Saint-Marceau se trouve une chapelle Saint-Julien.

Saint Iulianus du Mans est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marius de Bodon

† 550

 

Marius (variantes françaises : Maire, Mary, May, Maur) naquit à Orléans.

Il fut moine dans cette même ville.

Ses vertus le signalèrent aux moines de Bodon (Val-Benois), qui le choisirent pour être leur abbé.

Attentif à Dieu seul, le nouvel abbé fit l’édification de ses religieux par sa charité et sa prudence.

Dieu lui accorda le don des miracles. Ainsi, en pèlerinage au tombeau de s.Martin de Tours, il se fit voler sa monture ; le voleur ne put retrouver son chemin et dut ramener la bête à son propriétaire. Durant un autre pèlerinage, au tombeau de s.Denis à Paris, il fut pris de fièvres violentes, mais s.Denis lui apparut de nuit et lui promit la guérison - qui fut effective la matin suivant ; on objectera que le miracle fut plutôt l’œuvre de s.Denis, mais la prière fervente était bien de Marius.

Ici et là, il rendait la vue à un aveugle, l’ouïe à un sourd, etc. 

Il prédit la prochaine mort d’un certain Donatus, d’Orléans, qui arriva effectivement.

Durant le carême, il se retirait en reclus dans les bois.

Marius mourut le 27 janvier, vers 550.

Une autre de ses prophéties se réalisa pleinement, hélas : le monastère de Bodon fut totalement détruit au neuvième siècle durant une invasion de Normands. Mais le corps du saint Abbé fut sauvé et transféré à Forcalquier, où d’autres miracles eurent lieu.

Saint Marius de Bodon est commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vitalianus

657-672

 

Succédant à Eugène 1er, Vitalianus (Vitalien) était le soixante-seizième pape.

Fils d’Anastasius, il était originaire de Segni (Campanie).

Comme son prédécesseur, Vitalianus posa les jalons en vue d’un rapprochement entre Constantinople et Rome. Il fallait mettre un point final à la controverse monothélite, et le patriarche Pierre de Constantinople était notablement partisan de cette hérésie. Le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances du pape, mais son nom fut tout de même inscrit sur les dyptiques de l’Eglise à Byzance.

En Angleterre, les résultats furent meilleurs. C’est sous ce pontificat que l’abbé anglais Benoît Biscop vint à Rome. Un concile anglais à Streaneshalch (Whitby) adopta la date romaine de Pâques, ainsi que la forme de la tonsure (car celle-ci était un objet de litige : la tonsure étant en forme de croix chez les moines anglais, et arrondie chez les moines romains).

Sur la demande du roi de Northumbrie, le pape envoya Théodore de Tarse pour être archevêque de Canterbury, et le moine africain Adrien pour être abbé à Saint-Pierre de Canterbury. Grâce à ces deux prélats, les liens se resserrèrent considérablerment entre l’Angleterre et Rome.

Entre temps, l’empereur Constant II s’en vint à Rome, où il organisa un véritable pillage d’objets d’art à destination de Constantinople.

Vitalianus eut un pontificat de presque quinze années, durant lesquelles il ordonna quatre-vingt dix-sept évêques, vingt prêtres et un diacre.

Il mourut le 27 janvier 672 et fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre.

Son successeur fut Adéodat (Dieudonné) II.

Thierry II d’Orléans

† 1023

 

Thierry était né vers 980. On ne connaîtrait pas le nom de ses parents, mais il aurait eu un frère, Alberic ; leur père descendait de ce Thierry dont le nom est resté à la ville de Château-Thierry. Le grand-oncle de notre Thierry, Seguin, avait été archevêque de Sens.

Thierry, donc, fut formé à l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens, où son oncle, Raynard, était abbé.

Après sa profession, il fut appelé à la cour du roi Robert qui, avec son épouse Constance, désirait bénéficier de ses conseils.

Rien d’étonnant à ce que le roi appuyât l’élection de Thierry au siège d’Orléans à la mort de Foulque (vers 1012). L’archevêque de Sens, Liéry, le consacra, mais la cérémonie fut agitée par le rival de Thierry, Oury (Odolric), qui était soutenu par la maison de Blois (selon certaines généalogies, Oury et Thierry auraient même été cousins-issus-de-germains). Oury alla ensuite jusqu’à agresser Thierry, le désarçonnant de son cheval. 

L’évêque Fulbert de Chartres cependant avait lui-même refusé d’assister à la cérémonie, prétendant que l’élection de Thierry avait été imposée par l’autorité laïque. Mais devant les agitations provoquées par Oury, il adopta lui-même une attitude conciliante, invita Oury à accepter la situation et même échangea avec Thierry une correspondance amicale.

Quant à Thierry, il eut une attitude royale envers son concurrent : il le prit auprès de lui, et lui prédit même qu’il lui succéderait.

Sur la fin de sa vie, Thierry fut éprouvé par de fréquentes maladies, conséquences de ses austérités et de ses travaux apostoliques. Pour donner du repos à son âme et quelque soulagement à son corps, il se retira à Saint-Pierre-le-Vif. Cette retraite ressemble fort à une démission ; Thierry, trop souffrant, avait dû renoncer à son siège, ce qui expliquerait bien que lors d’un synode de décembre 1022, ce fût justement Oury qui fut élu. 

Une autre thèse prétend que ce dernier avait fait évincer Thierry ; pire, il fit déterrer et jeter à la rue le corps de l’ancien chantre de la cathédrale, que Thierry avait dû nommer à sa place. Cela voudrait faire supposer qu’Oury avait conservé sa rancune pendant dix années…

Dans sa retraite, Thierry pensa faire un voyage à Rome au tombeau des Apôtres. Avant son départ, tandis qu’il priait dans l’église, la nuit du 19 au 20 janvier (1023), une voix céleste lui annonça que sa demeure était préparée dans les cieux. Il fit part de cette vision à quelques-uns des moines.

Il n’arriva cependant qu’à Tonnerre, où la fièvre le prit et il mourut peu après, le 27 janvier 1023.

C’est à ce jour que le mentionne le Martyrologe Romain.

 

 

Gildouin de Dol

1052-1077

 

Une variante de Gildouin, Guihen, semblerait s’apparenter à Guillaume ; on trouve aussi Gilduin, Gildwin, Ghéhen.

Gildouin naquit en 1052, aîné des cinq enfants du vicomte de Dol et Combourg.

Il reçut le baptême dans l’église Saint-Samson de Dol, des mains de son oncle paternel. 

Après avoir reçu sa formation, très soignée, il refusa de se marier et entra dans l’état ecclésiastique. C’est ainsi que, de par sa position sociale, il obtint, malgré son jeune âge, un canonicat dans la cathédrale de Dol.

Ordonné diacre, il vit passer sur le siège archiépiscopal un sujet coupable de simonie (Juhel, archevêque de 1040 à 1076). Révoltés, les chanoines reportèrent finalement leur choix sur Gildouin lui-même, bien qu’il n’eût pas encore l’âge canonique de trente ans pour recevoir une telle charge pastorale : il en avait vingt-trois ! (1075).

Le peuple l’acclama. Mais Gildouin protesta véhémentement, alléguant justement son âge, son incapacité, son indignité ; les chanoines et le peuple persévérant dans leur choix, Gildouin en appela au pape. Il alla trouver Grégoire VII (v. 25 mai), accompagné d’Even, abbé de Saint-Melaine, tandis que Messieurs les Chanoines envoyaient de leur côté une délégation pour supplier le pape de confirmer leur choix.

Grégoire VII recourut au jugement de Salomon (cf. 1R 3:16-28) : il accepta de nommer un autre candidat à l’archevêché de Dol, mais il demanda à Gildouin de désigner ce candidat. Il nomma Even, qui reçut l’ordination épiscopale de Grégoire VII lui-même.

On se remit en voyage pour présenter aux Bretons leur nouvel archevêque. En chemin, Gildouin voulut s’arrêter chez des parents de sa mère, en Beauce. Or, une violente fièvre le prit à Puyseaux (Loiret). Sentant sa fin prochaine, il se fit porter à Chartres pour pouvoir prier auprès de l’autel de Notre-Dame et rejoignit le monastère de Saint-Père-en-Vallée (faubourg de Chartrres), où les bons pères bénédictins le reçurent fraternellement.

Gildouin y mourut le 27 janvier 1077.

Sur son tombeau, eurent lieu de nombreux miracles. Saint Gildouin est le patron de Combourg.

 

 

Jean de Warneton

1065-1130

 

Jean était né vers 1065 à Warneton (Nord) de parents honnêtes et craignant Dieu.

Il fut confié à des maîtres prudents, parmi lesquels Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Il reçut un canonicat à Lille, puis alla frapper chez les Chanoines réguliers de Mont-Saint-Eloi (Arras).

Lorsque fut créé le diocèse d’Arras, le nouvel évêque prit Jean comme archidiacre (1096).

Il avait déjà accepté à contre-cœur cette charge qui le sortait de la contemplation, il dut céder une autre fois encore, lorsque le pape confirma son élection au siège épiscopal de Thérouanne.

En 1099, il fut donc ordonné prêtre, puis sacré évêque à Reims. Extrêmement exigeant pour soi-même, il était attentif à ménager les autres ; fervent adversaire de la simonie, son désintéressement était total et lui assurait une autorité efficace contre ce fléaut : on le vit chasser d’Ypres des prêtres simoniaques (1102).

Il participa à plusieurs conciles régionaux : Saint-Omer en 1099, Beauvais en 1114 et 1020, Reims et Châlons-en-Champagne en 1115.

Il manifesta son zèle pour la reconstruction des églises, pour le maintien de la ferveur et de la régularité dans les monastères.

Avec l’évêque d’Arras et celui d’Amiens, il contribua validement à la réforme grégorienne lancée par Grégoire VII (v. 25 mai) et poursuivie par ses successeurs Victor III (v.16 septembre), Urbain II (v. 29 juillet) et Pascal II.

Dans les premiers jours de 1130, il tomba malade et demanda les derniers sacrements. Il fit distribuer aux pauvres tout ce qu’il avait encore, prédit plusieurs événements qui devaient se réaliser, régla lui-même la cérémonie de ses obsèques et s’endormit en Dieu, le 27 janvier 1130, après un épiscopat de plus de trente ans.

Le Martyrologe Romain rappelle que saint Jean de Warneton fonda huit monastères de Chanoines et le mentionne à son dies natalis.

 

 

Manfredo Settala

† 1217

 

Descendant de la famille milanaise des Settala, Manfredo était curé d’une importante paroisse de ce diocèse, à la fin du 12e siècle.

Une inspiration céleste (on ne nous dit pas de quelle façon elle se manifesta) lui suggéra de quitter cette activité pastorale et de se retirer sur la proche montagne San Giorgio, où il mena une vie érémitique remplie des rigueurs de l’ascétisme.

Mais cette rigueur ne l’isolait pas totalement : les foules le découvrirent et vinrent lui demander ses conseils et son réconfort. En 1207, une épidémie frappa les habitants d’Olgiate Comasco, qui vinrent le supplier d’intercéder en leur faveur. Manfredo leur suggéra d’aller en pèlerinage à la tombe de saint Gerardo de Monza, qui venait de mourir (v. 6 juin) et le fléau cessa.

Ici, Manfredo n’était pas le «responsable» du miracle. Mais Dieu lui en fit faire de prodigieux, attestés et dûment enregistrés. 

Non des moindres fut celui de la sonnerie automatique des cloches le jour de son décès, 27 janvier 1217, ainsi que le choix du lieu de sa sépulture, lorsque les bœufs qui tiraient le convoi funéraire, s’arrêtèrent d’eux-mêmes, au pied du mont Saint-Georges, dans la plaine de Riva San Vitale.

Le nom de Manfredo a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain au 27 janvier.

 

 

Angela Merici

1474-1540

 

Angela Merici vit le jour le 21 mars 1474 à Desenzano, près du Lac de Garde en Lombardie (Italie nord), de Giovanni, un bon chrétien qui lisait chaque soir à ses enfants la vie de l’un ou l’autre Saint. Evidemment, il n’avait pas à sa disposition un de nos blogs chrétiens, mais cela suffisait déjà à la petite fille pour s’attacher à Jésus-Christ.

A quinze ans, elle perdit ses deux parents et fut recueillie par son oncle maternel à Saló, avec sa sœur qu’elle aimait beaucoup. Cette dernière mourut peu après.

Or Angela fut alors divinement informée que sa sœur était «sauvée», bien qu’elle fût morte sans les sacrements. Ce ne fut pas le dernier avertissement céleste. Peu après, elle eut la vision d’une haute échelle par laquelle des jeunes filles montaient au ciel : elle apprit ainsi qu’elle devait rassembler d’autres femmes pour accomplir une grande mission dans l’Eglise.

En attendant, elle se donna aux bonnes œuvres. Pour communier plus fréquemment, elle s’agrégea au Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de sœur Angela. Elle commença à jeûner.

En 1516, elle fut envoyée à Brescia pour une mission de consolation : une jeune épouse avait perdu son mari et ses fils à la guerre ; Angela resta deux ans auprès d’elle pour l’aider à assimiler cette rude épreuve. Puis elle s’établit à demeure à Brescia, consolant, apaisant , réconciliant, conseillant…

Pour se rapprocher toujours plus de Jésus-Christ, elle fit des pèlerinages, dont un à Jérusalem en 1524. Mais durant ce voyage, une affection aux yeux lui enleva la vue : de l’escale de Crète à l’aller jusqu’à la même escale au retour, elle dut être conduite par la main et ne put rien voir des Lieux Saints. Dieu lui enseignait le détachement de la terre…

En 1525, elle put rencontrer le Pape, qui voulait la retenir à Rome, mais elle expliqua que sa mission était à Brescia. En 1529, elle se réfugia quelques mois à Crémone pour échapper aux dangers de la guerre ; là, elle tomba gravement malade, mais guérit miraculeusement lors d’un pèlerinage au mont Varallo ; elle annonça que la paix allait revenir, et la paix fut signée en août 1529, mettant fin aux maux de l’Italie. Elle revint à Brescia.

C’est en 1535 qu’elle réunit les premières Compagnes et les mit sous la protection de sainte Ursule (v. 21 octobre), pour laquelle elle avait une grande dévotion. Ces premières «Ursulines» n’étaient pas constituées en congrégation ; Angela leur demandait seulement de s’engager devant Dieu à donner une formation chrétienne aux jeunes filles, et de se retrouver périodiquement pour célébrer ensemble l’Eucharistie.

L’évolution de cette Compagnie en Ordre religieux, un demi-siècle plus tard, s’effectua lors de la réforme post-tridentine, qui imposa une vie cloîtrée aux Ursulines.

Angela consacra ses dernières années de vie à organiser cette famille. Dans son Testament Spirituel, elle écrit ceci : 

… Guidées uniquement par l’amour de Dieu et le zèle du salut des âmes, vous entreprendrez votre tâche d’éducatrices… Je vous demande de tenir compte de chacune de vos filles et de les porter comme gravées dans vos cœurs, non seulement par leurs noms, mais avec toute leur situation et leur état… Je vous demande encore d’essayer de les attirer par l’amour, l’indulgence et la charité, et non par la hauteur et la dureté… Parfois il faudra montrer une autorité plus sévère, à bon escient et en tenant compte de l’état et des nécessités des personnes. Cependant, même alors, c’est seulement la charité qui doit nous pousser, ainsi que le zèle des âmes. 

Saint François de Sales, quelques années plus tard (v. 28 décembre) et Giovanni Bosco au 19e siècle (v. 31 janvier), eurent le même esprit, l’un pour conquérir les âmes des hérétiques, l’autre pour conquérir les jeunes garçons délinquants. Il est remarquable que Angela Merici, François de Sales et Giovanni Bosco sont fêtés à quelques jours d’intervalle, les 24, 27 et 31 janvier.

Angela Merici mourut le 27 janvier 1540 à Brescia.

Béatifiée officieusement en 1790, elle fut canonisée en 1807.

Actuellement, sont regroupées dans la famille des Ursulines différentes maisons dans le monde entier, ayant chacune un style particulier, mais toujours cet esprit d’Angela Merici, au service de la jeunesse.

Rosalie du Verdier de la Sorinière

1745-1794

 

Rosalie était née le 12 août 1745 à Saint-Pierre de Chemillé (Maine-et-Loire).

Entrée chez les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire, elle porta le nom de Mère Saint-Céleste.

Comme on l’a vu au 26 janvier, elle fut arrêtée le 19 janvier 1794 et jugée avec sa belle-sœur.

Elle fut guillotinée à Angers, le 27 janvier 1794 et béatifiée en 1984.

 

 

Paul Joseph Nardini

1821-1862

 

Un militaire autrichien et Margareta Lichtenberger donnèrent la vie, hors mariage, à Paul Joseph, qui naquit le 25 juillet 1821 à Germersheim (Palatinat, Royaume de Bavière).

Tandis qu’on ignora toujours l’identité du papa, la maman, qui n’avait pas de travail, ne pouvait pas élever son garçon. Après deux années de grande pauvreté, elle le confia à sa sœur, Maria Barbara, qui avait épousé Anton Nardini, d’origine italienne. Ils l’adoptèrent pleinement et lui donnèrent donc leur nom de famille, lui procurant le meilleur qu’ils pouvaient pour sa formation.

Paul Joseph correspondit pleinement à cette générosité. Après l’école primaire, il aurait dû apprendre le métier de cordonnier, mais ses dons pour l’étude lui ouvrirent l’école de latin de Germersheim, avant le lycée en 1838. Il étudia avec grande application, attirant l’attention de ses professeurs. Après l’école primaire, il exprima son désir d’être prêtre.

Il étudia la philosophie au séminaire de Speyer (1841-1843), puis la théologie à l’université de Munich, où il passa son examen summa cum laude. Ses professeurs l’encourageaient à poursuivre une carrière académique, mais lui préférait l’apostolat en paroisse.

Exceptionnellement, il reçut tous les ordres mineurs et majeurs en 1846, étant ordonné prêtre le 22 août. Dans le même temps, il reçut le doctorat en théologie.

Il fut d’abord chapelain à Frankenthal, vicaire à Trebur, puis préfet au séminaire de Speyer.  En 1850 il fut nommé à une paroisse difficile, Geinsheim : peu de temps après, les paroissiens eux-mêmes écrivirent à l’évêque que leur paroisse était entièrement changée et demandaient que leur curé restât en place parmi eux. Mais leur souhait ne fut pas exaucé : en 1851, Paul Joseph dut assumer la paroisse - encore plus difficile - de Pirmasens, où il devait rester toute sa vie.

Sa chère maman Margareta vint l’aider. Paul montra alors toutes ses qualités de sacrifice, de détermination, d’oubli de soi, de zèle apostolique, amenant à la foi catholique de nombreux Protestants. Sa prédication, sa catéchèse, appuyées sur son amour de l’Eucharistie, lui donnèrent une réelle réputation de sainteté, et son action sociale le fit vite appeler le Père des pauvres.

Dans cette région, où le protestantisme était majoritaire, les enfants de familles catholiques en étaient réduits à mendier. Paul Joseph voulut venir en aide à ces familles et pensait qu’une communauté de Religieuses pourrait garantir la continuité dans ce qu’il avait organisé dans la paroisse, mais le conseil communal, entièrement protestant, s’opposait énergiquement à l’installation de ces Religieuses. Paul tint bon, malgré des menaces de mort.

En 1853, trois Religieuses du Très Saint Rédempteur arrivèrent de Niederbronn (Alsace), et commencèrent à s’occuper des enfants ; puis bientôt après, lors d’une épidémie de typhus, elles s’occupèrent des malades, mais le travail dépassait de beaucoup leurs possibilités, outre que le gouvernement prussien venait de promulguer une loi condamnant à l’exil toutes les congrégations religieuses d’origine étrangère : les Sœurs devaient repartir en Alsace.

Paul Joseph pensa qu’il fallait instituer une famille religieuse locale, qui aurait assumé les œuvres de charité de la paroisse. En 1855, avec deux jeunes filles de la paroisse, il donna naissance aux Pauvres Franciscaines de Pirmasens, qui prenaient la règle du Tiers-ordre franciscain et s’appelleraient plus tard les Pauvres Sœurs Franciscaines de la Sainte Famille.

Si la population appréciait cette innovation, ce n’était pas le cas des autorités et des journaux locaux. En plus, le pauvre Paul avait oublié de prévenir l’évêque, qui ne répondit pas à ses lettres durant des mois. Mais l’abbé Nardini persévérait, continuait de former ses Religieuses, leur donnant tout ce qu’il pouvait pour leur subsistance, jusqu’à se priver de nourriture pour elles. Il était aussi encouragé par l’arrivée d’autres jeunes filles.

L’évêque finit par donner son autorisation en 1857. Les Sœurs se multiplièrent jusqu’à plus de deux cents en quelques années.

Paul Joseph Nardini s’était épuisé. En janvier 1862, où l’hiver était très froid, il alla au chevet d’un paroissien mourant, et fut prit d’un violent accès de typhus aux poumons, qui le conduisit à sa dernière heure, le 27 janvier. Il n’avait que quarante ans.

La maison-mère se déplaça plus tard (1869) dans l’ancienne abbaye bénédictine de Mallersdorf (basse Bavière). Aujourd’hui les Sœurs sont présentes aussi en Roumanie et en Sud-Afrique.

En 2006 eut lieu la guérison miraculeuse d’une des Sœurs de la Sainte Famille, malade d’un cancer en phase terminale.

Paul Joseph Nardini a été béatifié en 2006 et sa fête est le 27 janvier.

 

 

Yohana Maria Muzeyi

1851-1887

 

Yohana Maria (Jean-Marie) était né entre les années 1851 et 1856 en Ouganda.

Son nom initial était Alipozaliwa Mtakatifu.

Son surnom de Muzeyi (Ancien), n’était pas dû qu’à son âge : s’il était un des plus âgés de ceux qui furent martyrisés, il était surtout connu pour la maturité de son jugement.

Ayant rencontré les pères missionnaires, il apprit, dit-on, tout le catéchisme en une journée.

Il reçut le baptême en la fête de la Toussaint 1885, et la confirmation le 3 juin 1886.

C’était un saint homme, tout dévoué au Christ et à l’Eglise.

Il reçut la palme du martyre pour sa foi, décapité, puis fut jeté dans un étang, le 27 janvier 1887.

Ce fut le dernier des Martyrs de cette persécution, qui furent canonisés en 1964 et sont fêtés le 3 juin.

 

Voir la notice : Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Enrique de Ossó y Cervelló

1840-1896

 

Enrique (Henri) naquit le 16 octobre 1840 à Vinebre (Tarragona, Espagne).

Son père le destinait au commerce, sa mère au sacerdoce.

Encore tout jeune, il fut très malade et reçut la Première communion comme viatique, car on désespérait de le voir guérir. Il se reprit cependant.

Lors de l’épidémie de choléra de 1854, sa mère mourut. Enrique lui promit, avant de la voir expirer, de devenir prêtre.

Il avait alors quatorze ans et travaillait comme apprenti dans le commerce de son oncle. Il laissa tout, se retira à Montserrat puis se présenta au séminaire de Tortosa.

Les études ne durent pas être faciles : très jeune apprenti, Enrique n’avait pas fréquenté l’école et devait maintenant «rattrapper» son retard. Sa persévérance produisit les fruits attendus. 

Ordonné prêtre en 1867, il célébra sa première Messe le 6 octobre ; ce jour-là, un dimanche, on fêtait par anticipation la solennité de Notre-Dame du Rosaire (normalement au 7 octobre dans le calendrier).

Il eut de suite plusieurs missions : au séminaire, il était professeur de mathématiques et de physique ; à l’extérieur, il s’occupa fébrilement de la catéchèse auprès des jeunes.

Une de ses maximes fondamentales fut : Eduquer un enfant, c’est éduquer un homme ; et éduquer une femme, c’est éduquer une famille.

Dès 1870, il réunit certains de ces jeunes en une association mariale de la Très pure Conception, qui devait évoluer quelques années plus tard en une Fraternité de Saint-Joseph.

En 1871, il organisa systématiquement dans douze paroisses de Tortosa une école catéchétique, et rédigea un Guide pratique à l’intention des catéchistes. Avec ce petit ouvrage, Enrique commença à être écrivain ecclésiastique et l’un des prêtres les plus populaires de l’Espagne à cette époque.

Il s’appuya fortement sur sa dévotion envers sainte Thérèse d’Avila (voir au 15 octobre), et se montra un inconditionnel du Pape et de l’Eglise Romaine.

Il organisa des associations pieuses pour réunir les jeunes et leur inculquer des références sûres en face des attaques laïques et maçonniques.

Il commença la publication d’un hebdomadaire chrétien, l’Ami du Peuple, qui ne dura qu’une année (1871-1872) à cause des autorités civiles. Qu’à cela ne tienne, il publia alors une Revue mensuelle de Sainte Thérèse de Jésus, qui dura vingt-quatre ans : don Enrique s’en servit pour répandre la doctrine de l’Eglise, la manière de bien prier, la dévotion à sainte Thérèse d’Avila bien sûr, et faire connaître les événements de la vie de l’Eglise, en Espagne et ailleurs.

En 1873, il fonda une nouvelle association, les Filles de Marie Immaculée et de Sainte Thérèse de Jésus, qu’il compléta en 1876 par le Rebañito del Niño Jesús (Petite Troupe de l’Enfant Jésus) ou Compagnie de Sainte Thérèse de Jésus, deux familles qui devaient avoir une vie spirituelle intense, et se dédier à l’apostolat.

En 1874, il publia un nouvel opuscule, le Quart d’heure de prière, qui connut plusieurs dizaines d’éditions.

En 1884, sortit son petit Catéchisme sur la maçonnerie, dans lequel, à partir d’enseignements du pape, il expliquait en termes simples ce qu’il fallait savoir sur cette secte ennemie de l’Eglise.

En 1891, il écrivit encore un petit manuel à l’intention des ouvriers et des patrons, pour leur rappeler l’enseignement du Christ et de l’Eglise sur le travail et la responsabilité des uns et des autres.

L’association des Filles de Marie Immaculée et de Sainte Thérèse, devenue Congrégation, s’étendit mondialement.

Il avait eu aussi dès 1882 le projet d’une famille masculine, de Frères ou Missionnaires Thérésiens, qu’il ne put organiser de son vivant, mais une récente association mexicaine regroupe des jeunes séminaristes dans cet esprit, les Missionnaires de Thérèse de Jésus (MTJ).

Début 1896, il s’était retiré à Gilet (Valencia), dans un couvent de pères Franciscains, pour prier dans le silence.

C’est là qu’il mourut le 27 janvier 1896, à cinquante-cinq ans.

Don Enrique de Ossó y Cervelló fut béatifié en 1979 et canonisé en 1993.

Aujourd’hui, le Mouvement Thérésien de l’Apostolat (MTA) est l’héritier de l’œuvre de don Enrique.

 

 

Carolina  Santocanale

1852-1923

 

Carolina Santocanale naquit le 2 octobre 1852 à Palerme (Sicile), de nobles parents : Giuseppe Santocanale des Barons de la Celsa Reale, est avocat ; son épouse est Caterina Andriolo Stagno.

La petite fille reçut le baptême dès le lendemain, 3 octobre, avec les noms de Carolina Concetta Angela, et reçut la Première Communion en 1860.

Sa toute première formation se fit dans un institut proche, géré par deux demoiselles aidées par d’autres enseignants ; elle reçut ainsi des leçons de lettres, de musique, de français. Puis elle reçut le reste de son éducation à la maison, avec de bons précepteurs.

Un premier épisode important la fit profondément réfléchir sur la vanité du monde : ce fut le Carême prêché en la cathédrale de Palerme par un de ses précepteurs, dont elle resta fortement impressionnée. Elle abandonna ses habits trop luxueux, et se prépara à recevoir la Confirmation, en 1869, à dix-sept ans.

En 1871, elle assista Paolo Stagno, son grand-père, qui était mourant. Cet homme avait racheté les terrains des Bénédictins de Cinisi, confisqués par l’Etat ; la mort de cet homme chrétien (1872) fut pour elle l’occasion d’un nouveau mouvement intérieur, décisif. Elle demanda au père Mauro Venuti d’être son directeur spirituel. Bien que demandée en mariage assidûment, elle se sentait irrésistiblement attirée par la vie religieuse, mais sans réussir encore à choisir entre la vie contemplative et la vie au service des pauvres et des malades.

Elle songea un moment au monastère Sainte-Catherine de Palerme, mais son père s’y opposa, ayant en tête quelque projet matrimonial pour sa fille. Ce n’était pas le seul obstacle à sa vocation : un litige s’éleva bientôt entre la grand-mère et le père, au point que Carolina ne put retourner dans la maison de Cinisi que huit années plus tard.

En attendant le retour à la paix familiale, fin 1873, elle entra dans l’Association des Enfants de Marie dans une paroisse de Palerme, dont elle fut même nommée présidente, y voyant là comme le prélude à son prochain noviciat.

En 1880, elle retrouva la grand-mère à Cinisi et, là, eut l’occasion de catéchiser trois jeunes ; son désir de vie active reprit. Elle reçut alors la permission de recevoir l’Eucharistie à la messe quotidienne, ce qui était très rare.

En 1884, elle contracta alors une mystérieuse douleur à la jambe, qui l’épuisa durant plus d’une année, au point qu’elle n’avait plus la force de faire son signe de croix ; elle s’en remit difficilement et s’en sortit définitivement en 1887 seulement.

Durant ces années, elle fut invitée à participer au Boccone del Povero (la Bouchée du Pauvre), organisé par Giacomo Cusmano (v. 14 mars) ; mais en 1887, elle fut orientée vers l’Ordre Séculier Franciscain, car on fêtait alors le septième centenaire de la mort de s.François d’Assise (v. 4 octobre) ; elle en reçut l’habit et prit le nom de Maria de Jésus.

Désormais elle parcourut toute la ville de Palerme, de maison en maison, assistant, distribuant des aumônes, consolant, soignant. Devant l’immensité de la tâche, elle songea enfin à regrouper celles qui le voulaient dans une nouvelle branche franciscaine, les Sœurs Capucines de l’Immaculée de Lourdes.

En 1891, elle eut la faveur de pouvoir s’installer dans la propriété des grands-parents, à Cinisi, où s’ouvrirent successivement un orphelinat, une maison pour jeunes filles bourgeoises, un jardin d’enfants. Maria et ses Compagnes enseignaient la broderie.

Maria souffrit de la mort prochaine de ses parents, puis eut l’opération de la cataracte. Elle dut faire face à quelques réticences de son propre directeur spirituel, qui rompit même avec cette œuvre. Il invita un père Capucin à s’occuper de la nouvelle famille : ce dernier rédigea la Règle, rapprocha les Religieuses de l’Ordre des Capucins, et organisa leur véritable noviciat.

La fondation proprement dite remonte au 8 décembre 1908, et l’approbation diocésaine dès 1909. En 1911, Maria reçut l’habit nouveau de cette famille, et le remit ensuite aux autres Religieuses.

D’autres épreuves arrivèrent : Maria dut être opérée d’un adénofibrome au sein ; puis le nouvel évêque lui imposa sa visite canonique, lui disant qu’elle ne devait plus gouverner comme une mère de famille, mais comme une supérieure de communauté (!). En outre, une des Religieuses, récemment admise, se mit aussi à critiquer l’ensemble de la fondation. Maria en tomba malade, mais se reprit.

On arriva enfin à un heureux compromis ; l’évêque consentit à la réouverture du noviciat, émit un (nouveau !) décret de Droit diocésain, le 24 janvier 1923, couronnement de l’intense labeur de Maria de Jésus.

Le 27 janvier 1923, Maria organisa encore le repas de noces d’une jeune couple avec soixante invités. Un infarctus la frappa vers vingt-trois heures. Pleine d’action de grâce, de joie - et de mérites, elle s’éteignit doucement.

La congrégation devint de droit pontifical en 1947 et reçut successivement le Décret de Louange en 1968. Elle est présente en Albanie, au Mexique et au Brésil, à Madagascar.

Le miracle retenu pour la béatification, eut lieu en 2003. On était en train de construire la nouvelle chapelle, près de la Maison-mère ; une poutre se rompit et un jeune ouvrier qui s’y déplaçait, fit alors une chute de plus de onze mètres sur la dalle de ciment. Les autres collègues pensaient relever un cadavre, mais le jeune homme se releva de lui-même et n’eut aucune marque ni aucune séquelle de sa chute. On remarqua alors qu’il était tombé exactement à l’endroit où l’on devait bientôt déposer les restes de la Fondatrice.

Carolina  Santocanale fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 27 janvier.

 

 

Jurgis Matulaitis

1871-1927

 

Jurgis (Georges) était né le 13 avril 1871 à Lūgine (Marijampolė, Lituanie), benjamioin de huit enfants.

Il fut orphelin de père à trois ans, de mère à dix ans et fut alors élevé par son oncle.

Ses études furent retardées par une tuberculose osseuse à la jambe, qui l’obligera ensuite à marcher avec des béquilles.

Il fréquenta le lycée de Marijampolė, puis entra aux séminaires de Kielce et Varsovie.

A Varsovie, il prit les prénom et nom à assonance polonaise : Jerzy Matulewicz.

Il acheva ses études théologiques à Saint-Pétersbourg pour la théologie morale, et à Fribourg (Suisse) où il fut reçu docteur en théologie.

Tour à tour il fut professeur au séminaire, aumônier du lycée de Varsovie et professeur de sociologie à l’Académie de Saint-Pétersbourg. Toute son activité s’appuya désormais sur la nécessité de faire ressusciter la Lituanie chrétienne.

Il entra chez les pères Marianites de l’Immaculée Conception et fut ordonné prêtre en 1898. 

Il obtint du pape l’autorisation de redonner vie à sa congrégation et, en 1911, fut nommé supérieur général de cette congrégation. Il fonda des communautés à Fribourg (Suisse), Chicago (Etats Unis, où étaient nombreux les émigrés lituaniens), Bielany (Pologne).

En 1918, il fut consacré évêque de Vilnius (alors en Pologne), dans une Lituanie travaillée par les incessantes guerres avec la Pologne ou la Russie. Dès lors, il s’occupa de récupérer pour l’Eglise les propriétés que le gouvernement russe avait confisquées.

La même année, il fonda en Lituanie les Sœurs de l’Immaculée Conception (aussi appelées Petites Sœurs de Pauvres). En 1924, il fonda en Biélorussie les Servantes de Jésus Eucharistie. 

Mgr Matulaitis s’épuisa à pacifier les esprits et à chercher la paix, mais démissionna en 1925, pour s’occuper uniquement des Marianites. Le pape lui donnera alors le siège titulaire de Adulis, le nommant Visiteur apostolique de Lituanie, avec particulière mission d’élaborer un concordat entre la Lituanie et le Vatican.

En 1926, il fit un voyage aux Etats-Unis, où il visita une centaine de paroisses. Il travaillait à cette époque à la constitution de cinq nouveaux diocèses en Lituanie, qui cependant ne seraient approuvés qu’après sa mort.

Il fut victime d’une appendicite qui ne put être soignée à temps, et mourut à Kaunas le 27 janvier 1927.

Mgr Matulaitis fut béatifié en 1987.

 

 

Antonio Mascaró Colomina

1913-1937

 

Né le 12 mars 1913 à Albelda (Huesca, Espagne), benjamin des six enfants de Antonio et María, ce petit garçon avait aussi deux oncles prêtres et d’autres parents religieux.

En 1924, il entra au collège Nazareno de Blanes, tenu par les Pères de la Sainte Famille.

Il reçut l’habit à Les Corts en 1928, fit la première profession en 1929 et se prépara au sacerdoce. En 1934, ayant déjà reçu les premiers ordres (on dirait aujourd’hui les ministères), il fut désigné comme assistant du Maître des novices, pour encadrer les nouveaux postulants à Les Corts.

Il y montra toute sa douceur et sa fidélité dans ses engagements.

Devant accomplir son service militaire, il put le faire en rentrant chaque dimanche à sa maison religieuse.

Le matin du dimanche 19 juillet, son bataillon fut aux prises avec les miliciens, et certains de ses compagnons furent tués ou blessés. Après la messe, Antonio, ne pouvant rejoindre son bataillon, se réfugia chez sa sœur puis, pour éviter des ennuis à la famille, chez un ami.

Le 18 janvier 1937, après des bombardements venus d’un bateau, la police procéda à des arrestations. Antonio fut pris avec son oncle dans la boutique où il travaillait et mené à la prison San Elías. Des amis proposèrent, sans issue, le paiement d’une rançon pour les libérer.

Le 27 janvier, on emmena Antonio et son oncle au cimetière de Montcada pour les fusiller. Jetés dans une fosse commune, les corps ne purent être identifiés, mais la date de leur mort avait été inscrite au tribunal de Barcelone.

Antonio, qui n’était pas encore prêtre, reçut la couronne du martyre en ce 27 janvier 1937, et fut béatifié en 2013.

 

Giovanni Schiavo
1903-1967

Giovanni Schiavo naquit le 8 juillet 1903 à Sant’Urbano (Vicence, Italie N), de Luigi, un humble cordonnier, et Rosa Fittorelli ; il était le premier de leurs neuf enfants. Les parents donnèrent à leurs enfants une éducation profondément chrétienne.
A quatre ans, Giovanni fut gravement malade de poliomyélite et méningite ; on croyait à sa mort prochaine, mais la prière des parents et des amis obtint sa guérison.
Pour aller à l’école, Giovanni devait parcourir chaque jour douze kilomètres à pied ; mais avant de partir, il se levait assez tôt pour assister d’abord à la Messe. Comme enfant de chœur, il obtenait quelque piécette, qui soulageait le budget si difficile du foyer.
A Montecchio Maggiore, où il allait à l’école, se trouvait une congrégation de Pères de Saint-Joseph, fondés par s.Leonardo Murialdo (v. 30 mars). En 1918, Giovanni y commença le noviciat, fit la première profession l’année suivante et la solennelle en 1925. Il acheva ses études, s’occupa des jeunes - et pria beaucoup.
En 1927, il fut ordonné prêtre. Son apostolat sacerdotal l’envoya successivement à Modène, Oderzo, Montecchio Maggiore. En 1931, il fut envoyé au Brésil, ce dont il rêvait depuis très longtemps.
Il fut professeur, maître des novices, curé, directeur ; provincial de 1946 à 1955. Sous son impulsion, la congrégation de Saint-Joseph (les Murialdini, du nom de leur fondateur) se développa beaucoup au Brésil. Le p.Giovanni (Joaõ en brésilien) était recherché pour sa direction spirituelle, tant pour la branche masculine que pour la féminine.
En 1954 en effet, naquit au Brésil le rameau féminin des Sœurs murialdines, suscitées, encouragées, saintement dirigées par le p.Joaõ.
Unanimes étaient les témoignages rendus sur sa douceur, sa patience, sa bonté, sa prévenance pour les malades. Disons ici que le père Giovanni portait bien son nom de Schiavo, esclave : il fut véritablement l’esclave de la bonté.
En novembre 1966 se déclara une grave et douloureuse maladie, à laquelle le p.Giovanni succomba deux mois plus tard, le 27 janvier 1967.
Le père Giovanni fut béatifié en 2017.
Le miracle examiné pour la béatification, fut la guérison d’un malade atteint de péritonite aigüe, compliquée de thrombose mésentérique supérieure ; la situation était désespérée, l’opération inutile, l’issue fatale certaine. L’épouse du malade pria intensément le p.Giovanni : son mari se reprit spontanément et quitta l’hôpital une semaine plus tard, sans aucun problème.
Giovanni Schiavo sera commémoré le 27 janvier dans le Martyrologe Romain.

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 00:00

26 JANVIER

 

III.

S Theogenes, évêque à Hippone et martyr.

IV.

S Ammon, abbé à Pispir, successeur de s. Antoine.

V.

Ste Paula, sainte veuve romaine, fidèle disciple de s. Jérôme jusqu’en Terre Sainte où elle fit construire deux monastères près de Bethléem ; de ses cinq enfants, deux sont saintes : Blesilla et Eustochium.

S Marus, évêque à Trèves. 

S Ausile, évêque à Fréjus et martyr.

S Gabriel, disciple de s. Euthyme, abbé à Jérusalem.

VI.

Ss Xenophon, Maria, Ioannis et Arcadios, toute une famille de Constantinople, dont les parents finirent par suivre aussi la vocation de leurs fils au monastère.

VII.

S Conan, écossais, évêque en l’île de Man.

Ste Théoritgide, moniale à Barking.

S Théoffroy, moine à Luxeuil, abbé à Corbie, peut-être aussi évêque à Amiens.

XII.

S Albéric, disciple de s. Robert, prieur à Molesme puis abbé à Cîteaux.

S Eystein Erlandssön, aumônier à la cour du roi de Norvège, évêque à Nidaros, aujourd’hui Trondheim. 

XVIII.

Bse Marie de la Dive, veuve à Angers, martyre, béatifiée en 1984.

XX.

B José Gabriel del Rosario Brochero (1840-1914), prêtre argentin, le "curé gaucho", béatifié en 2013, canonisé en 2016.

B Michaƚ Kozal (1893-1943), évêque à Wƚocƚawek, interné à Lad et Dachau, où il mourut d’une injection mortelle, béatifié en  1987.

B Gabriele Stefano Allegra (Gabriela Maria, 1907-1976), prêtre italien des Frères Mineurs Franciscains, missionnaire en Chine, où il trduisit la Bible en chinois ; béatifié en 2012.

Theogenes d’Hippone

† 260

 

Theogenes était évêque d’Hippone (Bône, auj. Annaba, Algérie), un des prédécesseurs de s.Augustin (v. 28 août). 

Il participa au concile de Carthage (256), où il fut question du baptême conféré par les hérétiques. Theogenes s’y exprima ainsi : Selon le sacrement de la grâce céleste que nous avons reçu, nous croyons en un seul baptême qui est dans la sainte Eglise. Plus tard, le Credo de Constantinople nous fera affirmer : Je crois en un seul baptême.

La persécution de Valérien, initiée à Rome, gagna l’Egypte et toute l’Afrique. C’est alors que fut décapité s.Cyprien (v. 14 septembre) ; à son tour, Theogenes et trente-six Compagnons furent martyrisés à Hippone, en 260.

Saint Theogenes d’Hippone est commémoré le 26 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paula à Bethléem

347-404

 

La famille de Paula était l’une des plus célèbres de Rome, avec Flavius et les Gracques dans ses ancêtres. Paul-Emile était son aïeul.

Paula naquit le 5 mai 347 à Rome.

Elle épousa Toxotius, un descendant des Iulii ; durant les quelques années que dura ce mariage, naquirent cinq enfants : Blesilla, Paulina, Eustochium, Rufina et Toxotius.

En 379, à trente-deux ans, elle devint veuve ; ce fut sa première épreuve, aussi pénible qu’inattendue. Mais Paula embrassa son nouvel état de vie en s’immergeant généreusement dans les bonnes œuvres et les occupations saintes : lectures, aumônes, visite des églises… Elle fut pour ses amies un modèle de chasteté, de charité, de détachement des biens de la terre.

Malgré son grand attachement à ses enfants, elle résolut de se détacher davantage et de gagner la Palestine, où avait vécu Notre-Seigneur. Elle quittait sa grande Blesilla, déjà veuve quoiqu’encore jeune ; Paulina, mariée à un illustre sénateur ; Rufina et Toxotius, encore bien jeunes.

Elle s’embarqua avec sa fille Eustochium. Il se trouva que Blesilla venait de mourir ; nouvelle douleur.

Le voyage passa par Chypre, où l’évêque Epiphanius (v. 12 mai) la reçut avec déférence ; il l’avait déjà rencontrée à Rome peu auparavant. Elle aborda à Antioche, où l’évêque Paulinus lui montra le même respect. S.Jérôme (v. 30 septembre) l’attendait, et la conduisit jusqu’à Jérusalem. C’est grâce à ce dernier, que l’on connaît tant de détails sur la vie de Paula.

Elle alla d’abord loger dans une modeste maison proche du Calvaire et, pendant toute une année, se mit à visiter tous les Lieux saints : Saint-Sépulcre, Bethléem, l’Hébron, le mont de l’Ascension ; puis les déserts d’Egypte, où vivaient les célèbres anachorètes. Elle s’installa finalement à Bethléem. 

C’est là qu’elle apprit la mort de sa fille Rufina.

A Bethléem, elle fonda deux monastères ; celui des femmes, où elle se fixa avec Eustochium, eut son église dédiée à sainte Catherine d’Alexandrie (v. 25 novembre), tandis que Jérôme et sa communauté habitait celui des hommes. 

La consolation de Paula était de visiter fréquemment les Lieux saints de Jérusalem, en particulier le Mont des Oliviers. Les moniales psalmodiaient chaque jour les cent-cinquante psaumes, et devaient les connaître par cœur. Le travail manuel consistait surtout en la confection de vêtements, pour les monastères et pour les indigents.

Paula était la supérieure de toutes les moniales, mais elle gouvernait plus par son exemple et ses vertus. Elle et Eustochium étaient les premières au travail comme aux pratiques de pénitence, à la psalmodie comme à la prière. En outre, Paula était d’une largesse étonnante envers les pauvres, au point que s.Jérôme crut bon de vouloir tempérer cette ardeur, mais vainement.

On la calomnia cependant, jusqu’au point où même Jérôme pensa quitter les lieux. Paula eut la bonne attitude : Pourquoi ne pas opposer simplement à la haine la patience, à l’arrogance l’humilité ? Ainsi désarma-t-elle les mauvaises langues.

Une autre inquiétude fut la menace des Huns envahisseurs ; toutes les moniales se réfugièrent un moment à Joppé, mais l’invasion ne se produisit pas et elles purent regagner leur monastère qui était resté intact.

Les dernières années de Paula furent marquées par diverses épreuves. Ce fut la mort de son jeune fils, Toxotius ; puis, à partir de 403, la maladie douloureuse qui devait peu à peu la conduire à l’ultime extrémité.

Paula souffrait avec une patience admirable ; elle reçut la visite de plusieurs évêques, de prêtres, de moines et moniales. A Jérôme elle assura (en grec, écrivit ce dernier) qu’elle n’avait ni peine ni regret ; mais une paix profonde.

Au terme de son agonie, son visage s’éclaira comme dans une vision et elle expira en murmurant ce verset du psaume : Je suis certaine de voir les biens du Seigneur dans la terre des vivants (Ps 26:13).

Paola mourut le 26 janvier 404.

L’ancien Martyrologe mentionnait Blesilla au 22 janvier, mais non l’actuel ; sainte Eustochium reste mentionnée au 28 septembre, tandis que sainte Paula est commémorée le 26 janvier.

 

 

Xenophon, Maria, Ioannis et Arcadios

† 6e siècle

 

Voici l’histoire d’une petite famille vénérée dans le monde grec.

Xenophon, originaire de Constantinople, était d’une famille de sénateurs et jouissait d’un grand crédit à la cour.

Il épousa Maria, dont il eut deux fils, Ioannis et Arcadios, auxquels il voulut donner la meilleure éducation. Il les envoya pour cela à l’école de Béryte (act. Beyrouth, Liban), pour y étudier le droit.

Malade, Xenophon fit rappeler ses deux fils pour leur parler. Une fois guéri, il les laissa repartir.

C’est ici que se manifesta la mystérieuse Providence divine. Le bateau sur lequel s’étaient embarqués les deux garçons, échoua dans un endroit très isolé, d’où ils ne purent donner de leurs nouvelles. L’un et l’autre entrèrent dans deux monastères différents de Palestine.

Les parents, inquiets d’abord, attristés ensuite de la mort probable de leurs fils, se confièrent à Dieu. Ils eurent bientôt une révélation qui leur indiqua que leurs enfants étaient bien vivants, et qu’ils pouvaient partir à leur recherche.

Ils arrivèrent ainsi à Jérusalem, frappèrent à différentes portes et, finalement, rencontrèrent un vieux moine qui leur indiqua où se trouvaient les deux jeunes. On imagine l’émotion des uns et des autres.

Tellement émus, les parents vendirent leurs biens, en distribuèrent le prix aux pauvres et se consacrèrent, chacun de son côté. 

C’est ainsi que tous les quatre finirent leurs jours dans la joie de chanter la gloire de Dieu.

Les Grecs, et avec eux le Martyrologe Romain, célèbrent cette famille le 26 janvier.

Albéric de Cîteaux

? - 1109

 

On ne connaît rien de la famille et de l’enfance d’Albéric (ou Aubry). On suppose, d’après des indices, que c’était un homme d’une rare piété et d’une culture assez vaste.

Jeune encore, il rejoignit le petit ermitage de Collan (Tonnerre, Yonne), où vivaient quelques moines sous la direction d’un certain Robert.

Collan ne se prêtait pas à l’installation d’une véritable communauté. On se transporta à Molesme, où Albéric fut prieur.

La première ferveur s’étant affaiblie, Robert se retira. Albéric, avec Stephen Harding (v. 28 mars), tenta de rétablir la règle initiale. Les moines n’avaient pas le moindre désir de se ressaisir ; ils couvrirent Albéric d’insultes, et l’enfermèrent ; plus tard, s.Juan de la Croix (v. 14 décembre) n’eut pas un sort différent. Albéric se retira avec Stephen et deux autres moines.

Ceux de Molesme regrettèrent leur mollesse ; ils rappelèrent les trois «fugitifs» : Robert redevint l’abbé, Albéric le prieur, et Stephen le sous-prieur. La vie monacale authentique reprit, mais pas unanimement, aussi nos trois «héros», suivis d’une vingtaine d’autres, allèrent s’installer à Cîteaux (1098).

De nouveau, à Molesme, on réfléchit et on supplia le pape d’intervenir pour rappeler Robert. C’est alors qu’Albéric devint abbé à Cîteaux, tandis que Stephen devenait prieur.

Albéric chercha à donner l’exemple en tout. Outre ses mortifications, il se levait le premier, et pouvait prier le psautier dans son intégralité avant même l’office nocturne des moines.

La Sainte Vierge apparut à Albéric, pour lui montrer l’habit qu’ils devaient porter : blanc avec le scapulaire noir (les bénédictins sont tout en noir, les chartreux tout en blanc). C’est pour cette raison que les Anglais appelèrent plus tard les Cisterciens les frères blancs.

Cîteaux passa sous la dépendance directe du Saint-Siège, à la grande joie d’Albéric. Il rédigea les Institutions de l’Ordre. C’est lui qui eut l’initiative de fonder les Convers, hommes pieux et serviables, souvent peu instruits mais fervents, qui pouvaient travailler à la ferme sans quitter le monastère et pouvaient aussi, le cas échéant, s’associer au chant des moines.

Albéric vécut longtemps ; fort avancé en âge, chargé de fatigues et de mérites, il sentit arriver sa dernière heure. Il récita le Credo, commença les Litanies de la Sainte Vierge et, à l’invocation Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, il devint rayonnant et rendit son âme à Dieu, le 26 janvier 1073.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Albéric en son dies natalis, mais il n’y a pas eu de canonisation officielle autre que la mémoire de ses mérites et de ses miracles.

 

 

Eystein Erlandsön

† 1188

 

Eystein (Augustin) était d’une famille noble de la Norvège du 12e siècle. Il fit des études en France.

Il fut en assez bons termes avec les rois de cette première moitié de siècle. Ceux-ci reçurent le légat pontifical, le cardinal Niccolò di Albano, et en accord avec lui érigèrent le siège archiépiscopal de Nidaros, l’actuelle Trondheim, dont la province groupait les évêchés d’Islande, Groenland, d’Orcadi et Shetland.

Eystein, qui était chapelain à la cour du roi Inge Krokrygg («le Bossu») et confesseur de la reine, fut alors nommé archevêque de Nidaros.

Il couronna roi le jeune Magnus V (1163-1184), avec lequel il maintint encore de bonnes relations. L’œuvre de Eystein fut surtout de défendre les droits de l’Eglise contre les abus des rois et des seigneurs locaux. 

Il commença l’agrandissement de l’église de Nidaros pour en faire une cathédrale digne de ce nom.

L’horizon s’obscurcit lorsque Sverre Sigurdsson détrôna Magnus, et Eystein s’exila pendant trois ans : en Angleterre, il écrivit la vie de saint Olaf (v. 29 juillet). A son retour en 1187, il reprit les travaux de la cathédrale, voulant la reconstruire entièrement en style gothique ; elle n’était toujours pas achevée à sa mort en 1188.

Saint Eystein est vénéré le 26 janvier.

 

 

Marie de la Dive

1724-1794

 

Marie naquit à Saint-Crespin-sur-Moine (Maine-et-Loir) le 18 mai 1724.

Veuve de M. du Verdier de la Sorinière, elle vivait dans sa propriété de Champ-Blanc, près de Longeron, avec ses deux filles Catherine et Marie-Louise. Sa belle-sœur aussi, Rosalie, avait trouvé refuge chez elle, après la dispersion des Bénédictines du Calvaire d’Angers. Elles avaient là aussi une domestique, Marie Fonteneau.

Un fils de Marie, Henri-Charles-Gaspard, qui combattait dans l’armée vendéenne, fut exécuté en 1793.

Toutes ces pieuses femmes furent arrêtées le 19 janvier 1794.

Interrogées et, bien sûr, trouvées coupables, elles furent toutes exécutées : 

Les deux sœurs Catherine et Marie-Louise, ainsi que Marie Fonteneau, fusillées le 10 mars suivant ; 

Rosalie (en religion Mère Saint-Céleste), fut guillotinée le 27 janvier.

Madame Marie de la Dive fut exécutée la veille, le 26 janvier, près d’Angers.

En chemin vers le lieu de l’exécution, elle reçut d’un officier une proposition de mariage, qui l’aurait sauvée. Mais elle refusa noblement. Plus loin, elle retira son manteau chaud pour couvrir les épaules d’une mendiante qui grelottait (on était en plein hiver).

Marie de la Dive a été béatifiée en 1984, avec d’autres Martyrs d’Angers. Elle est commémorée le 26 janvier au Martyrologe.

José Gabriel del Rosario Brochero

1840-1914

 

Né le 16 mars 1840 à Villa Santa Rosa (Rio Primero, Córdoba, Argentine), quatrième des dix enfants de Ignacio Brochero et Petrona Dávila, José Gabriel fut baptisé dès le lendemain.

On ne dit pas s’il porta dès le baptême le nom de Rosario, ou s’il l’ajouta plus tard quand il s’inscrivit au Tiers-Ordre dominicain.

Deux de ses sœurs furent Religieuses.

Entré au séminaire en 1856, ordonné prêtre en 1866, il fut d’abord vicaire à la cathédrale de Córdoba et préfet des études au séminaire.

En 1867, lors d’une épidémie de choléra, il se dévoua au soin des malades et des moribonds : à cette occasion, on put constater que l’Eglise était la seule «structure» en état d’intervenir efficacement, mettant spontanément au service des malades son personnel, ses édifices et sa bonne volonté.

En 1869, don Brochero reçut le titre de Maître de Philosophie de l’Université de Córdoba.

La même année, il fut chargé du district San Alberto, ou vallée de Traslasierra, avec résidence à Villa del Tránsito.

Cette immense région de quatre mille mètres carrés ne comptait guère plus de dix mille habitants, très disséminés, vivant dans des conditions très précaires (sans parler des voyous qui s’y cachaient pour échapper à la justice) : il s’y rendit le 24 décembre, achevant son voyage par trois jours de marche à dos d’âne.

Une fois «installé» (le mot pourrait être ironique, mais don Gabriele était toujours heureux), il se fit vraiment tout à tous. 

De ses mains, il construisit avec ses «paroissiens» des chapelles, des églises, des écoles, des routes, des ponts… Sous ses suggestions, on fit des digues, des aqueducs ; il y eut un service postal, un télégraphe…

Au début, il se déplaçait avec sa mule, plus tard à cheval. 

L’évêque voulut l’aider à se reposer et, en 1898, le nomma chanoine de la cathédrale de Córdoba. En réalité, s’il fut effectivement installé dans la cathédrale (le 12 août), il recevait dès le 25 août suivant sa nomination de… curé à Villa del Tránsito. Le curé-gaucho, comme on l’appelait, ne supportait pas le long surplis à dentelle (la mozette) des chanoines. Don Brochero reprit ses activités.

Il fit aussi l’infirmier, sans se soucier de la contagion, et c’est ainsi qu’il prit à son tour la lèpre, qui le rendit sourd et aveugle pour le reste de ses jours.

En 1908, il dut quitter pour de bon sa «paroisse», qu’il avait animée pendant quarante années, et se retira chez ses sœurs à Santa Rosa de Rio Primero.

En 1910, dans son testament, il eut cette expression touchante concernant son «cercueil» : Qu’on fasse faire une caisse toute simple par quelque menuisier d’ici, pour lui faire gagner un peu d’argent.

En 1912, il voulut revenir à Villa del Tránsito, espérant faire avancer son fameux projet de chemin de fer. Il rencontra un ingénieur, en octobre 1912.

Selon le vif désir de ses paroissiens, il resta à Villa del Tránsito jusqu’à sa mort, le 26 janvier 1914. 

Au deuxième anniversaire de sa mort, la ville a pris le nom de Villa Cura Brochero (du curé Brochero).

Le miracle reconnu en vue de la béatification de don Brochero, fut la guérison inexplicable d’un enfant qui, après un accident de voiture, avait perdu grande partie de son cerveau et se trouvait à l’article de la mort après trois arrêts cardiaques. Son père invoqua l’intercession du Curé Brochero, et les spécialistes ne surent trouver aucune explication à cette guérison inattendue.

José Gabriel Brochero, prêtre argentin, a été béatifié en 2013, sous le pontificat du premier pape argentin de l’histoire.

Après la béatification, le petit miraculé, maintenant adolescent, reçut la Confirmation dans le sanctuaire de Villa Cura Brochero.

En 2016, le même Pape canonisa ce prêtre fidèle et intrépide.

Les Argentins voulaient fêter «dignement» leur curé gaucho. Le dies natalis étant le 26 janvier, l’Eglise n’a pas voulu effacer la fête des saints Timothée et Tite de ce jour ; aussi le pape proposa le 16 mars, jour de la naissance sur terre du Bienheureux.

 

 

Michał Kozal

1893-1943

 

Michał était né à Nowy Folwark (Krotoszyn, Pologne) le 27 septembre 1893, d’une famille de paysans.

Ordonné prêtre en 1918, il fut curé à Bydgoszcz. 

Il fut nommé évêque auxiliaire de Wrocław (Włocławek) en 1939, du titre de Lappa.

Lors de l’invasion de la Pologne, Wrocław se trouvait dans la partie annexée au Reich, et où les nazis procédèrent à des arrestations en masse dans l’intelligentsia. Plus de la moitié du clergé allait ainsi disparaître.

Arrêté dès le 7 novembre 1939, Mgr Kozal subit des tortures dans un couvent à Wrocław, puis à Ląd, Szczeglin et Berlin. Enfin il fut déporté à Dachau le 3 avril 1941, où il subit d’autres mauvais traitements pendant vingt mois.

Le 26 janvier 1943, à l’infirmerie, le médecin l’acheva par l’injection d’une dose létale.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Gabriele Stefano Allegra

1907-1976

 

Gabriele Stefano naquit à San Giovanni la Punta (Catane, Sicile), le 26 décembre 1907, fête de saint Etienne dont il porta le nom en second.

Après le petit séminaire d’Acireale (1918), il fit le noviciat chez les Franciscains à Bronte (Sicile) et s’appellera désormais Gabriele Maria.

Il fut ensuite étudiant à Rome. Lors d’une conférence sur Giovanni de Montecorvino (1247-1328), qui tenta de traduire la Bible en chinois, il s’enthousiasma pour cette noble cause et décida de tout faire pour accomplir cette tâche : traduire la Bible intégralement en chinois.

Ordonné prêtre en 1930, il partit en Chine et commença son «œuvre». En 1937, il dut revenir en Italie pour se refaire une santé, tout en poursuivant des études bibliques.

En 1940, il repartit en Chine ; il y rencontra un certain Pierre Teilhard de Chardin, jésuite.

La guerre ne facilita pas son travail ; il avait déjà bien avancé la traduction de l’Ancien Testament à partir de l’araméen lorsqu’en 1944 il perdit la moitié de son unique exemplaire de projet de traduction. Il devra reprendre patiemment ce premier travail.

Protégé par l’ambassade italienne, il ne fut pas inquiété par les Japonais et continua son travail, tout en portant son aide sacerdotale auprès de missionnaires enfermés en Chine ; il obtint même la libération de certains. Il visita les lépreux à Macao.

En 1945, il fonda à Pékin le Studium Biblicum Franciscanum, sous le patronage du bienheureux John Duns Scot (cf. 8 novembre), dont il devint spécialiste. Plus tard on le verra intervenir à l’université d’Oxford à l’occasion du 700e anniversaire de la naissance du Bienheureux (1966).

En 1948 sortirent les trois premiers volumes du l’Ancien Testament en chinois. Il faudra douze années encore pour parachever ce travail «de Bénédictin», en 1961.

Le régime communiste le contraignit à se réfugier à Hong-Kong, où il transféra le Studium Biblicum. Il n’en sortira que pour un voyage d’un an à l’Ecole Biblique de Jérusalem avec quatre Confrères, pour y étudier l’original des textes bibliques. Hong-Kong sera donc sa dernière destination, jusqu’à sa mort.

A partir de 1955, il traduisit le Nouveau Testament, à partir du grec.

En 1965, il y organisa le premier Salon œcuménique de la Bible.

En 1968, pour la fête de Noël, sortit enfin la Bible en chinois, suivie en 1975 d’un Dictionnaire biblique.

Entre ces deux dernières dates, le père Gabriele rédigea une importante analyse sur les Révélations à Maria Valtorta, et aurait aussi traduit en chinois les écrits de don Stefano Gobbi, fondateur du Mouvement Sacerdotal Marial. Ces activités, si elles étaient confirmées, montrent combien le père Gabriele était infatigable dans son zèle à faire connaître dans le monde chinois des trésors de la spiritualité occidentale.

Après la publication intégrale de la Bible en chinois, le père Gabriele pouvait chanter son Nunc dimittis : ce bourreau de travail était allé souvent au-delà des limites de sa résistance pour parvenir au bout de ses recherches et de son labeur, qui lui aura pris quarante ans d’efforts patients. Il s’éteignit le 26 janvier 1975.

Le père Gabriele Maria a été béatifié en 2012.

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 00:00

25 JANVIER

 

I.

Conversion de s. Paul, racontée par s. Luc dans Ac 9:1-9 et par s. Paul lui-même dans Ac 22:5-16 et 26:10-18.

S Ananias, qui baptisa s. Paul (cf. Ac:9:10-19), peut-être évêque à Damas et martyr.

IV.

S Arthemas, martyr (enfant ?), à Pouzzoles. 

Ss Agileus, Papias, Secundus, martyrs à Carthage.

S Palæmon, anachorète en Thébaïde, maître de s. Pacôme.

S Bretannio, évêque à Tomes, où il put rentrer d’exil grâce aux protestations des fidèles.

S Grégoire, né à Nazianze où son père était devenu, tard, évêque, et lui conféra le sacerdoce ; s. Basile lui conféra l’épiscopat et il fut évêque à Sasimes puis Constantinople, dont il démissionna pour se retirer à Nazianze ; sa science l’a fait nommer “Théologien” ; il est Docteur de l’Eglise et fêté le 2 janvier, avec son grand ami s. Basile. 

S Publius, abbé près de Zeugma de deux monastères, un grec, l’autre syrien.

S Apollone, ermite en Thébaïde, abbé près de Hermopolis : il imposa aux moines un habit blanc pour ne rien laisser paraître de leurs mortifications.

V.

S Marès, solitaire à Nétis, mort nonagénaire.

VII.

Ss Prix, évêque à Clermont, et Amarinus, ermite à Doroangus, martyrs à Volvic.

?

Ss Donat, Sabin et Agape, martyrs.

VIII.

S Démétrius, archidiacre à Constantinople.

XI.

S Poppon, militaire flamand, moine à Verdun, abbé à Stavelot-Malmédy, réformateur de monastères ; sa mère, Adelwise, est parfois donnée comme bienheureuse.

XIV.

B Heinrich Seuse, dominicain à Constance, mystique, victime de fréquentes accusations calomnieuses, modèle de patience, propagateur de la dévotion au Nom de Jésus.

XV.

B Antonio Migliorati, prêtre augustin en Piceno.

Bse Eleonora (Arcangela) Girlani, fondatrice d’un carmel à Mantoue, mystique.

 

XVII.

 

B Francesco Zirano, prêtre franciscain sarde, martyr en Alger, béatifié en 2014.

 

XIX.      

Bx Gim Sa-jip Franciscus et Jeong Chan-mun Antonius, laïcs coréens martyrs, le premier décapité, le second enterré vivant, béatifiés en 2014.

XX.

B Manuel Domingo y Sol (1836-1909), prêtre espagnol, apôtre des vocations, fondateur d’une congrégation mariale, de la Fraternité des Travailleurs diocésains du Sacré-Cœur de Jésus (pour servir dans les séminaires) et du Collège pontifical espagnol à Rome, béatifié en 1987.
Bse Emilia Fernández Rodríguez de Cortés (1914-1939), gitane espagnole martyre près d’Almería ; enceinte et prisonnière des miliciens, elle mourut peu après l’accouchement ; béatifiée en 2017.

Bse Teresa Grillo (Maria Antonia, 1855-1944), veuve italienne, fondatrice des Filles de la Providence, pour les pauvres, béatifiée en 1998.

B Antoni Świadek (1909-1945), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Ananias

1er siècle

 

Ananias est une figure de premier plan dans le récit de la conversion de Saul, l’apôtre Paul, dont il est question dans les Actes des Apôtres (Ac 9:10-17).

Il est connu pour être un homme pieux et fidèle à la Loi (Ac 22:12).

Ananias (Ananie) aurait pu être un des soixante-douze disciples du Seigneur, ou au moins l’avoir entendu.

Il aurait été évêque à Damas, qu’il aurait évangélisée ainsi que Eleuthéropolis.

Frappé, Ananie aurait été lapidé en dehors de la ville.

Ces détails sont de «tradition» sans être explicitement vérifiés. Il reste que les Orientaux vénèrent Ananias le 1er octobre, tandis que les Latins ont voulu associer sa mémoire à la conversion de saint Paul, qui se fête le 25 janvier ; le Martyrologe ne parle pas de son «épiscopat».

 

 

Arthemas de Pouzzolles

† 304

 

Arthemas a été présenté comme un enfant de Pouzzolles (Campanie, Italie SW), dont les camarades se seraient moqués à cause de sa foi et qu’ils auraient lapidé, peut-être sur injonction des autorités.

Il est certain qu’Arthemas fut un martyr, mais les documents qui n’existent pas ne peuvent nous fournir d’indications sur son âge, le vrai motif de son martyre et ce martyre proprement dit.

A Capoue, en la basilique Sainte-Prisca, il apparaît dans une mosaïque qu’on a datée du cinquième siècle.

Saint Arthemas de Pouzzolles est commémoré le 25 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agileus de Carthage

† 304

 

Agileus est un martyr de Carthage, qui souffrit probablement sous Dioclétien et le préfet Anullinus.

Ce qu’on sait sur lui, c’est qu’il fut très tôt mentionné dans un calendrier, qu’un cimetière porta son nom, ainsi qu’une église - une basilique, dit le martyrologe, qui ajoute que s.Augustin y prononça un discours en son honneur au jour anniversaire de son martyre, 25 janvier, peut-être en 304.

Deux autres Martyrs, nommés Papias et Secundus, étaient autrefois nommés avec Agileus, en ce même jour, sans autre indication.

Saint Agileus de Carthage est commémoré le 25 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palæmon de Thébaïde

† 330

 

Nous savons qu’un grand nombre de saints anachorètes anonymes enfermèrent leurs mortifications et leurs vertus dans l’immense solitude du désert de Thébaïde (Egypte), uniquement préoccupés de se rapprocher de Dieu par leurs efforts pour dominer et vaincre les passions du corps.

Comme eux, Palæmon aurait pu nous rester parfaitement inconnu, si un de ses disciples n’avait consigné par écrit quelques souvenirs de son maître. Nous retrouverons ce s.Pacôme (Pachomius) le 9 mai.

Palæmon donc, fut un des premiers anachorètes de Thébaïde. 

Il vivait retiré au désert depuis un bon nombre d’années, quand Pacôme vint le trouver et lui demander de le prendre pour son disciple. Palæmon n’acquiesçat pas immédiatement, faisant remarquer que beaucoup déjà avaient entrepris ce chemin et n’avaient pu le poursuivre. Il ajouta : Va d’abord travailler à te mortifier dans un monastère et tu reviendras ensuite. Palæmon savait en effet combien la vie monastique est exigeante pour éviter ou supporter les inévitables froissements que l’Ennemi ne cesse de susciter entre les moines.

Et pour le décourager davantage, Palæmon lui donna une idée de son style de vie : tout juste un peu de pain et de sel, jamais de vin ni d’huile ; veillée la moitié de la nuit, pour chanter des psaumes, méditer sur l’Ecriture ; quelquefois cette veillée durait toute la nuit…

Pacôme insista. Palæmon accepta. On verra le 9 mai comment Pacôme sut vraiment profiter des enseignements du Maître.

Ils vivaient dans la prière et l’abstinence continue. Ils se fabriquaient des cilices, et quelques autres travaux, qu’ils vendaient pour leur subsistance ou pour donner quelque aumône.

Pour l’aider à lutter contre le sommeil, Palæmon lui conseilla parfois de transporter du sable d’un endroit à un autre.

Un jour de Pâques où Pacôme avait préparé un «festin» comportant un peu d’huile, un peu de sel et quelques herbes sauvages, Palæmon ne put se résoudre à toucher à cette huile : c’était trop somptueux en regard de Jésus crucifié.

Pacôme fonda, sur invitation céleste, un premier monastère à Tabenne, où Palæmon lui rendit visite.

Il lui promit même de venir le voir chaque année, mais il mourut peu après.

Pacôme, accouru pour l’assister aux derniers moments, vit son âme portée en Paradis par des anges.

Ce fut probablement vers 330.

Saint Palæmon de Thébaïde est commémoré le 25 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bretannio de Tomes

† 380

 

Bretannio fut évêque de Tomes (Scythie, act. Constanția, Roumanie O), au quatrième siècle.

Sa célébrité lui vint de son attachement à la doctrine du concile de Nicée (325) et de son attitude ferme envers l’empereur Valens, qui cherchait au contraire à attirer les évêques dans le parti arianiste.

Vers 368 donc, Valens arriva à Tomes et se rendit à l’église où l’attendaient l’évêque Bretannio et la foule des fidèles. Bretannio lui répondit avec une liberté tout apostolique qu’il n’y avait qu’un seul symbole et une seule vraie foi, selon lesquels nous croyons que Jésus-Christ est vraiment Dieu et vraiment Fils de Dieu.

Valens essaya d’insister, mais Bretannio sortit de l’église, suivi de toute la foule, et gagna une autre église. Valens, furieux, fit arrêter l’évêque et l’envoya en exil.

Il fut cependant obligé de le rappeler peu après, car les Scythes protestèrent fortement et réclamèrent leur évêque avec insistance ; l’enjeu pour Valens était de taille : si la population de cette région limitrophe se soulevait, c’était la sûreté même de l’empire qui était menacée. Il céda, mais par calcul, non pour la doctrine chrétienne.

Bretannio envoya à s.Basile de Césarée (v. 1er janvier) le corps du célèbre Martyr Sabas le Goth (v. 12 avril), à quoi Basile répondit par une lettre qui nous est parvenue.

Bretannio mourut en paix, vers le début du règne de Théodose le Grand, mais avant le concile de Constantinople de 381, où se trouvait son successeur Gerontius, donc vers 380.

Saint Bretannio de Tomes est commémoré le 25 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire de Nazianze

329-390

 

Le père de Grégoire, qui s’appelait aussi Grégoire, fit d’abord partie des hypsistaires, une secte païenne qui n’adorait qu’un seul dieu tout-puissant, mais qui joignait à cette vérité un mélange de toutes sortes de superstitions païennes, un peu comme beaucoup de chrétiens qui se disent tels et vivent avec des croyances tout-à-fait étrangères à la Foi, comme le chiffre treize, l’horoscope, les objets «porte-bonheur»… Il vivait cependant en chrétien, de concert avec sa sainte épouse, Nonna (v. 5 août), à Arianze, près de la petite ville de Nazianze en Cappadoce (act. Bekarlar, Bekar, Nenezi, Turquie CS).

Ils avaient déjà trois enfants : Gorgonie, Grégoire et Césaire. Grégoire-fils vint au monde sur les prières de Nonna, sa mère, qui le consacra à Dieu au service de l’Eglise. 

Grégoire-père eut un songe, dans lequel il se voyait chanter un verset du psaume 121 : Je me suis réjoui de ce que l’on m’ait dit «Nous irons dans la maison du Seigneur». Lui qui n’avait jamais chanté un verset de psaume, fut ravi d’avoir entendu celui-ci et demanda bientôt le baptême. C’était vers 325, l’époque du concile de Nicée.

Lors de son baptême, ce Grégoire se mit à genoux pour recevoir les instructions données, comme cela est requis pour l’ordination des évêques ; et au sortir de son baptême, on le vit entouré de lumière. Ces deux signes furent comme les présages de la prochaine ordination épiscopale de Grégoire.

Il fut en effet bientôt ordonné évêque pour Nazianze, charge qu’il géra de la façon la plus humble et la plus honnête qui fût. Il étudia profondément l’Ecriture. Toutefois, comme beaucoup d’autres évêques, il n’eut pas assez de discernement au moment du concile de Rimini (359), et signa un formulaire qui différait du Symbole de Nicée. Il sentit qu’il avait besoin de son fils Grégoire pour le soutenir et le seconder, et l’ordonna prêtre.

Il mourut saintement vers 374, suivi de peu par son épouse Nonna.

Grégoire-fils, donc, puisque c’est surtout de lui qu’il s’agit ici, nous fournit lui-même maints détails de son chemin spirituel, et raconte comment dans un songe il avait perçu l’inestimable don qu’est la chasteté, qu’il embrassa sans retour et pour toute sa vie.

Il alla étudier en divers endroits, accompagné de son frère Césaire : Palestine, Alexandrie, Athènes. Durant l’un de ces voyages, une violente tempête lui arracha des larmes, car il craignait de mourir sans avoir encore reçu le baptême. C’est à Athènes qu’il rencontra Basile, futur évêque de Césarée, avec qui il se lia d’une sainte amitié extrêmement profonde.

Parvenu à Constantinople, il y reçut le baptême (356) et résolut alors de se retirer dans la solitude, dans la province du Pont, où des austérités excessives compromirent sa santé. Mais comme il voulait quand même s’occuper de ses chers parents âgés, il se trouvait ainsi partagé. Il revint à Nazianze.

C’est alors, comme on l’a vu plus haut, que son père l’ordonna prêtre.

Son frère Césaire mourut en 369, sa sœur Gorgonie peu après (vers 372), et ses vieux parents, vers 374.

En 372, Basile voulut nommer Grégoire au siège de Sasimes, récemment créé. Mais Grégoire, déjà trop affaibli, eut des excuses pour ne pas s’y rendre et se retira plutôt à Séleucie, d’où il fut à nouveau sorti pour être évêque de Constantinople, au moment où Théodose accédait au siège impérial.

Il y avait à Constantinople une maison de la propriété des parents de Grégoire, que celui-ci transforma en église ; cette église porta le nom de Anastasis (c’est-à-dire Résurrection), car la foi était en train de ressusciter à Constantinople, après les pénibles luttes doctrinales qui l’avaient secouée.

L’éloquence et la douceur de Grégoire conquirent beaucoup de monde à Constantinople, y compris des hérétiques qui rejoignaient le bercail de l’Eglise. C’est que Grégoire y mettait de sa personne, dans les veilles, les prières, les larmes, l’aumône, le soin des malades.

Mais des envieux l’attaquèrent aussi, on lui jeta des pierres, on l’accusa devant les tribunaux, un certain Maxime s’était fait sacrer évêque clandestinement pour supplanter Grégoire ; on paya un brigand pour l’assassiner, mais ce dernier en eut honte et vint le lui avouer. Grégoire lui pardonna de bon cœur, critiqué en cela aussi par quelques-uns de ses propres partisans.

Finalement, Grégoire, pour obtenir la paix dans Constantinople et dans l’Eglise, se démit totalement de toute charge et regagna Nazianze, où il continua d’écrire. 

Les discours de saint Grégoire de Nazianze traitent de la plus pure doctrine de l’Eglise : sur la Trinité, sur la nature divine, sur la divinité du Verbe, sur le Saint-Esprit… Ces discours ont mérité à Grégoire le nom de Théologien. Dans ses poèmes, Grégoire nous livre beaucoup de détails biographiques concernant ses parents et lui-même.

Puis il se retira complètement dans son petit bourg natal, Arianze, où il s’enferma dans une solitude complète et dans le silence. 

Il mourut en 389 ou 390. On a longtemps retenu le 9 mai pour son dies natalis, qu’on a finalement rétabli au 25 janvier. 

Le 25 janvier étant la fête de la Conversion de saint Paul, l’Eglise a établi la fête de saint Grégoire de Nazianze avec celle de son cher ami, saint Basile de Césarée, au 2 janvier. Ces deux Saints sont Docteurs de l’Eglise.

Marès de Syrie

† 430

 

Ce reclus se construisit une modeste habitation à Nétis, en Syrie, où il séjourna pendant trente-sept ans. Aux fêtes des martyrs, il charmait l’assemblée des fidèles en chantant les louanges de ceux qui avaient souffert pour la foi.

Théodoret de Cyr s’estime heureux d’avoir vécu dans son intimité. C’est de lui aussi que l’on tient que, Marès ne pouvant pas assister aux divines liturgies, c’est l’évêque qui venait célébrer dans sa cellule. En l’absence d’autel, l’évêque célébrait le saint Sacrifice sur les mains d’un diacre. Alors Marès était transporté d’une extraordinaire joie spirituelle.

Saint Marès vécut jusqu’à l’âge avancé de quatre-vingt-dix ans, dans une extrême austérité.

Il est mentionné au Martyrologe Romain au 25 janvier.

 

 

Præiectus de Clermont

625-676

 

Præiectus (qu’on a traduit de diverses façons : Priest, Prix, Project, Préjet, Prist, Prest, Preils) naquit vers 625 à Vesedone (auj. Vézézoux, Haute-Loire), de parents romains installés en Auvergne, Gundolinus et Elidia.

Elidia eut un pressentiment avant la naissance de son fils ; elle eut même peut-être une sorte de vision dans laquelle il lui sembla voir son fils couvert de sang : un prêtre lui expliqua que ce pouvait être l’annonce du martyre.

Catholiques, les parents de Præiectus le confièrent aux Bénédictins d’Issoire, où il apprit les lettres et le chant monastique.

Déjà les signes se manifestaient sur sa personne. Un jour que des chiens enragés blessèrent plusieurs de ses camarades, Præiectus n’en reçut aucun mal.

Devenu adulte, il fut envoyé à la cour et confié à l’archidiacre Genesius, futur évêque des Arvernes (c’était le titre de l’évêque avant d’être celui de Clermont). Ce Genesius le garda comme conseiller et chargé des aumônes. Præiectus continua de se former, de s’instruire, particulièrement dans la pratique du plain-chant (le chant grégorien). Lors d’une sorte de compétition, il reçut même des appréciations unanimes des auditeurs.

Vers 662 mourut Genesius (v. 3 juin) ; lui succéda peu de temps s. Felix (qui n’est pas dans le Martyrologe) : il confia à Præiectus la paroisse d’Issoire et la direction du monastère de Chantoing. Or Præiectus n’était encore que diacre. Il se consacra pleinement à toutes les œuvres dont il était capable : organiser la prière, fonder un monastère, des églises, un hôpital pour accueillir vingt malades pauvres, sans rien délaisser de sa propre vie spirituelle et ascétique : jeûnes, méditation de l’Ecriture sainte ; son humilité surtout et sa douceur frappaient les esprits.

Felix fut suivi en 665 de Garivaldus, qui fut simoniaque et ne siégea qu’un mois ; vers 666 Præiectus fut élu évêque des Arvernes, à trente-neuf ans. Il prit pour coadjuteur un religieux nommé Evodius.

Præiectus fonda encore le monastère de Chamalières pour les religieuses et un hôpital. Dieu lui permit aussi de faire des miracles. Il guérit un paralytique malade depuis quinze ans, un ermite alsacien affligé de fièvre ; ce dernier, Amarinus, voulut, par reconnaissance, l’accompagner jusque dans son diocèse.

La générosité de Præiectus engendra la situation qui aboutit à son martyre. Il avait en effet reçu un legs d’une personne avant le décès de celle-ci, et on le calomnia auprès du roi Childéric, lequel fit exécuter l’auteur de la calomnie. La famille résolut de se venger. Une équipe de vingt hommes attendit l’évêque et l’ermite Amarinus au village de Volvic. Ils assassinèrent d’abord Amarinus, l’ayant pris pour l’évêque ; Præiectus les rappela en se présentant, et un certain Radbertus, saxon d’origine, le perça de son épée : Præiectus tomba en répétant les mots de saint Etienne (Ac 7:60) et du Christ (Lc 23:34) : Seigneur, ne leur impute pas ce péché, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Un autre bandit lui assena un violent coup de matraque sur la tête. Un autre clerc, Elidus, fut également massacré.

C’était le 25 janvier 676, dies natalis retenu par le Martyrologe Romain, qui mentionne en même temps l’ermite Amarinus.

Le village de Doroangus est devenu Saint-Amarin.

Le culte de saint Prix s’est répandu jusqu’en Allemagne et en Angleterre. A Volvic furent construits un monastère et une église.

 

 

Amarinus de Doroangus

† 676

 

Ce pieux ermite, qu’on appelle aussi Marinus, se construisit une cellule près de Doroangus ou Cloroangus (act. Saint-Amarin, Haut-Rhin, Alsace).

Comme on l’a raconté dans la notice de saint Præiectus, il reçut ce dernier lors de son retour d’auprès le roi Childéric II. Amarinus était alors alité, victime d’une fièvre maligne. Præiectus le guérit d’un signe de croix.

En reconnaissance, Amarinus voulut l’accompagner jusqu’à son diocèse. 

On voudra bien se reporter ici à la notice Præiectus de Clermont.

Depuis, le village de Doroangus a pris le nom de Saint-Amarin, que les Alsaciens appellent Sankt Amàri

Saint Amarinus est commémoré avec saint Præiectus au 25 janvier dans le Martyrologe Romain.

Heinrich Seuse

1290-1366

 

Heinrich naquit à Überlingen sur le lac de Constance, le 21 mars d’une année entre 1290 et 1300.

Son père appartenait à la noble famille Berg ; sa sainte mère était d’une famille de Süs, d’où il prit le nom de Seusen ou Suso en italien. Heinrich eut une sœur.

A treize ans, il entra chez les pères dominicains de Constance, son père ayant désespérément renoncé à en faire un soldat.

Sa vie «mystique» commença vraiment quand il eut dix-huit ans. Il eut une extase qui dura plus d’une heure : il comprit qu’il devait changer complètement et mâta son corps avec de sévères austérités (qu’il sut modérer par la suite) : par exemple il s’était fait un sous-vêtement avec cent-cinquante pointes de cuivre destinées à lui percer la peau, ou aussi des gants avec de petites pointes aiguës, pour l’empêcher de déranger les bêtes qui foisonnaient par terre. Pour dormir, une planche inconfortable, avec une croix garnie de trente clous, juste sous sous corps. En hiver, il dormait par terre jusqu’à geler, tant son corps était couvert de cicatrices, et sa gorge était complètement desséchée par la soif. Il s’imposa aussi la pénitence de ne pas prendre de bain pendant un quart de siècle.

De 1324 à 1327 il fit d’autres études de théologie à Cologne, où il fut près d’Eckhart von Cochheim, «Maître Eckhart», et eut sans doute comme compagnon un autre grand mystique, Tauler.

C’est à Cologne qu’il écrivit son premier opuscule, le Petit Livre de la Vérité (Büchlein der Wahrheit), un ouvrage qu’on a mis au même rang que les homélies de saint Bernard et que l’Imitation de Jésus-Christ. Il n’y aura pas d’autre livre de méditation plus lu en langue allemande durant tout le quinzième siècle. Heinrich le traduisit en latin en 1334, le complétant et lui donnant le nouveau titre de Horologium Sapientiæ, qui fut très répandu dans tout l’Occident.

Heinrich se donnait dans ses écrits le nom de Amandus, et aussi celui de Serviteur de la Sagesse éternelle. Il utilisait l’idiome alémanique avec une rare habileté et contribua à la formation d’une prose germanique soignée. Dans ses écrits il se révéla vraiment un chantre de la Sagesse divine. Ses ouvrages de dévotion furent extrêmement populaires. Saint Pierre Canisius (v. 21 décembre) le lisait volontiers.

Après quelques années d’enseignement à Constance, il fut élu en 1343 prieur, à Diessenhofen, croit-on. Cinq ans après, il fut transféré à Ulm, où il resta jusqu’à la mort.

Là il écrivit l’histoire de sa vie intérieure, et révisa son Petit Livre de la Vérité.

Disciple de Maître Eckhart, il contribua au développement de l’école mystique rhénane. Il propagea l’esprit de réforme dans les monastères, en particulier chez les moniales de Katharinental et Töss.

Outre sa doctrine mystique, Heinrich développa beaucoup la dévotion au «doux nom de Jésus», ainsi qu’envers la sainte Mère de Dieu, pour laquelle il eut des expressions d’une grande beauté.

Seize ans après sa première extase, une nouvelle extase lui annonça que cette phase de souffrances physiques devait terminer et qu’une autre allait commencer, riche en nouvelles épreuves physiques, et en graves persécutions calomnieuses, qu’il supporta avec une rare patience : on faillit l’assassiner, l’empoisonner, un pénitent l’accusa d’être le père de son enfant… Une autre épreuve fut le cas de sa propre sœur, qui s’enfuit de son couvent ; il la rechercha, le retrouva, l’aida à revenir, et l’établit dans un autre monastère, où il resta jusqu’à ce qu’elle fût pleinement pacifiée.

Son activité de prêcheur s’exerça en Souabe, en Suisse, en Alsace, aux Pays-Bas. Il ne s’adressait pas aux masses, mais dans des rencontres personnelles, avec des personnes vivement attirées par sa personnalité et qui lui demandaient des conseils pour leur vie spirituelle.

Il mourut à Ulm le 25 janvier 1366, et fut béatifié en 1831.

 

 

Antonio Migliorati

1355-1450

 

Antonio naquit le 17 janvier 1355 à Amandola (Fermo, Marches, Italie CE), dans une humble famille paysanne. Le papa s’appelait Simpliciano.

Il y avait à Amandola un couvent de pères augustins et Antonio, conquis par ce qu’il y apprit de s.Nicola de Tolentino (v. 10 septembre), entra dans ce couvent.

Après la profession et les études nécessaires, il fut ordonné prêtre vers 1380.

Peu après, il eut la joie d’être nommé gardien du sépulcre de s.Nicola et il y resta une douzaine d’années.

En 1397, on l’envoya dans les Pouilles pour prêcher : nouvelle joie pour Antonio, qui put vénérer à Bari l’autre s.Nicola (v. 6 décembre).

De retour à Amandola, il fut nommé prieur du couvent. Il le resta pendant presque un demi-siècle. Il y entreprit la construction d’une nouvelle église, que la mort l’empêcha de porter à terme.

Antonio mourut le 25 janvier 1455. Les miracles, nombreux et prodigieux (on recensa des résurrections de morts), diffusèrent la sainteté du Religieux.

Il fut béatifié en 1759 par la reconnaissance de son culte immémorial.

Disons aussi, pour être complets, que les soldats français profanèrent son corps en 1798.

 

 

Eleonora Girlani

1460-1494

 

Elle naquit en 1460 à Trino Vercellese (Piémont, Italie NO), de famille bourgeoise, où elle reçut une bonne éducation chrétienne, à laquelle elle correspondit avec tout son cœur. Elle avait deux sœurs : Scolastica et Maria.

Après avoir fréquenté le monastère local des Religieuses, elle eut le désir de devenir à son tour religieuse, aussi son père crut bon de la rappeler à la maison pour bien réfléchir. Tout bien réfléchi, les trois sœurs se décidèrent pour la vie religieuse. Les parents n’y consentirent qu’à condition qu’elles entreraient dans le monastère de Trino, pour rester proches de la famille. Mais Eleonora voulait plus de détachement.

Grâce à l’intervention d’un ami Carme, les trois sœurs se rendirent au couvent des Carmélites de Parme. Eleonora y prit l’habit en 1478, avec le nom de Arcangela. Elle avait un peu moins de dix-huit ans.

Elle fut bientôt choisie pour être prieure et le resta quinze ans. Sa vie était son enseignement : les consœurs la suivaient dans la voie de la perfection, et toute la ville put bénéficier de leurs conseils.

C’est donc avec un certain déchirement qu’on la vit quitter Parme pour Mantoue, où se fondait un nouveau couvent, tandis que Scolastica lui succédait comme prieure.

A Mantoue, Eleonora continua sa vie de sanctification, avec ses mortifications, ses jeûnes et ses prières. Elle faisait en sorte, pour elle comme pour toutes les consœurs, que le nom de leur monastère (Notre-Dame du Paradis) fût vraiment un paradis de sainteté. Elle eut alors de fréquentes extases.

Elle ne touchait à son bréviaire qu’après s’être lavé les mains, par respect pour la Vérité qu’en contenaient les lignes. Elle aimait méditer sur la Naissance et la Passion du Christ. A chaque nouvelle occupation, elle invoquait la Sainte Trinité. Elle eut le don de la prophétie.

Durant ses dernières années de vie, elle souffrit de plusieurs infirmités et de fréquentes fièvres. Aux derniers moments, elle recommanda aux Consœurs l’humilité.

Sa dernière parole fut : Jésus, mon amour ! Elle s’éteignit alors, le 25 janvier 1494 ; elle avait trente-trois ans. Des documents anciens la font mourir le jour-même de son trente-quatrième anniversaire, supposant qu’elle serait née également un 25 janvier.

Juste après sa mort, elle apparut à sa sœur Scolastica à Parme.

Le culte de la bienheureuse Eleonora fut approuvé en 1864 et le Martyrologe la mentionne au 25 janvier.

 

 

Francesco Zirano

1564-1603

 

Francesco Zirano naquit vers 1564 à Sassari (Sardaigne), cette grande île qui était alors dominée par le royaume d’Aragon.

Il entra chez les Frères Mineurs Conventuels (Franciscains) en 1580, et reçut le sacerdoce en 1586.

En 1590, un cousin de Francesco, nommé Francesco Serra, qui était aussi de l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, et diacre, tomba aux mains des corsaires d’Alger. Ses parents proposèrent de le racheter en restituant aux Corsaires un Maure qui était esclave à Sassari ; à leur tour, des Religieux trinitaires tentèrent de le racheter, en vain.

On sait peut-être que c’était déjà au 13e siècle que s.Jehan de Mata (v. 17 décembre) avait fondé l’Ordre des Trinitaires dans le but de recueillir des fonds en vue de racheter les Chrétiens captifs des Musulmans en Algérie. A la fin du 16e siècle, l’Ordre connut quelque décadence et un chapitre décida en 1599 de le reporter à sa rigueur initiale.

C’est la même année que Francesco obtint du pape l’autorisation de recueillir lui aussi des fonds à destination du rachat de son cousin captif en Algérie, mais aussi d’autres Chrétiens prisonniers.

En juillet 1602, il arriva donc en Alger, sur un bateau espagnol. A ce moment-là en effet, le roi local Sid Amar s’était mis d’accord avec le roi d’Espagne pour conquérir la ville d’Alger, alors aux mains des Turcs ; Sid Amar voulait échapper au lourd tribut que lui imposait le sultan, et Felipe III voulait en finir avec la présence des Maures sur terre et sur mer. Ajoutons qu’en Alger régnait le sultan Soliman, un Chrétien renégat originaire de Catane.

Dans un premier temps, notre Francesco réussit à racheter quatre prisonniers d’Alger, qu’il conduisit auprès de Sid Amar. Puis, de septembre à décembre 1602, protégé par Sid Amar, il put encore travailler parmi les Chrétiens, tandis que Sid Amar remportait une première victoire contre Alger. Sid Amar chargea alors Francesco d’aller trouver le roi d’Espagne pour lui annoncer la bonne nouvelle ; c’était en dehors des intentions du Religieux, qui se trouvait ainsi mêlé à une histoire politique qu’il n’avait pas prévue.

Il allait s’embarquer le 1er janvier 1603, quand il fut trahi par des Maures et remis à l’armée d’Alger. Il fut mis en prison dans le grand palais de Soliman, qui fixa sa rançon à trois mille ducats d’or - ce qu’on aurait versé pour racheter dix-sept esclaves. Mais le Grand Conseil d’Alger imposa sa décision : Francesco était un espion, il avait déjà libéré quatre esclave, il devait donc être mis à mort.

On ne connaît pas exactement quelles tortures furent infligées au Religieux ; on sait qu’elles se prolongèrent pendant trois semaines, durant lesquelles Francesco fut continuellement sommé de renier sa foi et d’adhérer à l’Islam. Sur son refus et sa constance héroïque, on l’exécuta, le 25 janvier 1603.

Francesco Zirano a été béatifié en 2014, et inscrit au Martyrologe le 25 janvier.

 

 

Gim Sa-jip Franciscus

1744-1802

 

Gim Sa-jip Franciscus est un laïc coréen né en 1744 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Cheongju, Chungcheong-do, le 25 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Chan-mun Antonius

1822-1867

 

Jeong Chan-mun Antonius est un laïc coréen né en 1822 à Jinju (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Jinju le 25 janvier 1867 et béatifié en 2014.

 

 

Manuel Domingo y Sol

1836-1909

 

Né le 1er avril 1836 à Tortosa (Tarragona, Espagne), Manuel entra à quinze ans au séminaire et fut ordonné prêtre en 1860.

Il fut nommé vicaire à La Aldea (Tortosa) et, un an après, curé à Santiago de Tortosa.

Il fut successivement missionnaire diocésain, curé, aumônier de plusieurs communautés religieuses, professeur.

Il s’occupa particulièrement des jeunes, fondant pour eux un Centre et une revue, la première du genre, El Congregante.

Après les événements anticléricaux de 1868, le séminaire avait été fermé, les séminaristes dispersés. Il voulut construire une maison pour accueillir les vocations et les aider à se former convenablement. Ainsi s’ouvrit en 1873 la Maison de Saint-Joseph, avec vingt-quatre jeunes, qui furent une centaine en peu de temps. En 1879, il ouvrit le Collège Saint-Joseph pour les Vocations Ecclésiastiques, avec trois cents séminaristes.Il en aidait encore une centaine d’autres dans une autre maison.

En 1883, il donna le départ à une Fraternité de Prêtres Ouvriers Diocésains du Coeur de Jésus, destinés particulièrement à la réparation, et à la formation des prêtres. L’évêque de Tortosa l’approuva la même année.

L’initiative plut aux évêques et plusieurs Collèges furent ouverts en peu de temps à Valencia, Murcia, Orihuela, Plasencia, Burgos, Almería, Lisbonne au Portugal, Tolède. Mais surtout, il put ouvrir à Rome un Collège espagnol, en 1892, qui serait le Collège Pontifical Espagnol Saint-Joseph, d’où sortirent des milliers de prêtres et d’évêques.

Désormais, beaucoup d’évêques espagnols, mais aussi mexicains, confièrent la formation de leurs séminaristes à la Fraternité sacerdotale fondée par don Manuel.

L’esprit de réparation envers le Sacré-Coeur se manifestait pour lui dans la dévotion eucharistique. Il aurait voulu dédier un sanctuaire de réparation dans tous les diocèses, mais n’en put inaugurer qu’à Mexico (le Templo Nacional Expiatorio de San Felipe de Jesús) et un autre à Tortosa.

Après avoir célébré la Messe une dernière fois le 18 janvier 1909, il s’éteignit à ce monde le 25 janvier 1909.

Don Manuel, alias Mosen Sol, fut appelé Apôtre des Vocations et béatifié en 1987.

Emilia Fernández Rodríguez de Cortés

1914-1939

 

Emilia était une jeune gitane, née le 13 avril 1914 à Tíjola, Almería. Elle reçut le baptême.

Elle gagnait sa vie en fabriquant des paniers en osier.

Elle eut pour mari Juan Cortés Cortés ; quand on voulut enrôler de force celui-ci dans les rangs des républicains, elle s’y opposa farouchement. Or, elle devait bientôt accoucher ; malgré son état, on l’envoya dans la prison de Gachas-Colorás, sans aucun ménagement.

Dans la prison, une autre détenue lui enseigna comment s’offrir à Dieu, comment prier, notamment avec le chapelet. Au moment de l’accouchement, on mit Emilia en cellule d’isolement : c’est là que naquit la petite Ángeles.

Emilia mourut des suites de cet accouchement douloureux, le 25 janvier 1939. Les circonstances de cette mort ont permis de considérer qu’Emilia avait bien été victime des ennemis du Christ et qu’elle était morte pour sa Foi ; elle fut considérée martyre, et béatifiée en 2017.

Le nom de la bienheureuse Emilia Fernández Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 janvier.

 

 

Teresa Grillo

1855-1944

 

Née le 25 septembre 1855 à Spinetta Marengo (Alessandria, Piémont, Italie), benjamine des cinq enfants de Giuseppe et Maria Antonietta Parvopassau, Teresa Maddalena fut baptisée dès le lendemain, reçut la Confirmation en 1867 et la Première communion en 1872.

Le père était chef de service à l’hôpital, et mourut en 1867.

Teresa étudia à Turin puis à Lodi, chez les Dames Anglaises, où elle prit le diplôme.

Elle épousa Giovanni Michel, capitaine des Chasseurs alpins, en 1877, et fut veuve en 1891.

Un moment fortement déprimée, elle se reprit et reçut dans son hôtel beaucoup de personnes dans le besoin ; devant le nombre, elle vendit l’hôtel et en acheta un plus grand, donnant ainsi le départ à une œuvre nouvelle : le Petit Hospice de la Divine Providence (1893).

En même temps, elle entra dans le Tiers Ordre franciscain. A l’occasion, elle remit sa robe de noces aux pères Capucins pour en faire une aube.

En 1899, elle fit les vœux de religion et son œuvre prit le nom de Congrégation des Petites Soeurs de la Divine Providence. Elle même s’appela désormais Maria Antonia, en souvenir de sa mère.

Le centre de la vie spirituelle des Religieuses était la prière devant l’Eucharistie.

En 1902, elle ouvrit à La Spezia une école maternelle et une maison de couture, qu’elle mit sous le patronage de Iolanda de Savoie.

Des maisons s’ouvrirent vite dans le Piémont, en Lombardie, en Vénétie et dans le sud de l’Italie, puis au Brésil (1900), en Argentine (1927). Elle fit huit fois la traversée de l’Atlantique pour visiter ces maisons.

L’approbation du Saint Siège arriva en 1942.

Teresa Grillo-Michel mourut à Alessandria, le 25 janvier 1944, à quatre-vingt huit ans.

Elle a été béatifiée en 1998.

 

 

Antoni Świadek

1909-1945

 

Prêtre du diocèse de Gniezno, il naquit le 27 mars 1909 à Pobiedziska (Wielkopolskie, Pologne), de Władysław et Włdysława Mieleszyńskich.

Durant ses études à Kepno, il fit partie de la Société de Marie et des Scouts.

Entré au séminaire de Poznan, il fut ordonné prêtre en 1933.

On le nota oublieux de soi-même et serviable.

Vicaire à Bydgoszcz, il devait y rester jusqu’à son arrestation en 1942. Mais il reçut aussi d’autres missions : en 1937, il remplaça le prêtre de la paroisse de Saint Stanislas et en dirigea les travaux de construction de l’église.

Il fut aussi aumônier pour les Scouts et les Militaires.

Lors de la guerre en 1939, il se porta volontaire comme aumônier des troupes, et le fut jusqu’à la défaite polonaise.

Il eut le courage de mantenir la langue polonaise dans les cérémonies, malgré l’interdiction des autorités allemandes. Il continua de préparer les enfants à la Première communion, chercha à soulager les pauvres et les déshérités.

Dénoncé, il fut arrêté en été 1942, mis en prison à Bydgoszcz, et déporté à Dachau en octobre. Il y porta le numéro 37193.

Il fut pris de fièvre typhoïde, mais en guérit. Comme prêtre, il dut effectuer des travaux particulièrement pénibles, dans les commandos de fabrique des vêtements, puis dans les plantations.

En janvier 1945, il prit le typhus et en mourut (ou bien fut « éliminé ») le 25 janvier 1945.

Il a été béatifié en 1999.

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00

4e dimanche per annum

 

Les dimanches précédents, nous avons vécu le baptême de Jésus pas Jean-Baptiste et l’appel des premiers apôtres. Jésus va maintenant inaugurer sa prédication.

 

*       *       *

Dans la première lecture, Moïse annonce au peuple d’Israël la venue d’un Prophète. Moïse lui-même a toujours parlé au nom de Dieu ; il y eut après lui les grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel,  Daniel), qui vinrent après Samuel et Elie ; Jean-Baptiste fut le dernier prophète, qui fit la charnière entre l’ancien et le nouveau Testaments.

Nul doute que Le prophète annoncé par Moïse est le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ. Saint Pierre y fait directement allusion dans son discours (Ac 3:22-23), précisant bien que tous ces prophètes avaient annoncé ces jours-ci, ceux du Christ.

En quel prophète, sinon en Jésus, Dieu n’a-t-il mis par excellence ses paroles dans sa bouche ?

On a parfois objecté que Dieu annonçait la prochaine mission de Josué en continuateur de celle de Moïse, car Moïse ne devait pas entrer dans la Terre Promise, mais bien Josué. Toutefois, Josué lui-même (dont le nom n’est qu’une autre forme de Jésus) est une figure prophétique ; le vrai prophète, qui devait venir, c’était Jésus-Christ, comme l’ont écrit plus tard les Pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, Irénée) .  

C’est pour cela que les Juifs demandèrent à Jean-Baptiste s’il était Le prophète (Jn 1:21), avec l’article défini. C’est donc bien Jésus que nous devons écouter.

Mais n’oublions pas l’avertissement que Dieu nous donne au terme de la même lecture : il s’agit là des faux prophètes, ceux que Dieu n’a pas envoyés, et qui prétendent pourtant être «inspirés». Cet avertissement peut viser beaucoup de chefs de sectes, d’auteurs même célèbres, auxquels on se réfère comme à des phares, mais qui trompent leurs adeptes et ne font que répandre de l’ivraie dans le champ de l’Eglise.

 

*       *       *

Le psaume 94 est le chant par lequel commence chaque jour l’Office divin (qu’on appelle communément le Bréviaire ou Louange des Heures). 

Le point focal de ce psaume est aujourd’hui cette interrogation : Ecouterez-vous sa parole ?, qui nous invite à écouter l’enseignement divin.

Notons le mot Rocher du début du psaume. L’auteur ne nous demande pas d’acclamer un morceau de pierre quelconque et de tomber dans quelque idolâtrie. Le Rocher, c’est d’abord le Rocher d’où jaillit l’eau dans le désert, un roc qui annonçait le Christ donnant l’Eau de la Vie. Dans le Deutéronome, ce Rocher est clairement personnifié : Il a déshonoré le Rocher, son salut… Tu oublies le Rocher qui t’a mis au monde (Dt 32:15, 18).

Le psaume fait directement allusion, ensuite, à la Personne de ce Rocher : s’il ne s’agissait pas du Messie divin annoncé, il ne nous inviterait pas à l’acclamer, à nous incliner, à nous prosterner, à l’adorer.

Prenons à la lettre cette invitation, et n’hésitons pas à nous incliner, nous prosterner, dans le sanctuaire où se trouve la présence du Christ dans l’Eucharistie. Adorons-le !

Quand Jésus donnera ensuite à Simon le nom de Pierre, ce n’est pas pour faire un banal jeu de mots, mais bien pour exprimer que désormais, nous devrons écouter le Roc de l’Eglise, dans la personne de son Chef, Pierre, et de ses successeurs. 

C’est un calcul trop humain de comparer entre eux les papes, pour en préférer un plutôt qu’un autre. Le Pape, c’est le successeur de Pierre : on doit l’écouter, pour être fidèle à l’Eglise voulue par le Christ.

 

*       *       *

Sans lien direct avec ce qui précède, nous continuons de lire des extraits de la première Epitre aux Corinthiens. Après l’enseignement concernant l’adultère et la fornication, l’Apôtre Paul expose aujourd’hui l’excellence de l’état du célibat, dans l’esprit de consécration totale à Dieu. 

Rappelons tout de suite que Paul ne rabaisse pas la vocation du mariage, tant il est vrai que, pour reprendre une idée de saint Augustin d’Hippone, pour engendrer des (futurs) prêtres, il faut bien qu’il y ait au préalable des parents.

Paul veut surtout encourager ceux et celles qui pourraient hésiter dans l’une ou l’autre voie, le mariage ou la consécration. Et il nous dit que dans le mariage, on est forcément moins libre pour la prière et le service des autres. Dans une même ligne de pensée, saint François de Sales fait justement remarquer que l’artisan ne peut être tout le jour à l’église comme le religieux (Introduction à la Vie Dévote).

Pour un Juif, ne pas être marié était une situation rarissime et même exceptionnelle dans l’Ancien Testament, car il fallait absolument perpétuer la race juive des croyants. 

Jésus a réellement innové, en instituant une génération nouvelle, par le Sacerdoce nouveau : il a donné naissance à la nouvelle génération de ceux qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1,13).

Jésus ne s’est pas marié ; les Apôtres mariés ont vécu dans le célibat après leur appel, et beaucoup de saints évêques après eux ; Paul ne s’est pas marié ; sans cesse l’Eglise a rappelé cette sainte exigence de la consécration totale des diacres et des prêtres, ainsi que des moniales (les “veuves” dont il est sans doute question par exemple dans 1Tim 5).

Le célibat n’est pas une “obligation” imposée, une condition sine qua non, un joug insupportable. C’est un état particulier où Dieu seul appelle, en donnant à Ses candidats une grâce spéciale pour vivre ainsi. Le pape Jean XXIII, maintenant canonisé, fit un jour cette confidence aux séminaristes de Rome : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Nos journalistes ne manquent jamais une occasion de parler, à leur façon, de cet argument en présentant certaines demi-vérités qu’ils complètent de faux arguments, maniant à l’envi l’ironie ou le mépris envers tous ceux qui, dans l’Eglise, rappellent cette tradition sacrée du célibat sacerdotal et de la consécration des religieux et des religieuses. On pourrait dire d’eux en vérité qu’ “ils ne savent pas ce qu’ils font” (Lc 23:34). Il faudrait d’abord interroger des prêtres, des religieuses : ils ont été heureux de se consacrer totalement à Dieu dans le célibat. 

Dans les séminaires et les noviciats, on n’entend personne parler de la «difficulté» de vivre dans le célibat ; on s’y prépare en toute connaissance de cause. Celui ou celle qui est appelé(e) par Dieu réellement, ne pense pas au mariage.

Si beaucoup de jeunes n’entendent pas cet appel aujourd’hui, c’est que leurs oreilles bourdonnent des bruits d’un monde athée qui n’aime pas Dieu. Mais quand l’appel se fait un peu plus pressant, un peu plus clair, ils l’entendent très bien et savent y répondre généreusement. Dans une de ses visites en France, Jean-Paul II l’a bien mis en évidence : le problème n’est pas l’appel de Dieu, mais l’écoute de l’appelé, et sa réponse.

Ce n’est pas le célibat qui détourne les jeunes du sacerdoce. Dans les autres religions aussi se fait sentir le problème religieux : les temples protestants, les synagogues israélites, les églises orthodoxes, ne sont pas plus remplies que nos lieux de culte catholiques, et leurs ministres ne sont pas plus nombreux que les nôtres bien qu’ils puissent être mariés. La crise de la foi et des vocations est universelle, liée au matérialisme ambiant, un matérialisme qui, bien sûr, ne conduit pas à Dieu.

 

*       *       *

Jésus commence sa vie publique. Le voici près de Nazareth, à la synagogue de Capharnaüm. Les foules vont commencer à entendre l’annonce du Royaume - ce troisième des cinq Mystères Lumineux de notre Rosaire. 

Ce qui frappe d’abord la foule qui écoute Jésus, c’est sa douceur, sa patience, son humilité, qui contrastent avec les habitudes fières des prêtres et des docteurs de la Loi. C’est autre chose d’agir doucement avec autorité, que de l’imposer avec sévérité.

L’autorité de Jésus, c’est la lutte contre le Mal et contre les Esprits mauvais. Contre le Nom de Jésus, le Démon ne peut rien.

Notons bien ceci : l’Esprit mauvais du pauvre possédé ne dit pas une chose fausse, en reconnaissant que Jésus de Nazareth est le Saint de Dieu. L’Esprit mauvais sait beaucoup de choses, et il en indique certaines aux faux voyants. L’erreur majeure de cet Esprit mauvais est de ne pas adorer le Christ, et d’empêcher l’homme de L’adorer. On se rappelle ici le psaume de tout à l’heure. Cela sera aussi pour nous un signe de discernement entre le bon et le mauvais Esprit : ce dernier ne nous dira jamais : Adore Dieu ! Au contraire, quand il viendra tenter le Christ au désert, il demandera au Christ de l’adorer, lui, le Démon, l’Esprit du mensonge et de l’orgueil.

Autre manifestation de l’Esprit mauvais que nous remarquons en lisant l’évangile : il se mit à crier, et sortit de cet homme en poussant un grand cri. Il ne sait pas faire faire autre chose à sa victime : crier ;  crier peut-être une chose juste (Tu es le Saint de Dieu), mais Jésus ne veut pas de ce genre de tapage médiatique ; ce qu’Il attend, c’est notre conversion, et c’est cela que le troisième Mystère Lumineux veut nous faire méditer : écouter Jésus et nous convertir en vérité. 

Notre conversion ! C’est pour cela que Jésus nous appelle, c’est cela qu’Il désire pour nous, c’est cela l’objet de son amour pour nous. 

Une dernière observation : L’Esprit de Dieu nous invite à L’adorer. Cette adoration, nous la devons à Dieu tous les jours, mais particulièrement le Jour du Seigneur, le dimanche. Jésus a rencontré la foule le jour du sabbat, et à la synagogue, parce que dans l’ancienne Loi, c’était ce jour-là qu’on se reposait (cf. Gn 2:2-3). Depuis la Résurrection du Christ, c’est au huitième jour que nous nous «reposons». La fête de Pâques sera une occasion de revenir sur ces arguments.

 

*       *       *

 

Retenons donc bien la Prière du jour : adorer Dieu sans partage ; et avoir une vraie charité pour tout homme, c’est-à-dire l’aider à se convertir.

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00

24 JANVIER

 

III.

S Felicianus, évêque à Foligno pendant cinquante-six ans, martyr nonagénaire.

S Babylas, évêque à Antioche ; il eut la sainte audace d’ordonner à l’empereur d’aller dans les rangs des pénitents.

S Sabinianos, grec passé de la philosophie à la foi, baptisé près de Troyes, martyr à Rilly.? Ss Mardoine, Muson, Eugène et Metellus, martyrs à Néocésarée.

IV.

Ss Paul, Pausirion et Théodotion, frères martyrs en Egypte ; le troisième était brigand et vint se constituer pour s’unir à eux.

S Arthème, évêque à Clermont, où la maladie l’avait arrêté dans son voyage de Trèves en Espagne.

? Ss Thyrse et Prix, martyrs (en Gaule ?).

V.

S Macédone, anachorète près de Antioche, mort nonagénaire.

S Exsuperantius, africain, évêque à Cingoli.

VI.

B Suran, abbé à Sora, abattu par un brigand.

VII.

S Bertran (Ebertram), moine à Luxeuil, abbé à Saint-Quentin.

XVI.

Bse Paola Gambara Costa, noble italienne, veuve à Bene, tertiaire franciscaine ; elle convertit la maîtresse de son mari.

XVII.

Bx William Ireland, jésuite anglais et son disciple, John Grove, martyrs à Tyburn.

XVIII.

Bse Marie Poussepin, dans la région de Chartres, fondatrice des Sœurs dominicaines de la Présentation de la Vierge Marie, pour les jeunes filles, les pauvres et les malades ; béatifiée en 1994.

XIX.

Bx laïcs polonais de rite grec-catholique, martyrs, béatifiés en 1996 : Ignacy Frańczuk, Konstanty Bojko, Daniel Karmasz, Konstanty Łukaszuk, Filip Geryluk, Maksym Hawryluk, Bartłomiej Osypiuk, Jan Andrzejuk, Wincenty Lewoniuk, Lukasz Bojko, Onufry Wasyluk, Michał Wawryszuk, Anicet Hryciuk.

XX.

B Francisco María Colomer Presas (Pacià, 1916-1937), novice capucin espagnol, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

B Luigj Prendushi (1894-1947), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

B Giuseppe Giaccardo (Timoteo, 1896-1948), prêtre de la Société de Saint-Paul-Apôtre ou Pauliniens, mort à Rome de leucémie foudroyante, béatifié en 1989.

Felicianus de Foligno

160-249

 

Felicianus naquit vers 160 près de Foligno (Ombrie, Italie C) au temps de l’empereur Gordianus I, de parents chrétiens.

Modèle de vertu, il alla étudier à Rome, où même ses camarades païens admiraient et l’homme et sa science, tant il mit à profit son temps pour acquérir de larges connaissances. Ce fut au point que le pape Eleutherius (v. 26 mai) l’appela, lui conféra les Ordres sacrés et l’aurait même gardé près de lui, si la Providence n’en avait décidé autrement.

Felicianus en effet rentra dans son pays, et mit tout son zèle à évangéliser les païens, encore nombreux. Les baptêmes qu’il conférait, il les célébrait très discrètement, pour ne pas attirer l’attention sur lui.

C’était un peu peine perdue, car on ne pouvait plus l’ignorer. Quand l’évêque de Foligno mourut (193), c’est sur Felicianus que tous se tournèrent. Comme il s’y refusait, on l’emmena à Rome pour demander son avis au pape. Celui-ci, Victor (v. 28 juillet) qui connaissait déjà Felicianus ne put que se réjouir d’un pareil choix et consacra lui-même le nouvel évêque ; il lui conférait même le droit de consacrer d’autres évêques.

On ne sait exactement à qui Felicianus succédait sur le siège de Foligno ; en effet, les deux premiers évêques de ce siège, Crispoldus et Brictius, posent aux savants des problèmes d’identité ou même d’historicité ; le troisième évêque en revanche, si du moins il a vraiment existé, reste pour nous «anonyme», de sorte que Felicianus apparaît comme le premier évêque connu de Foligno.

Felicianus consacra plusieurs évêques dans les environs de Foligno, à Terni, à Spolète ; mais il n’est pas aisé de suivre ces événements lointains ; c’est ainsi que Spolète revendique aussi Felicianus comme son sixième évêque, à la même époque que le nôtre.

Cependant la persécution reprit sous l’empereur Dèce (249). Felicianus fut arrêté et soumis à la torture pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains ; sans aucun égard pour son grand âge, on le jeta en prison ; on voulut l’amener devant Dèce, mais le vénérable évêque nonagénaire mourut en route, d’épuisement et des suites de ces mauvais traitements.

C’était le 24 janvier 249.

Son épiscopat avait duré cinquante-six ans.

Saint Felicianus de Foligno est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Babylas d’Antioche

† 250

 

La ville d’Antioche (act. Antakya, frontière syro-turque) est le siège patriarcal le plus ancien de l’Eglise ; c’est là que s.Pierre s’établit avant d’aller à Rome.

On ne connaît rien de la personne de Babylas, jusqu’à son accession au siège épiscopal d’Antioche, dont il devenait en 237 le treizième titulaire.

S.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) rapporte un unique fait, caractéristique, dit-il, de cet évêque, car il permet de juger avec une entière assurance qu’il n’a jamais donné même une parole à la faveur ou à la haine, à la crainte ou à la flatterie.

Voici de quoi il s’agit. L’empereur Philippos avait été associé à l’empire par Gordianus III, et comme gage d’union et de paix il avait reçu un enfant de ce même Gordianus. Or, Philippos eut la cruauté de mettre à mort cet enfant. Lors de la solennité de Pâques, il vint à Antioche et se plaça parmi les fidèles. Babylas s’avança au-devant du prince, lui mit la main sur la poitrine, le regarda d’un œil divinement illuminé, et lui ordonna d’aller se mettre au rang des pénitents publics ; en même temps, il le menaçait, en cas de refus d’obéissance, de le chasser de l’Eglise.

Jean Chrysostome ajoute qu’on doit surtout admirer là la sagesse pleine de modération dont usa Babylas ; il remplit son ministère, sans violer le respect dû à l’empereur ; il lui eût été facile de reprocher à Philippos son meurtre par des paroles sévères : il se contenta de faire une incision suffisamment profonde pour guérir la plaie.

Ceci se passait en 244, quand l’empire était encore dans une paix relative et que les Chrétiens n’étaient pas inquiétés. Mais la persécution se déchaîna à nouveau sous Dèce. Babylas fut alors un des premiers à être jetés en prison, tant son rang et son intégrité l’avaient rendu célèbre.

On n’eut pas le temps de le torturer longuement, ni même de le condamner à mort : il mourut en prison, des suites des mauvais traitements qu’on lui imposa : faim, soif, froid…

Avant de mourir, Babylas demanda à être enterré avec ses chaînes, car il les regardait comme l’instrument de son triomphe.

La date retenue de sa mort est le 24 janvier 250.

Le Martyrologe ajoute qu’avec lui souffrirent également trois enfants, nommés Urbanus, Prilidanus et Epolonus.

Saint Babylas d’Antioche est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sabinianos de Samos

† 275

 

Originaire de Samos (Mer Egée, Asie Mineure), Sabinianos avait un père païen, qui le poussa aux études.

Le garçon approfondit les philosophes, et trouva une Vérité bien supérieure dans l’Ecriture sainte.

Il s’arrêta un jour sur le verset du psaume 50 : Tu m’arroseras avec l’hysope, dont il ne percevait pas le sens ; un ange lui révéla alors qu’il s’agissait du baptême.

Dès lors, il s’adonna à la lecture assidue de l’Evangile. Son père le remarqua et menaça de le dénoncer au juge. Aussi Sabinianos résolut de quitter rapidement la maison paternelle.

Son périple le conduisit en Gaule, à Troyes, où s.Patrocle (v. 21 janvier) lui conféra le baptême.

Sabinianos prêcha alors dans toute la contrée, faisant beaucoup de conversions.

L’empereur Aurelianus, de passage, vint à l’apprendre ; il fit martyriser Patrocle et convoqua Sabinianos. Pour l’intimider, il fit exécuter sous ses yeux une cinquantaine de néophytes, puis le fit torturer de mille façons, sans que Sabinianos renonçât à sa Foi, ni même ne subît quoi que ce fût de ces diverses tortures. 

Sabinianos fut finalement décapité à Rilly, en 275.

Saint Sabinianos de Samos est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Exsuperantius de Cingoli

5e siècle

 

La fidèle tradition nous rapporte qu’Exsuperantius naquit au cinquième siècle en Afrique, dans une famille attachée à l’arianisme et au manichéisme.

Mais le jeune garçon voulait passer réellement au christianisme. Ayant enfin obtenu le consentement de son père, il fut baptisé à douze ans.

Une fois adulte, il refusa de se marier, quitta sa famille et commença à prêcher l’Evangile.

Avec un serviteur, il s’embarqua à destination de l’Italie. Durant la traversée, il fit cesser une forte tempête et amena au Christ tout l’équipage.

Parvenu à Rome, il se mit à prêcher et fut arrêté. Le pape (?) réussit à le faire libérer et l’ordonna évêque pour Cingoli (Marches, Italie CE). 

On ne connaît ni les dates de l’épiscopat d’Exsuperantius, ni le nom de ce pape (il y en eut treize durant le cinquième siècle, presque tous Saints, parmi lesquels s.Léon le Grand, v. 10 novembre). 

Exsuperantius devenait le deuxième évêque de cette ville et le resta quinze années.

Nombreux furent les miracles qu’on attribua à sa prière et à ses mérites.

Il annonça sa mort, qui advint un 24 janvier d’une année qu’on n’a pas précisée.

Douze années plus tard, plusieurs villes voisines furent frappées d’une épidémie : un ange apparut et ordonna une procession des reliques d’Exsuperantius pour faire cesser le mal.

Saint Exsuperantius de Cingoli est commémoré le 24 janvier dans le Martyrologe Romain.

Paola Gambara Costa

1473-1515

 

Paola naquit le 3 mars 1473, à Verola Alghisi (auj. Verolanuova, Brescia, Italie N), dans une famille noble.

Elle était l’aînée des sept enfants de Pietro et Taddea Caterina Martinengo ; après elle naquirent : Marietta (qui sera moniale), Ippolita (qui sera la mère de quatorze enfants), Laura, Federico, Lodovico et Maddalena.

Ce qui était remarquable, dès son enfance, était son attrait pour la solitude. Mais sans se soucier de cette tendance, les parents la promirent à Ludovico Antonio Costa, comte de Binasco. Paola avait… douze ans.

Paola reçut les conseils paternels d’un saint prêtre, Angelo de Chivasso (v. 11 avril), qui l’aida à être aussi bien une bonne épouse qu’à éviter les dangers des salons.

Le mariage eut lieu en grande pompe en 1485 et les époux s’installèrent à Bene.

Ludovico n’appréciait cependant pas de bon cœur les bonnes œuvres de son épouse, préférait la chasse et les banquets, tandis que Paola se portait spontanément auprès des pauvres, surtout les victimes des temps difficiles qu’on traversait : famines, guerres, épidémies. 

Elle fut la marraine d’une infante de la maison de Savoie.

En 1488, un enfant naquit, Gianfrancesco ; Paola obtint de son mari de faire distribuer alors à la population de grandes quantités de nourriture.

En 1491, Paola prit l’habit du Tiers-Ordre franciscain, qu’elle portait sous ses vêtements quotidiens.

Ludovico continuait à mépriser les habitudes saintes de son épouse. Il lui reprochait de gaspiller les réserves du château, mais Dieu au contraire les multiplia et elles ne manquèrent jamais. 

Bien pire, Ludovico en vint à introduire dans la maison une autre femme, mettant ainsi en grand danger l’harmonie du couple. Paola en fut réduite à vivre retirée, dans l’impossibilité même de sortir du château.

En 1495, le petit Gianfrancesco partit étudier à Chieri. Nouvelle épreuve pour la maman qui, de plus, à partir de ces années-là, souffrit de fréquents et très douloureux maux de tête.

En 1500 cependant, le couple fit une agréable visite à la famille de Paola. Mais au retour, Paola poussa la patience jusqu’à l’héroïsme envers sa «rivale» qui tomba malade brusquement ; elle la soigna amoureusement et l’aida à mourir chrétiennement. Là encore, il y eut des langues de vipères qui accusèrent Paola d’avoir été responsable de cette mort.

Quand Gianfrancesco revint au château, son père voulut organiser un banquet pour l’événement ; le vin manqua, car Paola en avait largement distribué à la population ; Ludovico se fâcha, mais sur la prière de Paola, les tonneaux se remplirent immédiatement. Un autre miracle convainquit enfin Ludovico : un jour qu’il surprit sa femme sortir avec le tablier rempli de victuailles pour les pauvres, il lui demanda d’ouvrir son tablier, et il en sortit de magnifiques roses (en plein hiver). 

Ludovico tomba malade en 1506 ; soigné amoureusement par son épouse, il guérit et voulut exprimer sa gratitude à Dieu en offrant au couvent de Cuneo un beau calice et deux burettes d’argent. C’est alors que Ludovico se convertit vraiment et désormais laissa faire Paola. Il mourut en bon chrétien.

Devenue veuve, Paola s’offrit totalement à Dieu dans une vie de mortification, de soulagement de la misère, au service des pauvres.

Elle mourut le 24 janvier 1515 et de nombreux miracles attestèrent encore sa sainteté. 

Le Martyrologe mentionne au 24 janvier la bienheureuse Paola, dont le culte fut reconnu en 1845.

 

 

William Ireland

1636-1679

 

William était le fils aîné de William Ireland de Crofton Hall (Yorkshire) et de Barbara Eure de Washingborough (Lincolnshire), et naquit en 1636.

Après ses études secondaires, il passa au Collège anglais de Douai, puis entra chez les Jésuites à Watten en 1655. 

Après sa profession religieuse et son ordination sacerdotale (1673), il fut le confesseur des Clarisses à Gravelines pendant quatre ans puis, en 1677, envoyé en mission dans son pays d’origine, comme procureur pour la province anglaise.

Il se dissimula sous le nom de William Ironmonger, pour mieux rejoindre les catholiques.

Lors du «complot de Titus Oates», il fut arrêté par Titus Oates lui-même dans la nuit du 28 septembre 1678, avec d’autres parmi lesquels John Grove, un laïc officiellement propriétaire de cette maison à Londres, mais occupée par des Jésuites. L’ambassadeur d’Espagne habitait là aussi.

Après une rigoureuse prison, William et John furent tous deux condamnés à mort le 17 décembre suivant, avec Thomas Pickering, pour avoir «le 19 août précédent, sous le toit du jésuite William Harcourt, projeté l’assassinat du roi». Concernant William Pickering, v. 9 mai ; pour William Harcourt, v. 20 juin.

Oates et Bedloe jurèrent que Grove devait recevoir 1500 £ pour ce travail, et Pickering 30000 messes. Dans son journal écrit à Newgate, Ireland racontait ce qu’il avait fait jour après jour durant son absence de Londres entre le 3 août et le 14 septembre, et avait donc un alibi évident, mais une femme vint jurer qu’elle l’avait vu à Fetter Lane - une rue de Londres - le 20 août. Ces faux-témoins refirent ce qui s’était passé pour Notre-Seigneur quinze siècles plus tôt.

Tous les trois furent jugés coupables ; après deux renvois, Ireland et Grove furent exécutés ensemble. Grove proclama : Nous sommes innocents, on nous prend la vie pour un motif tout-à-fait illégal, nous prions Dieu de pardonner à ceux qui en sont la cause.

William Ireland et John Grove furent exécutés le 24 janvier 1679 à Tyburn, et furent béatifiés en 1929.

 

 

John Grove

† 1679

 

Comme on l’a dit dans la notice du bienheureux William Ireland, John était le propriétaire officiel de la maison londonienne où habitaient les Jésuites. Il s’était fait leur serviteur.

Il était irlandais.

Il fut arrêté le 28 septembre 1678, en même temps que le père William Ireland, et tous deux furent mis en prison.

John fut accusé d’avoir reçu 1500 £ pour collaborer au complot contre le roi, le fameux «complot Titus Oate». 

Il fut exécuté le même jour que William Ireland, le 24 janvier 1679, et avec lui béatifié en 1929.

 

 

Marie Poussepin

1653-1744

 

Marie naquit le 14 octobre 1653 à Dourdan (actuelle Essonne), d'une vieille famille de notables parisiens. On ne dit rien sur son enfance.

Adulte, elle reprit la fabrique familiale du travail de la soie, mais quand l'industrie de la soie périclita, elle sut l'orienter vers l'industrie de la laine, introduisant le métier à tisser pour la première fois en France.

En 1685, son atelier était l'unique à fabriquer des bas de laine avec le métier à tisser ; en 1702, Dourdan était la deuxième ville de France pour cette activité.

Marie eut une idée fort heureuse pour sortir les jeunes de la rue et des plaisirs lâches : elle recruta des ouvriers entre quinze et vingt-deux ans, qui s'engageaient à produire chaque semaine quatre paires de bas, non payées, mais ce qu'ils produiraient en sus serait (largement) payé.

Mais Marie ne fut pas seulement chef d'entreprise ; elle s'engagea  dans une Fraternité de charité, dans une Fraternité du Tiers-Ordre dominicain, où elle donna le meilleur d'elle-même pour visiter les malades, les veuves, les mendiants.

En 1695, elle fera un pas de plus dans la Charité, en fondant une communauté qui s'occuperait des orphelines, des veuves, des femmes malades, pour apporter quelque chose d'évangélique à la condition de la femme.

La communauté, liée tout d’abord au Tiers-Ordre dominicain s'installa à Sainville, et Marie lui donna tous ses biens. La communauté s'enrichit d'une école pour les filles, visitait les malades... Elle s'agrandit et se multiplia : Auneau, Meung-sur-Loire, Joigny, Massy, Chilly-Mazarin, jusqu'à vingt maisons en 1725.

Par volonté de l'évêque de Chartres, cette communauté resta ensuite longtemps indépendante de l'Ordre dominicain. 

Les Religieuses doivent travailler dans le monde gratuitement, devant gagner leur vie par quelque travail personnel. D'abord appelées Sœurs de Charité Dominicaines de la Présentation de Tours, elles porteront le nom simplifié de Sœurs de la Présentation, qui enfin s'agrégeront à la famille dominicaine en 1959 et compte aujourd'hui plusieurs milliers de Religieuses dans le monde entier, dévouées à l'enseignement et à la médecine.

Marie mourut à quatre-vingt-onze ans, le 24 janvier 1744 à Sainville ; après que la Révolution eut dispersé les communautés, on oublia jusqu’à l’endroit de la tombe de Marie Poussepin ; elle fut retrouvée en 1857, sous une dalle rompue...

Marie Poussepin fut béatifiée en 1994.

Martyrs de Pratulin

1874

 

On ne va pas refaire l’histoire des mesures prises par le pouvoir russe contre l’Eglise catholique polonaise.

Disons seulement ici que le village de Pratulin (Biała Podlaska), à l’extrême frontière polono-biélorusse, faisait partie de la dernière communauté gréco-catholique de Chelm.

En 1873, le tsar ordonna de rattacher cette communauté au patriarcat orthodoxe de Moscou.

En janvier 1874, un prêtre orthodoxe, accompagné d’une troupe de policiers, se présenta pour prendre possession de l’église. A l’attendre se trouvaient là treize hommes laïcs, résolus à défendre leur trésor par fidélité à l’Eglise romaine.

L’épisode est communément relaté en date du 24 janvier 1874, ainsi qu’au Martyrologe.

On trouve cependant des dates différentes concernant la mort des treize Martyrs, dont la plupart seraient morts le 14 janvier, et trois les 16 et 17 janvier, des suites de leurs blessures.

L’attaque en question aurait-elle eut lieu le 14 janvier ? Quelle version choisir ?

On s’en tiendra à la date du Martyrologe pour l’événement proprement dit. Ci-dessous, on trouvera les prénoms et noms des victimes.

 

Anicet Hryciuk    mort le 14 janvier (?) Le plus jeune du groupe (dix-neuf ans).

Bartłomiej Osypiuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Daniel Karmasz    mort le 14 janvier (?) Marié.

Filip Geryluk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Ignacy Frańczuk    mort le 14 janvier (?) Le doyen du goupe (cinquante ans). Marié.

Jan Andrzejuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Konstanty Bojko    mort le 14 janvier (?) Marié.

Konstanty Łukaszuk    mort le 16 janvier (?) Marié.

Łukasz Bojko    mort le 14 janvier (?)

Maksym Hawryluk    mort le 17 janvier (?) Marié.

Michał Wawryszuk    mort le 17 janvier (?) Marié.

Onufry Wasyluk    mort le 14 janvier (?) Marié.

Wincenty Lewoniuk    mort le 14 janvier (?) Marié.

 

Tous ces Martyrs furent béatifiés en 1996.

 

 

Ignacy Frańczuk

1824-1874

 

Laïc polonais, né en 1824 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Konstanty Bojko

1826-1874

 

Laïc polonais, né le 25 août 1826 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Daniel Karmasz

1826-1874

 

Laïc polonais, né le 22 décembre 1826 à Przedmiescie-Pratulin.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Konstanty Łukaszuk

1829-1874

 

Laïc polonais, né en 1829 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Filip Geryluk

1830-1874

 

Laïc polonais, né le 26 novembre 1830 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Maksym Hawryluk

1840-1874

 

Laïc polonais, né le 2 mai 1840 à Bohukały.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Bartłomiej Osypiuk

1843-1874

 

Laïc polonais, né le 3 septembre 1843 à Bohukały.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Jan Andrzejuk

1848-1874

 

Laïc polonais, né le 8 avril 1848 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Wincenty Lewoniuk

1849-1874

 

Laïc polonais, né en 1849 à Kryczew.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Łukasz Bojko

1852-1874

 

Laïc polonais, né le 29 octobre 1852 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Onufry Wasyluk

1853-1874

 

Laïc polonais, né le 20 avril 1853 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Michał Wawryszuk

1853-1874

 

Laïc polonais, né en 1853 à Derlo.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Anicet Hryciuk

1855-1874

 

Laïc polonais, né en 1855 à Zaczopki.

 

Voir la notice : Pratulin (Martyrs de) 1874

 

 

Francisco María Colomer Presas

1916-1937

 

Francisco María vit le jour le 29 avril 1916 à Barcelone (Catalogne, Espagne).

Il fit de brillantes études de commerce puis, en 1935 à dix-neuf ans, entra dans l’Ordre des Capucins.

Il reçut l’habit, et le nom de Pacià. Puis il fut envoyé à Sarriá pour les années de philosophie. Il n’eut le temps d’en faire qu’une année.

En juillet 1936, éclata la révolution marxiste, qui obligea les Capucins à évacuer leurs huit ou neuf couvents de Catalogne. Francisco trouva refuge chez une bonne famille d’accueil, mais pour ne pas en compromettre les membres - qui risquaient la peine de mort si on apprenait qu’ils cachaient des Religieux - il alla dans une pension de Barcelone.

La surveillance était intense ; on découvrit Pacià en compagnie d’un autre étudiant, le 21 janvier 1937. A cette date, les exécutions avaient beaucoup diminué car les marxistes manquaient de munitions et commençaient à devoir battre en retraite devant l’avancée des troupes «libératrices».

Le jeune Religieux et son camarade furent conduits en cachette au cimetière de Cerdanyola et là furent exécutés.

Pacià reçut la grâce du martyre le 24 janvier 1937 et fut béatifié en 2015.

 

 

Luigj Prendushi

1894-1947

 

Luigj Prendushi naquit le 24 janvier 1896 à Shkodrë (Albanie).

Il fit ses études dans des collèges et séminaires du Piémont (Italie), puis revint en Albanie.

Durant la traversée pour rejoindre l’Albanie, le bateau fut pris dans une dangereuse tempête et les passagers tremblaient de peur. Mais il restait calme, et s’en expliqua : Je n’ai aucune raison d’avoir peur. C’est ma force. Calmez-vous, aujourd’hui, nous ne nous noierons pas.

Ordonné prêtre en 1921, il fut curé à Ipeshkvininë, une grande paroisse qu’il visitait chaque jour à pied.

Quand s’installa le gouvernement marxiste (1944), l’évêque lui suggéra d’aller en Italie, mais le bon curé préféra rester auprès de son troupeau. Il fut bientôt accusé d’espionnage pour le compte du Vatican, arrêté le 8 décembre 1946, violé et condamné à mort.

Luigj fut exécuté à Shelqet, sur la place publique, en exemple pour tous ceux qui auraient l’intention de rester fidèles au Christianisme ; c’était le 24 janvier 1947, jour de ses cinquante-trois ans.

Luigj Prendushi fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 24 janvier.

 

 

Giuseppe Giaccardo

1896-1948

 

Giuseppe Domenico Vincenzo naquit le 13 juin 1896 à San Giovanni Sarmassa (Narzole d'Alba, Cuneo, Italie Piémont), aîné des cinq enfants de Stefano et Maria Cagna, des parents très pauvres.

De son enfance, son papa put en dire plus tard qu'il ne l'avait jamais pris à dire un mensonge, ni même qu'il avait dû le reprendre.

Giuseppe apprit les premiers rudiments chez les Sœurs de Sainte-Anne, puis à l'école communale.

Il fut confirmé à douze ans. A le confesser fut un certain don Alberione (v. 26 novembre), qui fut très impressionné et édifié de le voir servir la messe et prier.

Au séminaire, Giuseppe combattit spontanément ses défauts et ses tentations ; il se consacra comme esclave de Marie, fit chaque année le vœu de chasteté, et exprimait souvent son désir de devenir saint. Son confesseur affirma qu'il ne commit peut-être jamais quelque faute volontaire.

Il avait un gros regret : sa voix un peu mal exercée ne lui permettait pas de chanter juste, partant de chanter la Messe, plus tard.

En 1915, il fit son service militaire ; c'était la guerre et il fut envoyé à la 2e Compagnie de Santé à Alessandria, mais il fut réformé l'année suivante pour anémie.

De retour au séminaire, une épreuve l'attendait : on le nomma assistant des élèves, mais il était si pointilleux, si exigeant, qu'il dut être déchargé de cette responsabilité. Il en eut des tentations de découragement.

Le 8 décembre 1916, il put faire le vœu perpétuel de chasteté, après avoir victorieusement combattu les tentations du démon. 

Son amitié pour Don Alberione grandissait et il voulut travailler pour lui. D'abord, l'évêque le lui interdit, pour le mettre à l'épreuve, puis il le lui permit. A partir de 1917, Giuseppe fit partie de l'œuvre de don Alberione, qui lui confia de très importantes responsabilités. Ayant pris le nom religieux de Timoteo, comme le disciple de saint Paul, Giuseppe fut un modèle d'obéissance et d'humilité, et toute sa vie fidèle inconditionné à l'Eglise, au Pape, au Fondateur. 

Don Giaccardo fut ordonné prêtre en 1919. Il fut reçu docteur en théologie à Gênes en 1920.

Il fut chargé d'ouvrir une maison à Rome en 1926, y ouvrit une imprimerie, y acheta un terrain aux Trois Fontaines, pour y construire une nouvelle maison, car les vocations se multipliaient. Il reçut en peu de temps l'approbation du Vicariat de Rome.

En 1930, don Giaccardo fut rappelé à Alba pour deux années de « retraite », puis renvoyé à Rome en 1932 comme supérieur.

A partir de 1936, le Fondateur s'installa à Rome, et don Giaccardo fut supérieur à Alba. Il y resta dix ans, la période de sa vie la plus féconde et en même temps la plus travaillée, à cause des soucis qu'il dut supporter et des responsabilités qu'il avait vis-à-vis des autres Confrères.

Plein de zèle pour la maison de Dieu, il organisa des cérémonies splendides, il fit monter dans son église un orgue de trois mille tuyaux.

On disait qu'il n'avait pas de dons intellectuels particulièrement marqués, mais son amour de l'étude le portait à avoir une science théologique assez étendue ; il lisait les épîtres de saint Paul dans le texte grec.

Chargé en même temps de la direction spirituelle des Pie Discepole (autre branche féminine fondée par don Alberione), don Giaccardo fut critiqué et dénoncé pour ses « exagérations » ; après enquête, ce furent les Sœurs accusatrices à devoir demander pardon pour leur rébellion momentanée.

En 1946, il fut nommé vicaire général de l'Œuvre, et dut s'installer à Rome. Il souffrit beaucoup intérieurement, mais sans jamais se plaindre ni se révolter, de l'autorité un peu exigeante du Fondateur et resta toujours soumis.

En 1947, il commença à souffrir de ses jambes et se déplaça avec difficulté. 

Il fit encore quelques visites, entre autres dans son pays natal et célébra avec difficulté la Messe pour la dernière fois, le 12 janvier 1948. Il fut frappé d'anémie leucémique aiguë.

On lui fit les soins qu'on pouvait lui procurer. Son extrême pudeur les supportait avec difficulté. 

Le 22 janvier, don Alberione célébra la Messe non loin de la chambre du prêtre mourant. Don Giaccardo répéta trois fois le verset de Mt 25 :23 : Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître.

Le 24 janvier 1948, don Giaccardo rendait à Dieu l'âme qu'il avait conservée dans l'innocence baptismale.

Giuseppe-Timoteo Giaccardo a été béatifié en 1989.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 07:29

Benedetta Bianchi Porro
1936-1964

Benedetta naquit le 8 août 1936 à Dovadola (Forli, Italie CE), unique enfant de ses pieux parents.
Dès la naissance, elle fut sujette à de nombreux problèmes de santé ; elle fut baptisée en urgence, tant on craignait pour sa vie. Toute son enfance et sa jeunesse furent ponctuées de visites aux médecins.
A huit ans, elle reçut la Première communion et commença à tenir son journal quotidien.
A treize ans, elle commença aussi à perdre l’ouïe. Ses réflexions surprenaient par leur profondeur : «(La vie) est un rêve, un rêve beau et triste à la fois, un bonheur et une douleur mêlés». Dès lors, elle cherchait à accomplir tous les actes quotidiens comme des actes d’amour.
A dix-sept ans, elle put entrer à l’université de Milan pour des études de médecine. Depuis l’enfance, elle désirait être médecin, pour aider les autres. Mais à l’université, on ne la regarde pas d’un œil favorable, car on remarque son état de faiblesse, sa surdité progressive, et en plus… c’est une femme, une des rares de l’université, à l’époque. Mais Benedetta s’accroche, et décroche son diplôme à vingt-trois ans.
Elle perdait progressivement aussi la vue. En 1956, l’opération d’un ulcère à la cornée ne résolut rien. On lui diagnostiqua ensuite une neurofibromatose, une maladie très rare. Benedetta demeura très calme au milieu de ses souffrances ; elle s’unissait à la passion de Jésus-Christ, s’offrait intérieurement, et conservait imperturbablement sa disponibilité à recevoir et réconforter ses amis. Elles poursuivit encore ses études.
Les opérations répétées, loin de lui procurer une amélioration, la faisaient empirer. Elle perdit totalement l’usage de l’oreille droite ; son corps se couvrit de plaies profondes ; surgirent aussi des problèmes dentaires : on lui retira quatorze dents.
En 1962, durant son pèlerinage à Lourdes, elle ne demanda pas la grâce d’une guérison, mais celle d’obtenir la force de persévérer dans la souffrance, pour le salut des hommes.
Elle perdit presque toute la vue, ses membres se paralysèrent. Mais elle avait encore la force de recevoir des amis, qui repartaient réconfortés alors qu’ils étaient venus pour la consoler. Ensuite, c’étaient eux qui venaient demander des prières et des conseils : elle leur transmettait sa joie de vivre, sa foi en Dieu.
Benedetta s’éteignit à cette vie le 23 janvier 1963.
Le miracle retenu pour procéder à la béatification de Benedetta, fut le réveil inattendu d’un jeune homme italien plongé dans le coma pendant dix jours après un grave accident de la route. Les parents invoquèrent l’intercession de Benedetta et le malade se réveilla sans aucune séquelle. Ce miracle fut reconnu en 2018 et Benedetta fut béatifiée en 2019.
Elle sera mentionnée au martyrologe le 23 janvier.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 00:00

23 JANVIER

 

I.

S Parmenas, un des sept premiers diacres, martyr à Philippes, mentionné le 28 juillet avec les autres premiers diacres.

III.

Ste Messaline, vierge martyre à Foligno.

IV.

Ss Severianus et Aquila, époux martyrs à Césarée en Maurétanie.

Ste Emerentiana, sœur de lait de ste Agnès, martyre à Rome.

S Clemens, évêque à Ancyre et martyrisé avec son diacre s.Agathangelus.

S Amasius, prêtre grec expulsé par les ariens, évêque à Teano.

S Eusèbe, abbé sur le mont Coryphe.

S Ascholius, évêque à Thessalonique ; il baptisa Théodose.

VI.

S Martyr, moine dans les Abruzzes.

VII.

S Ildefonso, évêque à Tolède, auteur d’un ouvrage sur la virginité perpétuelle de Marie, dont il eut une vision célèbre.

XIV.

S Maimbœuf, missionnaire irlandais, martyr “à 8 milles de Besançon”.

XVI.

Bse Marguerite, vierge à Ravenne, co-fondatrice de l’ordre du Bon-Jésus, pour personnes qui continueraient à vivre dans le monde selon leur état, avec simplicité, humilité, mépris de soi-même.

XIX.

S Chŏng Hwa-gyŏng Andreas, catéchiste coréen, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

B Nikolaus Groß (1898-1945), mineur allemand puis rédacteur, père de sept enfants, ouvertement hostile au nazisme, arrêté et pendu à Berlin, martyr béatifié en 2001 (le 15 au Martyrologe Romain).

Bse Benedetta Bianchi Porro (1936-1964), jeune étudiante italienne, consummée en souffrances, béatifiée en 2019.

Parmenas

1er siècle

 

Parmenas fut un des sept premiers diacres de l’Eglise à Jérusalem.

L’épisode est raconté dans les Actes des Apôtres (Ac 6:1-6). Le nom des sept est donné au verset 5. 

Une tradition assure que Parmenas fut l’apôtre de la Macédoine et qu’il aurait reçu le martyre à Philippes.

Deux des sept diacres, saint Etienne et saint Philippe ont leur jour particulier, respectivement 26 décembre et 11 octobre.

Le 28 juillet étant un des jours où les Grecs honorent saint Parmenas, avec saint Nicanor, le Martyrologe mentionne ensemble ce jour-là les cinq autres diacres : Prochorius, Nicanor, Tomon, Parmenas et Nicolaus.

La date «traditionnelle» du martyre de Parménas aurait été le 23 janvier.

 

 

Emerentiana de Rome

† 304

 

Emerentiana était sœur de lait de sainte Agnès (v. 21 janvier), et dut naître vers 292.

Sa mère fut probablement affranchie par les parents d’Agnès.

La jeune Emerentiana reçut la même éducation qu’Agnès et fut sans doute aussi attirée vers la foi du Christ, tout en n’étant pas baptisée.

Après la sépulture d’Agnès, les fidèles s’assemblaient auprès de son tombeau et les païens s’embusquèrent pour les assaillir à coups de pierres. Les Chrétiens prirent la fuite, mais Emerentiana demeura dans le voisinage du tombeau, debout, immobile. 

Elle s’enhardit à reprocher aux païens leur cruauté. Ceux-ci répondirent en la lapidant : elle eut assez de force pour se rapprocher du tombeau d’Agnès, près duquel elle rendit le dernier soupir en priant.

Emerentiana, qui n’était donc pas encore baptisée par l’eau, reçut ainsi le baptême de sang, baptisée dans son propre sang, deux jours après sainte Agnès, le 23 janvier 304.

Elle devait avoir, comme Agnès, une douzaine d’années.

Dans le Martyrologe Romain, sainte Emerentiana de Rome est commémorée le 23 janvier.

 

 

Severianus et Aquila en Maurétanie

† 304

 

Il s’agit ici d’un couple chrétien, dont on ne sait rien de plus que la mention de leur martyre.

Durant la persécution de Dioclétien, ils furent jetés dans les flammes.

Cela se passait à Césarée de Maurétanie (act. Cherchell, Algérie), vers 304.

Unis dans l’amour conjugal, unis dans la Foi de l’Eglise, unis dans la fidélité au Christ jusqu’à la mort, ils nous inspireront la persévérance dans le combat pour la Vérité.

Dans le Martyrologe Romain, saints Severianus et Aquila sont commémorés le 23 janvier.

 

 

Clemens d’Ancyre et Agathangelus

† 309

 

Clemens était originaire d’Ancyre (auj. Ankara, Turquie).

Il devint évêque de cette ville.

Arrêté pour sa foi, il fut traîné de ville en ville et jusqu’à Rome, recevant partout des insultes, des injures, des coups, des humilitations de toutes natures, des mauvais traitements incessants. Ce douloureux «pèlerinage» aurait même duré vingt-huit ans. Des miracles successifs lui firent échapper plusieurs fois à la mort.

Durant sa captivité à Rome, il convertit et baptisa Agathangelus, dont il est question en même temps que l’évêque. 

A partir du moment où il fut baptisé, Agathange partagea en effet les tourments de Clémens. Ordonné diacre (par Clemens ?), il s’attacha à l’évêque et le suivit dans son douloureux retour à Ancyre.

Agathangelus fut décapité le 5 novembre, peut-être en 308.

Clemens célébrait les Saints Mystères en prison. C’est durant une célébration que ses bourreaux vinrent le décapiter, le 23 janvier suivant, donc probablement en 309.

Clemens est un de ceux que les Grecs appellent les grands martyrs.

Dans le Martyrologe Romain, saints Clemens d’Ancyre et Agathange sont commémorés le 23 janvier.

 

 

Amasius de Teano

† 356

 

Amasius venait d’Orient, et plus précisément de Grèce ; il faudrait peut-être écrire son nom Amasios.

Il était prêtre et fut expulsé par des factions ariennes, aux ordres de l’empereur Constance II. Venu à Rome, il rencontra le pape Jules (v. 12 avril), qui lui confia la mission de prêcher en Campanie.

Amasius fit une première expérience à Sora, d’où les ariens l’expulsèrent sans ménagement. 

Il vint alors à Teano. Là la grâce de Dieu l’attendait et son travail fut plus fructueux. 

En 346, à la mort de s.Paris (v. 5 août), le clergé et le peuple choisirent Amasius comme évêque, et il reçut la consécration des mains du même pape Jules, devenant le second évêque de Teano.

Il est dit qu’Amasius fut célèbre bien en-dehors de son diocèse, par l’éclat de sa sainteté et de ses miracles, et surtout les conversions qu’il suscita.

Parmi ses disciples, il choisit Urbanus, qu’il ordonna diacre et prêtre, et qui devait lui succéder.

Amasius mourut en paix, en 356.

Dans le Martyrologe Romain, saint Amasius de Teano est commémoré le 23 janvier.

Ildefonso de Tolède

606-667

 

Ildefonso était de sang royal. Il naquit à Tolède le 8 décembre 606 ou 607. Ce jour devait plus tard être la fête de l’Immaculée Conception de Marie, mais il semble que cette fête existât déjà en Orient. Apparemment, un oncle de l’enfant était évêque de Tolède, Eugenio III.

Ce fut justement par l’intercession de Marie que les pieux parents obtinrent la naissance de leur enfant. Il reçut sa première formation, très soignée, auprès de son oncle. 

Jeune encore, il voulut entrer au monastère de Agali, près de Tolède.

A la mort de ses parents, il héritait d’une grande fortune, qu’il utilisa pour la fondation d’un monastère de religieuses.

L’évêque de Tolède l’ordonna diacre (632). On n’arrive pas bien à comprendre si cet évêque était Eugenio ou Eladio. 

Puis Ildefonso fut appelé à succéder à l’abbé de Agali : comme tel, il participa à deux conciles de Tolède.

En 655 eut lieu un événement glorieux, dont furent témoins trop de personnes pour être ignoré et mis en doute. On était un 18 décembre, jour où à l’époque on célébrait l’Attente (Exspectatio) de Marie, huit jours avant la naissance du Christ. Très fervent pour cette célébration, Ildefonso se rendit très tôt à l’église avec ses moines. Tout à coup, une grande lumière fit arrêter le cortège, et seul Ildefonso s’avança ; la sainte Vierge était sur un trône, entourée de vierges célestes, et tendit à Ildefonso une magnifique chasuble en lui disant : Tu es mon chapelain et mon fidèle notaire, reçois cette chasuble que mon Fils t’envoie de ses trésors. La Sainte Vierge l’en revêtit, lui recommandant de ne l’utiliser que pour les fêtes solennelles en son honneur. L’expression fidèle notaire faisait allusion à l’ouvrage dont il va être question plus bas. 

Puis il fut désigné en 657 pour succéder à l’évêque Eugenio (?) : s’étant caché dans un coin de son monastère pour échapper à cette dignité, il en fut extirpé par la force.

Ce fut un saint évêque, bon prédicateur et pasteur exigeant pour l’élévation de son clergé. 

Il écrivit plusieurs ouvrages, dont un a retenu toute l’attention des théologiens, Sur la virginité de Sainte Marie, contre trois infidèles.

Les «trois infidèles» sont Joviniano, Elvidio et un juif. Contre le premier, il défend la virginité de Marie dans la conception et l’enfantement ; contre le second, il expose qu’elle est toujours restée vierge ; au troisième, il démontre que Jésus-Christ est Dieu et que Marie fut perpétuellement intègre. Cet ouvrage, qui s’appuie sur saint Augustin et saint Isidore de Séville, constitue la base de la théologie espagnole mariale.

Ildefonso avait une grande dévotion envers sainte Leocadia, célèbre martyre du 4e siècle, dont il désirait retrouver les reliques (cf. 9 décembre). Elle se manifesta elle-même à Ildefonso, lui indiquant l’endroit cherché et ajoutant : Par toi est maintenue ma souveraine qui règne au haut des cieux !, en allusion à l’ouvrage ci-dessus. En gage de cette vision, Ildefonso tailla un morceau du voile de sainte Leocadia, relique conservée depuis à Tolède.

Saint Ildefonso mourut le 23 janvier 667. Son corps fut inhumé dans l’église Sainte-Leocadia, puis transféré à Zamora, par crainte des Maures. On le vénéra pendant deux siècles, puis on l’oublia sous les décombres pendant cinq siècles, avant d’être à nouveau exposé à la vénération des fidèles.

 

 

Maimbodus

9e siècle

 

Maimbodus (Maimbod, Maimbœuf) était d’origine irlandaise, de famille illustre.

Il vint en Franche-Comté pour prêcher la doctrine de Jésus-Christ.

Il fut massacré par une bande de voleurs.

Le lieu de son martyre reste en partie mystérieux. En effet, le texte latin rapporte qu’il fut martyrisé Domnipetra, octo milibus a Vesuntione : plusieurs localités portent le nom de Dampierre, mais aucune ne se trouve à huit milles de Besançon.

Le tombeau avait été conservé, et des miracles y eurent lieu, mais les reliques furent transférées dans la chapelle privée du comte de Montbéliard.

La fête est célébrée le 23 janvier.

 

 

Chŏng Hwa-gyŏng Andreas

(Jeong Hwa-gyeong Andeurea)

1807-1840

 

Andreas était né en 1807 à Chŏngsan (Ch’ungch’ŏng, Corée S), dans une riche famille catholique.

Pour mieux pratiquer sa religion, il vint s’installer à Séoul et accorda son aide à l’Eglise autant qu’il le put.

Mais Andreas avait une petite faiblesse : ingénu, il se laissait tromper très facilement. Ainsi, une première fois, un traître lui annonça que le gouvernement de Seoul était passé au Catholicisme et accueillait volontiers les missionnaires français. Andreas alors, d’amener à l’évêque, Mgr Imbert, toute une troupe d’hommes, qui n’eurent plus qu’à capturer le prélat.

Une autre fois, la police vint dire à Andreas que bientôt les Catholiques pourraient pratiquer librement leur religion, et Andreas de communiquer la «nouvelle» tellement ouvertement, que la police put encore arrêter d’autres Catholiques.

Enfin mis sur ses gardes, Andreas refusa énergiquement de donner les coordonnées des autres missionnaires (les pères Mauban et Chastan (cf. 21 septembre) ; au contraire, il vint trouver les prêtres en cachette pour leur suggérer de fuir.

Auparavant, il se confessa, puis alla se rendre aux autorités.

Arrêté cette fois-ci, il fut invité à renier sa foi : Andreas était ingénu, mais fermement croyant, et ne céda pas, même torturé, battu, poignardé. Il reçut plus de cent fois la bastonnade (le texte n’est pas clair : peut-être reçut-il plutôt cent coups de bastonnade, ce qui est déjà énorme ; au bout d’une trentaine de coups, les chairs volaient déjà en éclats).

Andreas fut étranglé à Seoul, le 23 janvier 1840, à trente-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et, avec ses cent-deux Compagnons coréens, canonisé en 1984.

Leur fête liturgique est au 21 septembre.

 

 

Nikolaus Groß

1898-1945

 

Nikolaus naquit le 30 septembre 1898 à Niederwenigern (Hattingen, Westphalie, Allemagne). Comme son père, il fut mineur.

Il compléta sa formation par des cours du soir dans le cadre de l’Association pour l’Allemagne catholique. 

Dès 1917, il fit partie du syndicat Union des mineurs chrétiens et en 1918 adhèra au Parti Centriste, d’obédience catholique. En 1919 il travailla au sein de l’Association des mineurs de Saint Antoine (KAB), dont il devint secrétaire pour la section jeunes. Il fut rédacteur adjoint de Bergknappe (Le Mineur). En 1920, il quitta son métier pour être secrétaire du syndicat chrétien des mineurs à Oberhausen. 

Il épousa Elisabeth Koch et ils auront sept enfants.

Après différents postes syndicalistes à Waldenburg puis Zwickau, il fut rédacteur, puis rédacteur en chef au journal des ouvriers pour l’Allemagne de l’Ouest. Le journal, en opposition ouverte contre le régime national-socialiste (nazi), fut interdit une première fois pour trois semaines en 1933, définitivement en 1935.

Niolaus devint directeur du KAB à Düsseldorf et voyagea beaucoup pour faire des conférences fortement inspirées par le Catholicisme.

A partir de 1927, il milita avec d’autres collègues contre le national-socialisme, rencontra le groupe du KAB de Cologne, qui travailla en lien étroit avec le groupe de Berlin. On projeta l’après-Hitler.

En août 1944, à la suite de l’attentat manqué contre Hitler, Nikolaus fut arrêté bien qu’il n’y eût en rien participé. Il fut condamné à mort le 15 janvier 1945, avec cette sentence : Il nageait entièrement dans la trahison, il n’a plus qu’à s’y noyer (Er schwamm mit im Verrat, muß folglich auch darin ertrinken).

Le 23 janvier 1945, il fut pendu à Plötzensee (Berlin).

Le Martyrologe romain le mentionne au 15 janvier, jour de sa condamnation à mort. Son dies natalis est bien le 23 janvier.

Nikolaus a été béatifié en 2001.

 

 

Benedetta Bianchi Porro

1936-1964

 

Benedetta naquit le 8 août 1936 à Dovadola (Forli, Italie CE), unique enfant de ses pieux parents.

Dès la naissance, elle fut sujette à de nombreux problèmes de santé ; elle fut baptisée en urgence, tant on craignait pour sa vie. Toute son enfance et sa jeunesse furent ponctuées de visites aux médecins.

A huit ans, elle reçut la Première communion et commença à tenir son journal quotidien.

A treize ans, elle commença aussi à perdre l’ouïe. Ses réflexions surprenaient par leur profondeur : «(La vie) est un rêve, un rêve beau et triste à la fois, un bonheur et une douleur mêlés». Dès lors, elle cherchait à accomplir tous les actes quotidiens comme des actes d’amour.

A dix-sept ans, elle put entrer à l’université de Milan pour des études de médecine. Depuis l’enfance, elle désirait être médecin, pour aider les autres. Mais à l’université, on ne la regarde pas d’un œil favorable, car on remarque son état de faiblesse, sa surdité progressive, et en plus… c’est une femme, une des rares de l’université, à l’époque. Mais Benedetta s’accroche, et décroche son diplôme à vingt-trois ans.

Elle perdait progressivement aussi la vue. En 1956, l’opération d’un ulcère à la cornée ne résolut rien. On lui diagnostiqua ensuite une neurofibromatose, une maladie très rare. Benedetta demeura très calme au milieu de ses souffrances ; elle s’unissait à la passion de Jésus-Christ, s’offrait intérieurement, et conservait imperturbablement sa disponibilité à recevoir et réconforter ses amis. Elles poursuivit encore ses études.

Les opérations répétées, loin de lui procurer une amélioration, la faisaient empirer. Elle perdit totalement l’usage de l’oreille droite ; son corps se couvrit de plaies profondes ; surgirent aussi des problèmes dentaires : on lui retira quatorze dents.

En 1962, durant son pèlerinage à Lourdes, elle ne demanda pas la grâce d’une guérison, mais celle d’obtenir la force de persévérer dans la souffrance, pour le salut des hommes.

Elle perdit presque toute la vue, ses membres se paralysèrent. Mais elle avait encore la force de recevoir des amis, qui repartaient réconfortés alors qu’ils étaient venus pour la consoler. Ensuite, c’étaient eux qui venaient demander des prières et des conseils : elle leur transmettait sa joie de vivre, sa foi en Dieu.

Benedetta s’éteignit à cette vie le 23 janvier 1963.

Le miracle retenu pour procéder à la béatification de Benedetta, fut le réveil inattendu d’un jeune homme italien plongé dans le coma pendant dix jours après un grave accident de la route. Les parents invoquèrent l’intercession de Benedetta et le malade se réveilla sans aucune séquelle. Ce miracle fut reconnu en 2018 et Benedetta fut béatifiée en 2019.

Elle sera mentionnée au martyrologe le 23 janvier.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 00:00

22 JANVIER

 

II.

S Oulph, martyr dans le territoire de Arcis (III. ?).

IV.

S Vincentius, diacre à Saragosse, martyr à Valencia, patron des vignerons.

S Valerius, évêque à Saragosse ; il serait mort exilé à Anet.

Ss Vincent, Oronce et Victor, martyrs à Embrun, ou à Girone.

Ste Blésille, veuve romaine, fille de ste Paule, sœur de ste Eustochium.

V.

S Gaudentius, premier évêque à Novare, d’où il extirpa ce qui restait de paganisme.

VII.

S Anastase, moine à Bethsaloé et martyr ; il dut sa conversion à l’intérêt que les chrétiens avaient pour un “instrument de supplice”, la Croix, que son roi avait volée à Jérusalem.                                                     

IX.

S Barnard, abbé à Ambronay, évêque à Vienne, où il porta des lois sévères pour le clergé.

Ss Manuel, Georges, Pierre, Léon, évêques en Bulgarie, martyrs avec tout le clergé.

Ste Lufthilde (Leuchtilde), vierge à Luftenberg, invoquée contre les morsures de chiens enragés. 

XI.

S Domenico, abbé à Sora après avoir fondé sept monastères, invoqué contre les serpents.

S Brihtwold, évêque à Ramsbury ; il eut le don de prophétie.

XIII.

B Gautier de Bierbeek, militaire noble, cistercien à Hemmerod, où il avait le don d'apaiser les discordes.

XV.

Bse Caterina (Maria) Mancini, mère de famille à Pise, mariée à douze et seize ans, veuve, prieure dominicaine, mystique.

B Antonio Della Chiesa, noble piémontais, dominicain qui combattit l'antipape schismatique Félix V ; de la même famille naquit le futur pape Benoît XV.

XVI.

B William Patenson, prêtre anglais martyr à Tyburn ; dans sa prison, il ramena à l’Eglise six autres captifs.

XVIII.

Ss Francesc Gil de Federich i Sans et Mateo Alonso de Leciñana y Alonso, prêtres dominicains espagnols martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XIX.

B Vincenzo Pallotti, prêtre romain, troisième de dix enfants, fondateur de la Société de l’apostolat catholique (pallotins), extrêmement actif et ingénieux.

B Guillaume-Joseph Chaminade, quatorzième enfant d’un marchand drapier, prêtre réfractaire durant la Révolution, fondateur des Filles de Marie Immaculée et des Pères marianistes, béatifié en 2000.

XX.

Bse Laura Vicuña (1891-1904), enfant chilienne ; sa ferveur et sa pureté obtinrent la conversion de sa mère ; béatifiée en 1988.

B Giuseppe Nascimbeni (1851-1922), curé extrêmement actif près de Vérone ; il fit construire dans sa petite paroisse : une nouvelle église, une poste, un aqueduc, une huilerie, une  caisse rurale, et une congrégation de Petites Sœurs de la Sainte-Famille, pour l’aider ; béatifié en 1988.

B Làszlò Batthyàny-Strattmann (1870-1931), prince et médecin hongrois, grand ophtalmologue, père de treize enfants ; il soignait gratuitement les pauvres ; béatifié en 2003.

B Esteve Santacana Armengol (Remigi, 1885-1937), prêtre capucin espagnol, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

Timothée, disciple de Paul

† 97

 

Saint Timothée fut un des plus fidèles compagnons et disciples de saint Paul.

Né en Asie mineure, d’un père encore païen et d’Eunice, qui était juive, il reçut très probablement le baptême des mains de saint Paul, qui le fit également circoncire, contrairement à saint Tite, sans doute parce que ce rite devait ouvrir à Timothée les portes des synagogues juives.

Saint Timothée prêcha avec assiduité, malgré la douceur de son tempérament qui le rendait parfois plus timide. Il apporta à saint Paul maintes consolations dans les épreuves, l’ayant accompagné longuement dans ses courses apostoliques, à Ephèse, à Jérusalem, à Rome, toute l’Asie mineure, la Grèce.

Saint Paul l’établit évêque à Ephèse, où il rencontra peut-être et remplaça l’Apôtre saint Jean, exilé à Patmos.

Le même saint Paul écrivit deux Epîtres à saint Timothée.

Timothée mourut à la suite d’une émeute populaire, où il tenta en vain de dissuader la population de participer à une fête païenne. Il fut assommé à coups de massue et de pierres, et rendit son âme peu après, le 22 janvier 97, d’après la tradition la plus autorisée.

Il fut enseveli près d’Ephèse, ou près du tombeau de saint Jean. Plus tard, ses reliques arrivèrent à Constantinople.

Tandis que les Grecs vénèrent saint Timothée le 22 janvier, l’Eglise catholique le vénérait le 24 janvier, mais le fête actuellement en compagnie de saint Tite, l’autre disciple de saint Paul, le 26 janvier, au lendemain de la fête de la conversion du grand Apôtre.

 

 

Vincentius de Sarragosse

† 304

 

Le diacre saint Vincent eut une popularité immense dès les premiers temps après son martyre.

Né à Huesca (Espagne), il reçut une formation soignée à Saragosse, sous la direction de l’évêque Valerius, qui lui conféra le diaconat : Vincent devait ainsi suppléer à l’infirmité du saint évêque que son grand âge et une difficulté d’élocution empêchaient de parler clairement.

Dès le début de la persécution de Domitien, le préfet Dacianus fit arrêter l’évêque et son diacre et les amener de Saragosse à Valencia, espérant déjà que le voyage les auraient passablement ébranlés.

Ils sont d’abord interrogés et, à un moment, Valerius ne répond plus ; Vincentius alors propose à l’évêque de parler pour lui, ce que l’évêque accepte bien volontiers, laissant la parole au diacre. A partir de ce moment, le nom de Valerius disparaît de la Passio.

Vincentius est torturé de toutes les façons : chevalet, feu, ongles de fer, même les bourreaux se fatiguent. On jette Vincentius dans un local sombre rempli de poteries cassées : il ne sent pas les blessures ; c’est le geôlier qui se convertit. Dacianus, embarrassé, fait coucher Vincentius sur des coussins, pour qu’au moins il n’ait pas la gloire d’une mort cruelle. Mais Vincentius expire juste à ce moment-là.

Dacianus veut le laisser exposé aux bêtes, qui ne le touchent pas ; il veut le jeter dans la mer, qui le ramène au rivage. Finalement, le célèbre diacre recevra sa digne sépulture.

Saint Vincent eut très vite des églises dédiées à son nom. Celle de Saint-Germain-des-Prés s’appelait Saint-Vincent, où se trouverait la plus importante partie du corps du Martyr ; il y en eut trois à Rome, dont celle aux Trois Fontaines, là où saint Paul avait subi le martyre. Le chef de saint Vincent aurait été offert à l’évêque du Mans.

Saint Vincent est honoré comme patron des vignerons : soit parce que l’on recommence à travailler la vigne vers le 22 janvier, soit par jeu de mots avec le début de son nom, soit parce qu’on l’a confondu avec quelque autre Vincent dont la vie est liée à la vigne.

Saint Vincent est traditionnellement fêté le 22 janvier, en même temps que son saint évêque Valerius, dont le Martyrologe dit qu’il finit ses jours en exil.

 

 

Valerius de Saragosse

† 315

 

On suppose que Valerius naquit à Saragosse même, de la famille romaine des Valerii, qui aurait quitté la Ville éternelle pour s’établir à Saragosse durant le troisième siècle.

En 290, Valerius devint sixième évêque de cette ville, précédé et suivi par deux évêques qui portaient le nom de Valerus, ce qui ne facilite pas leur identification et leurs dates.

Ayant ordonné diacre Vincentius, il le chargeait de parler à sa place, empêché de le faire lui-même à cause de son grand âge et aussi à cause d’une certaine difficulté d’élocution qui l’empêchait de s’exprimer clairement.

L’expression à cause de son grand âge, sans doute reprise à la Passio de s.Vincentius, du poète Prudentius, va poser un certain nombre de questions qui restent sans réponse. 

Elle apporte d’abord une incertitude quant au prédécesseur de Valerius : ce Valerus, mentionné en 277, n’était-il pas déjà notre Valerius ?

Ce qui concerne la persécution de Dioclétien, appliquée à Saragosse par le gouverneur Dacianus, a été relevé dans la notice de s.Vincentius, du même jour.

Dacianus commença par faire charger de chaînes l’évêque Valerius et son diacre Vincentius, et se les fit amener à Valencia ; il pensait que le trajet aurait déjà bien fatigué les deux personnages ; mais ils lui arrivèrent si frais et dispos, qu’il demanda au geôlier pourquoi il les avait si bien traités.

Il s’adressa alors à l’évêque et au diacre, recourant d’abord aux belles promesses, puis aux menaces, et les invitant à sacrifier aux dieux païens. C’est alors que Vincentius, remarquant la faiblesse, puis le silence de son évêque, prit audacieusement la parole devant le gouverneur Dacianus.

Ce dernier, se considérant injurié par tant d’audace, se déchaînera contre le Diacre, comme on l’a vu. Il se contenta alors d’exiler l’Evêque à Anet (Aragon) ou bien à Enet (Barbastro), ce qui ne semble pas un exil très éloigné de Saragosse. On pourrait peut-être parler de résidence surveillée.

Or voilà qu’en 305, se tint à Elvira un concile où prirent part dix-huit évêques, dont notre Valerius. Cette ville étant Grenade, dans le sud de l’Espagne, la présence de Valerius avec son grand âge et exilé non loin de Saragosse, semble inexplicable. Eut-il l’autorisation de se déplacer ?

Valerius aurait ensuite vécu dix années à Anet, ce qui ajouta encore au grand âge dont il a été question plus haut.

Ayant appris la mort de son diacre Vincentius, il aurait été le premier à faire construire une église en son honneur.

Il s’éteignit paisiblement en 315. Son grand âge explique sans doute qu’il ne soit pas revenu dans son diocèse dès 313, puisque l’édit de Milan mettait fin aux persécutions.

Les questions posées dans cette notice ne doivent pas nous induire à douter du fond historique de ce saint Evêque. Que les spécialistes nous aident à y voir plus clair. 

Valerius est le patron de la ville de Saragosse.

Saint Valerius de Saragosse est commémoré le 22 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gaudentius de Novare

† 417

 

Gaudentius naquit vers 350, de parents encore païens, mais il eut toute la joie d’entendre parler du Christ dès sa jeunesse.

Convaincu dans la Foi chrétienne, il tenta même d’amener toute sa famille à l’Evangile. Le résultat ne fut pas immédiat, et Gaudentius dut même quitter sa patrie.

Sa première étape fut Vercelli, où l’évêque Eusebius (v. 2 août) l’ordonna lecteur.

Il rejoignit ensuite à Novare le prêtre Laurentius (v. 30 avril), qu’il soutint dans son travail d’évangélisation, car la population était encore très loin du christianisme.

Ce fut ensuite Milan, où il fit connaissance d’un certain Martinus, celui-là même qui devint l’évêque de Tours que nous connaissons bien, s.Martin (v. 11 novembre).

Il restait très attaché et reconnaissant à Eusebius et, quand celui-ci fut exilé en Palestine (355), il n’hésita pas à aller le retrouver. Eusebius cependant le renvoya bien vite à Vercelli pour s’occuper des fidèles de ce diocèse privé de son chef.

Comme on sait, l’exil d’Eusebius s’acheva au bout de six années et l’évêque put revenir dans son diocèse (361). 

C’est sans doute à ce moment qu’il ordonna prêtre Gaudentius et qu’il l’envoya à Novare pour remplacer Laurentius, tout récemment massacré par des païens. S.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) vint à passer par Novare ; remarquant le zèle et les vertus de Gaudentius, il voulut le consacrer évêque, mais Gaudentius lui annonça : Un autre que toi me donnera cette consécration. Ambroise mourut en effet peu de temps après et c’est son successeur, Simplicianus (v. 15 août), qui consacra Gaudentius.

Novare jusque là n’avait jamais eu d’évêque ; Gaudentius en fut le premier (397). La grâce de Dieu fut avec lui et ses efforts pour la conversion des païens furent couronnés de succès ; il n’y en eut bientôt plus un seul dans toute la ville.

Sentant approcher sa dernière heure, Gaudentius désigna son successeur (s.Agabius, v. 10 septembre) et mourut le 22 janvier 417.

Saint Gaudentius de Novare est commémoré le 22 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastase de Perse

594-628

 

La merveilleuse histoire d’Anastase nous a été transmise par un témoin oculaire, qui a toutes les garanties d’un témoin honnête et objectif.

Notre héros s’appelait Magundat et naquit vers 594 à Razech (Perse, peut-être act. Resafa, Syrie), fils de Hau, un père qui s’occupait de magie et d’astrologie et qui l’enseigna scrupuleusement à son fils.

Magundat entra dans l’armée. Rappelons ici qu’en 614, les Perses de Chosroès II prirent Jérusalem et emportèrent la précieuse relique de la Croix du Christ. Magundat venait d’être enrôlé, et pouvait donc avoir une vingtaine d’années. Il entendit parler de cette guerre, de la défaite des Chrétiens, de l’exil forcé de ces derniers avec leur patriarche de Jérusalem. Il fut vivement impressionné par l’intérêt que montraient les Chrétiens pour ce qu’il considérait jusqu’alors comme un vulgaire instrument de supplice. Il voulut en savoir plus et interrogea des Chrétiens.

Le témoignage de ces derniers, leur foi, le mystère de la Rédemption par le Sacrifice de Jésus-Christ - et la grâce de Dieu aidant, Magundat se sentit convaincu et voulut embrasser le christianisme. Il quitta l’armée, sa famille et son pays et, nouvel Abraham, vint à Hiérapolis de Syrie, où un orfèvre persan et chrétien l’embaucha. Il lui fit visiter l’église des Saints-Martyrs, où des fresques représentaient des scènes de divers Martyrs. Magundat fut remplii d’admiration pour ces glorieux Soldats du Christ.

Il alla alors à Jérusalem, là où avait été volée cette fameuse Croix, là où était mort et ressuscité Jésus. Un artisan chrétien l’hébergea et l’aida à s’inscrire parmi les catéchumènes. Après avoir été suffisamment instruit, il reçut le baptême, non pas des mains du Patriarche, qui était encore en exil, mais de son vicaire, Modestus, qui lui donna alors un nouveau nom : Anastasis, qui signifie «résurrection».

Anastase cependant désirait davantage encore. Le prêtre qui s’occupait de lui l’adressa au monastère… de Saint-Anastase et à son abbé, Ioustinos. Anastase étudia le grec et le psautier, reçut la tonsure et fut admis dans la communauté. Il y vécut sept années, étudiant l’Ecriture, exécutant les charges les plus humbles, lisant les récits des Pères et des Martyrs. Il finit par en concevoir lui-même un vif désir du martyre.

Il eut une nuit un songe, dans lequel le Christ lui prédisait qu’il serait bientôt martyr à son tour. Il en parla à l’abbé, participa à l’Office et aux Divins Mystères (la Messe), et se mit en marche pour Césarée de Palestine, où Dieu lui avait indiqué le but de son voyage.

Là, il rencontra des soldats persans qui s’adonnaient à la magie. Il leur raconta gentiment comment lui-même avait connu ces incantations, et comment il était devenu chrétien. Les soldats se moquèrent bien de lui, le dénoncèrent au gouverneur, Mazarban. Celui-ci l’interrogea, se moqua aussi de lui et du Christ, lui promit avancement et richesses s’il abjurait, finalement le mit en prison en attendant les ordres du roi local.

L’abbé Ioustinos fut averti des événements ; il envoya à Anastase deux moines pour le soutenir dans l’épreuve : Anastase leur raconta déjà ce qui lui était arrivé ; il eut aussi la visite des anges qui le réconfortaient. L’ordre du roi était : ou l’abjuration, ou la mort. Devant la persévérance d’Anastase, il fut décidé de le déférer au roi des Perses. 

Arriva le 14 septembre, jour de l’Exaltation de la Sainte Croix. Un chrétien obtint la permission de conduire Anastase à l’église, où les chrétiens furent très édifiés par ses exhortations et son courage. Le soir, il retourna en prison.

Cinq jours après, on partait pour la Perse ; un des deux moines venus voir Anastase l’accompagnait, et c’est de lui que nous tenons tant de détails sur cette passion. On s’arrêta à Bethsaloé, où un juge commença par interroger Anastase, qui persévéra sans cesse dans son adhésion à la foi chrétienne.

Il subit une bastonnade pendant trois jours ; puis l’horrible supplice de la grosse pièce de bois pesant sur les jambes du supplicié étendu sur le dos ; le juge n’en revenait pas, et de dépit renvoya Anastase en prison, où d’autres Chrétiens vinrent lui rendre visite.

Quinze jours plus tard arriva l’ordre du roi Chosroès : il fallait tuer Anastase sans attendre. Le juge commença par faire étrangler soixante-douze autres Chrétiens sous les yeux d’Anastase ; puis on étrangla Anastase, avant de lui trancher la tête.

C’était le 22 janvier 628.

Le fidèle moine racheta la tête et le corps du Martyr, qui fut enseveli dans la proche église Saint-Serge. Après bien des péripéties, ces reliques arrivèrent à Rome, dans l’église qui s’appelle Saints-Vincent-et-Anastase.

Les Grecs et les Latins fêtent saint Anastase le 22 janvier, comme le mentionne le Martyrologe Romain.

Barnard de Vienne

778-841

 

Barnard naquit à Izemore (Nantua, Ain) en 778, benjamin des enfants d’Héliarde, un noble puissant.

Il reçut une éducation soignée dans un collège de prêtres, puis revint auprès de ses parents après la mort de tous ses frères. Mais Barnard semblait toujours rêveur, il priait, il se retirait, on ne le voyait guère. Son père s’en irrita et lui reprocha son «excès» de piété. Aussi ses parents poussèrent-ils leur fils au mariage, en 796.

De cette union naquirent des enfants.

En même temps, Barnard alla servir, dès 797, dans les armées de Charlemagne. Cette vie disciplinée lui plaisait. Il devint officier et participa à l’annexion de la Frise. En 798, il accompagna Charlemagne à Aix-la-Chapelle puis reprendra la campagne contre les Saxons ; sa conduite, ses conseils, lui attirèrent l’estime des autres officiers.

En 799, les parents de Barnard moururent. Il revint chez lui et prit de graves décisions. D’un commun accord, les époux se séparèrent et Barnard pourvut aux nécessités de son épouse et de ses enfants.

Il consacra une partie de ses biens à la création d’un hospice (803) et à la fondation bénédictine d’Ambronay (Ain), où il prit l’habit monastique et devint abbé.

Il n’avait pas oublié ses chers enfants : aussi fit-il construire une hôtellerie pour les recevoir, ainsi que les visiteurs de passage. Cet endroit prit le nom de chapelle de saint Barnard.

Durant les trois années de son abbatiat (807-810), le monastère prit un grand essor, en vocations et en ressources.

En 810, Barnard fut appelé à être évêque de Vienne, et ne s’inclina devant ce choix que pour obéir à l’injonction formelle du pape. Il fut sacré par l’archevêque de Lyon, Leidrade.

Comme évêque, l’ancien abbé n’abandonna aucune de ses habitudes du monastère, offrant à Dieu ses austérités pour expier les fautes de tout son troupeau. Il entreprit la réforme de son diocèse, porta des lois sévères pour le clergé et fit la visite de toutes les paroisses, été comme hiver.

Il prit nettement position en faveur de l’introduction du fameux filioque dans le Credo romain.

Il advint que l’archevêque Leidrade se retira à l’abbaye Saint-Médard (Soissons), mais sans donner «officiellement» sa démission. Barnard, de son côté, ordonna son ami Agobard et l’installa sur le siège de Lyon : on lui fit grief de cette «très grave» violation des canons et il dut défendre sa cause et sa bonne foi au concile d’Arles : il eut gain de cause.

De son activité en face des troubles civils qui agitèrent la France à cette époque, on prétend que son intervention manqua parfois de sagesse, mais il faut reconnaître qu’elle se fit toujours pour défendre la pureté de la foi et le maintien de la discipline ecclésiastique.

On dit cependant que c’est à cause de sa prise de position au milieu des luttes entre les descendants de Charlemagne, qu’il dut quitter son siège. Au bout d’une trentaine d’années d’épiscopat, il fonda donc une abbaye bénédictine dédiée aux SS-Pierre-et-Paul, où il se retira en 838, et qui sera à l’origine de la ville de Romans-sur-Isère.

C’est là qu’il mourut, le 22 janvier 841.

Il aurait été canonisé en 944. Mais son culte immémorial a été confirmé en 1903.

 

Note. Il se pourrait que l’on ait confondu deux Saints du nom de Barnard. Le mariage et la séparation dont il est question ci-dessus, auraient été le fait de l’autre Barnard, un cistercien du 13e siècle. Il faudrait quelques précisions sur cette hypothèse.

 

 

Domenico de Sora

951-1031

 

Domenico naquit en 951 à Foligno (Ombrie, Italie C), de Giovanni et Apa, qui le confièrent tout petit aux moines bénédictins de l’endroit : il y apprit la rhétorique, la musique, l’arithmétique, et bien sûr la Règle de l’Ordre.

Quand il fut en âge de choisir son mode de vie, il se rapprocha de l’abbé Donnoso qui était en train d’édifier à Petra Demone un nouveau monastère bénédictin dédié à Notre-Dame. Domenico y entra, fit la profession en 974 et fut ordonné prêtre. Puis il fut envoyé à Montecassino.

Il passa ensuite plusieurs années de retraite, de profonde solitude, près de Farfa, où cependant son genre de vie attira les gens, curieux ou avides d’écouter ses saintes recommandations.

Vers 981, Domenico fut appelé à participer à la restauration d’un monastère à San Pietro Avellana.

Vers 990, de retour à Petra Demone, il eut l’autorisation papale de construire un premier monastère dans les environs de Scandriglia et dédié au Saint-Sauveur.

Domenico ne s’arrêta pas là. Avec le moine Giovanni, son fidèle ami et futur biographe, il reprit la vie solitaire, fonda plusieurs ermitages et un nouveau monastère sur le mont Pizzi, dédié à la Très Sainte Trinité, et un autre dans la vallée, dédié à Marie, Mère de Dieu.

De là, il descendit plus au sud, et fonda un nouveau monastère à Villalago (Prato Cardoso, Abruzzes) ; avec son condisciple Giovanni, Domenico cherchait à diffuser la Règle bénédictine, qui était tombée sinon dans l’oubli, du moins en grande décadence. Ce monastère, fondé vers 1000, fut dédié à saint Pierre, et complété par un ermitage à Plataneta (auj. Lago San Domenico).

Ensuite, Domenico passa en Campanie, aux monts Ernici, près de Veroli. Pendant trois ans, il vécut dans une grotte du mont Porca, où encore une fois son style de vie attira des foules qui voulaient l’entendre parler de Dieu. Finalement il construisit un nouveau monastère, dédié à saint Barthélemy. L’endroit est maintenant la localité Trisulti, où se trouve aussi une magnifique Chartreuse.

Ce fut alors le moment d’une activité missionnaire de Domenico, qui le rapprocha de Rome. Encore une fois, on lui demanda de construire un monastère bénédictin sur les monts Lepini, dédié à saint Michel Archange.

Les seigneurs de Sora l’appelèrent alors pour fonder d’autres monastères ; il se peut que Domenico ait eu le temps de construire encore un ermitage dédié à la Sainte Vierge, où il habita deux années avant de réaliser le monastère de Sora, qui fut dédié à l’Assomption de Marie.

Les fonds nécessaires à la construction de ce monastère furent avancés par le comte Pietro Rainerio ; Domenico le lui aurait imposé comme pénitence après que le comte ait confessé toute sa vie passée. Les bâtiments se trouvaient sur les restes de la maison natale de Cicéron.

A quatre-vingts ans, après avoir fondé sept monastères, Domenico s’éteignit à Sora le 22 janvier 1031.

Saint Domenico de Sora est invoqué pour les morsures de serpents. Il est surtout resté en honneur dans l’Ordre bénédictin, qu’il contribua beaucoup à faire revivre dans sa rigueur première.

 

 

Gautier de Bierbeek

† 1222

 

Gautier était né dans le Braband flamand (Louvain, Belgique), dans une famille seigneuriale de Bierbeek.

Il montra dès l’enfance une grande dévotion envers la très sainte Vierge et conserva ses pieuses pratiques après être entré dans la carrière des armes.

Il prit part à la troisième croisade et s’y fit remarquer par sa vaillance.

Après un tournoi où il s’était distingué, il renonça au monde et se consacra au service de Dieu sous la protection de Marie. Il promit de faire chaque année une offrande à la Mère de Dieu ; la veille des fêtes de celle-ci et chaque vendredi de la semaine, il jeûnait au pain et à l’eau ; il donnait en tout temps l’exemple des vertus chrétiennes.

Il entra à l’abbaye cistercienne de Hemmerod, où on le chargea du soin des étrangers.

Doux et pacifique, il s’employait à réconcilier ceux entre lesquels régnait la discorde ; il s’exprimait avec une onction particulière quand il s’agissait d’affermir les faibles contre la tentation. 

Le don de la prière et des larmes semblait être son partage.

Dans une visite à l’abbaye de Villers où il avait suivi l’abbé de Hemmerod, Gautier mourut, favorisé d’une vision de la sainte Vierge, le 22 janvier 1222.

Les nombreux miracles qui se vérifièrent après sa mort l’ont fait vénérer comme bienheureux dans l’Ordre cistercien.

Le Martyrologe Romain ne le mentionne pas.

 

 

Caterina (Maria) Mancini

1350-1431

 

Caterina naquit à Pise (Italie C) vers 1350, d’une famille assez aisée ; elle eut un frère, Tommaso, qui devint prêtre.

Petite, elle perdit son père ; mais aussi, elle fut favorisée de grâces extraordinaires, notamment de la présence visible de son Ange gardien.

Elle n’avait qu’à peine cinq ans, lorsque cet Ange la conduisit en esprit au lieu où l’on allait pendre Pietro Gambacorta : là, c’est la Sainte Vierge qui lui apparut et lui enjoignit de prier sept fois l’Ave Maria, à l’intention du condamné qui, en retour, l’assisterait efficacement. La petite pria : la corde se rompit et Pietro fut grâcié.

Son Ange gardien lui annonça qu’elle allait se marier et qu’elle souffrirait de deuils successifs. En effet, Caterina fut donnée en mariage une première fois à douze ans, à Baccio Mancini : les deux petites filles qui naquirent, moururent peu après la naissance et le mari mourut bientôt aussi.

A seize ans, elle se remaria, avec Guglielmo Spezzalaste, un négociant d’étoffes ; durant les huit années de ce mariage, cinq filles et un fils naquirent ; Guglielmo mourut peu avant la naissance de la dernière fille ; moururent bientôt aussi toute cette progéniture, ainsi que la maman de Caterina.

Son frère Tommaso songeait à la conduire à un troisième mariage, mais Caterina s’y refusa obstinément ; au contraire, elle s’abandonna entièrement à la volonté de Dieu et entra dans le Tiers-Ordre dominicain : c’est sainte Caterina de Sienne (v. 29 avril) qui le lui avait suggéré.

Pendant plusieurs années, Caterina eut une vie très retirée, priant, se mortifiant, et s’adonnant aux bonnes œuvres. Elle jeûnait quatre jours par semaine, se donnait la discipline, assistait aux offices des Dominicains ; à la maison, elle faisait tourner la quenouille, en compagnie d’une autre sainte femme qui partageait volontiers sa vie ascétique.

Au milieu de ses activités charitables, elle eut un jour à soigner un malade particulier, couvert de plaies : c’était Notre Seigneur ! C’est durant cette période qu’elle commença à avoir des extases.

Elle entra finalement au couvent des Dominicaines de Pise, et prit le nom de Maria. Là elle connut la bienheureuse Chiara Gambacorta (v. 17 avril), fille de Pietro dont il était question plus haut. Quand fut construit le monastère, par la bénéficience de Pietro, Maria y suivit Chiara, et lui succéda comme prieure en 1419.

Pendant douze années, elle fut prieure de ce couvent de stricte observance. Elle reçut de son Ange gardien de nombreuses faveurs, dont on ne connaît que cette «vision» de sa vie entière : 

Il lui sembla être à l’entrée d’un chemin ; à sa droite était un bois, repaire des bêtes féroces ; à sa gauche, un étang rempli d’eau saumâtre répandait une odeur de fièvre et de mort ; son guide lui ordonna d’avancer en se tenant au milieu du chemin parce que la discrétion est la condition indispensable de la persévérance dans la vertu. Plus loin, un large fleuve lui barrait la route, c’était la mort. L’ange, pur esprit, passa outre sans effort ; Maria, entravée par les liens du monde, ne le franchit qu’en s’appuyant sur la croix. Au-delà, une campagne fertile, de ravissants jardins, l’invitaient à avancer jusqu’à un temple aux murailles d’or et de gemmes, auquel on ne pouvait accéder que par trois portes placées l’une derrière l’autre. Maria dépassa la première, puis la seconde. En vain voulut-elle s’approcher de la troisième ; son ange gardien lui dit que nulle créature sur terre ne pouvait aller plus loin, mais qu’elle atteindrait sûrement le sanctuaire intime du merveilleux temple si elle continuait à pratiquer fidèlement les mêmes vertus qui l’avaient aidée à parvenir jusque là.

Maria Mancini mourut le 22 janvier 1431 - la même année que sainte Jehanne d’Arc, dont le procès commençait en janvier (v. 30 mai).

Le culte de la bienheureuse Maria Mancini fut confirmé en 1855.

 

 

Antonio Della Chiesa

1394-1459

 

Antonio naquit vers 1394 à San Germano Vercellese (Piémont, Italie NO), dans la noble famille des marquis Della Chiesa di Roddi.

Quand il voulut entrer chez les Dominicains, son père commença par s’y opposer, mais à vingt ans Antonio put commencer le noviciat à Verceil. Après la profession et les études habituelles de philosophie et de théologie, il passa au couvent de Venise pour obtenir le titre de lecteur (professeur). Il y fut ordonné prêtre.

Il commença à prêcher, tout en conservant un style de vie très contemplatif (il passait parfois la nuit en prière) et non moins actif, au service des pauvres.

Le parfait équilibre de sa vie déjà hautement vertueuse le fit nommer à vingt-huit ans prieur à Côme, où il devait réformer le couvent et le reconduire à la règle authentique. Il en profita pour apostoliser la population, soutenu en 1432 par saint Bernardino de Sienne (v. 20 mai), un franciscain de l’Observance. Rappelons que s. Domingo et s. Francesco, les deux grands Fondateurs, étaient très amis et que leurs couvents avaient toujours de bons rapports, s’invitant et se rencontrant régulièrement.

A Côme, Antonio prit la défense de la bienheureuse Maddalena Albrici (v. 13 mai) contre ses frères au sujet d’une disposition testamentaire de leur père. Il fut, exceptionnellement, reconduit dans sa charge de prieur à Côme.

En 1437, il fut vicaire général pour la Lombardie : il le resta jusqu’en 1446, et y fut à nouveau nommé en 1455 ; en outre, en 1440, il fut prieur à Bologne ; en 1441, prieur à Savone ; en 1443 prieur à Gênes. Dans cette dernière ville, les Dominicains s’installèrent contre la volonté de l’évêque et des chanoines, mais sur l’ordre du pape, qui voulait y imposer plus de rigueur apostolique.

De cette période date l’événement remarquable de sa prise en hôtage par des pirates sur le bateau qui l’emmenait de Savone à Gênes. Les ravisseurs menaçaient Antonio et son confrère ou de les tuer ou de les réduire à l’esclavage, mais furent tellement surpris de leur douceur et de leur sérénité devant le danger, qu’ils les libérèrent le lendemain matin.

En 1444, Antonio fut prieur à Plaisance, puis à Vérone en 1447.

Ces années-là durait le schisme de Felix V (Amédée VIII de Savoie) : Antonio fut chargé par le pape de réconcilier avec l’Eglise les partisans de l’antipape.

En 1454, il fut prieur à Florence, où il favorisa l’enrichissement de la bibliothèque et reprit les travaux intellectuels qu’il avait suspendus pour faire face à tant de missions. C’est à Florence qu’il rendit la parole à un petit enfant muet de naissance.

 En 1458, il fut envoyé réformer le couvent de Crémone et, en 1459, rejoignait Côme.

Signalons ici qu’Antonio fut un ennemi implacable de l’usure, qu’il condamna sans trêve. Mais il visita beaucoup les malades et eut des grâces célestes particulières. A Côme, un fidèle qui venait se confesser à lui, l’aperçut en conversation avec la Sainte Vierge. Antonio lui intima l’ordre de n’en parler à personne, mais le fidèle put témoigner après la mort d’Antonio.

Antonio restait très humble malgré les hautes missions qu’on lui confiait ; il dit un jour : On m’a mis à la barre, mais je ne sais pas même ramer.

Il avait eu le pressentiment de sa mort prochaine. Il s’éteignit à Côme le 22 janvier 1459 et son culte fut confirmé en 1819.

La famille Della Chiesa donna plus tard un autre personnage à l’Eglise : un certain Giacomo (1854-1922), qui devint en 1914 le deux-cent cinquante-huitième pape : Benoît XV.

 

William Patenson

? -1592

 

William était né à Durham (ou au Yorkshire).

Admis au Collège anglais de Reims en 1584, il fut ordonné prêtre en septembre 1587.

Il partit en Angleterre en janvier 1589.

Le troisième dimanche d’Avent de 1591, il célébra la messe chez Monsieur Lawrence Mompesson à Clerkenwell, et c’est pendant qu’ils dînaient, avec un autre prêtre nommé James Young, qu’ils furent surpris.

Le prêtre Young put se dissimuler à temps dans une cachette près de lui, mais William fut arrêté et condamné à Old Bailey, après les fêtes de Noël, en janvier 1592.

Toujours selon Young, William convertit en prison trois ou quatre voleurs, qui se confessèrent avant de mourir.

Selon Richard Verstegan, il convertit encore au catholicisme, la nuit précédant son martyre, six ou sept compagnons de cellule.

D’après ce dernier aussi, pour avoir commis le délit d’avoir converti d’autres prisonniers, William fut descendu du gibet encore vivant, de sorte qu’il avait encore toute sa conscience quand on commença de l’éviscérer avant de l’écarteler.

William Patenson fut béatifié en 1929. Son dies natalis est le 22 janvier.

 

 

Mateo Alonso de Leciñana y Alonso

1702-1745

 

Il était né le 26 novembre 1702 à Navas del Rey (Valladolid, Espagne).

Il entra au couvent dominicain de Ségovie et fit la profession en 1723.

Après d’intenses études, il fut ordonné prêtre et envoyé aux missions orientales.

En 1730, il fut le compagnon de voyage de Francesc Gil de Federich i Sans, et le retrouverait plus tard en prison.

Quand le père Francesc fut arrêté (1737), Mateo put continuer sa vie clandestine pendant encore huit ans, avant d’être à son tour arrêté.

Il parcourait les villages, voyageant même seul, quand les vietnamiens n’osaient pas l’accompagner à cause du danger ; il leur répondait : Pourquoi serais-je venu ici, si c’est pour refuser d’aller administrer les sacrements ? Il confessait parfois toute la nuit. Les pauvres l’assiégeaient, heureux de repartir ne serait-ce qu’avec un petit bol de riz.

Il fut trahi par un païen ; la police fit irruption dans la chapelle où il était en train de célébrer. Il eut le temps de consommer la sainte Hostie, mais pas le Précieux Sang, qu’un soldat renversa à terre.

On le dépouilla et on le frappa jusqu’au sang. Conduit à Vi-Hoang, il fut reconnu comme maître de la foi portugaise, et laissé libre : les Chrétiens purent l’approcher, une femme le reçut chez elle pour le soigner. Puis on l’appela devant le tribunal, où il fut interrogé, torturé de mille façons. 

Ayant appris cela, le père Francesc Gil de Federic lui écrivit, lui recommandant de ne pas révéler le lieu de sa première capture, pour ne pas compromettre les Chrétiens de l’endroit. 

Puis le père Mateo rejoignit le père Francesc. Ils purent d’abord se retrouver dans une maison à part, s’encourageant mutuellement, se confessant, célébrant. Mateo fut condamné à mort, mais non exécuté tout de suite.

En prison, ils se soutinrent tout en continuant d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compagnons prisonniers.

En 1744, on ré-examina leurs causes : la sentence de mort fut confirmée pour le père Francesc, mais seulement la détention à vie pour le père Mateo. Ce dernier tenta un recours pour son Confrère, qui l’en dissuada.

Le jour de l’exécution, des soldats tentèrent encore de convaincre Mateo d’intercéder pour Francesc. Mais lui répondit : Nous sommes frères ! Si vous en épargnez un, épargnez l’autre ; si vous en tuez un, tuez l’autre. Il fut alors condamné aussi à la décapitation.

Juste avant l’exécution, on leur proposa encore une fois la liberté, s’ils acceptaient de marcher sur la croix. Peine perdue !

Le père Mateo fut donc exécuté le même jour que le père Francesc, à Thăng Long (Hanoi). Ils furent les deux premiers missionnaires victimes de persécutions au Vietnam.

C’était le 22 janvier 1745.

Ils furent tous deux béatifiés en 1906, et canonisés en 1988.

Ils sont fêtés le 24 novembre.

 

 

Francesc Gil de Federic i Sans

1702-1745

 

Né le 14 décembre 1702 à Tortosa (Catalogne, Espagne), Francesc entra dès l’âge de quinze ans à l’école dominicaine de Tortosa.

Au couvent de Barcelone, il poursuivit sa formation et émit les vœux en 1718.

Après avoir étudié philosophie et théologie à Barcelone puis Orihuela, il fut ordonné prêtre en 1727, au couvent de Tremp.

On le nomma maître des novices et professeur de philosophie, et il fut admis en 1729 comme membre de l’Académie Royale des Belles Lettres, en reconnaissance pour ses écrits sur la morale et l’histoire.

En 1730, il put réaliser son profond désir d’aller aux missions d’Orient et partit avec vingt-quatre compagnons, parmi lesquels Mateo Alonso de Leciniana.

A Manille, en même temps qu’il était secrétaire du Père Provincial, il apprit tout de suite le dialecte tagal, très répandu ; on l’envoya prêcher à Luzón, Bataán et Pangasinán.

En 1735, il rejoignit enfin le pays de ses rêves, le Vietnam, alors Tonquin, où sévissait une persécution. Il avait trente-trois ans.

D’abord il apprit la langue, d’ordinaire si ardue, et put la parler couramment au bout de cinq mois. Les habitants l’appelèrent Ku-tê (sacrifice). Courageusement, il entreprit des tournées épuisantes d’apostolat pendant deux années, confessant parfois jusqu’à minuit, pratiquant une sévère abstinence de viande toute l’année, et prenant un seul repas durant le Carême.

Charitable et bon comme un père, il savait être sévère devant certaines fautes graves, obligeant parfois tel domestique à manger par terre, surveillant l’habillement, interdisant l’entrée de femmes chez lui, et luttant contre le temps perdu, par la méditation et la prière dès qu’il était un peu libre.

En 1737, il fut arrêté à Luc-Thuy-Ha. Quand on le mit sur la barque pour l’emmener, il y trouva d’autres Chrétiens et protesta : Maintenant que vous m’avez pris, libérez ces gens ! Curieusement, on les libéra en effet. Mais lui restera en prison pendant huit ans à Hanoi, subissant tous les maltraitements et les maladies possibles.

Avec l’aide d’une bonne Chrétienne, la veuve Ba-Gao, qui soudoya les gardiens, le père Francesc put sortir de prison et continuer un intense apostolat ; en prison, il baptisa cent vingt-deux personnes ! La même veuve obtint de le garder continuellement chez elle, pour le soigner.

Il était impatient de verser son sang pour le Nom de Jésus. Il apprit sa condamnation à mort en novembre 1738, mais la sentence n’était pas exécutée, à la suite de remous politiques. Les interrogatoires se répétaient, mais le prêtre se taisait. On lui enjoignit de marcher sur les objets religieux qu’on lui avait pris ; comme il refusait, le brigadier le fit sous ses yeux, lui provoquant une telle douleur qu’il en vomit et cracha du sang.

Le retard de son exécution lui permit de se déplacer jusqu’à l’extérieur de la capitale, pour confesser les fidèles.

De nouveau interrogé en 1743, il avertit les policiers que le pays était secoué par la disette et la maladie à cause des méchancetés injustement perpétrées contre les Chrétiens, qui ne faisaient aucun mal.

En décembre 1743, le père Mateo Alonso, à son tour capturé, le rejoignit, ce qui leur permit de s’encourager, de se confesser mutuellement, de célébrer. 

Les Chrétiens de la région tentèrent de le «racheter», mais il s’y opposa fermement : Jamais je ne permettrai qu’on gaspille une seule pièce de monnaie pour m’empêcher de mourir pour Dieu !

Le matin de son exécution, on lui proposa encore une fois d’abjurer la foi ; il refusa et se laissa attacher aux piquets avant de présenter son cou au bourreau.

Il fut décapité le 22 janvier 1745, à Hanoi, avec l’autre père dominicain, Mateo Alonso de Leciñana.

Le père Francesc Gil de Federic i Sans fut béatifié en 1906 et canonisé en 1988.

La fête liturgique des Martyrs du Vietnam est au 24 novembre.

 

 

Guillaume Joseph Chaminade

1761-1850

 

Guillaume naquit le 8 avril 1761 à Périgueux, avant-dernier des quinze enfants de Blaise, un vitrier et drapier qui habitait tout près de la cathédrale.

Neuf enfants moururent en bas--âge. Des six autres, dont quatre seront prêtres, l’aîné, Jean-Baptiste, sera jésuite après avoir fait partie de la Congrégation des prêtres de Saint-Charles ; Louis, son aîné immédiat, sera son compagnon de séminaire.

Guillaume eut une grave blessure au pied, dont il guérit de façon assez inattendue après avoir fait le vœu d’aller en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Verdelais. De là lui vint cette grande dévotion mariale.

A la confirmation, il ajouta à son prénom celui de saint Joseph.

Quand Guillaume entra au séminaire de Mussidan, Jean-Baptiste en était l’économe. La référence à saint Charles (v. 4 novembre) montre bien l’esprit qui animait cette maison : mettre en pratique les principes du Concile de Trente ; rechercher d’abord la sainteté personnelle, en vue de l’évangélisation et en particulier de la formation de la jeunesse.

En 1776, Guillaume-Joseph demanda à être admis dans la communauté Saint-Charles, y fit le noviciat et les vœux. On le nomma aide-économe, économe, professeur de mathématiques, bientôt aumônier après son ordination (1785). 

La Révolution mit fin à ces activités, en dissolvant les Ordres et les collèges dont les professeurs refusaient le serment de fidélité à la Constitution.

Guillaume se réfugia à Bordeaux et entra délibérément dans la clandestinité pour assister les chrétiens fidèles. Il se déguisa en marchand ambulant, en rétameur ; il s’appuya sur la collaboration des laïcs courageux qui le protégèrent pour aller retrouver des malades, des mourants, des familles où il célébrait en cachette.

Lors de l’accalmie de 1794, on lui confia la réconciliation avec l’Eglise des prêtres jureurs : il en convainquit une cinquantaine.

Il dut rejoindre la clandestinité en 1795, et l’Espagne en 1797, où il retrouva son frère Louis à Saragosse. Il vécut de la fabrication de fleurs artificielles et de petites statues pour la dévotion. Il priait beaucoup, notamment au sanctuaire de Notre-Dame du Pilier, patronne de Saragosse.

C’est dans ce contexte qu’il aura une «vision», dont il parlera plus tard, en en démontrant l’inspiration divine : Je vous ai vus tels que vous êtes ici, et cela s’est fait dans un clin d’œil, il y a longtemps.

Revenu enfin à Bordeaux en 1800, il y fonda une Congrégation de l’Immaculée, pour réunir les jeunes chrétiens. A Agen en 1808, Adèle de Trenquelléon (v. 10 janvier) fonda dans le même esprit un groupe féminin dont sortira en 1816 l’Institut des Filles de Marie Immaculée.

En 1817, quelques jeunes hommes donnèrent naissance, autour du père Chaminade, à la Société de Marie, ou Marianistes, pour l’éducation de la jeunesse. Ils reprirent ou fondèrent de nombreux établissements : Paris, Cannes, Alsace, Belgique, Italie, Espagne, Autriche, Etats-Unis, Canada, Océanie, Japon.

Le père Guillaume-Joseph Chaminade mourut le 22 janvier 1850 à Bordeaux et fut béatifié en 2000.

 

 

Vincenzo Pallotti

1795-1850

 

Né le 21 avril 1795 à Rome, de famille noble, Vincenzo fut baptisé le lendemain. Son père, Pietro Paolo, était des Pallotti de Cascia, sa mère, Maria Maddalena, des De Rossi de Rome. Vincenzo était le troisième des six enfants de ce couple chrétien.

Après l’école primaire, il étudia au Collège Romain. Déjà particulièrement recueilli à cet âge, il aurait même fait quelque «prophétie».

Confirmé en 1801, il reçut la Première communion en 1805 et l’autorisation, exceptionnelle à l’époque, de communier chaque jour.

A seize ans, il entra au séminaire diocésain, et fut ordonné prêtre en 1818.

Il s’inscrivit à trois Tiers-Ordres, dominicain, minime et franciscain.

En juillet 1818, il était reçu docteur en théologie. 

Sa première action fut de fonder une Ligue Antidémoniaque, dont les membres devaient partout détruire ce qui se trouvait de scandaleux et malhonnête : quel travail déjà à l’époque ! et si seulement ce zèle pouvait aujourd’hui nettoyer nos kiosques à journaux…

Vincenzo comprit que sa véritable vocation était la prédication : il se mit à parcourir les rues de Rome, parlant de Dieu aux gens, rencontrant les pauvres, les abandonnés, leur redonnant confiance.

Cet apostolat dura trente-deux années, durant lesquelles Vincenzo ne s’épargna aucune fatigue pour venir en aide à tous ceux qu’il put approcher. On se demande comment un seul homme ait pu accomplir tant de travail. Qu’on en juge : 

Il développa la dévotion au Précieux Sang, à la Sainte Vierge ; il organisa des conférences sur le dogme, pour les jeunes ; des écoles du soir, qui se poursuivaient par des heures de prière et de confessions ; des exercices spirituels pour personnes de l’aristocratie, d’autres pour gens pauvres ; 

Il fut présent dans un hospice, dans un institut agraire ;

Outre la prédication, il confessait sans relâche, dans diverses églises romaines ;

De 1827 à 1840, il fut directeur spirituel au séminaire de Rome et au Séminaire Pontifical de la Propagande.

En 1834, don Vincenzo aurait opéré un miracle retentissant, obtenant par sa prière la guérison d’une jeune fille agonisante, suscitant le zèle du père de celle-ci pour aider les œuvres de don Vincenzo.

Voulant impliquer tous les chrétiens, religieux et laïcs, il fonda ainsi en 1835 la Pieuse Société des Missions, future Société de l’Apostolat Catholique, annonciatrice de l’Action Catholique du vingtième siècle. Les prêtres de cette Société, qu’on appela les pères Pallotins, assumèrent l’église romaine de Saint-Sauveur in Onda.

A cette branche masculine succéda la branche féminine.

A partir de 1836, Vincenzo commença une œuvre de rapprochement avec les Eglises orientales, qu’il organisa dans la semaine qui suivait la fête de l’Epiphanie. Là encore, son travail précédait l’effort œcuménique de notre époque.

Mais comme les «nouveautés» ne plaisent jamais, même (ou surtout) dans les rangs des ecclésiastiques, don Vincenzo fut critiqué, calomnié, traîné en dérision, jusqu’à obtenir du pape la dissolution de la Société (1838), mais cette mesure ne dura pas. La Société fut finalement approuvée.

Don Vincenzo savait et répétait que le Chemin le plus sûr est celui de la souffrance. 

De 1843 à 1849, il fut en outre aumônier militaire.

Il prit aussi le temps d’écrire des ouvrages, des articles divers pour tous les milieux, persuadé que tous, de quelque condition qu’ils fussent, étaient appelés à coopérer à témoigner de la foi.

Du vivant de don Vincenzo, l’œuvre atteignit l’Angleterre ; plus tard, tous les continents, de l’Uruguay à la Pologne, du Brésil à l’Inde.

Sa dernière œuvre de miséricorde fut de couvrir de son manteau les épaules d’un pauvre et de lui donner l’absolution : il en contracta une pleurésie, dont il mourut le 22 janvier 1850, le jour de la fête de saint Vincent.

Sa mort fut saluée comme celle d’un Saint, de l’apôtre de Rome, du père des pauvres.

Sa dépouille, dont on a retiré les cilices et les chaînes qu’il portait encore à sa mort, est conservée à Rome, incorrompue.

Don Vincenzo Pallotti fut béatifié en 1950, et canonisé en 1963.

Laura Vicuña

1891-1913

 

Née le 5 avril 1891 à Santiago du Chili, de José Domingo Vicuña et de Mercedes Pino, Laura fut baptisée le 24 mai suivant.

Le père était un militaire, il avait un frère prêtre et un autre qui recouvra une importante charge dans la politique (mais on ignore laquelle) ; la maman était couturière, sans doute de très humble extraction, et l’on n’a pas retrouvé son ascendance, ni même son nom de famille.

Laura eut une sœur, Julia Amanda.

En 1891, l’année où fut renversé le gouvernement, le papa fut nommé à Temuco, où il mourut de pneumonie en 1894. Madame Vicuña ouvrit une petite mercerie, qui fut cambriolée en 1898.

Cette année-là, s’arrêta à Temuco une petite communauté de Salésiennes, en attente de pouvoir rejoindre l’Argentine. Une des Religieuses vint à la mercerie de Madame Vicuña. Laura la reconnut plus tard, à Junin des Andes.

En 1899, la maman et ses deux filles finit par s’installer non loin de Junin des Andes, sur la propriété d’un Chilien, un homme brutal mais tout de même accueillant envers cette Chilienne, qu’il finit par prendre comme compagne.

Laura et sa sœur furent inscrites à l’école de Junin en 1900.

Les Religieuses disaient que leurs élèves empoignaient plus facilement les rênes des chevaux que la plume ou l’aiguille, mais elles s’aperçurent que Laura était une fille au cœur limpide et assoiffé de Dieu. Elle avait compris que prier ou travailler, c’est la même chose ; prier ou jouer ; prier ou dormir… En faisant ce qu’on me demande de faire, je fais ce que Dieu veut que je fasse, et c’est cela que je veux faire ; c’est ma meilleure prière… Ce n’est pas que je sois continuellement en train de penser à (Dieu), mais que, sans y penser, je me réjouis de ce souvenir.

Elle comprit bientôt que sa mère n’était pas en état de grâce, ayant accepté de vivre hors mariage avec ce monsieur. Elle en conçut une grande tristesse, et se mit à multiplier les prières et les pénitences pour la conversion de sa mère.

En 1901, elle reçut la Première communion dans un recueillement extraordinaire, et prit alors des résolutions très importantes : la mort plutôt que le péché ; la réparation pour les offenses de ses proches. La même année, elle adhéra aux Filles de Marie.

Durant les vacances d’été, Laura faillit être violée par le compagnon de sa mère, ivre et brutal, lequel, humilié d’avoir été tenu en échec par cette gamine, refusa désormais de payer la pension du collège. La directrice accepta alors de recevoir les deux sœurs gratuitement, mais seule Laura retourna au collège.

Laura demanda à être admise parmi les Salésiennes, mais celles-ci avaient des doutes sur la légitimité de Laura, à cause de la vie déréglée de sa mère et de son compagnon, de sorte que Laura fit seulement des vœux privés, en 1902 (et ce n’est que bien plus tard qu’on retrouva son acte de baptême, comme fille légitime).

Pour l’heure, Laura se rendait utile dans le collège, aidant les plus jeunes à s’habiller, à rester propres et joyeuses.

Toujours préoccupée par la conversion de sa mère, elle offrit sa vie à Dieu. Durant l’été 1903, sa santé s’altéra brusquement. En septembre, elle ne pouvait participer à la retraite spirituelle : elle avait contracté la tuberculose.

Sa mère vint la chercher, et Laura offrit encore le sacrifice de quitter son cher collège, pour la conversion de cette maman. Mais cette dernière dut placer sa fille à Junin, non loin du collège, pour lui faire donner sur place les soins nécessaires à sa maladie, et demeura avec sa fille.

En janvier 1904, le compagnon voulut rejoindre la maman, qui faillit céder. Laura alors se leva et sortit de la maison : l’homme la suivit et la gifla violemment, mais comme des passants étaient là, il laissa sa fille comme morte et s’enfuit. Pas une plainte ne sortit de la bouche de Laura.

Désormais elle resta alitée. Comble de sacrifice, l’aumônier et la supérieure du collège durent s’absenter. Elle accepta encore cette privation avec soumission à la volonté de Dieu.

Le 22 janvier, elle reçut les derniers Sacrements. Il y eut alors une conversation intense entre elle et sa maman :

Ma fille, tu vas me laisser ?

- Oui, Maman, … cela fait presque deux ans que j’ai offert (à Jésus) ma vie pour toi… N’aurai-je pas la joie de te voir te repentir ?

- Oh ma chère Laura, je te jure en cet instant que je ferai ce que tu me demandes. Je me repens, Dieu est témoin de ma promesse ! Oui, demain matin, j’irai à l’église et je me confesserai.

Et Laura, heureuse, dit au prêtre présent : 

Père, soyez témoin de sa promesse !

Merci, Jésus, merci Marie ! Maintenant, je meurs contente !

Laura mourut dans l’après-midi, le 22 janvier 1904 : elle avait douze ans et neuf mois.

Elle a été béatifiée en 1988.

Le miracle retenu pour cette cérémonie, fut la guérison instantanée, complète, durable, non explicable scientifiquement, d’une religieuse chilienne ; atteinte de broncho-stase bilatérale, de péri-bronchite chronique fibreuse avec des épisodes de pneumonie focale rebelle, elle subit plusieurs opérations de «soulagement», jusqu’à un stade d’étouffement total. Ayant commencé une neuvaine à Laura, elle fut soulagée la nuit même ; les Consœurs la crurent folle ; mais la guérison était bien là.

 

Il faut ajouter ici que la maman de Laura alla d’abord se cacher pour échapper à la fureur de son compagnon. Celui-ci mourut assassiné dans une bagarre vers 1906.

La maman fut fidèle : elle put communier aux funérailles de sa fille, repassa au Chili où elle se remaria chrétiennement, et mourut en 1929.

 

 

Giuseppe Nascimbeni

1851-1922

 

Giuseppe (Joseph) naquit le 22 mars 1851 à Torri del Benaco (Verona, Italie N), fils unique d’un humble artisan menuisier, Antonio, et de Amedea Sartori. La naissance fut difficile, et l’enfant fut ondoyé par le médecin.

Après avoir surmonté quelques difficultés à l’école de Vérone, Giuseppe entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1874.

Il passa avec succès le diplôme de maître d’école.

Il fut d’abord nommé vicaire à San Pietro di Lavagno (Vérone), où il sera aussi instituteur. Il demanda cependant lui-même son déplacement, car la population finissait par le considérer lui comme curé.

En 1877, il fut nommé vicaire à Castelletto di Brenzone, où il prendra en 1885 la succession du curé défunt : c’est que, déjà, les chefs de familles du pays ne veulent pas d’autre prêtre chez eux. Don Giuseppe restera là presque un demi-siècle, jusqu’à sa mort.

Don Giuseppe trouva un village de mille habitants complètement isolés du monde - et de toute instruction. Aussi multiplia-t-il les initiatives pour relever le niveau social, culturel, moral et spirituel de ses paroissiens.

Au bout de sept années, il se sentit d’abord découragé et présenta sa démission à l’évêque. Il n’avait pas même pu trouver deux Religieuses pour l’aider ! Et l’Evêque eut cette réponse fulgurante : Se nissuni ve le dà, fevele vu come voli ! (en dialecte de Vérone : Si personne ne vous les donne (les Religieuses), faites-les comme vous l’entendez !). Là, don Giuseppe reprit courage.

Il commença par envoyer quatre braves filles dans un noviciat de Vérone : ce furent les premiers éléments des Petites Sœurs de la Sainte Famille. De là naquirent une foule d’idées et de bonnes volontés, pour aboutir à : 

une nouvelle église, une nouvelle route, la lumière électrique, l’eau potable, une Caisse Rurale, une maison pour les jeunes, une assistance aux vieillards à domicile, une école maternelle, un orphelinat, un hospice, une fabrique de vêtements, une fabrique d’huile, une imprimerie, un bureau de poste… Qui sait ce que don Giuseppe n’aura pas fait pour sortir son village de l’ignorance, de l’isolement, de la misère, du chômage…

A qui se demandait comment il pouvait combiner la prière et tant d’activités, il répondait : Le Crucifix et l’horloge, la prière et la précision.

Le 31 décembre de 1916, il fut frappé d’hémiplégie et resta cinq années immobilisé.

Il mourut, d’après le Martyrologe, le 22 janvier 1922 ; on parle plus souvent du 21 janvier.

Don Giuseppe fut béatifié en 1988.

Les Petites Sœurs sont présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Amérique du Sud, en Angola.

 

 

László Batthyány-Strattman

1870-1931

 

 

László (Ladislaus) Batthyány naquit le 28 octobre 1870 à Dunakiliti (Hongrie), dans une famille de l’ancienne noblesse, sixième de dix enfants.

Le papa, József, voulut passer au protestantisme et quitta la famille.

En 1876, la famille se transporta en Autriche et la maman mourut en 1882. On peut supposer qu’alors le père se rapprocha de ses enfants.

László avait douze ans : à cet âge-là, l’adolescent avait déjà exprimé son désir d’être médecin, et de soigner gratuitement les pauvres.

Son père voulut qu’il fréquentât l’Ecole d’Agriculture de Vienne, où il étudia aussi la chimie, la physique, la philosophie, la littérature et la musique. 

C’est à cette époque qu’il eut une petite fille illégitime. Puis il s’attaqua à la médecine en 1896 et reçut son diplôme en 1900.

En 1898, il épousa la comtesse Maria Teresa Coreth (de Coredo et Starkenberg), une femme profondément pieuse. Dieu bénit ce mariage par l’heureuse naissance de treize enfants. 

Tout ce joli monde allait chaque jour à la messe. Après la messe, le papa donnait une leçon de catéchisme à ses enfants et leur proposait à chacun un geste charitable à faire durant la journée. Le soir, après la prière du chapelet, chacun disait comment il avait accompli sa «mission».

En 1902, László ouvrit un hôpital privé à Kittsee (Autriche), pouvant contenir vingt-cinq lits, puis à Köpcsény (Hongrie). Il exerça d’abord comme généraliste, puis comme chirurgien et ophtalmologue. Durant la Première guerre mondiale, son établissement fut agrandi pour recevoir jusqu’à cent-vingt blessés.

En 1915, László hérita de son oncle défunt le nom de Strattman, le titre de Prince et le château de Körmend (Hongrie), où la famille s’établit en 1920.

Une aile du château fut transformée en hôpital ophtalmologique. László devint un spécialiste de renommée internationale dans ce domaine, en même temps que se répandait sa réputation de «docteur des pauvres». Il leur demandait seulement de prier un Notre Père pour ses intentions et, souvent, leur payait lui-même les médicaments à prendre.

Avant chaque opération, il priait Dieu de guider ses mains. Quand ses patients quittaient l’hôpital, il leur remettait un petit livret intitulé «Ouvrez les yeux et voyez», où ils pouvaient trouver quelques conseils utiles pour leur vie spirituelle. Ce geste, joint à la délicatesse de László, fit qu’on le qualifiait déjà de «saint», même dans sa famille.

En 1921, son fils aîné Ödön mourut à vingt-et-un ans d’une grave infection intestinale.

A la fin de l’année 1929, László eut une tumeur à la vésicule et fut admis au sanatorium Löw de Vienne. Cette épreuve, la plus grande de sa vie, allait lui donner l’occasion de montrer toute la patience et la charité dont il était capable. 

Il écrivit à une parente : Je suis heureux. C’est atroce, ce que je souffre, mais j’aime mes souffrances, et ma consolation est de savoir que je les supporte pour le Christ.

László mourut à Vienne le 22 janvier 1931, après quatorze mois de grandes souffrances et fut enterré dans la tombe familiale de Güssing.

Sa devise était : Dans la fidélité et la charité.

Il a été béatifié en 2003.

 

 

Esteve Santacana Armengol

1885-1937

 

Esteve (Etienne) vint au monde le 20 septembre 1885 à El Papiol (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Il fut de ceux qui ressentent l’appel de Dieu dès la petite enfance et il entra au petit séminaire diocésain de Barcelone.

Ayant rencontré des pères Capucins, il fut impressionné par leurs façons austères, leur zèle dans l’évangélisation, et demanda à être admis parmi eux.

En 1901, donc, il reçut l’habit, avec le nom de Remigi. L’année suivante, il faisait la profession temporaire et, le 4 octobre 1905, la profession solennelle, en la fête de saint Francesco d’Assise.

En 1909, il reçut l’ordination sacerdotale, à Arenys de Mar.

Bientôt après, il fut envoyé aux Philippines, et de là au Nicaragua, puis au Costa Rica.

En 1921, revenu en Espagne, il fut élu maître des novices.

Il repartit encore aux missions et revint, cette fois-ci définitivement, au pays natal ; en 1936, le chapitre lui assignait le couvent de Sarriá.

La foi et une grande ferveur avaient toujours caractérisé le père Remigi ; il en eut besoin en ces moments dramatiques de la révolution marxiste. Il était particulièrement dévôt de sainte Thérèse de Lisieux (v. 1er octobre), canonisée dix ans auparavant (1925) et proclamée Patronne des missions en 1927.

A partir du 19 juillet 1936, il dut quitter son couvent, à l’instar de tous les pères Capucins de la province de Barcelone, et se réfugier ici et là, selon la charité des amis. Mais il fut un jour découvert par des anarchistes et conduit à leur tchéka.

Le père Remigi subit le martyre le 22 janvier 1937 et fut béatifié en 2015.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 11:21

Yi Yun-il Ioannes
(Yi Yun-il Yohan)
1812-1867

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.
Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.
Il se maria et eut des enfants.
On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.
Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.
Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.
Le 6 décembre 1866, Ioannes était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.
Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage.
La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Ioannes, qui furent mises en prison à Mungyŏng.
Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Ioannes fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.
Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Ioannes subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.
Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Ioannes.
Les autorités de Seoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.
L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Ioannes, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.
Comme précédemment, Ioannes continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.
Le jour de son exécution étant arrivé, Ioannes fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.
Il fut décapité, le 21 janvier 1867.
On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Ioannes est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.
Leur fête liturgique est au 20 septembre.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 00:00

 

21 JANVIER

 

II.

S Publius, évêque à Athènes.

III.

Ss Fructuosus, premier évêque à Tarragone, martyr avec ses deux diacres Augurius et Eulogius. 

S Patroclus, martyr à Troyes.

IV.

Ss Valérien, Candide, Eugène, martyrs à Trébizonde.

S Eustase, martyr à Nicomédie.

Ste Agnès, martyre romaine de douze ans ; invoquée pour la conservation de la pureté, elle est la patronne des fiancées jusque dans l’Angleterre protestante.

S Busiride, à Ancyre, où il endura les tortures après avoir renoncé à l’erreur encratite.

V.

S Epiphanius, évêque à Pavie, surnommé “pacifique”, “gloire de l’Italie”, “lumière des évêques”.

VI.

S Vimin (Wynnin, Gwynnin), abbé et évêque à Fife, fondateur d’une autre abbaye à Holy-Wood.

S Lawdog (Lleuda, Laudatus), abbé à Bardsey ; peut-être assimilable à s.Lô.

VII.

S Avit, frère de s.Bonet et évêque à Clermont ; il convertit les assassins de son prédécesseur, s.Prix.

S Aptat, évêque à Metz.

IX.

S Meinrad, excellent professeur d’Ecriture Sainte à Reichenau, ermite près de Altendorf, où sa dévotion à une image de Notre-Dame fut à l’origine du pélerinage de Einsiedeln ; il fut martyrisé par des brigands.

X.

S Zaccaria Angelico, moine au Monte Mercurio.

S Maccalein (Maccalan), irlandais, abbé bénédictin à Saint-Michel en Thiérache.

XVI.

Bx Edward Stransham et Nicholas Wheeler (ou Woodfen), prêtres anglais martyrs à Tyburn.

XVII.

S Bartholomew (Alban) Roe, bénédictin, et Thomas Green (ou Richard Reynolds), prêtres anglais, martyrs à Tyburn, l'un après dix-sept années, l'autre après quatorze années de prison.

Bse Josefa Maria de Santa Iñès, augustine espagnole à Beniganim, favorisée du don de prophétie.

XVIII.

Bx martyrs de Laval ; les prêtres : Julien Moulé, Augustin-Emmanuel Philippot, Joseph Pellé, René-Louis Ambroise, André Duliou, Louis Gastineau, François Migoret Lambardière, Pierre Thomas, Jean-Baptiste Turpin du Cormier, Julien-François Morvin de la Girardière, Jean-Baptiste Triquerie (cordelier), Jacques André, Jean-Marie Gallot ; le diacre François Duchesne.

B Bang Franciscus, laïc coréen martyrisé par pendaison, béatifié en 2014.

XIX.

S Yohan Yi Yun-il, père de famille coréen, paysan et catéchiste, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; c’est le dernier martyr coréen.

XX.

B Joan Font Taulat (Arnal Ciril, 1890-1937), lassallien espagnol, martyr de la persécution à Lleida, béatifié en 2013.

Publius d’Athènes

† 125

 

Publius est considéré comme le troisième ou quatrième évêque d’Athènes.

Il y aurait été nommé vers 120.

L’ancien Martyrologe disait qu’il fut célèbre à la fois par les vertus et l’excellence de la doctrine, ajoutant cette belle périphrase, désignant son martyre : il fut couronné de gloire pour avoir rendu témoignage au Christ.

Ce martyre semble devoir être daté de 125, date à laquelle on connaît le successeur de Publius, Quadratus, peut-être l’apologiste commémoré le 21 septembre.

Dans le Martyrologe Romain, saint Publius d’Athènes est commémoré le 21 janvier.

 

 

Fructuosus de Tarragone

et ses diacres Augurius et Eulogius

† 259

 

Fructuosus fut le premier évêque de Tarragone (Espagne E).

On ne connait rien sur sa vie, sinon le récit de son martyre.

Le gouverneur Æmilianus le fit arrêter avec ses deux diacres, Augurius et Eulogius. Fructuosus demanda seulement le temps de mettre ses chaussures, car il était allongé sur sa couche, et suivit allègrement les gardes.

En prison, les trois prièrent, chantèrent, se préparant au martyre. Ils recevaient des fidèles, Fructuosus leur donnait sa bénédiction.

Il baptisa un catéchumène prisonnier, Rogatianus.

Après six jours de prison, eut lieu l’interrogatoire au tribunal. On y relève cette perle :

Ne sais-tu pas qu’il y a d’autres dieux ? - Non.

Fructueux et ses Diacres furent condamnés à être brûlés vifs. Sur le chemin, même des païens pleuraient, connaissant la bonté de l’Evêque. Un Chrétien lui présenta un verre d’eau, que Fructuosus refusa poliment, car ce matin-là, vendredi, on jeûnait.

A l’amphithéâtre, le Lecteur Augustalis voulut aider l’Evêque à retirer ses chaussures, mais Fructuosus se déchaussa lui-même. Puis il adressa une petite allocution à ses fidèles présents : 

Le Seigneur ne vous laissera pas sans pasteur, car il est fidèle à ses promesses. Ne vous attristez pas de mon sort, car une heure de souffrance est vite passée.

Alors, on les attacha sur le bûcher. Quand les bandelettes furent consumées, les trois Martyrs s’agenouillèrent, les bras en croix, priant, et c’est dans cette noble position qu’ils rendirent leur âme à Dieu.

On vit alors s’ouvrir les Cieux, où entrèrent glorieusement les trois Martyrs.

Quand des Chrétiens voulurent emporter des reliques de Fructueux, Augurius et Eulogius, Fructuosus leur apparut pour leur demander de ne pas séparer les trois corps et de les mettre dans un même tombeau.

Dans le Martyrologe Romain, saint Fructuosus de Tarragone est commémoré avec ses deux Diacres Augurius et Eulogius le 21 janvier.

 

 

Patroclus de Troyes

† 259

 

Patroclus (Patrocle, Parre) habitait avec ses parents à Troyes ; il en avait hérité une certaine fortune, qu’il distribua aux pauvres à la mort de ceux-ci.

Retiré dans le voisinage de Troyes, Patroclus vivait dans la pénitence, les mortifications, la prière, l’assistance aux pauvres. Mais la persécution l’atteignit.

On hésite sur la date de cette persécution : 259 ou 273.

On le jeta tout d’abord trois jours en prison, durant lesquels il fut interrogé et refusa de renier le divin Maître. A nouveau interrogé, à nouveau il confessa sa foi.

Conduit le long de la Seine pour y être décapité, il échappa aux bourreaux et passa le fleuve indemne ; mais le prodige ne suffit pas à convaincre les bourreaux. Rattrappé, il fut décapité ; Patroclus recueillit dans ses mains son chef et le porta sur une colline proche.

Deux pauvres mendiants, qui sans doute le connaissaient, lui donnèrent une sépulture honorable. Une chapelle fut ensuite construite, où se produisirent des miracles, et remplacée par une grande église plus tard.

Des représentations de Patroclus lui donnent l’aspect d’un soldat, portant un poisson avec une perle dans la bouche ; on invoquait s.Patroclus contre les fièvres.

Des reliques de s.Patroclus furent portées à Soest en Allemagne ; en 1447, assiégés, les habitants attribuèrent leur libération à l’intercession de saint Patroclus.

Dans le Martyrologe Romain, saint Patroclus de Troyes est commémoré le 21 janvier.

 

 

Agnès de Rome

† 304 ?

 

Sainte Agnès est une des plus illustres martyres de Rome, mais des doutes subsistent à son sujet.

Elle a certainement été martyrisée à douze ou treize ans, assez probablement lors de la persécution de Domitien (304), mais certains proposent la persécution de Dèce (254).

On a opposé entre eux deux récits, latin et grec, de sa Passio, alors qu’ils sont compatibles en se complétant.

Comme cela se répète chaque fois qu’on abandonne une jeune fille aux mains de soldats ou de jeunes mal intentionnés, Agnès fut donc d’abord enfermée dans une salle, où des scélérats tentèrent de lui arracher sa petite chemise ; alors elle laissa tomber ses longs cheveux comme pour s’en couvrir, tandis qu’un ange resplendissant aveuglait les garçons, qui s’enfuirent. 

Un autre vint, qu’Agnès repoussa par deux fois jusqu’à la porte, où il tomba mort. Survint son père, furieux, à qui Agnès promit qu’elle prierait pour la vie de son fils, s’il le demandait au nom de Jésus-Christ ; calmé par cette promesse, il le fit, et le garçon se redressa effectivement.

Ensuite, on voulut la jeter sur un bûcher, dont les flammes brûlèrent d’abord les bourreaux, renouvelant l’épisode de la fournaise ardente, qu’on lit en Dn 3:22.

Un autre bourreau lui porta alors un coup d’épée en lui tranchant le cou. Puis le corps d’Agnès fut jeté au feu, où cependant il ne fut pas entièrement consumé, de sorte que des amis vinrent prendre ce corps pour lui donner une sépulture honorable.

Ce martyre eut lieu le 21 janvier, probablement en 304.

L’actuelle église de Sainte-Agnès de la place Navone, à Rome, serait l’endroit où la sainte combattit pour sa chasteté. La basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs, sur la Via Nomentana, abrite le corps de sainte Agnès. Il a été reconnu encore en 1605. En revanche, le chef de la Sainte a été recueilli à part dans un reliquaire qui se trouve dans la chapelle Sancta Sanctorum du Latran, où il a été reconnu en 1903.

Il est de tradition que chaque année deux agneaux soient offerts au pape le jour de la fête de sainte Agnès, 21 janvier. La laine de ces agneaux est destinée à la confection des palliums, genre de collier de toile que remet le pape aux nouveaux archevêques, lors de la messe des saints Pierre et Paul, le 29 juin. Le pallium est le signe du pouvoir dont est investi l’archevêque en pleine union avec le pape : par la laine dont il est fait, il symbolise la brebis que le Bon Pasteur ramène au bercail.

Très honorée dès l’antiquité, sainte Agnès est fêtée le 21 janvier. Elle est nommée dans la prière du Nobis quoque peccatoribus du canon romain de la Messe.

Sainte Agnès est invoquée pour la conservation de la pureté. En Angleterre, même dans le contexte anglican, sainte Agnès est la patronne des jeunes filles fiancées.

Saint Ambroise a des mots très inspirés pour chanter la jeune Martyre, en son dies natalis :

En un si petit corps, y eut-il place pour la blessure ? N’ayant pas où recevoir le glaive, elle eut de quoi vaincre le glaive. Les filles de cet âge ne peuvent soutenir le regard irrité de leurs parents, une piqûre les fait pleurer ; Agnès, intrépide, immobile, offre tout son corps à la pointe du glaive. Sans savoir encore ce qu’est la mort, elle est prête à la subir… Elle n’a point l’âge requis pour le supplice et elle est capable d’en triompher… Le bourreau redoutait pour Agnès ce qu’Agnès ne redoutait pas pour elle-même…

 

 

Epiphanius de Pavie

438-496

 

C’est en 438 que naquit Epiphanius, à Pavie (Italie NE).

Le nom d’Epiphanius signifie manifesté, de même que l’Epiphanie est la Manifestation de la divinité du Christ. Une intense lumière avait resplendit sur le berceau du petit bébé.

Epiphanius fut confié dès 446 à l’évêque Crispinus, qui l’ordonna sous-diacre, diacre, prêtre enfin.

A la mort de Crispinus (vers 465), Epiphanius fut choisi à l’unanimité pour lui succéder ; il n’avait qu’un peu moins de trente ans et devenait le huitième évêque de Pavie.

Il s’imposa une règle de vie austère, accordant beaucoup de temps à la prière et au travail.

Respecté de tous, il eut à accomplir diverses ambassades pour aller arbitrer des discussions politiques. Durant ses déplacements, il priait, il chantait aussi ; durant les arrêts, il méditait silencieusement.

En 476, la ville de Pavie fut la proie des troupes d’Oreste et d’Odoacre, pillée, saccagée. Epiphanius s’employa à implorer la délivrance des prisonniers, en particulier des femmes emmenées en captivité. Sans ressources personnelles, il s’employa à relever les églises ; il obtint au moins une exemption d’impôts de cinq ans pour ses concitoyens.

En 489, nouvelles guerres, entre Theodoricus, chef des Ostrogoths, et Odoacre. Un moment assiégé dans Pavie, Theodoricus admira la prudence d’Epiphanius, sa patience, sa charité. Vainqueur enfin, Theodoricus envoya Epiphanius auprès du roi de Bourgogne Gondebaud pour traiter de la délivrance des prisonniers. Epiphanius réussit pleinement. En chemin, il guérit plusieurs malades, des possédés, et particulièrement une hémorroïsse.

En 495, malgré sa fatigue, Epiphanius entreprit un nouveau voyage, à Ravenne, où il voulait solliciter une décharge d’impôts en faveur des habitants de Ligurie. Mais au retour il fut pris de pneumonie. Tristesse unanime, mais joie du Prélat, qui se prépara à rencontrer le Seigneur.

Epiphanius mourut à Pavie le 21 janvier 496, après trente ans d’épiscopat.

Epiphanius a été surnommé Pacifique, Gloire de l’Italie, Lumière des évêques.

Dans le Martyrologe Romain, saint Epiphanius de Pavie est commémoré le 21 janvier.

Meinrad d’Einsiedeln

797-861

 

Meinrad (en latin Meinhardus ou Meginardus), vint au monde vers 797, à la suite des instantes prières de ses pieux parents ; Berthold, son père, était un parent des Hohenzollern ; la famille habitait Rottenburg (Württemberg, Allemagne SO).

L’enfant fut, à dix ans, confié à la sage protection de deux moines parents, bénédictins à Reichenau, Haito et Erlebald.

Il devint prêtre en 821, puis voulut embrasser la vie monastique et fit la profession en 822.

Son plus haut centre d’intérêt était la lecture et l’étude de la Sainte Ecriture ainsi que des grands maîtres spirituels, comme Ioannes Cassianus (Cassien). 

Excellent professeur d’Ecriture Sainte, il fut appelé à enseigner à l’abbaye de Bollengen, où sa réputation grandit encore, mais Meinrad préférait toujours plus l’isolement et le silence. 

Il obtint la permission de se retirer au village d’Altendorf, où il resta pendant sept ans, assisté par une brave femme du pays, et s’adonnant à la vie érémitique. Puis en 835, il se retira plus loin encore, derrière le mont Etzel, pensant y rester vraiment seul. C’est le Démon qui le retrouva et le dérangea : Meinrad obtint de Dieu la grâce de l’éloigner.

L’abbesse Hildegarde de Zürich entendit parler de lui et lui fit bâtir une chapelle ; elle lui envoya en outre une statue de Marie Mère de Dieu : placée dans la chapelle, elle y fit beaucoup de miracles (sur la prière de Meinrad). Là est l’origine du pèlerinage de Notre-Dame-des-Ermites ou d’Einsiedeln.

Meinrad eut la faveur céleste de la visite d’un Ange, qui priait avec lui.

Les pèlerins se multiplièrent, les dons aussi, que Meinrad distribuait aux pauvres ou utilisait pour orner la chapelle. C’est ainsi que des brigands furent attirés par la convoitise, espérant ravir les dons déposés par les pèlerins. S’étant approchés, ils furent reçus fraternellement par Meinrad, selon l’aimable coutume bénédictine ; il leur révéla avoir été prévenu de leur dessein, mais les brigands persévérèrent dans leur intention et assassinèrent l’Homme de Dieu, qui venait de célébrer la Messe ce matin-là, 21 janvier 861.

La tradition affirme que, dans leur fuite, les deux brigands furent poursuivis par deux corbeaux, dressés par Meinrad, qui les suivirent jusqu’à Zürich, où ils furent arrêtés, et condamnés à mourir sur le bûcher. C’est là l’origine des deux corbeaux de l’actuel blason d’Einsiedeln.

Très vite, Meinrad fut vénéré comme martyr, mais on ne peut pas dire qu’il ait été «témoin de la foi» au sens propre traditionnel. Il fut certainement victime de sa bonté.

Depuis 934, un monastère a été construit à Einsiedeln, qui devint un centre très important de la vie bénédictine, et en particulier de notation des mélodies grégoriennes authentiques.

Saint Meinrad est mentionné au Martyrologe le 21 janvier.

 

 

Zaccaria Angelico

† 950

 

Il faut chercher beaucoup les rares informations de ces grands Saints qui, de leur vivant, ont vécu dans l’oubli total du monde.

Zaccaria, donc, fut sur le mont Mercurio (Emilie Romagne, Italie E), et y pratiqua la vie cénobitique de façon exemplaire, au point qu’il fut surnommé angelico.

Il s’éteignit vers 950.

Saint Zaccaria a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain, au 21 janvier.

 

 

Nicholas Woodfen (Wheeler)

1550-1586

 

Ce prêtre anglais naquit en réalité sous le nom de Nicholas Wheeler, vers 1550, à Leominster (Herefordshire, Angleterre).

Durant sa formation sacerdotale au collège anglais de Douai puis à Reims, il fut connu sous le nom de Nicholas Woodfen. Il prit apparemment un pseudonyme pour, plus tard, mieux passer inaperçu. 

Ordonné prêtre à Reims en 1581, il retourna exercer son ministère sacerdotal en Angleterre. Il travailla ainsi aux Inns of Court de Londres. Il ne dut sa survie qu’à la charité d’un ancien camarade d’école qui lui donna des vêtements et assez d’argent pour louer une chambre.

Il fut arrêté, accusé de «haute trahison», cette fois-ci sous le nom de Nicholas Devereux : ce nouveau patronyme de consonance française existe aussi en Angleterre. Le prêtre pouvait avoir des parents portant ce nom.

Nicholas fut condamné à mort puis «hung, drawn and quartered» (pendu, éviscéré et écartelé), selon l’habituelle formule, à Tyburn (Londres), avec son compagnon Edward Stransham, le 21 janvier 1586.

Leur dies natalis est au 21 janvier.

Ils ont été béatifiés en 1929.

 

 

Edward Stransham

1554-1586

 

Ce prêtre anglais naquit vers 1554 à Oxford, où il fréquenta le Collège Saint-Jean et fut bachelier en 1575-1576.

Ayant renoncé au Protestantisme, et se destinant au sacerdoce, il passa en France, arriva à Douai en 1577 et à Reims en 1578, où se préparaient les candidats anglais. Mais la maladie l’obligea à rentrer quelque temps en Angleterre.

Sans s’avouer vaincu, il repassa en France : on le retrouve à Reims en 1579, pour être finalement ordonné prêtre à Soissons en décembre 1580.

Après quelques mois de préparation, il repartit en Angleterre en juin 1581, avec Nicholas Woodfen (alias Wheeler), qui venait d’être ordonné en mars de la même année.

En 1583, l’intrépide Stransham revint en France, conduisant à Reims douze convertis d’Oxford.

Après quelques mois, il resta à Paris, où il resta entre la vie et la mort, pendant un an et demi.

Malgré tout il repartit en Angleterre. Il fut arrêté à Londres le 17 juillet 1585, pendant qu’il célébrait la messe. 

Condamné pour sa condition de prêtre, il fut exécuté en même temps que son compagnon, Nicholas Wheeler, à Tyburn le 21 janvier 1586, son dies natalis.

Il a été béatifié en 1929.

 

 

Thomas Green (Richard Reynolds)

1562-1642

 

Prêtre anglais difficile à situer, car il y eut un autre Thomas Green (v. 10 juin), et un autre Richard Reynolds (v. 4 mai).

Il dut naître vers 1562 à Oxford

On ne sait au juste si le nôtre descendait des Greene de Great Milton (Oxfordshire) et (ou) des Reynolds du Vieux Stratford (Warwickshire). Il prit en effet le pseudonyme de Reynolds pour se déplacer incognito.

Il reçut le diaconat à Reims en 1590, fut envoyé à Valladolid et Séville et reçut le sacerdoce à Cadix en 1592.

Envoyé sans tarder en Angleterre, il y exerça le saint ministère pendant de nombreuses années, jusqu’à une première arrestation qui lui valut l’exil en 1606 ; il revint, et fut à nouveau arrêté vers 1628 .

Un jugement le condamna à mort, mais il attendit quatorze années en prison. Il fut exécuté sans autre jugement le 21 janvier 1642 à Newgate (Londres), en même temps que Bartholomew (Alban) Roe, qui, lui, avait attendu dix-sept ans en prison.

Il était âgé, dit-on, de quatre-vingts ans environ.

Au moment suprême, ils se confessèrent l’un à l’autre.

Thomas-Richard a été béatifié en 1929.

 

 

Bartholomew Roe

1583-1642

 

Bartholomew Roe naquit en 1583 à Suffolk (Angleterre).

Il fréquenta l’école de Suffolk et l’université de Cambridge.

Sa conversion au catholicisme lui vint après une visite qu’il fit à un prisonnier de St. Albans qui voulait renoncer à ses vœux religieux.

Il entra au Collège Anglais de Douai puis au monastère bénédictin de Dieulouard (Meurthe-et-Moselle), aujourd’hui disparu, y fit la profession en 1613 avec le nom de Alban, et y reçut l’ordination sacerdotale.

Envoyé en mission en 1615, il fut emprisonné à New Prison (Maiden Lane) de 1618 à 1623, puis fut banni. Il revint à l’abbaye bénédictine de Douai, mais retourna en Angleterre quatre mois après.

De nouveau arrêté en 1625,  il resta deux mois en prison à St.Albans, à Fleet, finalement à Newgate. De Fleet, il fut plusieurs fois mis en liberté conditionnelle sur sa parole.

Globalement, il resta vingt-deux ans en prison.

Accusé d’être prêtre, il fut condamné à mort et exécuté à Tyburn (Londres), le 21 janvier 1642, avec Thomas Green.

Béatifié en 1929, il a été canonisé en 1970, parmi les quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles.

Le miracle retenu pour la canonisation, par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons eut lieu en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Josefa Teresa Albiñana y Gomar

1625-1696

 

En catalan, on écrit son nom ainsi: Albiniana i Gomar.

Elle naquit le 9 février 1625 à Benigánim (Valencia, Espagne), de Luís et Vicenta, un couple pauvre d’origine noble. Son frère jumeau, puis son père, moururent bientôt. Elle alla travailler chez un oncle, un homme assez dur qui eut tôt fait de la brutaliser pour un rien.

Elle n’étudia pas, et ne sut guère parler que dans son dialecte de Valencia. Elle fut confirmée à huit ans. Son confesseur la mettait à l’épreuve, pour l’humilier, la faisant passer pour une folle, lui ordonnant de mâchonner toujours un quignon de pain.

Or voilà que vers 1638, elle eut une vision du Christ qui lui demandait si elle voulait être son épouse ; elle accepta avec enthousiasme. Dès lors, sa vie continua en visions et révélations, qui la firent passer pour une épileptique. Quand on voulait la faire parler de ses expériences, elle parlait du O, la seule lettre de l’alphabet qu’elle connût et qui termine le terme Nazareno (Celui de Nazareth).

Inès voulut entrer dans le plus proche monastère : chez les Augustines déchaussées de Benigánim. On temporisa, à cause de sa grande simplicité d’esprit. Sur son insistance, on finit par l’accepter comme converse, en 1643 : elle prit le nom de Josefa-María de Sainte-Agnès, reçut l’habit en 1644 et fit la profession en 1645. 

Elle se vit donner toutes les corvées du couvent, pendant que les Révérendes Sœurs, qui savaient lire, chantaient l’office au chœur. Elle sut se faire la dernière de toutes, au service de chacune, même des plus jeunes. Aux récréations, les Sœurs se payaient un peu sa tête, en lui demandant par exemple quel âge elle avait, sachant d’avance qu’elle répondrait en montrant ses dix doigts, ne sachant compter davantage. Elle demanda innocemment un jour ce qu’était un scrupule, et une Sœur lui répondit que c’était du thon avec de l’oignon, ce qu’elle crut jusqu’à la fin de sa vie.

Elle s’imposait de dures mortifications et passait de longues heures en adoration devant le Saint-Sacrement.

Elle conut aussi une assez longue période de sécheresse spirituelle, durant laquelle elle dut affronter de pénibles tentations diaboliques.

Dieu la favorisa du don de prophétie, de discernement des esprits, de présence auprès de personnes en danger. Elle conseilla les rois, les théologiens.

Elle fut mourante dès 1693, mais continua de se déplacer appuyée sur son bâton. A la fin de 1695, connaissant le jour de sa mort prochaine, elle envoya des avis de décès à ses proches. Elle s’éteignit dans son couvent de Benigánim, le jour de la fête de sainte Agnès, 21 janvier 1696.

On l’appelait et on l’appelle toujours habituellement Inès de Benigánim: Josefa María de Sainte-Agnès fut béatifiée en 1888.

Martyrs de Laval (Quatorze)

† 1794

 

On sait que la répression fut particulièrement violente durant la Révolution française dans le département de la Mayenne. Parmi les nombreuses victimes, l’Eglise a retenu les noms des plus remarquables, et dont on put certifier que la mort fut causée pour des motifs religieux.

Beaucoup de prêtres avaient refusé le serment constitutionnel, certains l’avaient prêté sous conditions, avec des restrictions n’entraînant pas leur caractère schismatique. Ces prêtres entretenaient la foi chez les fidèles. 

Sous le Directoire, ces prêtres réfractaires furent sommés de venir habiter à Laval, dans la prison de la Patience (!), l’ancien couvent des Clarisses, et de se présenter à l’appel chaque jour à dix heures.

Lors de la loi de proscription, on excepta les prêtres infirmes et sexagénaires. Mais on ne voulait pas s’arrêter là. C’est ainsi que le Tribunal voulut plutôt en finir, en soumettant à un interrogatoire chacun des prêtres enfermés, avant de les condamner à la guillotine.

Voici le nom de ces treize prêtres et un diacre, en ordre alphabétique de leur prénom, avec quelques indications qu’on a trouvées sur eux.

André Duliou, né le 18 juillet 1727, ordonné prêtre en 1752, vicaire successivement à Luigné, Marigné, Miré, puis curé à Saint-Fort ; déjà prisonnier à Château-Gontier, on le transféra à Laval.

Augustin Emmanuel Philippot, né le 11 juin 1716, curé à Bazouges-des-Alleux depuis cinquante ans ; on lui reprochait d’être trop généreux pour les pauvres.

François Duchesne, né le 8 janvier 1736, avait été recteur de collège à Sablé et Laval, et occupait les fonctions de diacre à Laval.

François Migoret-Lamberdière, né le 28 août 1728, avait été vicaire puis recteur à Oisseau, et curé à Rennes-en-Grenouilles.

Jacques André, né le 15 octobre 1743, ordonné en 1768, vicaire à Rouez, curé à Rouessé-Vassé, s’était retiré à Laval.

Jean-Baptiste Triquerie, né le 1er juillet 1737, était l’unique religieux du groupe, appartenant aux Cordeliers ; chapelain et confesseur des Franciscaines de Buron, et réfugié à Laval.

Jean-Baptiste Turpin du Cormier, né le 8 septembre 1732, ordonné en 1756, bachelier en théologie à l’université d’Angers, était curé de la Trinité de Laval, la future cathédrale. C’est sa fermeté et son autorité qui encouragèrent les autres à suivre son exemple. Tous, et même les geôliers, le considéraient comme le chef du groupe.

Jean-Marie Gallot, né le 14 juillet 1747, était vicaire à Bazougers, sous-chantre à la Trinité de Laval et chapelain des Bénédictines. C’est le plus jeune de ce groupe de Martyrs.

Joseph Pellé, né le 22 janvier 1720, ordonné en 1746, vicaire à la Trinité de Laval, chapelain des Clarisses Urbanistes, était réputé pour ses façons un peu rustres, mais il était réellement droit et pieux. Une fois expulsées les Clarisses Urbanistes, le monastère devint la prison Patience, où lui et ses Confrères furent enfermés. Il mourut donc la veille de son soixante-quatorzième anniversaire.

Julien Moulé, né le 29 mars 1716, avait été vicaire à Beaufray, puis curé à Saulges ; il n’était pas réputé pour sa science et ne savait pas prêcher ; en outre, le pauvre homme souffrait de la goutte. C’est le plus âgé de ce groupe de Martyrs.

Julien François Morin de la Girardière, né le 14 décembre 1733, avait étudié la théologie à Angers et avait été ordonné en 1763 mais, malade, s’était retiré.

Louis Gastineau, né le 10 novembre 1727, ordonné vers 1754, avait été vicaire à Loiron, Saint-Berthevin, de nouveau Loiron, Olivet, Port-Brillet.

Pierre Thomas, né le 13 décembre 1729, ordonné vers 1759, avait été vicaire à Peuton, puis chapelain de l’hôpital de Château-Gontier ; on le savait brusque, un peu loufoque, mais il fut toujours lucide devant les juges.

René-Louis Ambroise, né le 1er mars 1720, ordonné en 1745, était vicaire à la Trinité de Laval.

 

Une première fois libérés par l’armée vendéenne, les prêtres furent sommés de réintégrer Patience dans les vingt-quatre heures, ce qu’ils firent avec soumission.

L’interrogatoire commença le 21 janvier 1794 au matin. Voici quelques réponses des prêtres accusés : 

- L’abbé Turpin du Cormier : (Je n’ai pas prêté le serment) parce qu’il attaquait ma religion et était contre ma conscience… 

- L’abbé Gallot : Citoyen, je suis catholique.

- L’abbé Pellé : Vous m’ennuyez avec votre diable de serment. Je ne le ferai pas, je ne le ferai pas, je ne le ferai pas.

- L’abbé Ambroise : Je veux bien être fidèle au gouvernement, mais je ne peux renoncer à la religion… Je conviens que j’ai eu le malheur d’adopter des opinions qui n’étaient pas conformes à la pure et saine doctrine. Mais Dieu m’a fait la grâce de reconnaître mes erreurs et je les ai abjurées et anathématisées devant mes confrères, qui m’ont réconcilié avec la sainte Eglise. Prêt à paraître devant Dieu, je suis content de laver mon crime dans mon sang.

- Le diacre Duchesne n’était pas soumis au serment. Interrogé s’il ferait le serment, il répondit : Je demanderais un délai, pour que Dieu m’inspirât ce que je devrais faire.  

- Le père Triquerie : Ah ! vraiment, non, citoyen, je ne ferai jamais un pareil serment. Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu’au dernier soupir.

- L’abbé Migoret-Lambardière devait choisir entre le serment et la mort, et répondit simplement : La mort.

 

L’accusateur public requit la peine de mort : Je demande que tous subissent la peine de mort et que Turpin du Cormier, ex-curé de cette commune, soit exécuté le dernier, pour avoir fanatisé son clergé.

Les prêtres se confessèrent mutuellement et préparèrent à la mort cinq autres vendéens condamnés avec eux.

Vers midi ils furent conduits place au Blé, aujourd’hui place du Palais.

L’abbé Pellé, connu pour ses sentences raides, s’adressa aux badauds : Nous vous avons appris à vivre, nous vous montrerons comment mourir.

Ils moururent en martyrs de la foi et de leur sacerdoce, un an après l’exécution du roi Louis XVI.

Plusieurs assistants imbibèrent des linges dans le sang des Martyrs, pour conserver des reliques.

Ces quatorze Martyrs furent béatifiés en 1955 et sont mentionnés le 21 janvier au Martyrologe.

Julien Moulé

1716-1794

 

Julien était né le 29 mars 1716 au Mans (Sarthe).

Ordonné prêtre, plus pour sa piété que pour sa science, il fut vicaire à Beaufray, puis curé à Saulges.

Il souffrait d’une douloureuse goutte.

Du groupe des quatorze Martyrs du 21 janvier 1794, il était le plus âgé : il allait avoir soixante-dix-huit ans.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Augustin Emmanuel Philippot

1716-1794

 

Augustin était né le 11 juin 1716 à Paris.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Laval, il était curé à Bazouges-des-Alleux depuis cinquante ans. Généreux, peut-être trop, il s’était fait reprocher d’être trop bon pour les pauvres.

Il fut guillotiné à soixante-dix-sept ans.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Joseph Pellé

1720-1794

 

Joseph était né le 22 janvier 1720 à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à l’église de la Trinité de Laval, et aumônier des Clarisses Urbanistes.

On lui connaissait, dit-on, des façons un peu rustres, peut-être des répliques à l’emporte-pièce, mais son âme était droite avec la Vérité, et sa piété réelle.

Ainsi, interrogé à propos du serment constitutionnel, il répondit : Vous m’ennuyez avec votre diable de serment. Je ne le ferai pas, je ne le ferai pas, je ne le ferai pas.

Les Religieuses ayant été expulsées de leur couvent, celui-ci devint la prison Patience, et c’est là que furent enfermés Joseph et les autres prêtres qui allaient être immolés.

Cette immolation eut lieu le 21 janvier 1794, à la veille de l’anniversaire (sur terre) de l’abbé Pellé : il allait avoir soixante-quatorze ans.

Désormais, on fêtera son anniversaire au ciel, le 21 janvier.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

René-Louis Ambroise

1720-1794

 

René-Louis était né le 1er mars 1720 à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1745, il fut vicaire à l’église de la Trinité de Laval, la future cathédrale, pendant presque un demi-siècle, à moins qu’auparavant il ait eu d’autres postes.

Voici une de ses déclarations : 

Je veux bien être fidèle au gouvernement, mais je ne peux renoncer à la religion… Je conviens que j’ai eu le malheur d’adopter des opinions qui n’étaient pas conformes à la pure et saine doctrine. Mais Dieu m’a fait la grâce de reconnaître mes erreurs et je les ai abjurées et anathématisées devant mes confrères, qui m’ont réconcilié avec la sainte Eglise. Prêt à paraître devant Dieu, je suis content de laver mon crime dans mon sang.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

André Duliou

1727-1794

 

Il était né le 18 juillet 1727 à Saint-Laurent-des-Mortiers (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1752, il fut vicaire à Luigné, Marigné, Miré, puis curé à Saint-Fort.

Mis en prison d’abord à Château-Gontier, il fut transféré à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Louis Gastineau

1727-1794

 

Louis était né le 10 novembre 1727 à Loiron (Mayenne).

Ordonné prêtre vers 1754, il fut vicaire à Loiron et Saint-Berthevin, de nouveau à Loiron, puis Olivet et Port-Brillet.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

François Migoret-Lamberdière

1728-1794

 

François était né le 28 août 1728 à Saint-Fraimbault-de-Lassay (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à Oisseau, puis recteur, avant d’être nommé curé à Rennes-en-Grenouilles.

Invité à choisir entre le serment constitutionnel et la mort, il répondit simplement : La mort.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Pierre Thomas

1729-1794

 

Pierre était né le 13 décembre 1729 à Mesnil-Rainfray (Manche).

Ordonné prêtre vers 1759 pour le diocèse de Laval, il fut vicaire à Peuton, puis aumônier de l’hôpital de Château-Gontier.

On lui remarqua des façons parfois brusques ou loufoques, mais ses réponses devant les juges furent droites et courageuses.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze), 21 janvier.

Il y a un autre Pierre Thomas, du 14e siècle, voir la notice Pierre Thomas de Sales

 

 

Jean-Baptiste Turpin du Cormier

1732-1794

 

Né le 8 septembre 1732 à Laval (Mayenne), Jean-Baptiste fut ordonné prêtre en 1756.

Il fréquenta l’Université d’Angers et fut reçu bachelier en théologie.

Il fut nommé curé à l’église centrale de Laval, l’église de la Sainte-Trinité, qui devait devenir la cathédrale du nouveau diocèse.

Sa formation, sa position, mais surtout sa fermeté, en firent comme le «chef» du groupe des Martyrs de Laval ; tous se référaient à lui, car il savait leur redonner courage. Même les geôliers le considéraient comme tel.

Aux «juges», il répondit : (Je n’ai pas prêté le serment) parce qu’il attaquait ma religion et était contre ma conscience…

L’accusateur public s’exprima ainsi : 

Je demande que tous subissent la peine de mort et que Turpin du Cormier, ex-curé de cette commune, soit exécuté le dernier, pour avoir fanatisé son clergé.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Julien-François Morin de la Girardière

1733-1794

 

Il était né le 14 décembre 1733, à Saint-Fraimbault-de-Prières (Mayenne).

Après des études de théologie à l’université d’Angers, il fut ordonné prêtre en 1763, mais dut bientôt se retirer, à cause d’une maladie.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

François Duchesne

1736-1794

 

François était né le 8 janvier 1736 à Laval (Mayenne).

Diacre, il fut recteur de collège à Sablé et Laval, où il assumait également ses fonctions liturgiques de diacre.

Il n’était pas soumis au serment. Interrogé s’il ferait le serment, il répondit : Je demanderais un délai, pour que Dieu m’inspirât ce que je devrais faire.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jean-Baptiste Triquerie

1737-1794

 

Le père Jean-Baptiste était né le 1er juillet 1737 à Laval (Mayenne).

Il entra chez les Franciscains Conventuels, qu’on appelait alors les Cordeliers ; c’était l’unique Religieux du groupe d’aujourd’hui.

Ordonné prêtre, il fut aumônier des Franciscaines de Buron, puis s’était réfugié à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jacques André

1743-1794

 

Jacques était né le 15 octobre 1743 à Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne).

Ordonné prêtre en 1768, il fut vicaire à Rouez, puis curé à Rouessé-Vassé, avant de se retirer à Laval.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

 

 

Jean-Marie Gallot

1747-1794

 

Jean-Marie était né le 14 juillet (une date tristement prémonitoire…) 1747, à Laval (Mayenne).

Ordonné prêtre, il fut vicaire à Bazougers, sous-chantre au chapitre de l’église de la Trinité à Laval, et aumônier des Bénédictines.

A quarante-six ans, il était le plus jeune de ce groupe du 21 janvier 1794.

A ses «juges», il répondit : Citoyen, je suis catholique.

 

Voir la notice : Martyrs de Laval (Quatorze)

Bang Franciscus

? -1799

 

Bang Franciscus est un laïc coréen né à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Hongju (Chungcheong-do) le 21 janvier 1799 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Yun-il Ioannes

(Ni Youn-il Yohan)

1812-1867

 

Ioannes était né en 1812 à Hongju (Ch’ungch’ŏng, Corée) ; on a trouvé aussi 1823 comme date de naissance, probablement une erreur.

Il vint s’installer à Mungyŏng (Kyŏngsang) et travailla comme cultivateur.

Il se maria et eut des enfants.

On le décrivait comme «grand, avec une longue barbe», ce qui lui donnait une allure prophétique. En réalité, il était très doux et très pieux.

Il avait hérité de sa famille une tradition de catholiques et de catéchistes, et faisait de son mieux pour conserver ces traditions.

Ce qu’on sait de son arrestation et de son martyre, nous vient du témoignage de son fils.

Le 6 décembre 1866, Yohan était assis dans sa chambre et aperçut l’arrivée de la police. Il pouvait s’échapper, mais ne le fit pas.

Interrogé s’il connaissait des Catholiques, il dit qu’il l’était, mais qu’il n’en connaissait pas d’autres dans le voisinage. 

La police arrêta ce jour-là trente personnes, dont huit de la parenté de Yohan, qui furent mises en prison à Mungyŏng.

Le gouverneur étant absent, il n’y eut pas d’interrogatoire, mais Yohan fut déjà torturé, tandis qu’on pillait toute sa propriété.

Trois jours après, on les envoya à la prison de Sangju, où Yohan subit trois interrogatoires. A chaque fois, il répondit qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques, en dehors de ceux qu’on avait arrêtés.

Il y avait là en tout soixante-dix prisonniers catholiques. On les divisa en trois groupes : l’un, pour ceux qui avaient des enfants et avaient apostasié ; le second, de vingt personnes, qui refusaient de renier Dieu ; le troisième, les responsables (catéchistes), dont Yohan.

Les autorités de Séoul, consultées, ordonnèrent la condamnation à mort, le 4 janvier 1867.

L’exécution devait avoir lieu à Taegu (Kyŏngsang). Avant le départ, les prisonniers furent encore torturés. Yohan, lui, était si joyeux, qu’il dit à ses enfants : Voilà que je vais devenir martyr. Vous, retournez à la maison, honorez le Bon Dieu, et quand vous serez grands, imitez-moi.

Comme précédemment, Yohan continua d’encourager ses compagnons de cellule à rester fidèles dans leur foi.

Le jour de son exécution étant arrivé, Yohan fut conduit dans un faubourg de Taegu, où il prit un dernier repas et remit aux bourreaux tout l’argent qu’il avait.

Il fut décapité, le 21 janvier 1867.

On ne connaît peut-être pas tous les Martyrs de cette persécution, mais Yohan est le dernier en date de ces cent-trois Martyrs coréens. Ils furent béatifiés à des dates différentes (Ioannes en 1968), et tous canonisés en 1984.

Leur fête liturgique est au 20 septembre.

 

 

Joan Font Taulat

1890-1937

 

Il vit le jour le 1er juillet 1890 à Viladomat (Girona) et fut baptisé le 6.

En 1903 il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Bujedo.

En 1906, à Bujedo, il prit l’habit et le nom de Arnoldo Cirilo ou Arnal Ciril.

Après le scholasticat, il fit de l’apostolat à Arenys de Mar (1907) puis passa à Manlleu. Durant ce séjour, il fut atteint d’un sérieux rhumatisme, qui l’accompagnera toute la vie, lui causant même certaine déformation. Mais il continua de travailler fidèlement.

En 1920, il fut nommé directeur de Santa Coloma de Farnés, une ville thermale, où il pouvait en même temps suivre une cure salutaire.

En 1933, les lois sur l’éducation obligèrent le Frère à changer de lieu, et il fut nommé directeur à Mollerusa.

Sa piété et son zèle se manifestèrent largement durant ces années de direction. Il avait en outre une particulière dévotion à saint Joseph.

Lors de la révolution de 1936, les miliciens se présentèrent à douze heures trente, juste avant le repas, obligeant le Directeur à évacuer immédiatement le collège. On put confier les plus jeunes à des familles alentour, le temps que leurs propres familles pussent venir les chercher.

Les miliciens saccagèrent et détruirent tout le bâtiment, s’acharnant spécialement sur tout le matériel sacré : crucifix, images saintes, cadres, statues, chapelle, sacristie. Le lendemain, ils mirent le feu à l’église du village.

Le 25 juillet, ils revinrent arrêter le Frère Arnal, hébergé chez le docteur Lluch. Ils fouillèrent encore l’établissement ; découvrant quelque part une carabine de salon, ils accusèrent le Directeur de posséder des armes de guerre, et lui réclamèrent les autres… (qui n’existaient pas).

Devant cette situation, le Frère Arnal tenta de fuir. A quarante-six ans, on a encore les jambes jeunes ! Mais avant d’arriver là où il pensait se réfugier, sur la route de Vilasana, un autre milicien le reconnut, le mit en joue, lui demanda ce qu’il portait et le conduisit au Comité de Utxafaba.

Là, on lui prit son chapelet et le crucifix, et on les piétina devant lui. Puis on le confia à une famille, avec ordre de ne pas le laisser partir. Mais se sentant mal à l’aise, il écrivit à un ami de Mollerusa de venir le chercher. L’ami eut la permission du Comité de Mollerusa de le recevoir chez lui. C’était le 8 août 1936.

Le 24 août, les miliciens firent une rafle en camion, y faisant monter trente-neuf personnes dans la même situation que le Frère Arnal ; ce dernier était du groupe, et retrouva ainsi le Frère Hilario. Tout le groupe fut enfermé dans un local où ils ne pouvaient que se tenir debout, pendant trois jours.

Le 27 août, le Comité les fit conduire à la prison de Lleida.

De nouveau en camion, surveillés par des policiers, suivis par des miliciens, qui tentèrent par trois fois de faire arrêter le camion pour fusiller les prisonniers dans le cimetière des villages qu’ils traversaient. Mais les policiers s’y opposèrent.

A Lleida, la prison fut… l’église, vide, car l’évêque et d’autres ecclésiastiques avaient été récemment assassinés. Les prisonniers furent donc dans cette église, pendant quinze jours, au bout desquels on libéra presque tout le monde, ne conservant que les deux Frères, un prêtre et trois laïcs de Mollerusa. D’après ces derniers, qui survécurent, l’attitude du Frère Arnal fut exemplaire et héroïque.

Le Frère fut informé que le «tribunal populaire» l’avait condamné à mort. On l’enferma alors dans la «chapelle» des condamnés à mort, d’où il écrivit un petit mot à ses amis, empli de toute sa force de caractère et de sa foi.

Frère Arnal fut assassiné le 21 janvier 1937.

Il fut béatifié en 2013.

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