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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 23:00

Thibaud

1017-1066

 

Thibaud naquit en 1017 à Provins (Seine-et-Marne), dans la famille, dit-on, des comtes de Brie et de Champagne.

Sa naissance avait été prophétisée par un autre saint Thibaud (v. 21 mai), qui était son arrière-grand-oncle, archevêque à Vienne.

Les parents de Thibaud étaient Arnoul ou Arnulf, et Willa. Son parrain fut Thibaud III de Blois. Thibaud eut un frère, nommé aussi Arnulf.

Le garçon ne s’intéressait pas aux plaisirs ; il fréquentait volontiers un ermite nommé Burchard, qui vivait dans une petite île de la Seine.

Quand il fut en âge, il reçut de son père le commandement d’une troupe pour soutenir la guerre d’Eudes II de Champagne contre l’empereur Conrad le Salique, mais Thibaud déclina cette responsabilité et obtint plutôt la permission de quitter le domaine familial pour se retirer du monde.

Avec un ami, nommé Gaultier (Gauthier, Gautier), il passa à l’abbaye Saint-Remi de Reims, où il se sépara de ses serviteurs, et gagna en habits de simple mendiant la forêt de Pettingen en Germanie. Là, les deux compagnons se mirent au service de la population, maçons ou cultivateurs, ou fabriquaient du charbon de bois pour les forges ; ils gagnaient ainsi quelque argent qui suffisait à leur entretien et à leur nourriture.

Leurs vertus d’humilité et de serviabilité les ayant rendus trop célèbres dans la région, ils partirent, pieds nus, pour Compostelle ; ensuite, ils se rendirent à Rome, où il leur prit l’idée d’aller en Terre Sainte. Cependant, la fatigue les contraignit à se fixer à Salanigo, entre Vicenza et l’abbaye camaldule de Vangadizza (1054).

Ils se construisirent là deux cellules ; après deux années, Gaultier mourut. Thibaud alors redoubla ses austérités, ne mangeant que du pain d’avoine avec des légumes, dormant sur la planche. 

Il fut favorisé d’apparitions d’anges, peut-être aussi d’une célèbre vision de la Sainte Trinité, et du don des miracles, qui le rendirent célèbre.

Ce fut au point que l’évêque, averti, ne tarda pas à l’investir de la dignité sacerdotale. Mais la renommée de Thibaud s’étendit bien plus loin et rejoignit ses propres parents. Ceux-ci vinrent tous deux auprès de leur fils et, le voyant après tant d’années de séparation, ne purent que se prosterner respectueusement, sans mot dire.

Le comte Arnoul fut promptement rappelé d’urgence en France, mais Willa resta près de son fils, pour s’initier à la vie érémitique.

Un an avant de mourir, Thibaud reçut l’habit des Camaldules ; il ne dormait plus qu’assoupi sur un banc. Il fut atteint d’une vilaine maladie qui lui couvrit le corps d’ulcères et souffrit ces désagréments avec une patience admirable ; il mourut le 30 juin 1066, après avoir répété plusieurs fois : Seigneur, pitié pour ton peuple.

Il fut canonisé sept ans après sa mort, en 1073.

Par le frère de Thibaud, Arnoul, qui était devenu abbé à Sainte-Colombe-lez-Sens et à Lagny, d’importantes reliques furent rapportées dans ces abbayes. Un miracle fut à l’origine du prieuré Saint-Thibault-des-Vignes.

Saint Thibaud fut pris comme patron des charbonniers.

Le Martyrologe, qui le mentionne au 30 juin, nomme aussi l’ami Gaultier.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 23:00

Ramon Llull

1232-1315

 

Ramon Llull (qu’on a francisé en Raymond Lulle, mais que Ramon a lui-même latinisé en Raymundus Lullus), naquit vers 1232 à Palma de Majorque. 

Certains avancent que son nom de famille était en réalité Amat ; son père s’appelait déjà Ramon, et appartenait à la noblesse catalane ; sa mère, Isabel d’Erill, était parente de la famille royale.

Vers 1246, Ramon entra comme page à la cour du roi Jaime Ier d’Aragon puis devint sénéchal de l’infant.

Vers 1257, il épousa Blanca Picany, dont il eut deux enfants, Domènec et Magdalena.

Jusqu’en 1263, Ramon vivait comme les troubadours en vogue, courtisant et chantant les belles dames. On raconte qu’un jour il poursuivit à cheval jusque dans une église une dame dont il était follement épris, mais qu’elle sut l’éloigner en lui montrant son sein rongé par le cancer.

Cette année 1263, Ramon eut par cinq fois la vision du Christ en croix, après quoi il comprit qu’il devait tout laisser pour se consacrer au service de Dieu, à la conversion des Musulmans et à la fondation de séminaires pour  former des missionnaires capables d’expliquer en arabe la Vérité.

Il entra alors dans le Tiers-Ordre franciscain. Nul ne nous dit ce que firent désormais son épouse et ses deux enfants, qui étaient encore bien jeunes ; on sait qu’il renonça à sa vie de cour, vendit tous ses biens et versa l’argent aux siens.

S’il pensa un moment aller étudier à Paris, il se décida plutôt à rester sur place : il acheta un esclave arabe pour étudier cette langue. Pendant neuf années, il apprit à manier parfaitement l’arabe, en même temps qu’il s’immergeait dans l’étude du latin, de la philosophie chrétienne et islamique auprès des moines cisterciens de La Real.

Désormais il allait se consacrer à l’écriture d’ouvrages en catalan, en latin et en arabe ; à voyager par l’Europe pour tenter de trouver des adeptes de ses projets. Ses voyages le portèrent en Allemagne, en France, en Italie, jusqu’en Terre Sainte et en Asie Mineure. Il voulait susciter une croisade apostolique, pour convertir par la prédication les Musulmans et les Juifs. Son enthousiasme cependant ne trouva pas l’écho qu’il espérait, même auprès des papes.

Sans renoncer à son idéal, il paya de sa personne et partit prêcher lui-même, en arabe, par exemple à Tunis, à Chypre, à Bejaïa (Algérie). Seul Jaime II de Majorque, son ancien élève, l’autorisa à prêcher dans les synagogues et dans les mosquées.

Ramon songeait à réunir tous les Ordres militaires dans une seule «armée sainte» pour reconquérir les territoires occupés par l’Islam et convertir tous les Musulmans. Dans ce but, il espérait former des missionnaires dans les langues orientales pour expliquer dans leur langue à tous les habitants la vraie doctrine du Salut. Le roi d’Aragon était favorable, mais pas le roi de France.

On finit par accepter son idée des collèges à vocation missionnaire, mais pas celle de la croisade.

Il est impossible ici d’énumérer les titres et le sujet de ses quelque trois-cents ouvrages. On retiendra ici  l’importance linguistique de ce travail : Ramon s’est exprimé aussi couramment en catalan qu’en arabe et en latin. On l’a considéré comme le fondateur de la littérature catalane, mais il a aussi énormément développé une langue néo-latine pour exprimer des notions et des faits scientifiques. On l’a appelé le Docteur illuminatus, le Docteur inspiratus, et même, à cause de son zèle envers le monde arabe, l’ Arabicus christianus.

Une de ses positions fut de soutenir l’idée de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, dont le dogme ne fut proclamé qu’en 1854.

Ramon Llull fit un dernier voyage à Tunis. Les versions ne s’accordent pas tout-à-fait sur les circonstances exactes de sa mort. Pour les uns, Ramon fut lapidé par des Musulmans à Bougie (auj. Bejaïa) ; pour d’autres, il mourut en mer durant le retour de Tunis à Majorque, des suites de ses blessures. Dans les deux cas, Ramon serait mort le 29 juin 1315, à quatre-vingt-trois ans.

Certains ouvrages de Llull furent refusés par l’Eglise au 14e siècle, à la suite d’une falsification de ses propositions de la part d’un rival. 

Mais Ramon fut considéré comme martyr ; son culte fut reconnu en Catalogne ; le Martyrologe le mentionne comme martyr au 29 juin. 

La cause de sa canonisation a été reprise récemment.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 23:04

John Southworth

1592-1654

 

Né en 1592 à Samlesbury Hall (Lancashire, Angleterre), il appartenait à une famille catholique qui préféra acheter le Ciel que de renier la Foi.

John étudia au Collège Anglais de Douai, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Arrêté une première fois et condamné à mort pour sa foi catholique, il fut ensuite exilé vers la France.

Revenu en Angleterre, il vécut à Clerkenwell (Londres), lors d’une épidémie de peste. Il se dévoua auprès des malades, qu’il amena à la foi catholique, et fut de nouveau arrêté.

Jugé à Old Bailey, il se justifia de son devoir d’exercer son sacerdoce et fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut martyrisé le 28 juin 1654 à Tyburn (Londres).

Sur intervention de l’ambassadeur d’Espagne, son corps fut recomposé, bouilli et ramené à Douai. Lors de la Révolution française, on le plaça «en sûreté» dans une tombe sans nom. On retrouva cette tombe en 1927, d’où l’on préleva les restes du corps pour les reporter en Angleterre, dans la Chapelle des Martyrs de la cathédrale de Westminster.

John Southworth fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 23:00

Benvenuto de Gubbio

1190-1232

 

Benvenuto (Bienvenu) était de Gubbio ; on en situe la date de naissance vers 1190.

Le premier fait important qu’on connaisse de lui, est qu’il se présenta avec sa tenue militaire à saint François lui-même, demandant son admission dans le nouvel Ordre religieux, en 1222.

Benvenuto fut l’exemple vivant de toutes les vertus religieuses. Il n’était satisfait que du vêtement le plus misérable ; il ne mangeait que le strict nécessaire. 

Il fut envoyé par saint François pour soigner des lépreux : jamais on ne vit infirmier plus empressé, plus souriant. Il aimait le silence et la retraite, mais se montrait plein de charité pour tout le monde. 

Il priait longuement la nuit, pour la conversion des pécheurs.

Dans l’Hostie consacrée, il voyait Jésus Enfant.

Il montra une patience infinie durant ses longues et pénibles maladies.

Il s’endormit en paix un 27 juin, à Corneto (Pouilles), mais comme pour sa naissance, on n’est pas sûr de l’année de sa mort, vers 1232.

Ce Religieux effacé fut favorisé de prodiges et de grâces divines si innombrables, que le pape Grégoire IX chargea lui-même trois évêques de faire avancer la cause de canonisation ; mais les papiers se perdirent dans les archives curiales : l’humilité totale de Benvenuto avait besoin de cet oubli humain.

Vers 1268, la ville de Corneto ayant été détruite, les reliques du bienheureux Benvenuto furent transférées à Deliceto (Foggia). Le culte populaire fut approuvé en 1697.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 23:00

Arialdo Alciati

1010-1066

 

Arialdo naquit vers 1010, près de Côme (Lombardie, Italie N).

Entré dans le clergé, il étudia à Milan, à Laon et Paris. De retour à Milan, il devint diacre décuman, une distinction propre à cette Eglise, où l’on sait qu’est appliqué le rit ambrosien.

Mais le problème de l’époque était que les prêtres, généralement, n’étaient pas fidèles au célibat sacerdotal que l’Eglise conserve depuis les origines. En outre, il se faisait un trafic caché de choses saintes, objets et dignités. La population s’en mêla.

Et comme cela arrive dans chaque manifestation populaire, les choses ont mal évolué. On en vint à la force. Même Arialdo se laissa entraîner dans les violences.

Les tenants de ce mouvement d’indignation furent bientôt appelés par dédain patares, c’est-à-dire «chiffons».

Arialdo prêcha à Varese avec virulence contre le nicolaïsme et la simonie. Un jour, il en vint à intervenir manu militari pendant la célébration d’une Messe, arrachant la chasuble au prêtre indigne qui célébrait et le chassant.

L’archevêque simoniaque de Milan ne pouvait supporter les accusations du diacre Arialdo. Il convoqua un concile près de Novare, où Arialdo refusa de comparaître. Ce fut une erreur : excommunié, il fit appel à Rome, qui suspendit l’excommunication, mais somma l’archevêque de faire pénitence pour sa conduite. Le climat devenait insupportable.

L’archevêque revint à son attitude antérieure, il fut excommunié ; à son tour, il jeta l’interdit sur Milan, tant qu’Arialdo y serait présent. Arialdo s’éloigna, mais on le poursuivit.

Deux clercs le rejoignirent près du lac de Côme. Ces clercs n’eurent pas honte de s’en prendre au diacre de façon indigne : Arialdo fut castré ; on lui creva les yeux, on lui coupa les oreilles, le nez, les lèvres, la main droite et la langue; son corps fut jeté dans le lac.

Arialdo mourut le 27 juin 1066. Son martyre lava ses erreurs.

Un des chefs de l’insurrection patare, Erlembaldo, fut aussi assassiné quelques années plus tard, mais son action ayant dépassé les buts et les limites qu’il aurait dû respecter, il n’est plus considéré comme martyr.

Dix mois plus tard, on retrouva le corps d’Arialdo intact dans le lac. Bien sûr, l’assassinat fut imputé à l’archevêque, qui dut démissionner. Milan brûla. Un nouvel archevêque, soutenu par Rome, fut combattu par l’empereur. Le mouvement patare s’éteignit peu à peu, mais le témoignage de ses chefs fit peu à peu aboutir à une réforme tellement nécessaire.

Le Martyrologe mentionne saint Arialdo le 27 juin, quoiqu’aucune canonisation officielle n’ait eu lieu. C’est la Vox populi qui s’en chargea.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 23:09

Jeanne Gérard

1752-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Jeanne Gérard était née le 23 octobre 1752 à Comières (Meuse).

Son père l’emmenait souvent à Verdun, à treize kilomètres de là, où elle connut les Bénédictines et les Filles de la Charité.

Ce fut chez ces dernières qu’elle trouva refuge pour échapper à un mariage qu’on lui proposait avec insistance.

En 1776, elle entra au séminaire de Paris puis, l’année suivante, fut envoyée à Arras, son unique destination.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 23:08

Thérèse-Madeleine Fanton

1747-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Thérèse-Madeleine était née le 29 juillet 1747 à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine), benjamine de sa famille. Elle fut baptisée le jour même de sa naissance.

Elles connut les Filles de la Charité à Plouër, où elles s’occupaient de visiter les pauvres, et fit là son postulat.

Admise au séminaire (noviciat) de Paris en 1771, elle fut envoyée à Ham, à Chauny, à Cambrai, enfin à Arras.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 23:07

Marie-Françoise Lanel

1745-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Marie-Françoise était née le 24 août 1745 à Eu (Seine-Maritime), et fut baptisée le lendemain. C’était la fille aînée d’un pieux couple dont l’épouse mourut en 1754.

Le papa se remaria et s’installa non loin de l’école des Filles de la Charité. Marie-Françoise les fréquenta, et fut admise au noviciat en 1764.

Après quelques remplacements à Senlis et à Paris, elle fut envoyée à Cambrai en 1765, puis à Arras en 1769.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 23:06

Madeleine Fontaine

1723-1794

 

Dans le couvent des Filles de la Charité d’Arras, vivaient sept Religieuses, dont quatre allaient subir le martyre.

La Supérieure, Madeleine Fontaine, était née le 22 avril 1723 à Etrépagny (Eure), aînée de quatorze enfants, qui moururent en bas-âge sauf deux. Elle fut baptisée le jour même de sa naissance.

En 1748, elle commença son noviciat chez les Filles de la Charité à Hébécourt et entra à la maison de Paris en 1748.

Elle fut envoyée à Rebais-en-Brie, pour faire la classe aux petites filles pauvres, sous le nom de sœur Gabrielle, puis fut envoyée à Arras en 1768, comme Supérieure.

Jusqu’en 1793, les révolutionnaires ne molestèrent pas les Religieuses, dont la congrégation était connue dans toute la France pour les services qu’elle rend à l’humanité.

Mais en 1793, on exigea d’elles le serment Liberté-Egalié, qu’elles refusèrent de prêter, suivant en cela l’exemple de l’évêque d’Arras, exilé en Belgique, mais elles acceptèrent de porter un vêtement laïc.

En novembre de la même année, on vint chasser les Sœurs de leur établissement ; la maison de Charité devait désormais s’appeler Maison de l’Humanité. Si l’on y gardait les Sœurs, c’était seulement pour bénéficier de leurs services, en attendant de pouvoir les remplacer.

C’est alors que Sœur Madeleine conseilla aux deux plus jeunes Sœurs de vite partir en Belgique, déguisées en paysannes. Elles revinrent en France en 1801 pour rétablir la maison d’Arras. Une autre repartit dans sa famille.

Le 14 février, les Sœurs furent déférées à l’abbatiale Saint-Vaast, où l’on entassait les suspects, puis le 10 mars à la prison de la Providence, un ancien couvent.

Le 4 avril, premier interrogatoire. Transfert à la prison des Baudets.

Le 25 juin, un ordre très pressé fit conduire les quatre Religieuses à Cambrai. Lors du transfert, la Sœur Madeleine annonça tranquillement à d’autres détenues : Dieu aura pitié de vous, ne vous désolez pas, vous aurez la vie sauve. Nous allons vous précéder au tribunal et nous serons les dernières victimes.

Arrivées au matin du lundi 26 juin 1794, elles furent conduites à la prison de la Force, puis à la prison du Séminaire. 

Sœur Madeleine fut condamnée à mort comme pieuse contre-révolutionnaire, ayant conservé précieusement et même caché sous un tas de paille une foule de brochures et de journaux renfermant le royalisme le plus effréné, ayant refusé le serment, ayant même insulté aux commissaires du district en leur disant que cela n’irait pas, qu’il n’y avait plus de diable en enfer, qu’ils étaient sur la terre.

Les Religieuses ne voulaient pas se départir de leur chapelet. On les leur plaça sur la tête, comme une couronne, pour se moquer d’elles ; ce fut au contraire leur gloire.

En allant au supplice, elles chantaient l’Ave Maris Stella et récitaient le chapelet. Elles s’agenouillèrent devant la guillotine. Madeleine Fontaine fut exécutée la dernière.

Avant sa mort, elle se retourna vers le peuple et cria avec force : Chrétiens, écoutez-moi. Nous sommes les dernières victimes. Demain la persécution aura cessé, l’échafaud sera détruit et les autels de Jésus se relèveront glorieux.

Les corps furent jetés dans la fosse commune du cimetière de la porte Notre-Dame, aujourd’hui cimetière Saint-Géry.

Ce martyre eut donc lieu le 26 juin 1794. Ce fut le dernier à Cambrai ; l’officier révolutionnaire fut arrêté par la Convention, jugé et à son tour guillotiné.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 23:00

Anthelme de Chignin

1107-1178

 

Anthelme de Chignin naquit, comme son nom l’indique, au château du sieur Hardouin, seigneur de Chignin (Chambéry, Savoie).

Assez tôt, il fut sacristain à la cathédrale de Belley et prévôt de l’Eglise de Genève, c’est-à-dire administrateur du chapitre. L’évêque le prit comme secrétaire et lui conféra le sacerdoce.

Ayant déjà un parent à la chartreuse de Portes-en-Bugey et un frère à la Grande-Chartreuse, il fut bientôt gagné par cet idéal et, en 1137, reçut l’habit à Portes.

En 1138, il fut appelé à la Grande-Chartreuse, où l’on avait besoin d’un homme expérimenté dans l’administration, pour rebâtir le monastère : une avalanche de neige avait presque tout détruit, en 1132. Anthelme fut à la hauteur de la situation : il fit reconstruire les bâtiments ruinés et les entoura d’un mur de clôture ; il aménagea un aqueduc pour l’approvisionnement d’eau ; il fit défricher des terres, développa ferme et bergerie.

En 1139, il fut aussi élu septième prieur de la Grande-Chartreuse. Avec lui, l’observance devint plus fervente : rien ne coûtait aux moines avec ce père qui donnait l’exemple. 

Comme tel, il convoqua le premier chapitre général de l’Ordre, où il fut décidé que toutes les chartreuses dépendraient de la Grande-Chartreuse, et observeraient les statuts du prieur précédent Guigues († 1136). Anthelme devint alors le premier Prieur général des Chartreux.

Comme on l’a vu le 25 juin, c’est encore Anthelme qui chargea le frère Juan d’Espagne de rédiger les statuts pour les moniales qui voulaient suivre la règle cartusienne.

La sainteté d’Anthelme amena son père à venir prendre l’habit, ainsi qu’un de ses frères, au retour de la croisade en Terre Sainte. Le comte de Nevers aussi, Guillaume II, vint prendre l’habit de convers, ainsi qu’un certain Basile, qui succéderait ensuite à Anthelme.

En 1149, il y eut à Portes un incident : un moine fut élu évêque de Grenoble ; quelques Chartreux, animés de jalousie, prétendirent sortir de leur monastère pour manifester leur revendication ; ils furent paternellement rappelés à l’ordre par Anthelme. Ils en appelèrent au pape qui, sans doute mal informé, les réintégra. Anthelme respecta la sentence papale, mais présenta humblement sa démission au chapitre suivant. Les moines, stupéfaits, appelèrent à leur secours saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), qui connaissait bien le pape, et l’amena à donner raison à Anthelme.

Tout de même, il préférait le silence de la retraite, et fit nommer en 1151 son successeur : Basile de Bourgogne.

Mais dès 1152 on avait besoin de lui : le prieur de Portes, âgé, lui demandait de le remplacer et Anthelme fut prieur à Portes jusqu’en 1154. Il s’y distingua par sa générosité durant une période de disette, distribuant les réserves de son monastère, vendant même des objets précieux pour élargir ses aumônes.

De retour à la Grande-Chartreuse, il seconda Basile de ses suggestions.

En 1163, nouvelle épreuve pour le Solitaire : le pape Alexandre III le nomma évêque de Bellay. Cette nomination intervenait après le passage du roi Louis VII, et surtout après qu’Anthelme avait fortement soutenu le pape Alexandre III contre l’antipape Victor III, soutenu par l’empereur Barberousse. Alexandre III tint à consacrer lui-même Anthelme. Le nouvel évêque sut faire remonter le niveau du clergé local, en particulier en rappelant la loi du célibat sacerdotal.

Le pape voulait aussi envoyer Anthelme comme médiateur entre le roi anglais Henri II et Thomas Becket (v. 29 décembre), mais les médiateurs furent deux chartreux de Picardie.

L’empereur Barberousse, ayant appris les grands mérites d’Anthelme, changea d’attitude envers celui-ci ; il le nomma Prince du Saint-Empire Germain Germanique, en 1175. Mais cet apparent rapprochement se retourna contre Anthelme, car sa disctinction impériale avait fortement rendu jaloux le comte de Maurienne ; ce dernier, excommunié pour avoir fait assassiner un prêtre de Bellay, osa se faire absoudre par le pape. Alors Anthelme, encore une fois, se rangea, et repartit à la Grande Chartreuse en simple moine : les fidèles réclamèrent leur pasteur, le pape enjoignit à l’évêque de regagner son siège, et le comte fit amende honorable, au moins pour la forme, et se convertit vraiment quand Anthelme fut à la mort.

Ce Chartreux, plein de mérites et de vertus, s’endormit dans le Seigneur le 26 juin 1178. Il paraîtrait qu’au moment des funérailles, trois lampes brillèrent soudain dans l’église.

Anthelme le Chartreux fut canonisé en 1368.

La ville de Belley, reconnaissante envers son saint évêque, le choisit comme céleste Patron et faillit même prendre le nom de Anthelmopolis. Les reliques furent protégées au moment de la Révolution.

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